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SOT

CAROTTE

feuilles très vigoureuses ; peau et chair jaune rougeâtre de qualité ordinaire. 3^ La carotte blanche à collet vert : racine fusifor-me, très allongée, presque cylindrique sortant d'un tiers environ hors de terre; peau blanche sur la partie inférieure et verte sur la partie aérienne; feuilles nombreuses et développées, chair blanche un peu cassante. Variété recomrnandable par le grand volume de ses racines. 4*^ La carotte blanche des Vosges : racine conique, courte, à collet large, verdàtre, affleurant la surface du sol; teuilles découpées assez finement; peau lisse et ambrée; chair compacte, blanc jaunâtre; variété digne d'être propagée et recommandée par M. de Dombasie pour les sols peu profonds. La carotte blanche des Vosges rappelle la €. bl, de Breteuil^ que la grande culture a presque complètement abandonnée ; cette dernière variété est moins évasée au sommet et plus longue. 5^ La carotte jaune d'Achicourt : racine fusiforme, effdée, assez régulière ; collet excédant la couche arable de quelques centimètres et coloré en vert, feuilles vigoureuses, peau jaune pâle. Variété excellente, productive et de bonne conservation. 6^ La carotte rouge languie à collet vert : racine fusiforme, très allongée, sortant d'un quart environ hors de terre; peau rouge jaunâtre sur la partie enterrée et verte sur la partie aérienne. Variété excellente, surtout cultivée en Angleterre et en Belgique. Enfin, signalons aussi la C. blanche à collet vert d'Orthe^ qui ressemble par sa forme à la carotte blanche des Vosges, mais dont les racines sont plus volumineuses, plus longues et plus enterrées,

La carotte préfère les sols légers où ses racines puissent s'enfoncer sans difficulté. Dans les terrains compacts, très argileux, la racine y est pourrie par l'humidi.é surabondante, ou s'ils se dessèchent et se resserrent, elle y est étouflée. On évite aussi de placer la carotte sur les terrains pierreux ou graveleux, parce qu'ils s'opposent au libre accroissement des racines et augmentent hors de toute proportion les dépenses du binage. Enfin, comme la racine de cette plante atteint une grande longueur, on la cultive de préfér-ence dans les terres profondes. La convenance des sols légers et de moyenne consistance pour la carotte est clairement démontrée par les essais auxquels MM. Girardin et Dubreuil, ont soumis cette plante, Si on compare, en effet, le produit total en racines et en feuilles de cinq variétés de carottes (G. rouge de Flandre, G. bl. à collet vert, G. bl. de Breteuil, G. améliorée de Vilmorin, G. rouge d'Achicourt) dans les divers terrains, on voit que:

kilog. Julog.

racines. feuilîes.

Le sable pur d'aîîuvion a donné . . 82 . 7 '28 17.1 24

Le sol argileux 68.500 18.552

Le sable hennitère 60.892 11.216

Le sol calcaire 38.040 î/'.774

Le rendement très faible qu'a donné le sol calcaire s'explique par la nature graveleuse de ce terrain. Gomme la carotte est très lente à lever et qu'elle est peu rustique dans sa jeunesse, il faut la semer dans une terre profondément ameublie, bien fumée et parfaitement nettoyée. La carotte est très avide d'engrais et elle emprunte au sol la plus grande partie des substances dentelle a besoin. Ge besoin de iertilité ayant été mis en doute, le célèbre agronome Arthur Young fit, en 1766, plusieurs expériences dans le but de rechercher la vérité; voici les produits qu'il obtint par hectare : avec engrais, 31,000 kilogr. et sans engrais, 17,000 kilogr. Ges résultats prouvenibien que la carotte ne peut être cultivée avantageusement que sur des terres riches. Il faut lai donner des fumiers bien décomposés qu'on appliquera autant que possible en hiver, les fumiers pailleux, incorporés tardivement donnent des racines fourchues. D'après Grud, 100 kilogr. de racines absorbent 75 kilogr. de fumier, c.-à-d. que'lOO kilogr. de fumier suffisent à la production de 134 kilogr. de racines. D'après M. de Gasparin, la carotte serait beaucoup plus exigeante, mais cela, on le comprend, doit dépendre de la

fertilité initiale du sol. On sème la carotte en mars et en avril, en lignes, soit à la main après avoir rayonné le sol, soit au moyen d'une bouteille fermée par un bouchon traversé par un petit tube. Le semis est assez difficile, car les graines sont pourvues de pointes raides qui font qu'elles s'accrochent et se pelotonnent, aussi, faut-il au préalable les frotter dans les mains avec un peu de sable ou de cendre pour perslller la graine ; on en répand de 4 à 5 kilogr. par hectare. Quelquefois on sème aussi au semoir, alors 3 kilogr. suffisent. L'espacement des lignes de carottes est d'environ 45 centim.; sur une ligne, l'espacement des plants doit être de 0™04 ou O'^Oo. La graine de carotte est très longue à germer, ce n'est qu'au bout de vingtcinq et trente jours que la plante sort de terre, pendant ce temps les mauvaises herbes ont eu le temps de se développer, aussi fait-on un premier sarclage dès que la plante a 2 centim. de hauteur.

A la fin de mai ou en juin, on donne un premier binage qui s'exécute à la main ou à la binette. En juillet, on éclaircit les carottes sur les lignes; quelquefois on attend un peu plus tard, de manière à arracher des petites carottes grosses comme le doigt qui sont données au bétail, ce produit, par sa valeur, couvre une partie des dépenses occasionnées par l'éclaircissage. Aussitôt après cette dernière opération on donne un second binage qui se pratique généralement à la houe à cheval. Quelquefois, on donne un troisième binage lorsque l'année est humide et féconde en mauvaises herbes.

Généralement, la récolte des carottes se fait vers fin septembre ou dans le courant d'octobre. Gomme ces racines reprennent leur accroissement en automne quand il a été arrêté par les sécheresses de Tété, le produit ainsi formé à deux reprises, qui serait de médiocre qualité pour l'homme, est excellent pour la nourriture des animaux; comme, de plus, la racine supporte sans s'altérer un froid de 5 à 7^, il y a tout avantage à laisser les carottes en place autant que le permettent le temps et la nécessité de préparer le sol pour une autre técolte. On choisira pour récolter, un temps sec et plutôt froid. L'arrachage se pratique à la houe ou avec la charrue sans versoir et on le complète à la main, en secouant les racines. Souvent aussi on arrache à la main : un ouvrier peut arracher 12 à 15 hectol. de carottes par jour. On conserve les racines, après avoir coupé les feuilles au collet, soit dans des silos, des celliers ou en tas qu'on a eu soin de couvrir.

Les rendements varient non seulement suivant la nature du sol, mais encore avec la variété cultivée, les soins d'entretien, et les circonstances météorologiques de l'année. On peut, en général, représenter les produits moyens par les chiffres qui suivent :

Très bonne récolte 50.000 kilog. ou 850 hectol.

Bonne récolte 35.000 — 600 —

Récolte assez bonne .... 20 . 000 — 350 —

Récolte médiocre 12 . 000 — 200 —

Le produit en feuilîes varie entre 7,000 et 10,000 kilog. par hectare. Les feuilles sont aux racines comme 35 : 100.

Les racines de carottes se vendent 10 à 14 fr. les 1,000 kilogr. Alb. Larbâlétrier.

111. Thérapeutique. — On se sert en médecine des tiges souterraines de la carotte cultivée et des graines de la carotte sauvage. Ces graines, qui contiennent une essence caractéristique, sont réputées carminatives et diurétiques et font partie des quatre semences chaudes mineures. Quant à la tige souterraine de la carotte, elle contient de l'amidon et une certaine quantité de sucre ; on peut en retirer, par fermentation, une eau-de-vie de peu de valeur. Elle est imprégnée d'un suc jaune, d'odeur pénétrante et aromatique. Ce suc était employé jadis contre les jaunisses, l'obstruction intestinale et le carreau des enfants ; mais son efficacité dans les maladies est plus que douteuse. La pulpe de carotte, fraîchement râpée, est utile sous forme de cataplasme sur les ulcères opiniâtres,

CAROTTE

de mauvaise nature, mais sans action sur les ulcérations cancéreuses, comme on l'a prétendu. D' L. Hn.

IV. Art culinaire. — La carotte fournit un aliment d'une digestion assez facile, mais elle est peu nutritive. Sa saveur est douceâtre et assez agréable. Pour la cuisine une carotte de bonne qualité doit être fraîche, tendre et non filandreuse ; sa cassure sera nette. Les petites carottes nouvelles sont surtout excellentes et forment une très bonne garniture pour le bœuf bouilli et différents ragoûts. ~ On en fait des confitures estimées, ses graines entrent dans la préparation de certaines liqueurs telles que le vespetro. Outre ses multiples emplois dans la confection des ragoûts et des potages, on la prépare encore : i^àla crème : après avoir ratissé et lavé les carottes, on les met blanchir à l'eau bouillante ; on les égoutte et on les coupe en ronds ou en bâtonnets, puis on les passe au feu avec un morceau de beurre, du sel, poivre, persil haché, et le tout est mouillé avec du lait ou de la bonne crème. La cuisson terminée, on lie avec des jaunes d'œufs, en ajoutant un morceau de sucre ; 2° au gras ou au jus : comme ci-dessus, en remplaçant le lait par du bouillon gras ou du jus de viande.

On apprête encore les carottes aux fines herbes, à la

Îwulette, à la maître d'hôtel, à la flamande, etc. Les ivres de cuisine donneront au lecteur tous les détails désirables sur ces différents procédés.

BiBL. : Horticulture. ~ Joigneaux, le Livre de la ferme; Paris, 1884, t. I, in-8. — Moll et Gayot, Encyclopédie pratique de V agriculteur ; Paris, 18'Î3, t. IîI,in-8. — GiRARDiN et DuBREuiL, Cours élémentaire d'agriculture, 1885, t. Il, in-18. — Magne et Baillet, Traité d'àgriculture pratique, 1875, t. II, in-18.— G. Heuzé, les Plantes fourragères ; Paris, 1882, t. I, in-18.

CAROTTE. L Mines. — Les recherches à l'aide du sondage doivent être limitées en principe aux couches homogènes; un amas irrégulier ou un filon métallique, en raison de leur variabilité d'allure ou de composition, risqueraient de passer inaperçus, au moment où le forage les traverserait. Un premier moyen d'informations sur la composition du terrain consiste à recueillir avec soin les débris ramenés par la sonde.

On les lave et l'on examine les fragments, en observant les poussières fines à la loupe et au microscope. Pour obtenir des données plus complètes, on retire des colonnettes de roches appelées carottes. A cet effet, on commence par orienter la carotte, afin de juger du pendage et de la direction de la stratification.

Lorsque le trou est bien nettoyé, on descend un outil qui imprime sur la couche une trace dont l'orientation est déterminée dans le plan du méridien astronomique, marquant le N. En détachant ensuite la carotte et la ramenant au jour, on peut, par la comparaison des stries du bloc par rapport au repère tracé avec le premier outil, déterminer l'orientation cherchée. Cet outil se compose d'une portion de tige munie d'une lanterne pour empêcher le ballottement dans le trou, qui se termine par une lame d'acier en forme de couteau, montée dans un plan vertical passant par l'axe de la tige, et dont la trace sur le tambour coïncide avec un rayon de celui-ci. Pour

Fig. 1.

arriver à descendre l'outil jusqu'à la couche à étudier sans que la lame indicatrice dévie du plan dans lequel elle se trouve au départ, on indique sur le plancher de manœuvre la trace de ce plan d'orientation, et on suspend dans le bâtiment du sondage deux fils à plomb, soutenus toujours dans ce même plan. A l'aide d'une règle assez semblable à un tourne-à-gauche, on embrasse la tige de sonde et on observe bien, pendant la descente, que la ligne de la règle qui correspond avec l'aplomb de la base, suive bien à ses extrémités les deux fils à plomb. On arrive ainsi à descendre la lame dans un azimut constant, dont on relève la position à la boussole à l'aide des deux fils à plomb du bâtiment. Lorsque la carotte extraite sera remontée à la surface, il n'y aura qu'à la placer sur le plancher de manœuvre, en à-plomb du forage, à orienter la trace imprimée dans le plan de descente de l'outil, et on pourra alors relever et exprimer numériquement l'inclinaison de la couche et son orientation. Pour extraire la carotte, voici comment on procède : on descend un découpeur (fig. 4), destiné à isoler du massif une colonnette centrale. Cet instrument consiste en une couronne qui porte des trépans sur toute sa circonférence, et avec laquelle on bat comme à l'ordinaire. On effectue le récurage à l'aide d'une couronne semblable, munie de petites cloches à soupapes assez étroites pour s'introduire dans le vide ainsipratiqué. On engage enfin Y emporte-pièce (fig. 2), qui est formé d'un cylindre muni d'un coin latéral maintenu entre deux parties qui font ressort. En laissant tomber lourdement le poids, on force le coin dans son logement, ce qui éclate la base du témoin et comprime ce cylindre de manière à permettre de la retirer.

Dans le sondage au diamant, le bit creux permet d'obtenir du premier coup les carottes (V. Bit). Toutes les carottes recueillies en cours de sondages doivent être classées dans une collection géologique dressée avec le plus grand ordre et cataloguée avec soin. Il est bon, pour prévenir toute erreur de déplacement, de marquer la cote de profondeur, à la Fig. 2.

fois sur la boîte qui contient

les matières, et sur les carottes elles-mêmes, quand leur volume permet cette inscription. On a soin également de tenir un journal du sondage , relatant minutieusement toutes les circonstances qui se présentent, dans l'ignorance oti l'on est de celles qui, actuellement insignifiantes, pourront prendre, par la suite, de l'intérêt en raison de questions qui viendront à surgir. L. Knab.

II. Tabacs. — En procédant au filage des feuilles de tabac, c.-à-d. en tordant ces feuilles comme les fibres filamenteuses d'un toron de câble, on forme des filés de tabac, qui, étant réunis et liés ensemble, constituent ce qu'on appelle une carotte. On distingue trois sortes de carottes : celles qui doivent être mâchées, celles qui se fument et celles qui sont râpées pour être transformées en poudre à priser. Il n'y a entre elles que de petites différences de fabrication. Toutes ces carottes sont faites avec

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