CARO
1666, 2 vol. in-4. -- Seghezzi, Vita del commendatore Annibal Caro ; Padoue, 1712, in-8.
CARO (Rodrigo), érudit espagnol, né à Utrera (Andalousie) en cet, 4'd73, mort à Séville le 10 août 1647. il étudia à l'Université de Osuna de iS90 à 1596, y fut reçu licencié en droit canon, fut avocat vingt-quatre ans dans sa ville natale avec une grande réputation. Il publia d'assez nombreuses consultations, puis devint vicaire général des archevêques de Séville et occupa de hautes fonctions ecclésiastiques. On a de lui : 1^ Santuario de JSuestra senora de consolacion y Antiguedad de la villa de Utrera (Osuna, 4622, in-8); 2o Flavi Luci Dextri Omnimodac historia quœ exstant fragmenta mm chronico Marci Maximi et Helcœ ac S. Braulionis ; Cœsaraugustanorum episcoporum^ notis,*» illustrata (Séville, 1634, in-fol.), ouvrage important; des notes et additions à ce travail, trouvées parmi ses papiers, ont été publiées dans le premier volume du Mémorial historico de l'Académie d'histoire de Madrid, 1851. R. Caro, en mourant, laissa de nombreux et intéressants manuscrits en latin et en castillan, en prose et en vers ; de los nombres y sitios de los vientos, publié dans le premier volume du Mémorial historico ; Dias géniales y ludricos, sur les jeux des enfants, à la Bibliothèque nationale de Madrid, etc.; des recueils d'inscriptions qu'il avait vues en Andalousie, des notes historiques, des poésies latines et castillanes. Une de celles-ci, sur les ruines àltalica, a été attribuée à tort à Rioja (publiée dans la trad. en esp. de VHist, de la litt, esp, de Sismondi ; Séville, 1841-1842). E. Cât.
CARO (Francisco), peintre espagnol, né à Séville en 1627, mort à Madrid en 1667. Son père, Francisco Lopez Caro, qui était peintre, fut son premier maître; mais, soucieux d'acquérir et de progresser dans son art, le jeune Francisco obtint de son père de venir à Madrid où il entra dans l'atelier d'Alonso Cano. Son habileté, son intelligence lui valurent d'être promptement apprécié et, en 1658, il se voyait chargé de peindre plusieurs tableaux, dont les sujets étaient empruntés à la vie de la Yierge, pour le presbytère et la chapelle de San Isidoro, dans l'église de San Andrès. Ces peintures, qui rappelaient par l'élévation de leur style l'excellente école où s'était formé Caro, furent très applaudies des connaisseurs ; mais, d'après les biographes, son meilleur ouvrage aurait été exécuté pour le couvent de Saint-François à Ségovie. Il représentait le Jubilé de la Porciuncula et Caro y avait peint, avec un grand talent, paraît-il, les portraits de D. Antonio de Contreras et de sa femme qui étaient sans doute les donataires du tableau. Mort à quarante ans, Caro ne laissa qu'un très petit nombre d 'œuvres, disparues pour la plupart; il est donc impossible aujourd'hui de contrôler la valeur des éloges que Palomino et Cean Bermudez s'accordent à leur donner. P. L.
BiBL. : Palomino, Vidas de los pintores eminentes; Madrid, 1724.
CARO (don Ventura), général espagnol, né à Valence vers 1742, mort à Valence en 1808. 11 fit ses premières armes en 1775, dans l'expédition d'O'Reilly contre Alger, sous les ordres de son frère, le marquis de la Romana, et, après la mort de celui-ci, rédigea un mémoire pour le justifier du reproche d'imprudence et d'insubordination. En 1781, nous le trouvons colonel dans l'armée de Crillon, où il se distingue aux sièges de Mahon et du fort Saint- Philippe. Ces services lui valurent le commandement de Fîle de Minorque en 1782 avec le titre de général de brigade, puis de maréchal de camp. Lieutenant général en 1790, il alla apaiser les troubles de la Galice, devint capitaine général (gouverneur militaire) de cette province, puis de celle deGuipuzcoa. Après la déclaration de guerre de l'Espagne à la Convention, il franchit la Bidassoa et pénétra sur le territoire français. 11 remporta quelques avantages sur notre armée, au camp de Biriatou (avr. 1793), au camp de Sare (l®** mai), à Château-Pignon (6 juin), et détruisit le fort d'Hendaye. Mais bientôt, il ,
fut obligé de repasser la Bidassoa, et défait à Urugne (23juil.). Ses services, lui valurent la croix de Charles 111 en tév. 1794, et dans la campagne suivante, après de légers succès, il fut forcé de battre en retraite devant nos troupes. Un plan de campagne qu'il proposa et qui consistait à se reporter en arrière pour mieux couvrir l'Espagne contre l'invasion n'ayant pas été accepté, il donna sa démission (juill. 1794). Les événements ultérieurs niontrèrent que son plan était le meilleur et, en réparation, on le nomma gentilhomme de la chambre du roi (1795). En 1801, il réprima avec énergie et justice les troubles de Valence, ce qui lui valut le gouvernement de cette province, puis en 1802, le bâton de capitaine général d'armée. Etant retourné dans sa ville natale, après les événements de 1808, il chercha à protéger les Français qui y restaient et contribua à organiser l'armée devant laquelle Moncey dut se retirer. Il mourut peu après. E. Cat.
CARO (José-Eusebio), poète, publiciste et homme politique néo-grenadin, né à Ocana le 5 mars 1817, mort à Santa-Marta le 28 janv. 1853. Issu d'une famille ancienne et qui comptait déjà plusieurs littérateurs estimés, il perdit de bonne heure son père, un des patriotes colombiens les plus respectés, mais de peu de fortune. Il fit péniblement ses études à Bogota, et dès 1836 il collabora à la Estrella nacional, première revue littéraire publiée dans cette ville. Employé subalterne à la direction des finances au moment de la révolution fomentée par le général Obando (1839), il s'engagea comme simple soldat pour la défense du gouvernement légal, et combattit vaillamment pendant celte terrible guerre civile de trois ans. Il s'y lia d'amitié avec le jeune Arboleda (V. ce nom) , devenu comme lui aide de camp du général Herran. Le journal El Granadino, qu'il avait fondé au cours de la campagne et qu'il rédigeait seul, eut une influence considérable sur l'issue de la lutte : il y discutait avec un rare talent les questions philosophiques, politiques et financières, et s'y fit connaître comme poète plein d'enthousiasme et de vigueur. Après le rétablissement de l'ordre, il fut nommé chef de section aux affaires étrangères et de statistique nationale à la secrétairerie d'Etat, dirigée alors par le D"^ Ospina, le futur président de la République. Elu deux fois député à Bogota sous la présidence du général Herran, il conquit une haute situation dans le parlement par ses vastes connaissances, par ses idées libérales et par son caractère. Au début de l'administration du général Mosquera (1845), on lui confia un poste élevé au ministère des finances : il y mit de l'ordre et introduisit un nouveau système de comptabilité publique. Chargé du portefeuille des finances en 1848, il l'abandonna au bout de quelques mois, après avoir provoqué l'abolition du monopole du tabac. 11 entreprit alors avec le D^ Ospina la rédaction du journal el NacionaL Les actes révolutionnaires du général Lopez, le nouveau président (1849), jetèrent Caro dans l'opposition. Il fit une guerre acharnée, dans le journal la Civilizacion, aux abus et aux extravagances tyranniques du gouvernement. Sur le point d'être emprisonné, il s'enfuit à New-York où il demeura jusqu'au 7 déc. 1852. Pris d'une nostalgie violente, il résolut de rentrer dans son pays, et, à peine débarqué sur la plage malsaine de Santa-Marta, où Bolivar avait aussi trouvé la mort, il succomba à une attaque de fièvre jaune. Le 19 avr. 1855, le Congrès de la Nouvelle - Grenade « reconnaissant les talents éminents, le génie vaste et profond et la grande noblesse de caractère de J.-E. Caro », s'associa solennellement au deuil de la patrie.
Poète d'une imagination fougueuse, Caro était en même temps un esprit philosophique, un écrivain pur, nerveux et élégant. II laissa de nombreux travaux, entre autres un ouvrage sur la Science sociale et une Analyse des systèmes philosophiques. Ses poésies ont été réunies par D. José-Joaquin Ortiz (Bogota, 1855; nouv. édit. : PoesiaSf precedidas de recuerdos necrolôgicos escritos