CARMICHAEL — CARMIN
d'Irlande et, en 1835, fut élu membre correspondant de F Académie de médecine de Paris. Sa hardiesse et son habileté chirurgicales sont bien mises en évidence par de grandes opérations telles que l'extirpation de la parotide, l'amputation de la cuisse dans l'articulation de la hanche, etc. ; mais le véritable fondement de sa réputation européenne, ce sont ses recherches et ses travaux sur les maladies vénériennes ; dans les dernières années de sa vie, il s'est beaucoup occupé de la réforme médicale. Ouvrages les plus importants : An Essay on the nature of the scrofula (Londres, 1810, in-8) ; An Essay on venereal diseases which hâve been confounded ivith syphilis, etc. (Dublin, 1814-15, 2 part, in-4, pi. ; 1825, in-8) ; An Essay on vener, dis, and the uses and abuses ofmercury, etc. (Londres, 1814, 2 part, in-4, fig.; 1825, in-8, pi. col.) ; Obs, on the sympt, and spécifie distinctions of vener, diseases (Londres, 1815, 1818, in-8, et aulres éd. et trad.); Clinical Lect. on vener, diseases, etc. (Dublin, 1842, in-8) ; An întrod. lect, to a course ofsurgery (Londres, 1827, in-8), etc. D^ L. Hn.
CARMICHAELIA.GenredeplantesdelafamilledesLégumineuses-PapiUonacées et du groupe des Galégées, établi par R. Brown et dédié à Carmichael (Dugald), botaniste anglais, mort en 1817. Ce sont des arbustes ou des arbrisseaux, remarquables par leurs rameaux aplatis comme des rubans et le plus souvent dépourvus de feuilles. On en connaît tout au plus huit espèces, toutes originaires de la Nouvelle-Zélande. L'une d'elles, C. australis R. Br. [Lotus arboreus Forst.), est fréquemment cultivée, en Europe, dans les serres tempérées. Ed. Lef.
CARMIN.!. Chimie. — Le carmin est la matière colorante de la cochenille (Coccus cacti). A l'état de pureté, il constitue la carminé, isolée en 1818 par Pelletier et Caventou. Pour le préparer, ces chimistes épuisent la poudre de cochenille par l'éther, qui enlève une matière grasse ; le résidu est traité à chaud par l'alcool ordinaire, qui s'empare de la matière colorante ; par le refroidissement et aussi à l'évaporation spontanée, il se dépose une matière d'un beau rouge, présentant une apparence cristalline, qu'on achève de purifier par des traitements éthérés, tant que l'éther se colore en jaune. Le principe colorant de la cochenille, ainsi obtenu, est d'un rouge pourpre éclatant; il adhère fortement aux parois des vases où il se dépose ; il n'est pas hygrométrique et ne s'altère pas au contact de l'air. Chaufié graduellement, il fond vers 50^ ; au-dessus de cette température, il se boursoufle, se décompose, laisse dégager de l'eau, des carbures d'hydrogène, de l'hydrogène et des produits empyreumatiques légèrement oxydés : il n'est pas azoté. Il est insoluble dans l'éther et dans l'alcool absolu, très soluble dans l'eau, qui l'abandonne à l'évaporation sous forme d'une masse sirupeuse, sans donner de cristaux. La solution aqueuse est d'un beau rouge, tirant sur le cramoisi ; les acides étendus fournissent des solutés d'un rouge vif, qui passent au rouge jaune, puis au jaune ; en saturant exactement par un alcali, on reproduit la teinte primitive. La carminé est détruite et charbonnée par l'acide sulfurique concentré ; avec l'acide chlorhydrique, il y a formation d'une substance amère, jaune ; l'acide nitrique réagit énergiquement, avec production de cristaux incolores, qui ne précipitent pas par l'eau de chaux. Le chlore fait passer le soluté aqueux au jaune, puis détermine une décoloration complète, tandis que les alcalis font virer la couleur au rouge cramoisi ; en saturant l'alcali, la couleur se rétablit, mais si on prolonge l'action des alcalis, ou si on élève la température, la couleur passe du rouge au jaune, et la matière colorante est profondément altérée. L'eau de chaux, avec une solution aqueuse, donne un précipité violet, alors que la baryte et la strontiane se comportent comme les alcalis ; avec l'alumine gélatineuse, l'eau est décolorée et il se précipite une laque d'un très beau rouge, qui passe au cramoisi et au violet sous l'influence de la chaleur. Si, avant d'ajou-
ter l'alumine, on acidulé le soluté, la laque est d'un rouge éclatant à froid et violette à chaud ; la liqueur estelle légèrement alcaline, la liqueur violette repasse au rouge et la laque se précipite. Plusieurs sels produisent des changements de couleur analogues : l'acétate de plomb et le nitrate raercureux donnent naissance à un précipité violet ; les sels d'étain au minimum un précipité violet très abondant, tirant au cramoisi en présence d'un excès d'acide ; avec les sels de cuivre, ceux de chaux, de baryte et de strontiane, la couleur vire au violet, mais on n'observe pas de dépôt, sauf avec le sulfate de chaux ; les sels neutres de potasse, de soude et d'ammoniaque ne fournissent pas de précipité, mais font virer la teinte au cramoisi; en présence d'un acide ou d'un sel acide, comme la crème de tartre, l'oxalate acide de potassium, la couleur passe au rouge écarlate, sans se troubler. Le carmin, ou mieux la carminé, a été utilisé dans Fart de la teinture pour teindre en écarlate ou en cramoisi ; on utilise fréquemment la cochenille en pharmacie pour colorer certaines préparations, comme la pommade pour les lèvres, l'eau dentifrice, etc. Ed. Bourgoin.
IL Industrie. — Le carmin généralement est vendu sous forme de poudre impalpable ou en pain. La valeur de ce produit est très variable, suivant la finesse, la pureté et la beauté de sa nuance. On ne connaît pas très exactement la composition chimique de la matière colorante du carmin. Elle se forme sous l'influence de la matière azotée de la cochenille ou de celle que l'on ajoute à la solution de cochenille, lorsqu'on la fabrique.
Préparation. Il existe beaucoup de procédés pour la préparation du carmin ; les principaux sont les suivants :
Précipitation avec l'alun sans aucune addition. On fait bouillir de l'eau, on y jette la cochenille pulvérisée, on remue bien et on fait bouillir le mélange pendant six minutes ; on ajoute en remuant un peu d'alun pulvérisé. On laisse encore bouillir trois minutes ; on enlève le vase du feu, on filtre et on laisse la liqueur pendant trois jours au repos. Il se précipite alors une matière rouge que l'on sépare et que l'on fait sécher à l'ombre ; c'est le carmin. Après un nouveau repos de trois jours le liquide laisse déposer un carmin de qualité inférieure. On emploie habituellement* les proportions suivantes : 57.6 parties d'eau, 16 parties de cochenille et une partie d'alun, rendement 1/2 partie à 2 parties de carmin.
En facilitant la dissolution de matières animales par la potasse et addition de gélatine et d'alumine. On verse la cochenille pulvérisée dans l'eau bouillante, on remue, puis on ajoute une dissolution filtrée de soude ; on laisse bouillir encore quelques instants. On ajoute de l'alun en poudre et on laisse la masse au repos pendant 25 minutes . La liqueur est alors décantée avec soin et on la mélange avec de l'albumine d'œuf. On chauffe de nouveau, et l'albumine, en se coagulant, entraîne avec elle toute la matière colorante. Le dépôt est égoulté sur des toiles et enfin desséché à l'air libre. De nombreuses modifications ont été apportées à ces méthodes et, bien certainement, d'autresprocédés existent; mais, comme cesontgénéralement des secrets de fabriques, il est impossible de Tes connaître.
Le carmin pur est complètement soluble dans l'ammoniaque ; en solution dans ce liquide, il est employé pour la préparation des encres rouges ; la liqueur ammoniacale traitée par l'acide picrique donne une belle matière rouge employée pour la micrographie, sous le nom de picrocarminate. Le carmin sert en outre dans la peinture, le dessin, la coloration des liqueurs et des bonbons, des fleurs artificielles, dans l'impression des tissus. Il est souvent falsifié par addition de matières inertes, telles que le kaolin ou d'autres matières colorantes.
Laque carminée. On donne le nom de laque carminée au précipité rouge qui se forme par l'addition d'alun à une solution alcaline de cochenille. Cette substance est employée pour la préparation des couleurs fines destinées à la peinture à l'eau ou à l'aquarelle (V. Cochenille).
CARMIN — GARMINATIF
On donne le nom de carmin d'indigo au sulfo-indigotate de potasse ou de soude, obtenu en saturant la solution sulfurique d'indigo, par le carbonate de potasse ou de soude. Dans ces conditions, il se forme un précipité floconneux que Ton recueille, et qui, après avoir été convenablement lavé et essoré, est mis en pâte pour être ensuite livré sous le nom de carmin à l'industrie (V. Indigo). Ch. Girard.
III. Botanique. — Le carmin est très fréquemment employé comme colorant en botanique microscopique. Il colore, suivant les mélanges dans la composition desquels on le fait entrer, les noyaux ou la membrane. Voici les divers réactifs dont il fait partie avec leurs usages : 1^ Carmin acétique : solution de carmin dans de l'acide acétique à 45^ ; colore les noyaux cellulaires des laticifères. 2'^ Carmin de Beale: carmin pulvérisé 0 gr. 6, dissout dans 2,3 centim. c. d'ammoniaque concentré. On ajoute, au bout d'une heure, 66 centim. c. d'eau, 47,5 centim. c. de glycérine concentrée et 19 centim. c. d'alcool absolu ; on mélange, puis on filtre. On emploie ce réactif pour la coloration des noyaux. 3<* Carmin borate : carmin 1 partie, borax 4, eau 56, alcool en quantité suffisante pour tripler le volume. Il sert à colorer en rouge foncé les grains d'Aleurone, en beau rouge le contenu des cellules que l'on a laissées en contact avec lui pendant quelques heures. 4<* Carmin borate de Grenacher : carmin 2 ou 3 ^/o dissous dans une solution aqueuse de borax à 4 7o> le tout étendu d'un volume égal d'alcool à 70^ ; on laisse longtemps en contact, et on filtre. Ce réactif donne une bonne coloration des noyaux de même que le suivant: ^"^ Carmin borate de Thiersch : carmin 4, borax 4, eau distillée 56 ; pour 4 volume de cette solution, on ajoute 2 volumes d'alcool absolu et on filtre. 6^ Carmin aluné de Grenacher: Solution aqueuse d'alun ammoniacal ou ordinaire 1,5 *^/o, carmin pulvérisé 4/2 ou 1 % ; on fait bouillir de 10 à 20 minutes, on filtre et on ajoute une trace d'acide phénique. Ce réactif colore les membranes non lignifiées. Bien entendu avant de subir le contact de ces divers réactifs, les préparations doivent être préalablement soit lavées, soit débarrassées de diverses substances par des méthodes indiquées au mot Préparation. P. Maury.
IV. Beaux-Arts. — Fort chère autrefois, cette couleur a aujourd'hui baissé de prix. La première préparation du carmin fut, dit-on, trouvée par hasard à Pise, par un moine franciscain s'occupant de médecine ; ayant combiné un extrait de cochenille avec du sel de tartre, pour un médicament, il laissa tomber par mégarde un acide dans cette solution et vit se former immédiatement un beau précipité rouge, qui n'était autre que le carmin. Le chimiste Homberg publia, au milieu du xvii® siècle, la première et bien incomplète formule de cette préparation, à laquelle la mode du tard donna bientôt un succès prodigieux. Toujours très employée dans l'aquarelle et la gouache, cette couleur, malgré les tons précieux qu'elle fournit pour les chairs, n'est employée dans la peititure à l'huile qu'avec une grande réserve, à cause de son peu de fixité et de sa tendance à se violacer avec le temps. Ad. Thiers,
BiBL. : Chimie. — Arppe, Sur le carmin {Ann. der Ch. und Ph., t. LX, 194). — Bolley, Schwert. polyt. Zeitsch., t. IX, 23.— Caventou et Pelletier, Du Principe colorant de la cochenille {Ann. ch. et phys., 1818, t. VIII, 255. — Warren de la Rue, Ann. der Chem. und Pharm., t.LXIV,l.
CARMINAPHTE (Chimie). En chauffant la naphtaline avec une solution de bichromate de potassium et en ajoutant au soluté de l'acide sulfurique ou de l'acide chlorhydrique, Laurent a vu se précipiter une matière colorante rouge, à laquelle il a donné le nom de carminaphte ; l'analyse de ce produit conduit à la formule douteuse C^^fl^O^. Pour préparer ce produit, Vohl] conseille de dissoudre 42 p. de naphtaline dans 409 p. d'acide sulfurique à 66^ et d'ajouter au mélange, par petites portions, 89 p. de bichromate de potassium ; la réaction terminée, une effu-
sion d'eau bouillante donne lieu à un abondant dégagement d'acide carbonique ; on sature alors par le carbonate sodique et on fait bouillir pendant un quart d'heure ; après filtration, pour séparer l'oxyde de chrome, le liquide jaune d'or est additionné d'acide sulfurique ou chlorhydrique ; il se fait un magnifique dépôt rouge, auquel Vohl donne le nom de naphtylcarmin, corps évidemment identique avec le carminaphte de Laurent ; les eaux mères renferment du sulfate de sodium, du chlorure de sodium, de l'acide phtalique. Le carminaphte joue le rôle d'un acide. Il donne avec les alcalis des solutions d'un beau jaune, teint la soie et la laine en orange ou en violet, sans l'intervention d'un mordant ; il est soluble dans l'alcool et dans l'acide acétique, solutés qui sont précipités sous forme de flocons d'un beau rouge carmin par les alcahs, les terres alcalines et les acides minéraux énergiques. Ed. Bourgoin.
BiBL. : Laurent, Sur la Carminaphte {Revue scientif., t. XIV, 560). •— Vohl, Produits d'oxydation de la naphtaline [Soc. chim., t. IX, 338).
CARMINATE (Bot.). Le réactif connu sous le nom de carminate neutre d'ammoniaque de Hoyer est employé en histologie végétale pour la coloration des noyaux cellulaires dont il permet d'étudier la structure. On l'obtient en chauffant dans un bain de sable 4 gramme de carmin dans 4 à2 centim. c. de solution concentrée d'ammoniaque et 6 à 8 centim . c. d'eau jusqu'à ce que l'ammoniaque en excès soit volatilisé, ce qui se reconnaît à la cessation de dégagement de bulles et à la coloration en rouge clair du réactif. Après refroidissement, on décante et on ajoute au liquide neutre de 4 à 6 fois son volume d'alcool fort. Il se forme alors un précipité rouge clair que l'on sépare et que l'on recueille et dont on se sert au fur et à mesure des besoins en le dissolvant dans de l'eau et en ajoutant 4 à 2 o/o de chloral hydraté pour empêcher l'altération.
CAR MIN ATI (Giovanni-Battista et Giacomo), sculpteurs italiens du xvii® siècle. On sait de ces artistes, qui ont surtout travaillé le bois, que Giacomo était le fils de Giovanni-Battista et qu'ils étaient de Caravaggio. Ils travaillaient à Castelleone en 1630.
GARNI IN ATI (Bassiano), célèbre médecin et physiologiste italien, né à Lodi en 4750, mort à Milan le 8 janv. 4830. Il fut élève de Borsieri, à Pavie, où il obtint par la suite la chaire de thérapeutique et de matière médicale, puis celle de pathologie et de médecine légale, enfin un service à l'hôpital civil. A la fin de 4840, nommé professeur honoraire et membre pensionné de l'Institut des sciences, lettres et arts de Pavie, il se relira à Milan. — Carminati s'est surtout distingué comme physiologiste expérimentateur ; il fit des recherches sur l'état électrique des muscles et des nerfs soumis à l'influence du condensateur de Volta, montra que les artères sont entièrement remplies de sang et ne renferment pas trace de la prétendue vapeur éthérée qu'y admettait Rosa ; que chez les animaux à sang froid l'aorte présente des mouvements de systole et de diastole, alors que les contractions du cœur avaient entièrement disparu ; que dans la mort des animaux par les gaz méphitiques, les uns se trouvent simplement asphyxiés, les autres empoisonnés, etc. 11 se livra encore à d'intéressantes études sur le suc gastrique, sur les aliments, sur l'action des médicaments, etc. Ouvrages principaux : De Animalium ex mephiticis et noxiis halitibus interitu, etc. (Lodi, 4777, in-4) ; Risultate di sperienze e osserv, sul sangue e sui vasi sanguinei (Pavie, 4783, in-4) ; Rie. sulla natura e mgliusi del sugo gastrico, etc. (Milan, 4785, in-4) ; Opusc. therapeutica (Pavie, 4789, in-8); Hygiène^ thérapeute et materia medica (Pavie, 4794-95, 4 vol. in-8; trad. ital. abrég., Milan, 4843, 2 vol. in-8); }]em, suW eletiricita animale (Milan, 4792, in-8), etc. D^' L. Hn.
GARMINATIF. On donne ce nom aux médicaments doués de la propriété d'expulser les gaz dans les cas de météorisme ou de simples flatuosités ; mais il faut nette-
CARMtNATIF — CARMONA
ment en distinguer les absorbants (V. ce mot). On prévient par le régime la production des flatuosités chez les sujets prédisposés ; ainsi, dans l'alimentation, il faut éviter les féculents, les crudités, les aliments fades et les viandes blanches, les vins doux, les eaux gazeuses, le lait, le fromage, les pâtisseries. De plus, il faut éviter la trop forte constriction du ventre, soit par la ceinture du pantalon, soit par le corset ; se livrer à de Texercice, surtout après le reças ; enfin, résister jusqu'à un certain point aux sollicitations expulsives du gaz, car les gaz expulsés sont immédiatement remplacés par un dégagement nouveau.
Moyens carminatifs. Généralement, les condiments aromatiques facilitent la digestion des aliments lourds et venteux ; c'est ce qui explique leur grand usage en Angleterre dans les dyspepsies atoniques. La poudre apéritive de Grégory, qui est un mélange de rhubarbe, de magnésie calcinée, de poudre de gingembre et de cannelle y jouit d'une grande faveur. Citons, parmi les carminatifs, les infusions chaudes d'anis, de thé, d'aya-pana, l'anisette, le curaçao, certains élixirs, les pastilles de menthe anglaises ; puis, les poudres composées de poivre, de piment, de muscade, de cannelle ; les espèces carminatives, dites des quatre semences chaudes, formées de parties égales d'anis, de fenouil, de coriandre et de carvi ; l'éther, l'eau de fleurs d'oranger, même l'extrait de réglisse; enfin, l'extrait de noix vomique, qui agit indirectement en augmentant la puissance digestive de l'estomac et l'énergie contractile de la tunique muqueuse gastro-intestinale. D^ L. Hn.
CARMINE (V. Carmin).
CARM INIQUE (Acide) (Chimie). Suivant Arppe et Warren de La Rue, la carminé de Pelletier et Cayentou (V. Carmin) ne serait autre chose que Tacide carminique sirupeux, cet acide étant la matière colorante desCallinsectes, notamment du kermès et de la cochenille du Mexique. Pour le préparer, on épuise la cochenille par Tétber pour enlever les matières grasses, puis par l'eau bouillante ; le liquide rouge, acidulé avec de l'acide acétique, est précipité par l'acétate neutre de plomb ; il se fait un précipité bleu violet, qu'on lave à plusieurs reprises avec de l'eau chaude, qu'on décompose ensuite soit par l'acide sulfurique, soit par l'hydrogène sulfuré ; dans le premier cas, il faut éviter l'emploi d'un excès de réactif ; on évapore à sec au bain-marie et on reprend le résidu par l'alcool. En évaporant ce dernier, on obtient l'acide carminique sous forme d'une masse mamelonnée rouge, confusément cristalline, contenant des cristaux jaunes, ayant la forme de tables hexagonales et insolubles dans l'eau, ce qui permet de les éliminer. On peut aussi purifier l'acide carminique au moyen de l'éther, bien qu'il soit peu soluble dans le véhicule, qui l'abandonne à l'évaporation en concrétions mamelonnées.
L'acide carminique, ainsi préparé, est solide, rouge pourpré, friable à l'état sec, donnant à la pulvérisation une belle poudre rouge ; il est très soluble dans l'eau et dans l'alcool, fort peu dans l'éther froid ; les acides chlorhydrique et sullurique le dissolvent sans altération. On peut le chauffer jusqu'à 436<* ; au-dessus de cette température, il se décompose. Les haloïdes l'attaquent vivement; l'acide nitrique, d'une densité de 1,4, dégage des vapeurs rutilantes, avec production d'acide oxalique et d'acide nitrococcusique ; ce dernier est un dérivé nitré, cristallisable en beaux feuillets jaunes, ayant pour formule Ci«H5(AzO^)30^ + W0\ Suivant Hlasiwetz, l'acide carmique serait un glucoside dédoublable par les acides étendus en matière sucrée et en une matière colorante nouvelle. En prenant pour base les analyses de Schiitzenberger, ce dédoublement serait exprimé par l'équation suivante :
C34H18020 |. 711202 -^ c^eui^ou 4 c^^H^^Os.
La matière sucrée est sous forme d'une masse amorphe,
jaune, molle, hygroscopique, amère, réduisant la liqueur cupro-potassique, mais sans action sur la lumière polarisée et incapable de fermenter. Quant au rouge de carmin, produit dans le dédoublement, c'est une masse d'un rouge pourpre brillant, aux reflets verts, soluble en rouge dans l'eau et dans l'alcool, insoluble dans l'éther, donnant avec la barvte et la chaux des sels ayant respectivement pour formules C^m^^Bù.W\C^W%^^0^\ La solution aqueuse est inaltérable à l'air ; les alcalis caustiques font virer la teinte au bleu pourpré ; la baryte et la chaux y déterminent des précipités de même couleur, ainsi que les acétates de plomb, de zinc, de cuivre et d'argent ; avec l'alun, en présence d'un peu d'ammoniaque, il se dépose une laque cramoisie, qui devient violette à chaud. Tandis que les sels alcalins sont solubles, les sels terreux, alcalino-terreux et métalliques sont des masses pulvérulentes, amorphes. Fondu avec trois fois son poids de potasse caustique, le rouge de carmin fournit une matière cristalline, la coccinine, et, en outre, les acides acétique, oxalique et succinique. Chauffé à 200** avec de l'eau, en tubes scellés, il se transforme en ruficarmin, C^^E^^O^. Une solution aqueuse de carminate de sodium est-elle additionnée d'alcool, le sel se précipite sous forme de feuillets violels cristallins, ayant pour formule C^^H^Na^O^^ (Schaller). L'hydrogène naissant décolore les solutions d'acide carminique et la coloration rouge reparaît au contact de l'air. Lorsqu'on abandonne pendant quelque temps à elle-même une solution ammoniacale d'acide carminique, il se forme un amide ou un acide amidé qui paraît répondre à la formule C^^H^AzO*^. Ce nouveau produit ne vire plus au rouge jaunâtre sous l'influence des acides ; il donne avec le bichlorure d'étain un précipité violet et non rouge ponceau comme l'acide carminique. Il fournit en teinture des violets, des amaranthes et des mauves, au lieu de ponceau et d'écarlate. C'est la cochenille ammoniacale du commerce. Chauffé avec l'iodure d'éthyle, le carminate de sodium engendre de l'iodure de sodium et un produit rouge, insoluble, amorphe, sans doute un étber carminique. Ed. Bourgoin. BiBL. : Hlasiwetz, Su7' l'Acide car^minique {Ann. der Chem- nnd Pharm., t. CXLI, 329). — Schaller, Composition de l'acide carminique ^ [Soc . ch.f t. Il, 414). — ScHUTZENBERGER, Mémoire sur la composition de Vacide carminique et quelques-uns de ses dérivés (An. chim. et phys.^ t. LIX, 52 (3). — Warren de la Rue, Oxydation de l'acide carminique^ acide nitrococcusique ou nitrococcique [Ann. der CÎ\. et Pharm.» t. LXIV, 1).
CARMO. Ville très importante de la Bétique (Espagne ancienne), est mentionnée par Strabon, Appien, Tite-Live, l'Itinéraire d'Anton in, les vases ApoUinaires et les médailles. César dit qu'elle était longe firmissima totius provinciœ civitas. On retrouve sa forte assiette dans la ville actuelle de Carmona, dont l'enceinte est en partie antique ; ruines diverses et inscriptions.
CARMOIS ou CHARMOY (Charles de), peintre français du XVI® siècle, né à Orléans. Cet artiste, en pleine renommée vers 1540, fit partie de ceux que le Primatice employa au Louvre et à Fontainebleau pour peindre des ornements. 11 fut ensuite chargé de travaux plus importants et couvrit de ses fresques les voûtes de la chapelle du château de Vincennes. Ce fut encore à lui que François P'' commanda les cartons des tapisseries de hautelisse, les premières exécutées en France, qu'il fit faire par Jans, tapissier de Bruges, appelé tout exprès pour ce travail. Ad. T.
CARMONA. Ville d'Espagne, ch.-l. de district de la prov. de Séville, à 41 kil. de la station de ce nom sur le chemin de fer de Madrid à Cadix; 17,426 hab. Elle s'élève sur une haute colline d'où la vue s'étend sur une campagne riche en oliviers, en céréales et en pâturages. Elle est dominée par un ancien alcazar ruiné. Appelée Carmo au temps des Romains (V. Carmo), Carmona fut fortifiée par les Arabes et devint le siège d'une principauté assez importante. Commerce de vins et d'huile d'oHve. E. Cat.
CARMONA — CARMOUCHE
CARMONA (Manuel Salvador), éminent graveur espagnol, né à la Nava del Rey le 10 mai 4734 (et non en 1730), mort à Madrid le 15 oct. 1820 (et non en 1807). Bien doué pour le dessin, il fut envoyé à Madrid, à l'âge de treize ans, auprès de son oncle Louis, professeur de sculpture. En 1752, grâce à une pension du gouvernement, il put venir à Paris pour se perfectionner dans la gravure, et il entra dans l'atelier de Nicolas-Gabriel Dupuis (et non dans celui de son frère Charles, qui était mort depuis dix ans). Ses progrès furent remarquables, comme l'attestent ses estampes : Sainte Madeleine, d'après F. Barbieri (1754); Jésus apparaissant à la Madeleine, d'après Carie Van Loo (1755) ; V Adoration des bergers, d'après J.-B. Pierre (1756) ; la Vierge et V Enfant Jésus, d'après Van Dyck (1757); /g Négligé galant^ d'après Ch. Coypel (1760). Malgré sa qualité d'étranger, il fut jugé digne d'être admis, à l'âge de vingtsept ans, membre de l'Académie royale de peinture et sculpture ; il présenta comme morceaux de réception (3 oct. 1761) les portraits des peintres Fr, Boucher et Colin de Vermont, d'après Roslin. Deux ans après, il retourna à Madrid, et y grava tout d'abord une allégorie, d'après le tableau de Solimena, représentant VEistoire écrivant les fastes de Charles lîl d'Espagne, estampe qui compte au nombre des meilleurs travaux de Carmona. Membre de l'Académie de San Fernando en 1764, directeur de l'atelier de gravure en 1777, il fut le restaurateur de cet art en Espagne, et apporta de nombreux perfectionnements dans l'imprimerie en taille douce. En 1783, il acheva le grand portrait de Charles îll, d'après R. Mengs (dont il avait, en secondes noces, épousé la fille), et reçut le titre de graveur du roi avec une pension. On lui doit plus de trois cents planches, et il mania le burin jusqu'à l'âge de quatre-vingt-un ans. Parmi ses travaux nous devons encore signaler les suivants : le Fils de Rubens, d'après Rubens (1762); le Tendre désir, d'après Greuze ; la Tragédie et la Comédie, d'après Carie Van Loo ; la Vierge avec VEnfant, d'après Murillo ; le Couronnement de Bacehus et Jésus en croix, d'après Velazquez ; de très nombreux portraits; des illustrations pour la célèbre édition de D. Quichotte, publiée par l'Académie espagnole, et pour le Salluste de l'infant D. Gabriel, etc. — Carmona est celui, parmi les graveurs de son temps, qui fait le plus d'honneur à l'Espagne. Il fut chef d'école, et de son atelier sortirent des artistes tels que Blas Ametller, Fr. Mantaner et Fernando de Selma. — Son frère Juan- Antonio, mort le 20 janv. 1805, fut ausaftun graveur de mérite. Ses planches, au nombre de 106, furent acquises par la Chalcographie royale. G. Pawlowski.
BiBL. : OssoRio Y Bernard, Galeria biografîca de arlistas espanoles, 1883-1884, 2^ édit. -- G. Duplessts, IlisL de la gravure.
CARMONTELLE (Louis Carrogis, dit), dessinateur et littérateur français, né à Paris le 15 août 1717, mort dans la même ville le 26 déc. 1806. Fils d'un cordonnier, il parvint aux fonctions de lecteur du duc d'Orléans (père de Philippe-Egalité), dont il sut se faire plus encore apprécier par son double talent de portraitiste et d'auteur dramatique. En effet, il avait composé pour le divertissement du prince et de ses familiers, au Raincy et à Charonne, un très grand nombre de saynètes faiblement intriguées, mais agréablement conduites dont un proverbe fournissait parfois le titre et plus souvent encore le mot de la fin. Ces petites pièces sans prétention ont été réunies en plusieurs recueils : Proverbes dramatiques (1768-1781, 8 vol. in-8 ; nouv. éd., 1822, 4 vol. in-8) ; Théâtre de campagne (1775, 4 vol. in-8) ; Théâtre du prince Clenerzow, Russe, traduit en français par le baron de Blening, Saxon (1771, 2 vol. in-8), double masque qui ne trompa personne ; Nouveaux Proverbes dramatiques (1814, 2 vol. in-8) ; Proverbes et comédies posthumes, précédés d'une notice par M"^® de Genlis (1825, 3 vol. in-8). Une seule de ces pièces, VAbbé
de plâtre, a été représentée à la Comédie-Italienne en 1777. Carmontelle a écrit trois romans : le Triomphe de V amour sur les mœurs de ce siècle ou Lettres du marquis de Murcin au commandeur de Saint-Brice (1773, 2 part, in.8) ; le Due d'Arnay (1776, 2 part. in-8) ; les Femmes, roman dialogué, publié avec un avant-propos par Picard (1825, 3 vol. in-12). On lui attribue deux brochures critiques sur les salons de l'Académie de peinture : le Coup de patte (1779) et le Triumvirat des arts (1783). Il avait qualité pour donner son avis, car il a laissé de nombreuses preuves de ses aptitudes variées : « M. de Carmontelle, écrivait Grimm en 1763, se fait depuis plusieurs années un recueil de portraits dessinés au crayon et lavés en couleur de détrempe. Il a le talent de saisir singulièrement l'air, le maintien, l'esprit de la figure plus que la ressemblance des traits. Il m'arrive tous les jours de reconnaître dans le monde des gens que je n'ai jamais vus que dans ses recueils. Ces portraits de figures toutes en pied se font en deux heures de temps avec une facilité surprenante. Il est ainsi parvenu à avoir le portrait de toutes les femmes de Paris, de leur aveu. Ses recueils qu'il augmente tous les jours donnent aussi une idée de la variété des conditions ; des hommes et des femmes de tout état, de tout âge, s'y trouvent pêle-mêle, depuis M. le Dauphin jusqu'au frotteur de Saint-Cloud. » Plusieurs de ses portraits ont été gravés. Parmi ces derniers, dont, pour la plupart, les épreuves tirées à petit nombre sont devenues fort rares, il faut citer ceux de Bachaumont, de Henri-Ph, de Chauvelin, du duc de Chevreuse, de Clairaut, de Burey de Meinières, de Franklin, de Mozart enfant (avec son père), du duc d'Orléans avec son fils (Philippe- Egalité), etc. A la mort de Carmontelle, le garde des estampes de la Bibliothèque impériale, Hugues-Adrien Joly, essaya vainement de faire acheter par le gouvernement le recueil des dessins originaux formé par l'artiste et comportant plus de sept cents portraits. La majeure partie de ces portraits (552, que l'expert proposait de diviser en douze lots), acquise par un amateur, M. Richard de Ledans, fut revendue à sa vente posthume (1816) et reparut presque intacte à la vente de La Mésangère (1831). Depuis, elle est venue, diminuée de près de moitié, aux mains de M. le duc d'Aumale, qui a prêté quelques-uns de ces dessins à l'Exposition rétrospective de l'Ecole des beaux-arts (1879). D'autres portraits, distraits sans doute de la même série, figurent dans diverses collections particulières. Exécutés à la gouache ou à l'aquarelle, dessinés à la pierre noire, rehaussés de sanguine, et tous de profil, ils ont, à défaut d'une haute valeur d'art, un intérêt documentaire indiscutable. Maurice Tourneux. Btbl. : A. Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, — Grimm, Correspondance littéraire. — Bel- LiERDE LA Chavignerie et AuvRAY, DictioTinaire des artistes de l'Ecole française. — Roger Portalis, les Dessinateurs d'illustrations au XVIII9 siècle.
CARMOUCHE (Pierre-François-Adolphe), auteur dramatique français, né à Lyon le 18 avr. 1797, mort à Paris en déc. 1868. Tour à tour peintre, orfèvre, commis, il dut céder aux résistances de sa famille lorsqu'il manifesta la velléité de monter sur les planches, mais il prit peu après sa revanche comme auteur dramatique, d'abord à Lyon où il fit représenter un vaudeville, puis à Paris oii il devint le collaborateur de Brazier, de Dumersan, de Mélesville et de Courcy, tout en dirigeant successivement le théâtre de la Porte-Saint-Martin, de Versailles, de Strasbourg et le Théâtre-Français de Londres. L'ensemble de ses pièces dépasse le chiffre de deux cent cinquante, et bon nombre d'entre elles ont joui d'une vogue qui ne s'est pas maintenue : rappelons ici le Vampire (1820) ; les Deux Forçats (1822), mélodrame; la Lune de miel (4 826); Trilby (1823); la Demoiselle de boutique (1828); V Espionne russe (iS^9); le Petit homme rouge (1832); la Belle Bourbonnaise (1839) ; la Permission de dix heures (i 841) ; le Fruit
CARMOUCHE - CARîsAC
défendu (4848); les Béves de Mathéus (4852); la Bagne de Thérèse (1861) ; r Impôt sur les célibataires (1862); Trois hommes à jupon (1863); la Cornette fawn^(1864), etc. Carmouche avait également collaboré à quelques-unes des parodies des drames célèbres et, à ce titre, ces pochades méritent un souvenir, telles que Marie Jobard (1820), parodie de Marie Stuart de Pierre Lebrun ; Tristine ou Chaillot, Suresnes et Charenton (1830) parodie de Christine à Fontainebleau, d'Alexandre Dumas ; JSini ou le Danger des Castilles (1830), parodie à'Hernani, etc. Il avait épousé en 1824 une actrice connue, Eugénie dite Jenny Vertpré, morte en 1866. M. Tx.
CAR MO Y (Gilbert), né à Paray-le-Monial (Saône-et- Loire) le 6 déc. 1731, mort au môme lieu le 21 févr. 1815. Médecin déjà connu et estimé, devint célèbre en 1793 sous la Terreur, parce que le Comité de surveillance fut contraint de lui permettre, à maintes reprises, de sortir de la prison pour aller donner ses soins aux malades importants qui les réclamaient. Ses visites terminées, il rentrait dans son cachot. On a de lui différents mémoires sur l'électricité appliquée à la thérapeutique, sur la pustule maligne et sur diverses observations. P. C.-C.
CARN A. Divinité romaine du catalogue des îndigitamenta, appartenant au groupe de celles qui président au développement physique des enfants. Son nom est dérivé de caro, chair, et rappelle qu'elle a pour fonction d'entretenir le bon état des viscères essentiels à la vie, en particulier du cœur et des entrailles. Elle possédait un sanctuaire dédié, disait- on, par J. Brutus, sur le mont Cselius, et Ton y célébrait sa fête le 1®^ juin. Comme on lui offrait, en commémoraison symbolique des bienfaits dont on lui était redevable, des mets fortifiants, entre autres de la purée de haricots, ce jour s'appelait celui des Calendœ fabariœ, Ovide, dans les Fa^^^s (VI, 101 etsuiv.), a confondu à tort Carna avec Cardea{Y. ce nom); il faut rapporter à Carna ce qu'il raconte du pouvoir qu'a cette divinité de chasser les slriges, sortes de vampires qui, durant la nuit, sucent le sang et dévorent les entrailles des petits enfants. La première fois que Carna exerça cet office, ce fut au profit du fils de Procas, roi Albain. Tout le reste de la légende, racontée par Ovide, doit être rapporté à Cardea. J.-A.Hild.
BiBL. : Ovide, Fastes, VI, iOl-107.
CARNABONS (Astron.). Un des noms de la constellation à'Ophiuchus ou du Serpentaire.
CARNAC (en breton Querrec ou Kerrec, c.-à-d. le lieu des pierres). Corn, du dép. du Morbihan, arr. de Lorient, cant. de Quiberon, sur une colline dominant la baie de (Juiberon ; 2,831 hab. Eglise construite en 1639, consacrée à saint Cornély, vénéré comme le patron des bœufs; Au pardon du 13 sept, un grand nombre de bestiaux lui sont offerts ; ils sont revendus par la fabrique ainsi que les longes qui ont servi à les amener et qui passent ensuite pour préserver le bétail des épizooties. Musée Miln, qui renferme des objets découverts dans les fouilles exécutées aux environs par Miln, archéologue anglais, mort en 1881. Le 27 juin 1795, la flotte anglaise débarqua au Port-en-Dro, c'est le nom de la plage de Carnac, une division de l'armée des émigrés, forte de 15 à 16,000 hommes, qui repoussa d'abord une colonne de républicains et retarda d'un jour la prise de la presqu'île de Quiberon.
Les alignements de Carnac (mon. hist.) se composent de longues lignes parallèles de menhirs ou pierres levées, qui se prolongent de l'E. à l'O. pendant environ 1,500 m. depuis la métairie du Ménec jusque vers le château du Lazetle village de la Trinité. Ils se divisent en trois groupes : 1^ les alignements du Ménec au nombre de 11, comprenant 874 menhirs; 2» les 10 alignements de KerniariOy comptant 855 menhirs dont la moitié a été acquise par l'Etat pour les préserver de la destruction; 3» les 13 alignements de Kerlescan comprenant
262 menhirs. Ils sont interrompus çà et là par des tumulus dont le plus élevé est le mont Saint-Michel, au S. des alignements, haut de 20 m. environ et long de 115 m. à la base sur son grand axe. Les pierres de Carnac étaient encore au nombre de 4,000 ou environ au xvme siècle ; longtemps, une terreur superstitieuse les a protégées contre la destruction, mais de nos jours on en a détruit un grand nombre et, pour protéger celles qui restent debout, il a fallu les classer parmi les monuments historiques ou même en faire l'acquisition.
^ Ces monuments devaient frapper de bonne heure l'imagination populaire et ont en effet donné lieu à diverses légendes ; nous nous contenterons de rapporter ici celle à laquelle ils doivent le nom que les paysans leur ont longtemps donné : San Cornely Soudarded (soldats de saint Cornély). Le saint, poursuivi par une armée de païens, les aurait subitement métamorphosés en pierre, au moment où, acculé au bord de la mer, il semblait ne plus pouvoir leur échapper. Pour être moins naïves, les explications de certains savants n'ont été guère plus vraisemblables. Un ingénieur du siècle dernier, La Sauvagère, a soutenu l'opinion, acceptée par Ogée, que ces alignements marquaient l'emplacement d'un camp établi par César lors de sa campagne contre les Vénètes. « 11 est à croire, dit Ogée, que lés Romains plantèrent ainsi ces pierres debout pour mettre leurs tentes ou leurs baraques à l'abri et les garantir par le moyen de cette muraille continue des coups de vents violents qui régnent fréquemment sur ces côtes. » Par contre, la plupart des celtomanes ont voulu y voir des monuments du culte druidique : l'un d'eux, M. de Penhoet, imagina môme qu'ils devaient être un temple de r« ophiolatrie »ou culte du serpent dont ils rappelaient les replis sinueux, et appela tout l'ensemble un dracontium ! Sans pousser plus loin rénumération des rêveries et des divagations que ces pierres ont^ suggéré à l'imagination des antiquaires, disons que l'on n'a pas encore d'explication satisfaisante de leur origine et (ju'on ne sait encore exactement à qui les attribuer. Plusieurs savants ont prétendu, non sans vraisemblance, que ces menhirs devaient être des monuments funéraires, mais c'est une conjecture que les fouilles faites à diverses reprises n'ont pas absolument vérifiées ; on a, il est vrai, fréquemment trouvé à leur base des charbons, des pierres rougies par l'action du feu et des terres chargées de phosphate de chaux, mais, outre qu'il n'est pas sûr qu'il faille dater ces vestiges de la même époque que les menhirs, il se pourrait aussi que ce soit là des vestiges des Sacrifices faits lors de la consécration des monuments. M. de Mortillet croit tous ces mégalithes antérieurs aux premières invasions celtiques et y voit des monuments commémoratifs « des espèces d'archives ; chaque pierre rappelant un fait, une personne ou une date ». Si les fouilles faites au pied des menhirs de Carnac n'ont abouti qu'à des résultats négatifs, il n'en est pas de même de celles qu'on a pratiquées dans les tumulus épars au milieu et aux bords des alignements. Elles ont démontré que tous étaient des amoncellements, parfois considérables, de pierrailles, recouverts d'une chape de vase marine et sous lesquels se trouvaient des dolmens. Tous ces dolmens formaient des chambres sépulcrales, qui ont fourni, avec des ossements inhumés et incinérés, un intéressant mobilier funéraire composé de haches et outils divers de pierre (silex, jade, serpentine, etc.), grains de colliers, poteries, etc. Les produits de celles de ces fouilles qui ont été faites sous la direction de la Société polymathique du Morbihan sont conservés au musée de Vannes. Chacun de ces tumulus ne recelait qu'une seule chambre sépulcrale, en sorte que, pour le mont Saint-Michel-en-Carnac, par exemple, il est établi qu'on avait accumulé environ 40,000 m. c. de matériaux pour recouvrir une chambre funéraire de moins de 3 m. c. de contenance !
BiBL. : On trouvera une longue liste des mémoires
CARNAC — CARNARVON
auxquels ont donné lieu les pierres de Carnac dans Ruelle, Bibliographie des Gaules, col. 515 et suiv. — Beaucoup de comptes rendus de fouilles et de discussions ont été publiés dans le Bulletin de la Société polymathique du Morbihan^ particulièrement depuis 1862.
CARNAC -RouFFiAc. Com. du dép. du Lot, arr. de Cahors, cant. de Luzech; 609 hab.
CARNAC (John), officier anglais, né en 4716, mort à Mangalore en 1800. Entré comme capitaine au service de la Compagnie des Indes en 1758, il remporta en 1760 une importante victoire sur Tempereur de Delili et ses alliés français. Brigadier général en 1764 il revint en Angleterre en 176? et fut' élu à la Chambre des communes par Leominster. Il retourna dans l'Inde en 1771, fut nommé membre du conseil de Bombay en 1776 et fut révoqué en 1779 pour avoir exécuté la malheureuse convention de Wargam.
CARNAC (sir James Rivett), administrateur anglais, né en 1785, mort à Rockliffe (Hampshire) le 11 janv. 1846. Entré au service de la Compagnie des Indes en 1801, aide de camp du gouverneur de Bombay (1802), résident du Baroda (1818-1819), il fut élu directeur de la Compagnie en 1827 et fut en 1836 et 1837 choisi pour président par ses collègues. Il rendit d'importants services administratifs à la colonie et en fut récompensé en 1836 par le titre de baronnet. En 1838, il fut nommé gouverneur de Bombay, mais l'état de sa santé le contraignit de revenir en Angleterre le 17 avr. 1841.
CARNALAGE ou CARNALAT. Expression dérivée de carn ou mr, chair, et désignant, dans quelques coutumes du midi de la France, le droit qu'avait le propriétaire d'un héritage de tuer et de s'approprier les bestiaux trouvés sur son champ et dans ses bois, pour réparation du dommage qu'ils avaient causé. D'après la même étymologie, carnaler signifiait tuer le bétail pris en dommage, carnaladû désignait celui à qui appartenait le bétail tué, carnau l'estimation du dommage causé. Les diverses coutumes réglementaient et limitaient le droit de carnalage. Ainsi, la coutume d'Acqs (Dax) ne permet de carnaler que les pourceaux au temps de la glandée, et avec certaines restrictions. Tandis qu'on ne peut en général tuer qu'un animal du troupeau, la coutume du pays de Sole (Soûle) permet d'en tuer deux pendant la nuit. (V. aussi Coût, de Bayonne, de Béarn, et de Saint- Sever») Le droit de carnalage a été aboli sans indemnité le 13 avr. 1791. Carnalage signifiait aussi (Coût, de -Sole), faire pâturer en commun des porcs sur les montagnes. Enfin, le droit de carnalage était aussi une prestation de viande due au seigneur par les bouchers établis sur son territoire. G. R.
BiBL. ; Du Gange, Glossariiim, \° Carnale 3. — De- >JisART, Collection de décisions nouvelles^ nouv. éd., t. IV, v*' Carnal. — Encyclopédie méthodique, Jurisprudence^ t. II, v° Carnaler,
CARNALLITE. Chlorure hydraté de potassium et de magnésium (K,Mg) C1 + 4H0. Ce minéral, utilisé dans l'industrie pour l'extraction de la potasse, se trouve à Stassturth en couches suffisamment épaisses pour être exploitées avec fruit. Elles sont composées de masses salines incolores ou rougeâtres formées de cristaux appartenant au système du prisme rhomboidal droit. Soluble dans l'eau ; la solution donne les réactions du chlore, de la magnésie et du potassium. A. Lacroix.
CARNANDET (Jean-Baptiste), littérateur français, né à Baigneux-les-Juifs le 20 janv. 1820, mort à Saint-Dizier en 1880. Bibhothécaire de la ville de Chaumont, il a publié un certain nombre d'études archéologiques estimées et a fondé ou dirigé plusieurs journaux, entre autres V Uni on de la Haute-Marne, la Revue du Mouvement catholique, V Ecole de Nazareth, la Haute-Marne, l'Indépendant de l'Est, le Bulletin des comices agricoles de la Haute-Marne. Parmi ses ouvrages nous citerons : Géographie historique, industrielle et statistique de la Haute-Marne (Chaum^ont, 1860, in-18) ; Ilotes et documents pour servir à V histoire de Châteauvillain
(Paris, 1856, in-8) ; ISotice historique sur Edme Bouchardon (1855, in-8) ; Tablettes historiques du dép. de la Haute-Marne (1856, in-8) ; Recherches sur les périodiques de la Haute-Marne (Chaumont, 1861, in-8) ; le Trésor des pièces rares et anciennes de la Champagne et de là Brie (1863, 2 vol, in-8). Il a dirigé encore la publication des Actes des Saints, trad. par une société d'ecclésiastiques (1865 et suiv,), et a publié la Vie et passion de M^"" Sainct-Didier de G. Flamang (Paris, 1855, in-8.)
CARN AR VON. Ville et comté d'Angleterre, auN. du pays de Galles. La ville est située sur la baie du même nom, à l'embouchure du Seoint; 10,237 hab. C'est le chef-lieu du comté. Son port a un mouvement de 50,000 tonnes. Le cabotage est assez important ; on exporte surtout des ardoises. Garnarvon est une station balnéaire assez fréquentée. Cette ville a remplacé Car-Seoint, capitale des Segontiaci; fortifiée en 1098 par Hugh Lupus, comte de Chester, un château y îut bâti en 1284. C'est là que naquit Edouard II ; les ruines de ce château existent encore à VO. de la ville, avec ses trente tours, parmi lesquelles on signale celle de l'Aigle qui domine la colline. Une partie des vieux murs de la ville a également subsisté.
Le comté (en gallois Arfon) est entouré de trois côtés par la mer (au S. la baie de Cardigan, à l'O. la baie de Carnarvon et le, détroit de Menard, qui le sépare de l'île d'Anglesey, au N. la baie de Beaumaris) ; du quatrième, à l'E., il touche aux comtés de Denbigh et Merioneth, vaste de 1,495 kiL q., il compte 119,349 hab. (en 1881). C'est la partie la plus pittoresque du pays de Galles ; là s'élève le Snowdon (1,091 m.), entouré de jolis petits lacs. D'autres sommets comme le Carned Llewellyn, le Carned Dafydd (David), dépassent 1,000 mètres. Les vallées sont sauvages, traversées par de véritables torrents. La seule petite rivière est le Conway, La presqu'île qui s'avance au S.-O. du comté se termine par le promontoire escarpé de Braich-y-Pwll, en face duquel est l'île Bardsey. Le sol cultivé représente 16 %, les prairies 35 *7o de la surface totale ; il n'y a presque plus de bois. Le comté possédait, en 1884, 53,000 têtes de race bovine, 203,000 de race ovine ; les moutons sont, avec les ardoises (1,500,000 tonnes) et les pêcheries, la grande ressource du pays.
CARNARVON (Robert Dormer, comte de), homme de guerre anglais, mort le 20 sept. 1643. Créé vicomte Ascot et comte de Carnarvon le 2 août 1628, il prit part aux guerres d'Ecosse, fut nommé le 2 juin 1641 lord lieutenant du comté de Buckingbam, servit sous les ordres de Wilmot à Edgehill et sous ceux du prince Rupert à la prise deCircenster (2 févr. 1643). Lieutenant général de la cavalerie dans l'armée du marquis de Hertford (1643), il se distingua aux batailles de Chervlon-Mendip (10 juin 1643) et de Lansdown (5 juil.), passa dans le régiment de lord Byron et fut tué au premier combat de'Newbury. — Son fils Charles, étant mort en 1709 sans héritier, le titre de comte de Carnarvon sortit de la famille Dormer.
CARNARVON (Henry Herbert, lord Porchester, comte de), né le 20 août 1741, mort le 3 juin 1811, fut créé comte de Carnarvon le 3 juil. 1793, et nommé grand écuyer en 1806.
Son fils Henry George, 2« comte de Carnarvon, né le 3 juin 1772, mort à Londres le 16 avr. 1833, représenta le bourse de Crickeade à la Chambre des communes de 1794 à 1811, date à laquelle il entra à la Chambre des Pairs. Il s'opposa vivement au bill de réforme électorale.
Henry-] ohn-George, 3^ comte de Carnarvon, fils du précédent, né à Londres le 8 juin 1800, mort à Pusey (Berkshire) le 10 déc. 1849. 11 passa une grande partie de sa vie à voyager, principalement en Espagne, Membre de la Chambre des communes pour le bourg de Wootton (1831), il se prononça lui aussi contre la réforme électorale. A la Chambre des lords, oii il entra à la mort de
son père, il prit une grande part à la discussion du projet de réforme municipale. H a publié : The Moor(iSTl), poème ; Portugal and Gallicia, the social and potilical state of the Basque Provinces and Remarks on récent events in Spain (1836). Il fit jouer aussi sur la scène de DruryLane une pièce intitulée Don Pedro the CrueL
Henry Howard Molyneux Herbert, baron Porchester, 4^ comte de Carnaryon, homme d'Etat anglais contemporain, fils du précédent, né à Londres le 24 juin 4831. H fit de solides études à Eton et à Oxford, entra à la Chambre des Lords à sa majorité (1852) et s'y fit bientôt remarquer. En 1859 lord Derby le nommait sous-secrétaire d'Etat des colonies, et grand maître de l'Université d'Oxford (1853). Tombé avec le cabinet conservateur, il prenait en juin 1866 le poste de secrétaire d'Etat des colonies dans le nouveau ministère de lord Derby. Le 2 mars 1867, il se retirait parce qu'il ne voulait pas admettre le projet de réforme électorale adopté par ses collé* gués, déclarant « qu'il réprouvait une mesure qui partageait le pouvoir entre les riches et les pauvres et n'accordait aucune influence aux classes intermédiaires ». Le 19 févr. de la même année il s'était signalé en faisant passer en seconde lecture son projet de confédération des provinces Nord-Amérique de l'empire britannique, projet basé sur le principe fédératif adopté par les Etats-Unis (V. Canada),
Lord Carnarvon entra de nouveau comme ministre des colonies dans le cabinet Disraeli (fév. 1874). H réussit alors à apaiser les dissentiments survenus entre la colonie du Cap et la métropole au sujet des Champs de Diamants et essaya de former une confédération des Etats Sud- Africains sous le contrôle de l'Angleterre, comme il avait fait pour le Canada. Mais ce projet n'aboutit pas. Il était alors prématuré (V. Cap). Le 24 janv. 1878 lord Carnarvon démissionnait, n'étant pas d'accord avec ses collègues sur la question d'Orient et réprouvant l'envoi de la flotte anglaise dans les Dardanelles. A celte occasion il défendit les intérêts des provinces chrétiennes de la Turquie avec autant d'énergie que les whigs. Lord lieutenant d'Irlande dans le cabinet Salisbury (juin 1885janv. 1886), lord Carnarvon conseilla, comme palliatif à la crise irlandaise, de favoriser par tous les moyens, le rétablissement de l'industrie en Irlande, ce qui aurait pour résultat d'atténuer la misère, principale cause du mécontentement. En 1889 il a prononcé sur la question d'Egypte un discours à sensation dans lequel il adjurait le gouvernement d'inaugurer enfin une politique loyale en annexant purement et simplement l'Egypte à l'empire britannique. R. S.
BiBL. : BuRKE, Peerage and Baronetage of the British Empire; Londres, 1856, ia-4. — Mac Cartiiy, Histoire contemporaine d Angleterre, trad. Goirand; Paris, 1887, t. IV et V, in-8, — Annual Register.
CARNAS. Corn, du dép. du Gard, arr. du Vigan, cant. de Quissac; 315 hab.
CARNASSE. Colle forte (V. Colle).
CARNASSIÈRE. I. Zoologie. — Chez les Mammifères Carnivores on appelle dent carnassière ou simplement carnassière (F. Cuvier), h première vraie molaire, c.-à-d. celle qui suit immédiatement les prémolaires dans les deux mâchoires (supérieure et inférieure). Auprès des prémolaires, qui sont généralement petites, la carnassière présente une forme spéciale ; elle est ordinairement très grande, très forte, conique et tranchante ou à plusieurs pointes, au moins chez les types franchement carnivores comme les Chats. En arrière de la carnassière se voient des molaires plus petites, à couronne émoussée comme celles de l'homme et qui prennent ici le nom caractéristique de tuberculeuses. Chez les Carnivores à régime varié, omnivore (les Ours, par ex.), la carnassière est petite, peu saillante, et les tuberculeuses au contraire sont très grosses et larges, tandis qu'elles sont presque insignifiantes par leur volume, leur nombre et leur usage chez les vrais Carnivores, tels que les Chats et les Hyènes. Contrairement à ce qui a lieu
Dents du Chat domestique. —
a, dent carnassière supérieure.
b, dent carnassière inférieure.
^61 — CARNARVON — CARNATIC
pour les canines, la carnassière supérieure est croisée en arrière et non en avant par sa correspondante inférieure. Cette dent a beaucoup d'importance au point de vue de la classification des Carnivores , car sa forme et ses dimensions sont toujours en rapport avec le régime et les mœurs de l'animal, — • Les Carnivores actuels n'ont jamais qu'une seule carnassière, mais on connaît des genres éteints (Hyœnodon, par ex.), qui avaient jusqu'à trois molaires en forme de carnassière; les plus anciens Carnassiers (V.
Créodontes) avaient toutes leurs molaires ainsi conformées, et cette disposition se retrouve chez beaucoup de Didelphes ou Marsupiaux actuels. Les Amphibies f^P/i^^w^^; ont également des molaires toutes semblables, à tubercules pointus et coupants, c.-à-d. en forme de carnassière, disposition éminemment propre à déchirer la chair chez des animaux qui avaient sans mâcher (V. Carnivores). E. Trouessart.
11. Equipement militaire. — Sac de campagne ou gibecière en cuir, à patelette jaune, qu'il fut question de rendre réglementaire pour les oificiers d'infanterie dans les premières années de la Restauration. Pourtant, la décision du 28 avr. 1821 laissa le port d'un sac de campagne facultatif, et ii l'est demeuré jusqu'à ce jour.
lli. Chasse. — Sorte de sac ou de gibecière destinée à mettre le gibier. C'est le vade-mecum indispensable au chasseur. Une bonne carnassière doit être d'une grandeur moyenne en cuir de veau, gras, souple, léger maïs solide. Elle se compose d'une grande poche à soufflet contenant elle-même quelques petits compartiments, pour les accessoires et pour le permis, et un porte-monnaie. Extérieurement au sac de cuir se trouve une poche en toile, qui reçoit les provisions. La grille ou le filet est superposée à ce sac et reçoit les lièvres, les cailles et les perdrix. Un rabat de cuir de veau marin la recouvre dans le tiers supérieur pour protéger le contenu contre la pluie. Une condition essentielle c'est que la courroie de la carnassière soit large pour que l'épaule ne s'endolorisse pas pendant le transfert par monts et par vaux du gibier. Un porte-mousqueton est en général fixé à la partie inférieure de la bretelle pour pouvoir y attacher la laisse des chiens. S. A.
CARNASSIERS (Mammifères). G. Cuvier formait sous ce nom (1817) un ordre (le troisième) de la classe des Mammifères pour « tous les quadrupèdes onguiculés qui possèdent comme l'homme et les quadrumanes, les trois sortes de dents, mais qui n'ont pas de pouce opposable à leurs pieds de devant. Us vivent de matières animales...» Cet ordre était divisé en quatre familles, Chéiroptères, Insectivores, Carnivores (comprenant les Phoques ou Amphibies et Marsupiaux). Plus tard (1829), les Mai'supiaux formèrent un ordre à part, le quatrième de la classe. Les naturalistes qui ont succédé à Cuvier, notamment H. Milne Edwards, ont senti le besoin de subdiviser encore cet ordre des Carnassiers, et les Chéiroptères, les Insectivores (V. ces mots), les Carnivores et même les Amphibies (ou Pinnipèdes) qui ne formaient pour Cuvier qu'une tribu des Carnivores, sont devenus autant d'ordres distincts dans les classifications modernes, de telle sorte que le terme de Carnassiers n'est plus usité pour désigner un ordre de la classe des Mammifères (V. Carnivores). E. Trouessart.
CARNATIC (Le) {Karnatee, Karnara ou Carnate, ce qui veut dire pays noir). Nom donné autrefois à une