CARNUTES - CARO
rassemblée. » Cette assertion semble être confirmée par les monuments mégalithiques qu'on trouve en grand nombre dans cette région (Y. Al. Bertrand, Carte des monuments de l'âge de pierre, 1867 ; Boisvillette, Statistique archéologique d'Eure-et-Loir, Chartres, 1864; Revue archéoL, 1864, pi. XVI). Leur capitale était Autricum, qui au v® siècle échangeant ce nom contre celui de la population, devint la civitas Carnutum, dont on a fait Chartres. Parmi les villes carnutes on cite encore Cenabum (Orléans), tcSv KapvouT03v £|j.7cdptov, dit Strabon, et Genabum (Gien), si toutefois ces deux dénominations désignent deux localités différentes. Tite-Live cite les Carnutes parmi les peuples qui, sous la conduite de Bellovèse, ont entrepris une expédition en Italie. César qui en 57, après sa deuxième campagne, plaça chez eux ses légions en quartier d'hiver, nous apprend qu'ils étaient à cette époque les clients des ïiemi, A cette occasion, il leur imposa comme roi un certain Tasgetius, descendant d'une famille princière détrônée, connu par une médaille au type d'Apollon avec l'inscription : TAS- GUTIOS (Revue de num. fr., mars-avr. 1837). Trois ans plus tard, ce prince, que les Carnutes regardaient comme usurpateur, fut tué par un parti évidemment dévoué à la cause nationale. César comprima ce mouvement en envoyant dans le pays la légion de Piancus. Au prmtemps de ?j3, les Carnutes n'envoyèrent pas de députés au concilium que César avait convoqué à Samarobriva. Quand le proconsul s'avança vers leur pays pour y briser toute tentative de résistance, ils se soumirent après avoir prié les Rémi d'intercéder auprès de lui en leur faveur. C'était une soumission apparente : dès l'année suivante, ce furent les Carnutes qui donnèrent le signal de l'insurrection générale en massacrant et en jetant à la Loire tous les négociants romains qui avaient leurs comptoirs dans la ville commerçante de Cenabum. Pour venger ce crime, César, après la prise de Vellaunodunum, vint surprendre cette place, avant que les Carnutes eussent eu le temps d'y jeter du secours. La population essaya de s'enfuir par le pont de la Loire; mais tandis qu'elle s'entassait aux abords de cet étroit débouché, les Romains s'emparèrent de la ville, la brûlèrent, tuèrent tous les habitants ou les emmenèrent comme esclaves. Pendant la guerre d'indépendance de 52, 12,000 Carnutes combattirent et succombèrent sous Vercingétorix. Peu de temps après le désastre d'Alésia, les Carnutes attaquèrent les Bituriges Cubi, pour les punir d'avoir traité avec fennemi. César, pour venger la nation amie des Bituriges, vint saccager le territoire de leurs agresseurs, força une partie d'entre eux à émigrer et soumit les autres. Sous Auguste, les Carnutes, l'un des vingt-deux peuples de la Lyonnaise, furent élevés au rang de civitas socia ou fœderata ; en cette qualité, ils conservèrent toutes leurs institutions et ne durent à l'empereur que le service militaire et quelques redevances qui se rapportaient à ce service. Jusqu'au ni« siècle, Autricum était la capitale des Carnutes, dont le territoire forma plus tard les trois évêchés de Chartres, d'Orléans et de Blois. En 275, l'empereur Aurélien vint élargir et reconstruire l'enceinte de Cenabum, la détacha de la cité des Carnutes, dont elle n'avait été qu'un vicus, l'érigea en cité et lui donna son nom : Aurelianum ou AurelianL Aussi, dans la Notice des Provinces, nous trouvons parmi les sept cités de la Lugdunemis /F« une civitas Aurelianorum (Orléans), à côté de la civitas Carnotum. A l'époque mérovingienne, la civitas Carnotuïïi était divisée en huit pagi ou comtés, dont six : le Pincerais, le Dreugesin, le Chartrain, le Dunois, le Vendomois et le Blaisois, correspondaient aux six archidiaconés primitifs deTancien diocèse de Chartres, tandis que le comté de Merey dépendait de la cité de Sens et l'Etampois de la cité d'Ëvreux. L. W.
BiBL.: J. César, De Bello gallico, II, V, VI, VII, passim. — Strabon, pp. 11)1-193. ~ Pline l'Ancien, HisL nat , ly, XVIII, 32. - PïOLEMÉE, II, vin (VII), 13. - Raoul BouTRAYs, Urbis gentisque Carnutum historia; Paris,
1624, in-8. - P.-L. Athenas, Du Pays des Carnotes, dans Annuaire académique de la Soc. académique de Nantes, 1S22.— Du même, Sur le Pays des sçldatscurnotes, dans le Lycée armoricain, t. IX, 18-27, pp. 493-498. — De VIonvel Etudes sur les expéditions dej. Césai dans les Carnutes- Orléans, 1863, m-8. — Ern. Desjardins, Géographie de la Gaule romaine, II, III, passim. — ■ Aug. Loxngnon, Géogj^aphie de la Gaule au vp siècle, pp. 323-331. — Ed. Blanc, Note sur Ventii de Dion Cassius, dans' Rev.archéoL, 2« sér., XXXI, 187^, pp. 268-277.
CARNWARTH. Ville d'Ecosse, comté de Lanark, s'est groupée autour des forges créées en 1780 par la compagnie Wilson et qui se sont maintenues malgré de nombreuses vicissitudes.
CARO. Corn, du dép. du Morbihan, arr. de Ploërmel, cant. de Maleslroit, sur l'Oust et le canal de Brest; 1,66^2 hab. Cette localité est mentionnée dès le ix® siècle dans le cartulaire de Hedon. Dans le cimetière, borne milliaire supportant une croix pattée.
CARO. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. de Mauléon, cant. de Saint-Jean-Pied-de-Port; 190 hab.
CARO (Juan), missionnaire espagnol de l'ordre de Saint-François, mort tiès âgé avant 1536. Il fut le premier qui enseigna aux Indiens du Mexique le plain-chant et le chant figuré. 11 passait pour en avoir baptisé cent mille. B^s.
CARO (Annibale), célèbre poète italien, né à Civita- Nova, dans la Marche d'Ancône, en 1507, mort à Home le 21 nov. 1566. D'une famille peu aisée, mais qui lui fit donner une bonne instruction première, il dut accepter la fonction de précepteur des tils de Luigi Gaddi, lequel bientôt le prit pour secrétaire. A la mort de Gaddi, il passa, en la même qualité, au service de Pier Luigi Farnèse, qui l'employa à diverses besognes, l'envoya jusque dans les Flandres. Après l'assassinat de Pier Luigi, Caro ne fut pas abandonné par les Farnèse, le duc Ottavio et le cardinal Alessandro, qui successivement en firent leur secrétaire; c'est dans la maison de ce dernier qu'il mourut. Le cardinal Ranuccio l'avait fait entrer par faveur dans l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, où il fut pourvu de deux riches commanderies. Les Farnèse accrurent encore sa fortune et le poète put se livrer à sa passion pour les antiquités et les médailles dont il réunit une merveilleuse collection. D'un caractère fort aimable dans la vie privée, il devenait vraiment féroce dès que ses oeuvres étaient en jeu, et l'on allirme que pour se venger de Castelvetro, qui avait critiqué sa Ccmzone à la louange de la France commençant par ce vers : enite alCotnbra de' gran gigli d'oro^ il n'hésita pas à le dénoncer à l'Inquisition. Son principal titre littéraire est la traduction de V Enéide, modèle d'élocution toscane et de poésie classique : V ineide di Virgilio recata in ver si italiani (Venise, 1581, in-4) ; autres ouvrages: Rime (Venise, 1569) ; Due 0raz4oni'di Gregorio Nazanzeno, e il primo sermone di S. Cecilio Cipriano sopra VElemosina, faite in lingua toscana (Venise, 1569, in-4); Apologia délia canzone da Annibal Caro fatta sotto nome degli Academicide' Banchi contra messer Lod. Castelvetro (Parme, 1558, in-4) ; Lettere familiari (Venise, 1572-1575,2 vol. in-4) ; Lettere scritte a nome del card. Farnèse (Padoue, 1765^ 3 vol. in-8) ; Gli Straccioni, commedia (Venise, 1582, in-12); Hettorica d'Aristotele (Venise, 1570) ; le Cose pastorali di Longo, il quale scrisse degli Amori di Dafni e Cloe (Pans, 1786, in-4) ; Dicerie a' Re délia virtù (Calveley-llall, c.-à-d. Venise, 1821, in-8) ; Novella del com. Anmhal Caro tratta dalle sue lettere /amiliari (Turin, 1869, in-8) ; Prose inédite, publicate da G. Cugnoni (Imola, 1872) ; pour clore cette liste, un ouvrage extrêmement licencieux, mais qu'on ne peut omettre : Commento da Ficaruolo sopra la prima ficata del padre Siceo colla Nasea (Baldacco, 1539, in-4), réimprimé dans les Hagionamenti de l'Arétin, éditions de 1584 et de 1600, Hollande. Ses œuvres ont été réunies : Opère (Milan, 1806, 8 vol. in-8). R. G,
BiBL.: Crasso, Elogii d'Iiuomini letleraii ; Venise,