CARMES — CARMICHAEL
tion de la maison de Vannes pour des religieuses de cet ordre date de l'année suivante. J. Soreth ayant obtenu de Nicolas V pour ses Carmélites les privilèges des Augustines, des Dominicaines et des Franciscaines, leurs couvents se multiplièrent très rapidement, sous le régime et avec les tendances des Carmes mitigés. Sainte Thérèse (V. ce nom), qui s'était retirée dans une de ces maisons, les jugeait ainsi, après une longue et intime expérience: « Si les parents voulaient suivre mon conseil, je leur dirais de retenir leurs filles auprès d'eux et de les marier moins avantageusement qu'elles ne le désireraient, plutôt que de les engager dans des monastères où elles sont plus exposées à se perdre que dans le monde. » Elle conçut le projet de fonder un monastère où la règle primitive de l'ordre du Mont-Carmel serait observée dans toute sa rigueur. Après des épreuves diverses, qui seront indiquées en la notice affectée à cette sainte, elle parvint, avec la protection de son provincial, à établir à Avila et à ouvrir, le 24 août 156^2, un couvent qu'elle dédia à saint Joseph; mais elle n'obtint qu'en 4563 la permission d'en prendre la direction. Quand elle mourut, ûk laissait seize autres monastères constitués suivant sa réforme. Cette constitution avait été confirmée en 4565. Elle est ce qu'on peut attendre d'une sainte qui aimait à se discipliner avec des orties, des trousseaux de clets et des chaînes de fer : abstinence complète de viande, sinon en voyage et en cas de maladie, jeûnes prolongés, silence, flagellation régulière les lundi, mercredi et vendredi, pour toute chaussure des bas grossiers et des chaussons. — Le 46 oct. 4604, six de ces Carmélites réformées furent amenées d'Espagne à Paris, et placées rue d'Enfer, près du Valde-Grâce, dans un monastère construit pour leur ordre, par la princesse Catherine d'Orléans, fille de Léonor d'Orléans, duc de Longueville. Cette princesse avait obtenu pour cette fondation des lettres patentes du roi et une bulle du pape. Les Carmes déchaussés n'étant point encore établis en France, on tint à soustraire ces religieuses à la direction des autres Carmes. Une bulle leur donna des supérieurs spéciaux, les affranchissant, en outre, entièrement au spirituel et au temporel, de toute juridiction, visite et correction de l'évêque, et les plaçant sous la protection immédiate du Saint-Siège, Quelques années plus tard, le pape soumit le monastère des Carmélites de Paris et les autres érigés ou à ériger, aux soin, visite, correction et supériorité de P. Bérulle : ce qui attira sur celui-ci l'animosité des Carmes (V. Bérulle). ,C'est au couvent de la rue d'Enfer que Louise de la Vallière pénitente se réfugia. La duchesse de Berry, tille du régent, aimait à y faire de fréquentes retraites, comme M"^^ de Pompadour chez les Capucines. En 4789, les Carmélites possédaient trois autres maisons à Paris, et soixante-deux dans le royaume. Louise de France, troisième fille de Louis XV, fut simple religieuse en l'un de ces couvents, à Saint- Denis, près de Paris.
Sainte Thérèse avait réussi à faire partager ses vœux de réforme à Jean de Yepes, Carme sous le nom de Jean de Saint-Mathias, qui prit plus tard le nom de Jean de la Croix (V. ce mot), et à Antoine de Hérédia, qui changea aussi son nom et s'appela Antoine de Jésus. Jean de la Croix fut même son confesseur, et c'est pendant qu'elle était sous sa direction qu'elle eut ses extases les plus merveilleuses. En 4564, ils formèrent près d'Avila un couvent de Carmes de la stricte observance ou Carmes déchaussés, lequel fut transféré en 4570 à Manzera. Malgré la violente opposition des Carmes mitigés, leur œuvre prit rapidement un grand développement. En 4593, Clément Vllf accorda aux maisons de cette réforme, que Pie V avait approuvée et Grégoire XIll confirmée, un général propre; en 4600, ces maisons furent réparties en deux congrégations ayant chacune leur général : la congrégation Italienne^ dite de saint Elie^ comprenant l'Italie, la France, l'Allemagne, la Pologne, la Flandre, etc. ; la congrégation Espagnole s'étendant jusqu'aux Indes. Ces
religieux sont soumis à un régime analogue à celui des Carmélites, y compris la discipline, qu'ils se donnent trois fois la semaine. Dans toutes leurs provinces, ils doivent avoir un ermitage, où chacun doit pendant un an vivre dans la solitude comme les premiers Carmes. Louis XIV leur en avait donné un près de Louviers. Leur costume est gris foncé avec un scapulaire; par-dessus le manteau, un capuce blanc; des semelles de cuir sont attachées à leurs pieds nus. — Ils s'établirent en France deux ans après les Carmélites; ils y possédaient quarante-cinq couvents avant la Révolution.
Voici, d'après la statistique officielle dressée en 4861- 4862, quel était en France à cette époque, l'état de cet ordre : Carmes déchaussés : 44 maisons, 442 religieux. — Carmélites : 44 maisons mères, 82 maisons, 4,658 religieuses. — Carmélites déchaussées : 4 maison, 23 relilieuses. — Tiers-ordre : 225 maisons, 263 religieuses, ce qui indique un nombre considérable de laïques associées. E.-H. VOLLET.
BiBL, ; J.-B. DE Lezena, Annsiles sacrU prophetici et Eliani ordinis B.-V. Mnrise de monte Carmelo ; Kome 1645-1646. 4 vol. in-fol. — Le P. Philippe, Histor. Carmel. Compendium ; Lyon, 1656, in-8. •— Le P. Lsidore de Saint-Joseph, Histoire des Carmes déchaux. — Le P. Jérôme de Saint-Joseph, Histoire de la reforme des Carmes. — P. HÉLYOT, Histoire des ordres monastiques religieux et militaires, achevée par Bullot; Paris, 1714- 1721, 8 vol. in-4, fig. -- Biillarium ordinis Carmelitarum : Rome, 1718, 2 vol. in-fol.
CARMICHAEL (sir James), lord Carmichael, né vers 1578, mort le 29 nov. 4672. Echanson, puis chambellan de Jacques VI, il fut créé baronnet le 47 juill. 4627 et fit en 4628 sa soumission à Charles I«^ Sheriff principal du Lanarkshire (5 sept. 4632), lord justice clerk (4634-4636), trésorier député (4636), il fut nommé en 4639 président de cour de justice. Conseiller privé la même année, il fut élevé à la pairie le 27 déc. 4647. Il fut dépossédé de ses charges par l'acte du46 mars4649.
Son fils aîné, sir William Carmichael, mort en 4657, servit dans les armées de Louis XIII et prit part à la bataille de Philiphaugh où il commanda le régiment de Clydesdale contre les troupes de Montrose (4646).
CARMICHAEL (John), second lord Carmichael, premier comte d'HYNDroRD, né le 28 févr. 4638, mort le 20 sept. 4740, petit-fils du précédent, auquel il succéda en 4 672. Commissaire au sceau privé et conseiller en 4689, il siégea en 4690 à la première assemblée générale de l'église d'Ecosse. Commandant d'un régiment de dragons (4693-4697), secrétaire d'Etat pour l'Ecosse (4696), il fut créé comte d'Hyndford le 5 juin 4704. Il fut encore secrétaire d'Etat et conseiller privé de la reine Anne.
CARMICHAEL (John), troisième comte d'HYNDFORD, diplomate anglais, fils du second comte et d'Elisabeth Maitland, né à Edimbourg le 45 mars 4704, mort le 49 juill. 4767. Capitaine dans la garde à pied (4733), élu pair représentant d'Ecosse en 4738, 4744, 4747, 4754 et 4764, il fut nommé lord de police en mars 4738, shérif principal et lord lieutenant du Lanarkshire le 9 avr. 4739. En 4744, il fut envoyé extraordinaire et plénipotentiaire à la cour de Prusse et eut une grande part à la conclusion du traité de Breslau (44 juin 4742). En 4744 il fut chargé d'une mission en Russie et négocia de manière à amener la signature du traité d'Aix-la-Chapelle (4749). Nommé conseiller privé le 29 mars 4750, il fut encore ambassadeur à Vienne (4752-4764). A son retour en Angleterre, il fut nommé vice-amiral d'Ecosse. Sa correspondance officielle figure au British Muséum (add. Mss. 44,365-87, 15,870, 45,946).
CARMICHAEL (Richard), chirurgien et syphiliographe irlandais, né à Dublin le 6 févr. 4779, mort à Sutton, près Dublin, accidentellement, le 8 juin 4849. Il débuta dans la chirurgie militaire, puis se fixa dans sa ville natale et devint en 4840 l'un des chirurgiens du Lock-Hospital, en 4846 chirurgien et professeur à l'hôpital de Richraond ; il présida trois fois le collège des chirurgiens