‹ La Grande encyclopédieChapitre 174 sur 397 · CAROTTE — CAROUBIER · texte numérisé non relu

CAROTTE — CAROUBIER

des feuilles de tabac corsé, appartenant aux espèces de provenance américaine dites Virginie et Kentucky, et à certaines espèces indigènes désignées par le nom des départements de production : Ille-et-Vilaine, Lot, Nord, Lot-et- Garonne. Les feuilles d'abord mouillées avec des jus de tabac salés, sont ensuite filées sur des rouets mécaniques, d'oti elles sortent sous forme d'une corde ayant environ 0'^027 de diamètre. Certaines feuilles préalablement triées, constituent la surface extérieure, et à proprement parler, la robe du filé. Le traitement est le même que celui des rôles ou tabacs à mâcher (V. Rôle).

Les filés sont coupés en brins de 0"^dO de longueur, puis juxtaposés et ficelés par paquets de huit au moyen d'une planchette portant six chevilles de bois entre lesquelles un ouvrier dispose les huit brins. Les paquets ainsi constitués, dont l'aspect est celui d'un saucisson de Lyon, subissent une première série de manipulations, qui commence par un aplatissage. Les carottes, disposées sur un chariot spécial par couches horizontales superposées, sont comprimées verticalement au moyen d'une presse hydraulique, et serrées latéralement par un dispositif formé de planches mobiles. Le chariot reste pendant un quart d'heure seulement soumis à l'action de la presse, mais la pression des carottes est maintenue pendant vingt-quatre heures à l'aide d'un système d'étriers et de tringles adapté au chariot. Après l'aplatissage, les carottes, placées dans des moules cylindriques en bois de hêtre, sont soumises pendant quelques heures à une seconde pression qui est donnée par une autre presse hydraulique. Retirées des moules, les carottes sont mises sous lisières, de façon qu'elles ne puissent se regonfler. L'opération consiste à les envelopper dans une byade en fil de lin ou de chanvre de 35 millim. de large. Ainsi préparées, les carottes sont portées dans des casiers en bois et restent en dépôt pendant un mois, dépôt très favorable à la qualité des produits auxquels ils donnent plus de compacité. Les carottes subissent ensuite une seconde série d'opérations, presque identique à la première : nouvel aplatissage, nouvelle pression sous moules, resserrage des lisières et séjour d'un mois en dépôt. Finalement, les carottes sont débarrassées de leurs lisières et entourées de ficelles. Un ébarbage régularise la forme générale du produit qui, après dix jours passés en magasin, peut être livré à la consommation.

Les carottes ordinaires, destinées à être mâchées, ne diffèrent des carottes à fumer, dites carottes sèches, que par le taux de mouillade du filé et le degré du jus de tabac servant à mouiller les feuilles pour robes. Leur poids moyen est de 1^800. Toutes terminées, elles ont

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Fig. 1.— Vue en long et en travers de la carotte ordinaire.

la forme d'un cylindre de 0^»05 de diamètre. La troisième sorte de carotte ou carotte spéciale, celle qu'on râpe pour faire du tabac à priser, est particulièrement consommée en Auvergne. Elle ne se compose que de trois brins, elle a traversé d'ailleurs les mêmes séries de

Fig. 2. — Vue en long et en travers de la carotte spéciale.

manipulations que les deux autres sortes, mais au début elle est restée en dépôt pendant quatre ou cinq mois dans une case fermée oii fermente de la poudre à priser ordinaire. Dans cette case il ne tarde pas à se produire une fermentation avec élévation de température, et l'arôme se développe. La carotte spéciale pèse en moyenne 0*^650.

Elle a aussi la forme d'un cylindre, 0"^66 de longueur, mais 0™03 seulement de diamètre. Les carottes se fabriquent à la manufacture des tabacs de Morlaix qui en livre à peu près 650,000 kilos par an à la consommation. F. Rère.

CAROTTINE (.Chimie). La carottine, principe colorant jaune de la carotte {Dancus carota L.) a été étudiée par Vauquelin, Robiquet, Regnault, Zeize, Huseraann ; mettant à profit sa solution dans le sulfure de carbone, propriété découverte par Zeize, Husemann prépare ce produit de la manière suivante : on épuise par l'eau la pulpe de la racine et on précipite le soluté par l'acide sulfurique étendu ; le précipité pâteux, à demi desséché, est épuisé à plusieurs reprises par l'acool bouillant, qui enlève de la mannite et de l'hydrocarottine ; ce qui reste est mis en digestion avec du sulfure de carbone ; on évapore et on reprend par l'alcool absolu ; à l'évaporation, ce dernier abandonne des cristaux, qu'on purifie par des lavages à l'alcool chaud. La carottine est alors sous forme de cristaux assez grands, présentant des reflets métalliques irisés, d'une couleur rouge brun ; son odeur rappelle celle delà violette. Elle est soluble dans le sulfure de carbone, la benzine, les huiles fixes et volatiles. Elle s'altère à la lumière, devient moins soluble dans les véhicules précédents, facilement soluble dans l'alcool et dans Téther ; ces solutions ne fournissent plus de cristaux à l'évaporation. Elle paraît susceptible de fournir avec l'eau, à basse température, des hydrates blancs, cristallisés, peu stables ; à une température élevée, elle se décompose. Les solutions de carottine ne sont pas précipitées par les sels métalliques, même en présence de l'alcool. L'acide nitrique concentré dissout la carottine et le soluté ; additionné d'eau, il laisse déposer un dérivé nitré jaune citron, insoluble dans le sulfure de carbone. L'acide sulfurique la dissout lentement, en prenant une coloration violette ; une affusion d'eau précipite des flocons d'un vert foncé. Le chlore fournit un produit de substitution, fusible à 120^, soluble dans Téther, la benzine et le sulfure de carbone. Husemann admet la formule C^^H^^O^.

Vhydrocarottine, C^^H^^O*, est en grandes lamelles flexibles, d'un éclat soyeux, insipides et sans odeur, fusibles à 126^,8. Elle est insoluble dans l'eau pure, soluble dans l'alcool, davantage dans l'éther, la benzine, le sulfure de carbone, les huiles essentielles : par fusion, elle se change en une masse amorphe, résineuse, difiicilement soluble dans le sulfate de carbone ; les acides minéraux, les alcalis, les sels métalliques, le tanin, les réactifs oxydants n'ont pas d'action sur elle, du moins à froid ; fondue avec de la potasse caustique, efle se transforme en un corps jaune, amorphe, fusible à 420<*, insoluble dans l'alcool ordinaire, soluble dans le sulfate de carbone. L'acide sulfurique concentré colore ses lamelles en rouge de feu et prend lui-même une coloration rouge foncé ; avec le chlore, le brome et l'acide, elle fournit des produits de substitution. Comme la carottine, elle paraît former avec l'eau des hydrates cristallisables, très instables. Ed. ROURGOIN.

BiBL. : BERZELiujg, Jahresb., t. XII, 277. — Husemann, Carottine et hydrocarottine [Répert. Chim. pure, 1861, t. m, 407). — VAUQUELixNf, Sur la. Racine de carotte (An. Ch. et Phys.y 1826 t. XLI, 56). — Zeize {id., 18i7, t. XX 125).

CAROUB. On appelle Caroub, Caroub de Judée ou Galle de Pistachier, une galle de couleur rouge, ayant la forme d'une silique plus ou moins allongée et aplatie, longue de 7 à 18 cen(im.,largedel7à 35miilim., produite par la piqûre d'un Puceron, VAphis pistaciœ L., à l'extrémité des rameaux du Térébinthe (Pistacia terebinthus L.).

CAROUBE ou CAROUGE. Nom vulgaire du fruit du Caroubier (\ . ce mot).

CAROUBIER. [.Botanique. — Nom vulgaire du Cera^ tonia siliqua L., plante de la famille des Légumineuses Caisalpiniées et du groupe des Cassiées. C'est un bel arbre,

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