‹ La Grande encyclopédieChapitre 176 sur 397 · CARPENTER · texte numérisé non relu

CARPENTER

penter élargit les cadres de Funitarisme traditionnel, en lui donnant un caractère moins exclusif. Tandis que les théologiens unitaires proscrivaient comme idolâtres ceux qui admettaient le dogme de la Trinité, Carpenter ouvrit les rangs de son parti aux trinitaires qui, tout en croyant aux hypostases divines, n'admettaient cependant pas la consubstantialité du Père et du Verbe. Il eut, à ce sujet, des discussions avec le D'^ Magee, qu'il résuma dans son ouvrage Examination of the charges made against unitarianism^ etc., by jD** Magee in his discourses on atonement, etc. (1820). Carpenter a beaucoup écrit. Nous citerons encore parmi ses travaux : Introduction to the geography of the New Testament (1805) ; Unitarianism, the doctrine ofthe Gospel (1809) ; Harmony or synoptical arrangement of the Gospels (1835); Sermons on practical suôjects (1840). G. Q.

BiBL. : Rev* Russel-Lant Carpenter, MemoirSj 1842.

CARPENTER (Mistress Margaret-Sarab), portraitiste anglaise très distinguée, née à Salisbury en 1793, morte à Londres le 13 nov. 1872. Le capitaine Geddes, son père, lui fit donner ses premières leçons par un simple maître de dessin; elle acheva son éducation' artistique en étudiant la belle collection des peintures du château de Longford. Elle envoya en 1813 à l'Exposition de la Société des arts une Tête d'enfant, fort admirée, qui lui valut une médaille d'or. L'année suivante, elle vint à Londres et épousa en 1817 M. W.-H. Carpenter, conservateur des imprimés et des dessins du Musée Britannique. Mistress Carpenter continua à exposer des portraits dont les plus remarquables sont : Lord Folkestone, le Diseur de bonne aventure^ sir fl. Bunbury, Lady Denbighf Lady King et le portrait de Gibson qui est à la National Gallery. Quatre autres de ses ouvrages figurent au Musée de South Kensington. Après la mort de son mari en 1866, elle reçut une pension de 100 livres. Cette artiste alliait à la vigueur de la touche la délicatesse du coloris, et presque toujours une heureuse inspiration. Paul Lacour.

CARPENTER (William), publiciste anglais, né à Wesminster en 1797, mort à Islington le 21 avr. 1874. D'abord modeste employé de librairie, il acquit par lui- Qiéme une instruction solide et édita un grand nombre de publications, entre autres la Shipping Gazette (1836) ; the Era (1838); the Railway Observer {\S^3) ; the Court Journal (1848) ; the Sunday Times (1854) et Political Letters (1830-1831) qu'il refusa de soumettre au timbre des journaux, ce qui lui valut quelques mois d'emprisonnement. Partisan résolu de la réforme parlementaire, Carpenter publia une foule de livres de propagande : ThePeople's Book (1831) ; the Electofs Manual (1832) ; the Political text Book (1833) ; the Corporation of London (1847), etc., etc. Doué d'une activité dévorante, il écrivit encore un nombre considérable de livres sur des sujets religieux et historiques. Nous citerons seulement : Anecdotes of the French RevO" lution of i830 (1830) ; A popular history of Priestcraf abridged from W. Howitfs Book (1834) ; the Life and timesofJohn Milton (1836) ; A comprehensive dictionary of english Synonyms (1865, 6® éd.).

CARPENTER (miss Mary),célèbre philanthrope anglaise, née à Exeter le 3 avr. 1807, morte le 14 juin 1877, fille du D^ Lant Carpenter (V. ci-dessus). Elle reçut de son père une instruction très solide et, à seize ans, elle enseignait dans l'école qu'il dirigeait le grec et le latin aux élèves. En 1827, elle devenait institutrice dans une famille particulière qui la- fit voyager beaucoup, notamment en France. En 1829, elle ouvrit avec sa mère et ses sœurs une institution de jeunes filles et par surcroît dirigea, à partir de 1831, l'école publique du àm^nche (Sunday School), En 1833, elle fit la connaissance du réformateur indou Rammohun Roy et celle du philanthrope américain Joseph Tuckermann ; elle s'éprit de leurs idées et aussitôt les mit en action. En 1835, elle fondait la Working

and visiting Society; en 1839, la Domestic mission, destinées au patronage moral des deshérités, et en 1846 ouvrit son école déguenillée (Ragged School) pour les enfants qu'on refusait de recevoir dans les autres écoles à cause de leur pauvreté, de leur dénuement et de leur mauvaise conduite. Cette institution, qui arracha plus de 3,000 enfants au vice, et même au crime, fut fermée en 1871, date à laquelle l'Etat prit à sa charge l'éducation des déguenillés. En même temps, miss Carpenter, par ses travaux et ses conférences, déterminait un mouvement d'opinion qui s'étendit rapidement à toute l'Angleterre et aboutit à la série démesures législatives en faveur des enfants coupables et abandonnés (Juvénile reformatory act., 1854 et suiv.). Elle continuait de son côté ses fondations charitables. Elle créait en 1852 la Kingwood Reformatory School ouverte aux jeunes garçons condamnés; en 1854, la Red Reformatory School pour les jeunes filles condamnées; en 1864, un Workman's Hall « pour l'utilité et la récréation de la classe ouvrière » de Saint-James Back, un des quartiers les plus mal famés de Bristol ; en 1872, un Boy' s Home, asile pour les jeunes garçons qui gagnent leur vie mais n'ont pas de famille ou sont abandonnés de leurs parents. En 1860, elle résolut de faire un voyage dans l'Inde où l'attiraient le souvenir de Rammohun Roy et l'idée d'importantes réformes à tenter. Elle partit en 1866, parcourut tout le pays, visitant les écoles et imprimant une impulsion nouvelle à l'œuvre du relèvement de la condition des femmes. Elle y fonda la Social science Association pour la propagation des connaissances utiles et fit maintes conférences sur les questions sociales. De retour en Angleterre, elle remit au gouvernement une pétition relative à la réforme du système pénitentiaire et à la discipline des prisons. Elle revint encore trois fois dans l'Inde, fonda à Bristol en 1870 the National indian Association « dans le but de faire progresser l'instruction et les réformes sociales dans l'Inde par le moyen de l'initiative privée, de répandre en Angleterre la connaissance de l'Inde, etc. » puis une société de travaux de couture pour l'Inde (Ladies working party for îndia). Elle prit part encore aux principaux congrès européens sur les questions pénitentiaires et passa même en Amérique en 1873 pour assister au Prison congress de Saint-Louis (1874). La généreuse femme, connue et estimée du monde entier, travailla jusqu'à sa mort. Elle a laissé un grand nombre d ouvrages dont quelques-uns excessivement intéressants et pleins de renseignements sur les mœurs des basses classes anglaises. Nous citerons : Méditations and prayers (1845) ; Ragged schools, their principles and modes of opération (1849) ; Reformatory Schools for the Children of the perishing and dangerous classes, and for juvénile offenders (1851, m-^) ; Juvénile DelinquentSy their condition and treatment (1853, in-8) ; What shall we do with our pauper children ? (1861) ; Our convîcts, how they are made and should be treated (1864, 2 vol. in-8) : Last days in England of the Rajah Rammohun Roy (1866, in-8) ; Six months in India (1868, 2 vol. in-8). R. S.

BiBL. : Estlin Carpenter, Life and work of Mary Carpenter, tSlQ. •— M"»" d'Olivecrona, Notice sur miss Carpenter, dans Revue critique de législation^ 1880, pp. 484 et 712. — Leslie Stephen, National Biography ; Londres, 1887, t. IX, in-8.

CARPENTER (Ricbard-Cromweîl), arcbitecte anglais, né le 21 oct. 1812, mort à Londres le 27 mars 1855. D'abord élevé à Charter-House, puis ayant fait ses études d'architecture auprès de M. Rlyth, Carpenter, qui exposa dix fois à l'Académie royale de 1830 à 1849, fit construire de nombreuses églises, parmi lesquelles : les églises Saint-Etienne et Saint-André à Birmingham, l'église Saint- Paul à Brighton et l'église Sainte-Marie-Madeleine, à Londres, dans Munster-Square, près Regent's-Park, église dans le style anglais du xiv® siècle, et dont un beau vitrail d'une croisée de la nef rappelle le souvenir de R.-Cr. Car-

CARPENTER — CARPENTJER

penter. On doit encore à cet architecte des travaux de restauration à la cathédrale de Chiehester, à Tabhaye de Sherborne et au collège de Hurstpierpoint (comté de Sussex). Charles Lucas.

BiBL. : Leslie Stephen.Dic^. ofnat. hiography ; Londres, 1887, t. IX, in-g.

CARPENTER (William-Benjamin), physiologiste anglais, né à Bristol en 1813, mort à Londres le 10 nov. 1885. Il enseigna d'abord la médecine légale à la Medû cal School d'Edimbourg, puis passa à Londres où il devint professeur de physiologie au London Hospital et publia peu après son premier ouvrage important : Prmciples of gênerai and comparative physiology (Londres, 1839, in-8, et autres édit.), bientôt suivi de : A Manual of physiology, incîuding physioL anatomy (Londres, 1846, in-12, 2 pi., et autres édit. ; Principles ofhuman physiology (Londres, ^844, in-8, 3 pL, et nombreuses éditions). Plus tard, il mit au jour : The Microscope and ils révélations (Londres, 18S6, in-8, pi. ; 5® édit., 1 875) ; Principles of mental physiology, etc. (Londres, 1874, in-12), ainsi qu'un grand nombre d'opuscules sur la physiologie, la zoologie, contre l'abus de l'alcool, sur le mesmérisme et le spiritisme, etc. D'^ L. Hn.

CARPENTERIA (Zool.). Genre de Foramfnifères du sous-ordre des Perforés, famille des Rotaîidés, placé quelquefois aussi dans la famille des Globigérinides ; il a été créé par Gray pour trois ou quatre espèces actuelles qui vivent dans les mers chaudes ; on ne leur connaît pas de représentants fossiles. Les Carpenteria sont des Protozoaires de grande taille, puisqu'ils atteignent de 5 à 10 miilim. de diamètre; leur coquille est de nature calcaire, épaisse ; les loges qui la forment sont disposées en une spire qui est parfois très irrégulière et leur ensemble présente à peu près la configuration d'un cône : l'ouverture de chaque chambre débouche dans une cavité commune centrale qui s'ouvre elle-même au sommet du cône. Chaque loge est partagée plus ou moins complètement par des cloisons secondaires et n'a pas de communications avec les loges voisines. La coquille est perforée d'un système de canaux faiblement développés. Une particularité fort remarquable que présentent ces animaux, c'est qu'on trouve, dans le protoplasme qui les forme, des spicules siliceux très fins, sur la signification desquels on n'est pas bien fixé. Le tissu poreux de la coquille des Carpenteria les avait fait rapporter tantôt aux Eponges et tantôt aux Cirrhipèdes. C'est Carpenter qui les a rattachés aux Foraminifères. R. Moniez.

CARPENTERO (Jean-Charles), peintre de paysages et d'animaux de l'Ecole flamande, né en 1784 à Anvers, mort en 1823. Il fut élève de Van den Bosch et de J. van Brée, sous la direction duquel il avait appris la peinture d'histoire ; mais il s'adonna surtout au paysage et imita les œuvres d'Ommeganck, avec lesquelles les siennes sont souvent confondues. — Son fils, Henri Carpentero, né en 1820, fut peintre de genre et élève de f . de Brakeleer et de N. de Keyser. E. M.

CARPENTIER (Jacques) (V. Charpentier).

CARPENTIER (Pierre de), administrateur hollandais, né à Amsterdam vers 1588, mort en 1659. Il partit pour les Indes en 1616 et après y avoir occupé diverses fonctions dans les bureaux de la Compagnie, il devint, en 1618, directeur-général du commerce et, en 1623, gouver-* neur général des Indes néerlandaises. Accusant les négociants anglais d'Amboine de comploter de s'emparer de l'île, il les fît mettre à mort (1623). Il en résulta une querelle qui dura des années entre l'Angleterre et la Hollande, mais celle-ci fut débarrassée de concurrents dangereux. Carpentier rendit de grands services à la colonie, annexa l'Ile de Formose, développa les relations commerciales avec Ceylan et conclut un traité très favorable avec le sultan de Malabar. Une flotte envoyée par lui en exploration découvrit en Australie le golfe qu'en son honneur on appela le golfe de Carpentarie. Rentré dans sa patrie

en 1 628 , il fut comblé d'honneurs et de richesses et élu chef de la Compagnie des Indes ; il fut aussi ambassadeur extraordinaire des Provinces-Unies auprès de la cour de Londres. E. H. BiBL. : MooL, Zeetogten der Nederl.; Harlem, 1791, in-8. — Van Van Kampen, De Nederl. buiten Europa ; Harlem, 1831-1833, 3 vol. in-8. — Lauïs, Geschied, der Nederl. inindie; Leyde, 1841, in-8.

CARPENTIER (Jean Le), généalogiste et historiographe, né à Abscon, près de Douai, au xvii® siècle, mort à Leyde en 1670. Moine de Saint-Augustin à l'abbaye de Saint- Aubert de Cambrai^ il quitta cette maison et passa en Hollande où il fut nommé historiographe de l'Académie de Leyde ; il avait étudié la science héraldique, il se fit généalogiste et publia un livre qui fit grand tapage : Histoire généalogique des Pays-Bas ou Histoire de Cambray et duCamhraisis, contenant ce qui s' est passé sous les empereurs et les rois de France et d'Espagne (Leyde, 1664, 2 vol. in-4.; 1668, 2 vol, in-4); le juge d'armes d'Hozier jeta feu et flamme sur cette publication qui est aujourd'hui très recherchée. H. Gourdon de Genouillac.

CARPENTIER (Pierre), savant bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né à Charleville (Ardennes) le 2 févr. 1697, mort à Paris le 19 déc. 1767. Il fit profession à l'abbaye de Saint-Remi de Reims, en 1720, et s'occupait depuis quelques années de préparer une nouvelle édition des œuvres de Tertullien, lorsque dom Maur d'Antine,, chargé lui-même de donner une nouvelle édition du Glossaire de Ducange, le fit venir à Saint-Germain-des-Prés pour l'associer à ses travaux. Il prit en effet une part importante à cette grande publication, pour laquelle il obtint, par la protection du contrôleur général Orry, l'accès des archives de la couronne. A la suite de démêlés assez vifs avec son ordre, au cours desquels il fut soupçonné d'avoir détourné les manuscrits de dom Maur d'Antine, dans le but- de les utiliser plus tard à son profit, dom Carpentier quitta Paris et fut pourvu en 1737 de la prévôté de Saint-Onésime de Donchery (Ardennes), qui dépendait de la même congrégation. Il avait obtenu cette riche sinécure par l'intermédiaire de l'abbé de Pomponne ; mais il ne tarda pas à quitter ce nouveau poste pour entrer dans l'ordre de Cluny, à la faveur d'un induit appuyé sur des motits d'infirmité, pour lequel il eut de longs débats à soutenir. Enfin, après avoir fait son noviciat au prieuré de Saint-Pierre et de Saint-Paul d'Abbeville et prononcé ses vœux en 1741, il fut nommé aumônier de Saint-Rambert-en-Rugey. Cependant, ses travaux d'érudition lui rendant le séjour de Paris indispensable, Carpentier obtint encore de l'abbé de Valori son agrégation à l'abbaye de Saint-Pierre de Sauves, au diocèse d'Alais, avec l'autorisation de résider à Paris, où il vécut désormais, absorbé par ses recherches dans les bibliothèques et les archives. En 1750, il accompagna à la cour de Vienne M. de Guerches, ambassadeur de France auprès du Saint-Empire. De retour en 1751, il reprit le cours paisible de son labeur dans le collège de Rourgogne, 011 il s'était retiré. Ses principales œuvres sont : 1° le Glossarium ad Scriptores mediœ et infimœ latinita-^ tis^ auctore Carolo Bufresne, domino Ducange ; editio nova, et locupletior.,, (Paris, 1733-1736, 6 vol. in-fol.) (les lettres ABC sont de DD. Toustain et Le Pelletier ; les lettres DEGJLNOQRT, de D. Maur d'Antine ; le reste de D. Carpentier). — Une nouvelle édition parut à Bâie en 1762 (6 vol. in-fol.), avec une dissertation sur les monnaies des empereurs byzantins et 10 pi. de médailles; 2^ VAlphabetum tironianum,,, (Paris, 1747, in-fol.). Il y expose sa méthode pour le déchiffrement des notes tironiennes (V. ce mot) ; 3® le Glossarium novum ad Scriptores medii œvi cum latinos, tum gaUicos.,, (Paris, 4766, 4 vol. in-fol.), supplément au Glossaire de Ducange dont le quatrième volume contient un glossaire de l'ancien français et treize tables difïérentes des auteurs, des matières et des ouvrages cités. A. Tausserat.

BiBL. : BouLLiOT, Biographie ardennaise ; P^ris, iSSO^ 2 vol. in-8*

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