CARNOT — CARNUTES
Tun des \ice-prési dents de la Chambre. Le 7 avr. 1885, M. Henri Brisson qui vient de former un cabinet, lui donne le portefeuille des travaux publics, et le IG avr. suivant le portefeuille des finances, dont vient de se dessaisir M. le sénateur Clamageran, M. de Freycinet lui conserve son ministère dans le cabinet qu'il préside. Le 21 avr. 1881, aux élections générales, il avait été réélu, sans concurrent, dans la 2® circonscription de Beaune par 9,038 voix sur 15,617 inscrits. Dans sa profession de foi, il disait : « Une nation recule quand elle n'avance plus. La démocratie française compte sur un avenir de progrès. Elle veut des réformes dans l'ordre judiciaire et politique, dans l'ordre économique et commercial, dans l'ordre militaire et financier. Ces réformes sont nécessaires, ces progrès s'imposent. Vous avez à choisir des hommes qui auront charge de les réaliser, et vous leur donnerez mandat de marcher en avant sans compromettre les résultats acquis. » Et, il ajoutait : « Nous voulons constituer une majorité qui puisse assurer la réalisation des réformes nécessaires avec la stabilité du pouvoir et la confiance du pays dans son avenir. Nous voulons exiger de tous les citoyens la soumission aux lois du pays. Nous voulons défendre avec résolution les droits de la société civile contre toute invasion du cléricalisme. » Aux élections d'octobre 1885, après le rétablissement du scrutin de liste, il est élu député de la Côte-d'Or, au 2« tour de scrutin, le 18 oet., le premier de la liste avec 55,833 voix. Au premier tour de scrutin, le 4 oct., il était le troisième, avec 39,981 voix. Le 3 déc. 1886, avec tous les membres du cabinet, il donne sa démission de ministre. Trois mois après il est réélu membre de la commission du budget où il arrive en tète de la liste. Le 5 nov. 1887, on discute à la Chambre une motion tendant à la nomination d'une commission d'enquête sur les incidents où était mêlé le nom de M. Wilson. M. Bouvier, président du conseil, s'efforce de prouver qu'il ne faut pas rechercher d'autres responsabilités que celles des ministres. 11 s'agit d'une restitution de 75,000 Ir. de droits perçus par le trésor à des particuliers, ordonnée, disait-on, par M. Jules Grévy. « Le président de la République, dit M. Bouvier, formule un avis, un vœu, mais le ministre agit sous sa pleine responsabilité ; la preuve c'est qu'un de nos honorables prédécesseurs, M. Sadi Carnot, a refusé la restitution qui lui était demandée. » Enfin, le 3 déc. 1887, le Congrès, réuni à Versailles, élit président de la République M. Carnot en remplacement de M. Jules Grévy qui, la veille, a donné sa démission. Au premier tour de scrutin, les voix sont réparties de la façon suivante : Votants, 852. Bulletins blancs ou nuls, 3. Suffrages exprimés, 849. Majorité absolue, 425. Ont obtenu : MM. Sadi Carnot, 303 voix; Jules Ferry, 212 ; général Saussier, 148; de Freycinet, 76; général Appert, 72; Henri Brisson, 26 ; Floquet, 5 ; Anatole de La Forge, 2 ; Félix Pyat, 2; Pasteur, 2; Spuller, 1. Au deuxième tour de scrutin, il y a dix votants de moins et 15 bulletins blancs ou nuls, par suite la majorité absolue n'est plus que 414. Les suffrages sont ainsi partagés : M. Sadi Carnot, 616 voix; général Saussier, 188 ; Jules Ferry, 11; général Appert, 5; de Freycinet, 5; Floquet, 1 ; Félix Pyat, 1. Depuis cette élection, M. Carnot a fait de nombreux voyages à travers la France, recevant partout l'accueil sympathique des populations républicames. 11 a inauguré TExposition universelle de 1889, et présidé toutes les fêtes du Centenaire de la Révolution. M. Carnot n'est pas un orateur brillant, mais il a une grande facilité d'exposition dans les questions d'affaires. Il est très travailleur, et ses ennemis eux-mêmes rendent hommage à sa correction et à la dignité de son attitude. Il a traduit de l'anglais : la Révolution de 1848 et ses détracteurs^ de John Stuart Miil (1875, in-12). "Louis Lucipia.
CARNOT (Marie-Adolphe), ingénieur français, trère du précédent, né à Paris le 27 janv. 1839. Entré à l'Ecole polytechnique en 1858, il en sortit dans les
Mines en 1860, fut nommé ingénieur ordinaire en 1864, et devint en 1868 professeur suppléant de chimie générale à l'Ecole des mines. Il n'a cessé depuis lors de faire partie du corps enseignant de cet établissement et y a été successivement nommé professeur du cours préparatoire de chimie générale (1870), directeur des travaux du laboratoire et du bureau d'essais pour les substances minérales, conservateur des collections, professeur de docimasie (1877) et inspecteur (sous-directeur) deTEcole (1882). II est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1876 et ingénieur en chef depuis 1881. Il a fait partie en 1870 de la commission chargée d'étudier les moyens de défense de Paris. Savant modeste, M. Ad. Carnot s'est toujours tenu confiné dans son laboratoire, où il a fait de belles découvertes en chimie minérale. Il n'a jamais écrit que des mémoires ou notes parues dans diverses publications scientifiques et en particulier dans les Annales des mines, auxquelles il a donné : factice sur le traitement minéralogique des minerais {Mém,, 6^ sér., t. VII, 1864) ; Tableaux des essais de combustibles minéraux (Mém., V sér., t. XVI, 1879); les Laboratoires de l'Ecole des mines {Mém,, 7^ sér., t. XX, d881); Note sur la composition de la houille (Mém,, 8« sér., t. V, 1884); Analyses des eaux minérales françaises {Mém., 8« sér., t. VII; 1885).
CARNOT DE Feulins (Claude-Marie), fils de Claude, frère de Lazare, né à Nolay (Côte-d'Or) le 15 juil. 1755, mort à Sampigny (Saône -et -Loire) le 16 oct. 1836. Capitaine au corps royal du génie en même temps que son frère Lazare, et dans le même régiment ; député du Pas-de-Calais à la Constituante, puis à la Législative et à la Convention ; fut membre du comité militaire ; créa le nouveau recrutement de l'armée ; organisa la gendarmerie (janv. 1792) ; fit porteries contingents à 450,000 hommes (juil. 1792) ; seconda activement son frère en toutes circonstances, notamment pour l'organisation militaire ; colonel d'artillerie sous Jourdan, contribua pour une grande part à la victoire de Wattignies par la hardiesse de ses manœuvres ; général de brigade en 1796, inspecteur général des fortifications en 1800, il donna sa démission au moment de l'expédition de Saint-Domingue, et vécut dans la retraite sans recevoir de l'Empire la pension à laquelle il avait droit. P. C.-C.
CARNOULES. Corn, du dép. du Var, arr. de Toulon, cant . de Cuers, sur un sous-aftîuent du Gapeau ; 1 ,435 hab . Ruines du village de Château-Royal. La chapelle Notre- Dame est un lieu de pèlerinage. Chênes-lièges ; vins, huiles.
CARNOY. Corn, du dép. de la Somme, arr. de Péronne, cant. de Combles; '106 hab.
CARNULI (Simone da), peintre italien, né vers la fin du XV® siècle à Carnuli, près de Voltri. Après avoir conquis l'attention par des perspectives semées de figures minuscules, il entra dans les Franciscains réformés, mais sans abandonner la peinture. Il exécuta même, en 1519, pour la chapelle de son ordre, à Voltri, deux tableaux qui n'étaient pas exempts de sécheresse, mais qui présentaient d'assez rares qualités, une Institution de V Eucharistie et une Prédication de saint Antoine, T. -S. CARNUTES, CARNUT/E, CARNUTI. Puissante nation de la Gaule centrale. Leur territoire s'étendait sur les deux rives de la Loire, entre le Cher, l'Eure et la Seine ; à l'époque de la conquête romaine, il touchait vers le N. aux Aulerci Eburovices, vers l'O. aux Aulerci Cenomanni et aux Turoni^ vers le S. aux Bituriges Cubi et vers TE. aux Senones et aux Parisii. Leur pays, couvert de forêts réputées sacrées, était considéré comme le vrai milieu de la Gaule, et il était devenu le centre religieux et politique de la grande tamille des nations celtiques. « Là, dit César, chaque année, à jour fixe, les druides se réunissent dans un lieu consacré ; tous ceux qui ont des procès s'y rassemblent et se soumettent aux arrêts de