CARPENTIER — CARPENTRAS
CARPENTIER (Antoine-Mathieu ou Mathurin), architecte, né à Rouen le 15 juil. 1709, mort à Piiris le 16 juil. 1773. Appelé aussi Le Carpentier et peut-être parent de Nicolas Le Carpentier, qui fut maître des ouvrages de la ville de Rouen de 1692 à 1713, Antoine- Mathieu Carpentier, après avoir étudié la sculpture, vint, en 1728, à Paris, où J.-J. Gabriel lui fit suivre des travaux qu'il dirigeait à l'hôtel de la Chambre des Comptes. Carpentier fut bientôt Fun des architectes les plus en renom du règne de Louis XV, et on lui doit à Paris, outre des bâtiments nouveaux ajoutés à FArsenal et des modifications ou des agrandissements apportés au collège Mignon ou de Grand-Mont et au collège de Narbonne, de nombreux hôtels et l'entrée principale sur la cour d'honneur du Palais-Bourbon, entrée opposée à la Seine, et comprenant une porte monumentale d'ordonnance corinthienne, accompagnée de portiques la reliant aux pavillons d'angle. Carpentier fut de plus chargé par le prince de Condé des travaux de réunion au palais Bourbon de l'hôtel de Lassay, travaux qui furent terminés par Bélisard et Lassurance. Parmi les hôtels construits à Pans sous la direction de Carpentier, il faut citer celui du financier Bouret de Vezelay, hôtel situé entre le boulevard et la rue Grange-Batelière, et qui fut longtemps occupé par Tadministration de l'Opéra. C'est aussi pour Bouret que Carpentier avait fait élever le beau château de Croix-Fontaine entre Corbeil et Melun. Le roi Louis XV, dont Carpentier avait été nommé l'un des architectes, le chargea d'étudier les plans du nouvel hôtel de ville, de Fintendance et du jardin des plantes de Rouen, et la première pierre de Fhôtel de ville fut même posée le 8 juil. 1758 ; mais le projet fat abandonné par suite de la trop grande dépense qu'il eût entraînée. A la même époque, Carpentier fit ériger, à Rouen, la porte de Farchevéché, et donna les plans du jubé de marbre de la cathédrale, jubé remplaçant un plus ancien de style ogival et qui fut exécuté en 1777 par Couture. Carpentier avait été admis à l'Académie d'architecture le 15 sept, 1756, et a publié un ouvrage intitulé Recueil des plans, coupes et élévations du nouvel hôtel de ville de Rouen, etc., avec les plans d'un autre accroissement et autres ouvrages projetés pour cette ville (Paris, 1758, in-foL). Charles Lucas.
BiBL. : Patte, Monuments érigés à la gloire de Louis XV ; Paris, 1767. ~ Thiéry, Almanach du voyageur à Paris, 1784, in-î2.
CARPENTIER, économiste français, né à Beauvaisvers 1739, mort en 1778. Il a publié : VArt de l'archiviste français (1769); V Inspecteur des fonds de terre ou Remarques historiques et chronologiques sur la matière de leur administration (1771) ; Ebauche des principes sûrs pour estimer exactement le revenu net du pro^ priétaire des biens-fonds, et fixer ce que le cultivateur peut et doit en donner de ferme (1775) ; la Clef de la circulation ou Mouvement universel en faveur de la circulation entre la liberté des possessions et celle du commerce (1775), etc. C. St-A.
CARPENTIER (Jean-Baptiste Le), membre de la Convention, né en 1760 à Helleville (Manche), mort le 27 janv. 1828 au mont Saint-Michel, il exerçait la profession d'huissier à Valognes, lorsque la Révolution commença. Partisan déclaré, dès le début, des idées nouvelles, il fut envoyé par son département, comme député à la Convention en 1792. Membre du groupe des Montagnards, il vota constamment avec ces derniers, se prononça, au moment du procès de Louis XVI, pour la peine de mort sans sursis et montra durant les débats Fanimosité la plus violente contre le roi déchu. Peu après, il contribua pour une grande part à la proscription des Girondins (31 mai et 2 juin 1793). La Convention Fenvoya en mission extraordinaire quelques jours plus tard, vers la fin de juin, dans les dép. de la Manche, d'Ille-et- Vilaine et des Côtes-du- Nord, où il poursuivit les nobles et les prêtres avec acharnement. H se montra dans cette région Fun des plus
ardents et des plus impitoyables terroristes et fut l'instigateur des sanglantes exécutions qui y eurent lieu. Son fanatisme fut tel qu'il effraya ses amis eux-mêmes. C'est alors qu'il écrivit au Comité de Salut public une lettre dont on peut citer ce passage significatif. « A votre exemple, disait-il aux membres du Comité, j'ai appesanti pour ma part le poids de la justice nationale ; je n'ai fait grâce à personne. » Brave et audacieux, malgré ses cruautés, il dirigea avec succès la vigoureuse défense de Granville le 14 déc. 1793. Les Vendéens furent repoussés après une lutte acharnée. Le Carpentier put s'attribuer la plus grande part dans cette courageuse résistance. Après le 9 thermidor, il resta fidèle à son parti. Lors du mouvement insurrectionnel du 1®^ prairial an IIl (20 mai 1795), il fut arrêté comme y ayant pris part et mis en accusation deux jours plus tard. Emprisonné au château du Taureau, il bénéficia ensuite de l'amnistie du 4 brumaire an IlI (25 oct.), se retira à Valognes où il reprit son ancienne profession de jurisconsulte. Il vécut ainsi durant tout l'Empire. Exilé en 1816, comme régicide, il gagna Jersey, puis rentra en France, malgré la sentence qui le trappait. Il fut condamné de nouveau par la cour d'assises de la Manche à la déportation et enfermé à la prison du mont Saint-Michel, où il mourut neuf ans après. A. Lefranc.
BiBL. : Le Breton, Biographie normande, t. II, — M'^o OuRSEL, Nouvelle Biographie normande,-^ Biographie moderne, 1816, 2« éd. — Le Moniteur général, année 1792, no« 341-352 ; an I, n^^ 17, 138, 195, 232 ; an II, n"'' 41, 66, 69, 120, 160, 290, 307 ; an III, n« 75.^Les diverses histoires de la Révolution.
CÂRPENTIERS (Adrien), peintre anglais du xviii® siècle, né en Suisse, mort à Pimlico (Angleterre). Cet artiste vint à Londres vers 1760 et s'y fit bientôt connaître comme portraitiste ; élu en 1763 membre de la Société libre des artistes, il envoya régulièrement aux expositions de Spring-Gardens. De 1770 à 1774, il prit aussi part aux expositions de la Royal-Academy et y envoya nombre de portraits, dont plusieurs sont groupés sur ïine même toile. Un tableau-portrait en demi-figures, le Sculpteur Roubiliac modelant le buste de Shakespeare, gravé plusieurs fois au trait et à Faqua-tinte, est cité comme son meilleur ouvrage. Le propre portrait de cet artiste se trouve placé dans Salter's Hall, à Saint-Swithin's-Lane, Lorsqu'il mourut à Pimlico, où il était allé s'établir vers la fin de sa vie, il était bien oublié; sa dernière exposition date de 1774. Ad, T.
BiBL. : S. Redgrave, Dictionary,
CARPENTRAS (Carpentoracte, Forum Neronis). Ch.-l. d'arr, et ch.-l. judiciaire du dép. de Vaucluse, sur la rive gauche de FAuzon , affl. droit de la Sorgue, au S. du mont Venteux, au N. de la chaîne de Vaucluse; 9,685 hab. — La ville de Carpentras est d'origine celtique ainsi que l'indique son nom Carpentoracte. Elle était à l'époque romaine la capitale des Memini. En Fan 27, elle ajouta à son nom celui de Julia et compta parmi les villes latines. Elle fit partie de la Narbonnaise deuxième. On y a découvert, à diverses époques, des mosaïques, des inscriptions, des médailles celtiques, massaliotes et romaines. Elle fut saccagée au m® siècle par les Barbares, au v« par les Visigoths, puis par les Vandales, les Lombards et les Sarrazins. Au viii« siècle, Charles Martel chassa les Sarrazins de Carpentras et, après le démembrement de^ Fempire carolingien, Carpentras fit partie du royaume d'Arles, puis du comté dei Provence, et passa aux mains du comte de Toulouse. Le traité de Paris en 1228 donna la souveraineté de Carpentras et du Comtat-Venaissin aux papes, qui les possédèrent jusqu'en 1791. Durant le moyen âge, et jusqu'à l'annexion du Comtat-Venaissin à la France, Carpentraîi fut la capitale de cette petite province. Le pape Clément V y séjourna avec toute sa cour en 1313 ; après sa mort, le conclave se tint à Carpentras pour nommer son successeur. Cette ville fut fortifiée sous les papes Innocent VI et Urbain V. Lors du schisme d'Occident, elle Joua un rôle