CARPENTRAS
important dans les événemenis dont le Comtat-Venaissin fut le théâtre. Au xvi® siècle, lors des guerres religieuses, elle fut attaquée par le baron des Adrets qui ne put s'en emparer, grâce à la résistance énergique de ses habitants. Pendant la période révolutionnaire, la ville de Carpentras fut encore assiégée, mais en vain, par une petite armée avignonaise. En sa qualité de capitale du Comtat-Venaissin, Carpentras fut le siège de diverses juridictions, parmi les lesquelles les principales étaient la cour suprême du Comtat-Venaissin, tribunal du recteur qui avait sous sa juridiction la justice, les armes et les finances, la cour des premières appellations, le tribunal de la Révérende Chambre apostolique, sorte de Chambre des comptes, ayant sous sa juridiction toutes les causes fiscales. Ce fut également à Carpentras que s'assemblèrent les Etats de la province du Comtat-Venaissin jusqu'à Fannexion de cette province à la France. Dès le xiii® siècle, cette ville jouissait de franchises municipales assez importantes. C'était le parlement général des habitants qui choisissait ses syndics : en 1517, ils changèrent ce nom pour prendre le titre de consuls, et le premier consul de Carpentras faisait partie de droit de l'Assemblée ordinaire du pays et était syndic-né des Etats de la province. Cette ville fut également, dès le m® siècle, le siège d'un évéché que quelques auteurs supposent avoir été réuni à celui de Venasque du V® au xii^ siècle. Il fut illustré par de grands prélats, tels que Julien de La Rovère et Jacques Sadolet, et il fut supprimé en 1791.
EvÊQUEs DE Carpentras. — Saint Valentin, vers 280 ; Julien ï«% 482-529; Princioius, 529-536; saint Siffrein, 536 vers 540 ; Clément ou Clématius, 541-550 ; Tétrade, 573; Boétius, 584 ; Aufroi I«, 590; Georges P^ 604 ; Pierre I«^ 630 ; Dominique, 640; Lizier, 660; Paul P^ 664; Anastase, 686; Innocent, 702; Odoard, 730; Aufroi II, 747; Agapit, 770 ; Aimé, 781 ; Antoine, 791 ; Jeanpr, 813; Albert, 831 ; PhiHppe, 857; Jean 11, vers 880; Bérengerl^r, 882; François P% vers 895 ; Bernard, 914; Gui, 932; Ayrard, 948 vers 990 ; Etienne, 994-1006; Matthieu, 1035; François II, 1040-1056; Jules, 1056-1066 ; Guillaume l«r, 1068 ; Arnould, 1095; Geoffroi I«', 1120 ; Gaspard P', 1121-1142 ; RaimondP^ 1142-1170; Guillaume II deRisoIe, vers 1173 ; Pierrell, vers 1175; Raimbaud, 1178 ; Geoffroi 11, vers 1200 ; Guillaume III, 1211-1218; Isnard, 1224-1228 ; Bertrand, vers 1230; Guillaume IV Béroard, 1233-1258; Guillaume V de Barjols, 1258-1262; Raimond II de Barjols, 1263-1273 ; Pierre III Rostaing, vers 1278 ; Raymond III de Mazan, 1280-1288; Bérengerîl, de Mazan, vers 1292- 1317; Eudes, 1318, vers 1328; Hugues, 1330 vers 1345; Geoffroi III, 1347 vers 1356; Jean III Roger, 1358-1365 ; Jean IV Flandrini, 1365-1375 ; Guillaume VI de l'Estrange, 1375-1376; Pierre IV, 1377-1394; Jean V, 1399-1406; Paul II Camplon, 1406-1407; Pierre de Luna (Benoit Xlll), 1408-1410; Louis I^^ de Fiesque, 1411-1415; Charles le Double, vers 1420; Jacques I®^ Camplon, août-nov. 1424; Sagax de Comitibus, 1426-1446; Barthélemi Vitelleschi , 1447-1448; Guillaume VII Soibert, 1448-1449 ; Georges II d'Ornone, 1419-1452; Michel l'Anglais, 1452 vers 1474; Jean VI de Montmirail, 1475; Julien II de la Rovère, 1475-1476; Frédéric de Saluées, 1476-1481; Pierre V de Valetariis, 1482-1514; Jacques II Sadolet, 1517-oct. 1547 ; Paul III Sadolet, 1547-1569; Jacques 111 Sacratus, 1569-1593; Horace Caponi, vers 1595 vers 1615; Côme Bardi, 1616-1630; Alexandre Bichi, 1630-1657; Louis n de Fortia de Montréal, 1567-1661; Gaspard H de Vintimille, 1662-6 déc. 1684; Marcel Durazzo, 1688-1690; Laurent Buti, 1691-22 avr. 1710; Françoise-Marie de Abbatibus, 1710-1733 ; Dominique- Joseph Malachie d'Inguimbert j 1733-6 sept. 1757; Joseph Vignoli, 12 déc. 1757-1776; Joseph de Béni, 16 sept. 1776-1791.
Monuments. — La ville de Carpentras possède plusieurs
monuments intéressants, entre autres : un arc de triomphe romain, dans la cour du palais de justice ; l'ancienne cathédrale de Saint-Siffrein, dont la coupole remonte au
Arc de triomphe romain, à Carpentras,
VHi® ou ix^ siècle et dont la majeure partie est du xiv« siècle, oîi on remarque le tombeau de Laurent de Buti, un triptyque du moyen âge, des tableaux de Mignard, Parrocel, etc. L'église Saint-Siffrein possède également le
Porte latérale ou porte juive de l'église Saint-Siffrein, à Carpentras.
célèbre Samt Mors, du cheval de Constantin, forgé avec un clou de la Passion ; le Palais de Justice, ancien évôché où se trouve une salle des assises, remarquable par ses peintures du xvii® siècle ; l'Hôtel-Dieu, élevé par l'évêque
d'Inguimbert, au xyiii® siècle ; un aqueduc construit au xviii® siècle; composé de quarante-huit arcades élevées à plus de 20 m. ; la Bibliothèque et le Musée fondés par
Armes de Carpentras.
Porte d'Orange, à Carpentras.
d'Inguimbert et considérablement augmentés par les dons particuliers, oU on remarque une riche collection de manuscrits, parmi lesquels la correspondance du savant Peiresc ; la statue de Tévêque d'Inguimbert; la porte d'Orange, haute de 37 m. ; la fontaine de l'Ange, etc.
Les armes de Carpentras sont : de gueules à un mors antique de cheval dont le milieu est forgé d'un des clous de la Passion, d'ar-^ gent, — Parmi les personnages remarquables nés à Carpentras, nous citerons :
Joseph-Dominique Malachie d'Inguimbert, évêque et bienfaiteur de sa ville natale (1683-1757); François Raspail, chimiste et homme politique (1794-4877). L. Duhamel.
Concile de Carpentras. — Tenu le 6 nov. 527. (V. l'art. Biens du clergé, t. Vï, p. 739, l'« col., et Sacrosancta concilia de Labre et Cossart; Paris, 1672 etsuiv., t. IV, 48 vol. in-4).
BiBL. : CoTTiER, Recueil des titres, des droits et privilèges de Carpentras ; Carpentras, 1785, in-4. — Andréoli, Monographie de Véglise cathédrale de Saint-Siffrein de Carpentras; Marseille. 1862, in-8. — Courtet, Dict. des Communes du Comtat; Avignon, 1876, in-8. — Barjavel, Diction, historique, biographique et bibliographique de Vaucluse; Carpentras, 1841, 2 vol. in-4.
CARPENTRAS (Canal de). Ce canal part delà Durance, au-dessus de Mérindol, pour aller tomber dans la rive gauche de TOuvèze et du Rhône, en traversant le Cointat- Venaissin. L'idée première en appartient à Antoine d'Allemand, savant ingénieur du xvii® siècle. Le canal de Carpentras proprement dit ne fut exécuté qu'à partir de 1850. Il commence à La Tour de Sabran et de là se dirige vers les territoires de Saumanes, Vaucluse, Velleron, Pernes, Carpentras, Loriol, Aubignan, Baumes, Travaillan. Dans ce parcours de 88,495 mètres, il franchit la Sorgue à Vaucluse, par le pont-aqueduc de Calas, croise la Nesque à Pernes, l'Auzon à Carpentras, la Mède et le Brégoux. Il lance un grand nombre de dérivations du côté de Sar-
S21 — CARPENTRAS — CARPHOPHIS
rians, Monteux et Jonquières. Il fournit, en moyenne, un volume d'eau de 6 m. c. par seconde, suflSsant pour l'irrigation de 20,000 hectares. L. Duhamel.
BiBL. ; Barral, les Irrigations dans le département de Vaucluse ; Paris, iSTl, Imprimerie nationale, in-fol.
CARPENTRAS (Eléazard Genêt, dit) (V. Genêt).
CARPENTUM (V. Char, Chariot).
CARPESANO (Francesco), historien italien, qui vivait au XV® et au XVI® siècle. Secrétaire de l'évêque de Parme, il a laissé un ouvrage intitulé Commentaria suorum temporum lit>, Xcomprehensa^ abanno circiter^ i470 ad annum i5S6, inséré au t. V de la collection de Martene et Durand.
CARPES!!. Polybe et Tite Lîve, dans leurs récits des guerres des Carthaginois et des Romains en Espagne, parlent fréquemment de ce peuple, mais on ne sait pas exactement quel territoire il occupait. Suivant quelques érudits, les Carpesii ne seraient autres que les Carpetani de Ptolémée et de Pline, mais comme ce nom de Carpetani est aussi connu de Tite Live, il est vraisemblable que, par Carpesii^ il désigne un autre peuple ; aussi admet-on généralement que le mot Carpesii désigne les habitants de la région voisine du détroit de Gibraltar, ancienne Calpé, et est pour Calpesii. E. Cat.
CARPETANI. Peuple de la Tarraconaise (Espagne ancienne) dont le territoire correspond au cœur même de la nouvelle Castille. Strabon et Ptolémée lui assignent pour limites le territoire des Celtibères à l'E., celui des Vettons à l'O., celui des Arevaques et des Vaccéens au N., celui des Orétans au S. Ptolémée mentionne dix-sept de leurs villes (dix-huit dans quelques manuscrits) et Pline nous apprend qu'elles relevaient du comentus de Cœsaraugusta (Saragosse), sauf Toletum (Tolède). E. Cài.
CARPETTE (Archéologie et tapisserie) (V. Tapis).
CARPHOLITE. Silicate hydraté de sesquioxyde de manganèse et de fer. Elle forme des masses fibreuses, constituées par de petits prismes monocliniques sans pointement distinct. La carpholite est d'un beau jaune paille qui lui a fait donner son nom, dérivé du grec (xàp(po; paille, et Xt'Ooç, pierre). Transparente en lames minces, elle possède un éclat soyeux très accentué. Densité, 2,93. Dureté, 5. Fusible au chalumeau en une scorie brune ; donne de l'eau dans le tube et présente les réactions caractéristiques du manganèse et du fer. On la trouve en Bohême, à Schlaggenwald, sur du quartz et à Wippra dans des schistes cristalHns. A. Lacroix.
CARPHOLOGIE. Symptôme qui se présente dans le cours des fièvres graves et coïncide habituellement avec le délire ou un état d'obtusion de l'intelligence. La carphologie (dexapcpoç, flocon, et Xsyw, ramasser), qui est une sorte de délire du mouvement, désigne ce mouvement automatique des mains qu'effectuent les malades qui semblent chercher des flocons ou des corps voltigeants dans l'air ou font incessamment des efforts pour ramener à soi les couvertures du lit, les rouler et les dérouler alternativement, ou encore paraissent chercher à ramasser sur les couvertures des objets fictifs, flocons ou fils. On le désigne dans ce dernier cas sous le nom de crocidisme, La carphologie s'associe ordinairement à d'autres symptômes spasmodiques, tels gue le tremblement, le soubresaut des tendons, la contraction fibrillaire, les contractions cloniques ou toniques, etc., tous symptômes d'une grande gravité au point de vue du pronostic. D"^ L. Hn. CARPHOPHIS. Genre ;de Serpents Aglyphodontes du groupe des Calamar iens (V. ce mot) proposé par Duméril et Bibron pour des animaux ayant pour caractère un corps cylindrique, très grêle, à écailles lisses; à museau conique arrondi, non déprimé et à urostèges disposées sur un double rang. Parmi les formes très peu nombreuses de ce genre, nous citerons le Carphophis amcena de l'Amérique du Nord, dont les parties supérieures sont d'un brun marron très brillant et les régions inférieures rougeâtres. Il atteint de 13 à 20 centim. de
CARPHOPHIS — CARPIO
long, et se tient habituellement sous les pierres et les troncs d'arbres abattus. Sa nourriture consiste en insectes de petite taille. Rocher.
BiBL. : DuMÉRiL et Bibron, Erpéi. générale. — Hol- BROOK, Nort, Amer, Rept.^t. III.
CARPI. Nom de deux localités d'Italie : la première située dans la prov. de Modène, à 46 kil. N.-O. de cette ville ; 5,987 hab. Evêché, cathédrale construite par Peruzzi, palais autour de la grande place. Soieries, fabrique de chapeaux de paille. [Carpi fut le ch.-l. d'une principauté occupée par la famille Pio; elle dépendait de Ferrare depuis le xvi® siècle. — La seconde, dans la prov. de Vérone, sur l'Adige; 4,462 hab. Le prince Eugène y défit les Français commandés par Tessé, le 9juil. 4704. A.-M. B.
CARPI (Ugo da), peintre et graveur italien, sur bois et en clair-obscur , né à Carpi vers 4450 , mort le 20 juin. 4523. 11 était issu de la vieille famille bolonaise des comtes de Panico et il eut pour père le notaire comte Astolfo. Peintre médiocre, il chercha à se faire valoir par la bizarrerie des moyens d'exécution : il peignait avec ses doigts sans le secours du pinceau, et l'unique tableau de ce genre qui existe de lui et qui avait excité le rire de Michel-Ange, la Véronique avec la Sainte-^Face, est conservé dans la sacristie de Beneficiati du chapitre de Saint-Pierre de Rome. En 4503, il s'associa le peintre Saccacino pour une entreprise de travaux de peinture à fresque, à Carpi et ailleurs, qui ne se sont pas conservées. Mais Ugo fut avant tout un graveur sur bois. 11 ne prend que cette qualité dans une supplique qu'il adressa le 24 juin. 4546, au Sénat de Venise, oii il déclare être parvenu à l'âge sénile, après avoir consumé sa jeunesse dans l'exercice de l'art xylographique, supplique ayant pour but d'obtenir un privilège en faveur de son invention d'imprimer des gravures sur bois en clair-obscur (chiaro e scuro) à l'aide de plusieurs planches. Cette invention, qu'il qualifie de cosa nuova e mai più non fatta^ avait déjà été réalisée en principe quelques années auparavant, à Augsbourg, par Jostde Necker (V. le mot Clâir- Obscur) ; mais il est fort possible que l'artiste vénitien n'en ait eu nulle connaissance. En tout cas, il poussa vite son procédé à une grande perfection, comme le témoignent ses estampes magistrales, généralement à trois planches, qu'il exécuta à Rome d'après les dessins de Raphaël, estampes parmi lesquelles il faut citer : le Mas^^ sacre des Innocents, la Mort d'Ananias et Enée et Anchise, ces deux dernières portant la date de 4548. On regarde comme son chef-d'œuvre le Diogène, d'après le Parmesan, clair-obscur de quatre planches. L'année même de sa mort,'parut à Rome un livre didactique de calligraphie : Thesauro de' scrittori, gravé par Ugo, probablement sur métal, d'après les modèles fournis par Lud. Vicentino; livre qui fut réédité en 4532 et 4535. G. Pawlowski.
BiBL. : Vasari, édit. Milanesi, 1. 1. — Bartsch, t. XII, .— A. Zanetti, Premier Siècle de la calcographie.— Gua- LANDi, Di Ugo da Carpi e dei conti daPànico; Bologne, 1854. — Renouvier, Types et manières^ xvie s., pp. 18-20. — Passavant, le Peintre graveur, t. VI. — G. Duplessis, Hist. de la gravure.
CARPI (Girolamo, dit da), peintre et architecte italien du xvi"" siècle, né à Ferrare en 4504, mort à Ferrare en 4568. Elève de Garofalo, puis du Parmesan, de Corrège et de Jules Romain, il n'eut jamais grande originalité; mais l'élégance de ses formes, la douceur du coloris, et l'habile composition de ses tableaux lui valurent une certaine réputation. 11 peignit à Bologne des portraits, un Mariage de sainte Catherine^ les Trois rois mages; il s'établit ensuite à Ferrare, décora des palais et en bâtit quelques-uns (pal. Crispi) et reconstruisit le château incendié en 4554. — On connaît trois autres peintres italiens de ce nom au xvii® et au xviii^ siècle.
CARPI LUS (Malac). Genre de Crustacés-Brachyures, de la famille des Cancérides, proposé par Leach et se distinguant de ses congénères par ses pattes plus longues et cylindriques à peine comprimées et ne présentant en dessus
ni crête ni épines et avec le tarse grêle et allongé. Le type de ce genre, C, maculatus L., est un Crabe de grande taille, très répandu dans l'océan Indien, dont la carapace luisante et d'un jaune pâle est ornée de taches rouges. E. Simon, CARPI N (Jean du Plan de) (Gzoyawm Piano Carpini), moine franciscain et célèbre voyageur du moyen âge, né vers 4200, près de Pérouse. Il partit de bonne heure pour les missions ; en 4222, il fut envoyé en Tunisie et en 4225 en Espagne ; mais sa réputation repose sur le voyage qu'il fit comme légat du pape Innocent IV à la cour du grand khan de Tartarie en 4246-47. Luttant contre l'invasion musulmane, Carpin avait une double mission, obtenir les bonnes grâces sinon la conversion du grand khan au christianisme et travailler auprès du grandduc de Moscovie à réunir l'Eglise schismatique grecque à l'Eglise romaine. Il partit de Lyon le 46 avr. 4245, accompagné du frère Etienne, de Bohême, et du frère Benoît, de Pologne. Il traversa l'Allemagne, la Bohême, fit un séjour en Pologne, pour acheter des fourrures destinées au khan, puis se rendit à Moscou, où il fut, d'ailleurs, bien reçu. 11 alla après à Kiev, puis se rendit à la cour de Batou, petit-fils de Gengis-Khan qui, dans la répartition de l'empire mongol entre les quatre héritiers du grand conquérant, avait reçu le pays à l'O. de la Caspienne et campait sur le Volga. Il poursuivit son voyage jusqu'à la Horde d'or (Sira Ordou), résidence de Coujouk-khan, à une demi-journée de Karakoroum. C'est dans le cours de ce voyage que Carpin nous parle du célèbre prêtre Jean. Il était de retour à Avignon en 4247, où il rendait compte au pape de sa mission. Pour le récompenser de son zèle, on le nomma archevêque d'Antivari en Albanie ; la date de sa mort est inconnue. Imprimée dans le Spéculum historiale de Vincent de Beauvais sous forme de résumé, la première éd. italienne de ce voyage important a été publiée à Venise en 4537, sous le titre à' Opéra dilettevole da intendere, nella quai si contiene doi Itinerarij in Tartaria, mais la meilleure édition est celle donnée par d'Avezac dans la collection de la Société de géographie de Paris, en 4838, Relation des Mongols ; d'Avezac a donné dans une introduction, qui est un pur chef-d'œuvre, un aperçu des voyages au moyen âge. Nous rappellerons pour mémoire les éditions de R. Reineck, Hist, orientalis ; de Ramusio, 4606, 11, f. 233 B. ; de Hakluyt, 4599, I, pp. 24-37 ; de Bergeron, Paris, 4634, et La Haye, 4735; de Van der Aa, Leyde, 4706 ; d'Astley, IV, pp. 544 et suiv. Plan Carpin a été publié en russe, à Saint-Pétersbourg, 4825, in-4.
Henri Cordier.
BiBL. : d'Avezac, ut supra. — Yule, Cathay et EncycL Brit. — AMAT Di SanFilippo, Studi biogr. e bibliografici, — Cordier, Bib. Sinica.
CARPI NUS (Paléont. végét.) (V. Charme). CARPIO (Bernardo del), héros légendaire de l'Espagne gothique, fils naturel de Dona Ximena, sœur d'Alfonso le Chaste, et du comte de Saldana. Ayant appris le secret de sa naissance, Bernardo réclama longtemps la liberté de son père, captif au château de Luna; Alfonso, cédant à ses prières, jura de lui rendre le comte, mais ne remit entre ses mains qu'un cadavre auquel il avait fait arracher les yeux. Les poètes du Romancero ont ajouté à la dramatique légende les exploits les plus invraisemblables ; suivant eux, le héros aslurien vainquit les Franks à Roncevaux avec l'aide des Arabes, et étouffa dans ses bras le paladin Roland dont le corps était invulnérable au fer. Son histoire a inspiré à Lope de Vega deux drames : Las Mocedades de Bernardo et El Casamiento en la muerte ; à Augustin Alonso de Salamanque un poème chevaleresque : Historia de las hazanas y hechos del invencible cabaU lero Bernardo del Carpio, enfin à Balbuena : El Bernardo, 6 Victoria de Roncesvalles. Lucien Dollfus. BiBL.: Crônica gênerai, édit. de 1541. — Tesoro de los Romanceros ; Paris, 1838.
CARPIO (Manuel), poète, médecin et homme politique mexicain, né à Gosamaloâpan (anc. prov. deVera»Cruz) le
CARPIO — CARPOCRATE
d«' mars 1791, mort à Mexico le 4i févr. 4860. Son père, négociant en cotons, originaire de FAndalousie, le laissa orphelin en 1796. L'enfant fit d'abord ses études au séminaire de Puebla, puis s'adonna à la médecine, et traduisit les Aphorismes d'Hippocrate (Mexico, 1823). En 1825, il entra dans l'arène politique comme député au Congrès, et en 1827-28 il représenta son pays natal à la Législative de Vera-Cruz dans les rangs des conservateurs. Nommé professeur de physiologie et d'hygiène en 1832, il collabora au Periodico de la Âcademia de mediclna de Mexico, académie fondée par des professeurs dans le but de donner des conférences et de faire progresser les études Éiédicales, par trop négligées dans ce pays. 11 fit aussi partie pendant vingt ans de la Academia de Letran, réunion libre de littérateurs. Redevenu député en 4848, il passa sénateur en 1851 et conseiller d'Etat en 1853. Son titre de gloire est d'avoir été, avec Pesado, le rénovateur de la poésie au Mexique. 11 maniait les vers avec aisance et sut imprimer une individualité propre à ses poésies, généralement de peu d'étendue, consacrées à des sujets sacrés, descriptifs, et surtout historiques où, après avoir le plus souvent emprunté la trame à l'antiquité classique, il prit aussi plus d'une fois pour héros Napoléon l®"^. Ses Poesias eurent plusieurs éditions ; la plus récente est celle de Vera-Cruz et Paris, 1883, in-18. G. Pawlowski.
BiBL. : D'f José-Bernardo Couto, Biografta, en tête des Poesias. — F. Pimentel, Hisioria critica de la Ziieratura y de las ciencias en Mejico; Mexico, 18S6, in-4.
CARPIO (Miguel del), homme d'Etat péruvien, natif d'Arequipa, mort en 1867. il prit part à l'affranchissement du Pérou. Proscrit après la dissolution de la confédération péruvo-bolivienne, dont il fut ministre de Tintérieur, il revint, en 1845, comme ministre du général Castilla.
CARPIONI (Giulio), peintre et graveur vénitien, né en 1611, mort à Vérone en 1674. Il était élève d'Alessandro Varotari et a laissé de petits tableaux allégoriques et mythologiques qu'on voit à Venise et à Vicence. Bartsch décrit de lui vingt-six pièces gravées, la Sainte Famille , d'après Cantarini (dont Carpioni a cherché à imiter le style dans d'autres planches) ; le Christ au jardin des Oliviers ; saint Jérôme ; sainte Madeleine,
BiBL. : Bartsch, le Peintre-Graveur, t. XX, p. 175. — Nagler, KunsfZer-Lejcicon. — HELLER,Dici. desGrauewî's.
CARPIQUET. Com. du dép. du Calvados, arr. de Caen, cant. de Tilly-sur-Seulles ; 715 hab. Au xn® siècle, Carpiquet était couvert de vignobles ; il y existait une léproserie. CARPOCANIUM(Malac.).GenredénomméparEhrenberg et qui appartient à l'ordre des Radiolaires ; il présente comme tous les membres de la famille des Monocyrtides à laquelle il appartient une coquille simple, treillissée sans sillons invaginés. Une seule espèce de ce genre, le G. diademay a été observée vivante, et Haeckel, qui l'a étudiée, n'en possédait qu'un individu provenant de Messine : elle est de forme ovale, ventrue au milieu, l'ouverture de la coquille est très large, entourée d'une forte couronne de neuf dents triangulaires ; la capsule centrale remplit presque toute la coquille qui mesure un peu moins de 1 millim. On connaît deux autres espèces actuelles de ce genre dans la Méditerranée, plusieurs ont été reconnues dans la craie marneuse de Sicile et une autre est à l'état fossile dans la marne à Polycistines des Barbades (Amérique du Sud). R. Moniez.
CARPOCAPSA {Carpocapsa Treitschke) (EntomoK). Genre de Microlépidoptères, de la famille des Tortricides, dont les espèces, peu nombreuses, sont parfois très nuisibles aux arbres à fruits.
L'espèce type, C, pomonella L., est un petit papillon au corps brun, avec les ailes postérieures d'un brun rougeâtre,
Carpocapsa pomonella L, (chenille).
Carpocapsa pomonella L.
(Insecte parfait grossi).
revêtues d'un reflet cuivré et bordées de franges grises, tandis que les ailes antérieures, d'un gris cendré, sont traversées par de nombreuses stries brunes ondulées et ornées à leur extrémité inférieure d'un écusson brun, irrégulièrement limité par une ligne d'un rougeâtre doré. Sa chenille, d'un jaune rougeâtre ou d'un rouge rosé pâle, est connue sous le nom vulgaire de ver des fruits. Elle vit dans l'intérieur des pommes, des poires, dont elle ronge les pépins avant d'entamer les parties environnantes. On l'a rencontrée également dans les abricots. — Une espèce voisine, le G, splendana Hubn., attaque les châtaignes et cause parfois de grands dégâts. Ed. Lef.
CARPOCRATE, gnostique ayant enseigné dans la ville d'Alexandrie au commencement du ii® siècle, d'après toute probabilité. Les ouvrages des Pères le rangent à la suite de Basilide. C'était un philosophe platonicien et l'on trouve en son système l'influence du génie grec plus que l'influence des doctrines de l'Orient.
Il enseignait que tout est émané d'un Dieu unique, premier principe de tout ce qui existe, inconnu et ineffable. De lui s'était déroulée toute la chaîne ordinaire des émanations, jusqu'aux puissances les plus faibles gui avaient créé notre monde par émanation. Cette création était nécessairenent mauvaise : aussi, pour arriver au salut, fallait-il mépriser toutes les lois établies par les puissances créatrices de notre monde et agir conformément à ce mépris. Jésus n'était qu'un homme plus grand que les autres, et il n'était plus grand que parce qu'il avait méprisé les lois des anges créateurs avec plus de passion que les autres : on pouvait atteindre à sa perfection si l'on était capable du même mépris. De môme on égalait saint Pierre et saint Paul, si l'on méprisait les lois comme ils l'avaient fait, c.-à-d. si l'on se conduisait d'une manière opposée aux lois juives. Le principe de ce mépris était une vague réminiscence de ce qui se trouvait dans les mondes supérieurs, réminiscence inhérente à l'âme, dernière émanation de cette chaîne dont le premier anneau était le Dieu unique ineffable, inconnu. Ils appelaient cette descente graduelle de l'émanationp^np/i^m, c.-à-d. révolution. Cette réminiscence était empruntée aux doctrines platoniciennes ; aussi Carpocrate avait-il Platon en grand honneur : ses disciples lui rendaient une sorte de culte, ainsi qu'à Pythagore, à Aristote, en même temps qu'à Jésus et à Pilate.
De ces principes dérivait l'inutilité des œuvres pour le salut. Le vrai gnostique devait au contraire agir au rebours des lois, car rien n'était bon ou mauvais de soi : l'opinion des hommes seule tenait telles ou telles actions bonnes ou mauvaises. Lorsque la mort faisait sortir l'âme du corps, cette âme ne pouvait être sauvée que si elle avait méprisé toutes les lois ; si elle n'avait pas été assez heureuse pour arriver à ce parfait mépris, elle était renvoyée dans un autre corps jusqu'à ce qu'elle eût atteint cette perfection d'un genre spécial. Il en était ainsi tant que le mépris n'avait pas été universel, dût l'âme transmigrer dans une foule de corps, môme inférieurs au corps humain. Rien d'étonnant dès lors que les disciples de Carpocrate aient été accusés de tous les crimes possibles et de l'iramoralité la plus révoltante. Ils usaient de formules magiques et eurent assez de vogue. Le plus célèbre des disciples de Carpocrate' fut son fils Epiphane qui
CARPOCRATE - CARPUE
trouva moyen de renchérir sur les doctrines de son père. E. Amélineâu.
BiBL. : E. Amélineâu, Essai sur le gnosticisme égyp^ tien^ dans les Annales du musée Guimet, t. XIV.
CARPOCRINUS (Paléont.). Genre d'Echinodermes fossiles créé par J. Mûller aux dépens du G. Actinocrinus (V. ce mot), dans Tordre des Eucrinoïdes, et devenu pour Zittel le type d'une famille (Carpocrinidœ) qui présente les caractères suivants : calice à côtés inégaux, formé de 3 basalia, 3 rangées de 5 radiala et d'un nombre indéterminé d'interradiala dans les interradius. L'interradial anal inférieur s'intercale entre les radiales de la première rangée. Les bras sont à une seule rangée avec pinnules. Cette famille comprend les Habrocrinidce et Desmidocrinidœ d'Angelin, et renferme les genres suivants : Habrocrinus (d'Orbigny), du silurien supérieur et du calcaire carbonifère {H. comtus Angélm, du silurien sup, du Gothland); — Carpocrinus, du silurien sup. du Gothland et d'Angleterre (type : Actinocrinus simpîex Philipp) ; — Desmidocrinus (Angelin), du silurien sup. de Gothland (D. heterodactylus Ang.) ; et Leptocrinus (Angelin), du même gisement (V. Eucrinoïdes). E. Trouessârt.
CARPOLAGUE (Mamm.) (V. Lièvre).
[ CARPOLOGIE (Bot.) (V. Fruit).
CARPOPHAGE (Ornith.)-. Les Carpophages {Carpo-* phaga Selby, Natur, Library; Ornith,^ 1835, t. V, p. 412), sont des Pigeons de grande taille qui habitent l'Asie méridionale, Célèbes, les Philippines, les îles de la Sonde, les Moluques, la Nouvelle-Guinée et diverses îles de l'Océanie. Chez ces oiseaux le bec est relativement grêle, sauf dans sa portion basilaire qui est un peu déprimée et élargie et qui est parfois surmontée d'une sorte d'excroissance, de verrue plus ou moins développée, et les narines s'ouvrent par des fentes étroites dans la
•Carpophaga œnea L.
partie molle de la mandibule supérieure. Les ailes sont de longueur médiocre, mais assez pointues, les deuxième, troisième et quatrième rémiges étant à peu près égales et dépassant les autres pennes. La queue est allongée et généralement arrondie et les tarses, très courts et garnis à leur partie supérieure de plumes qui continuent celles des jambes, s'articulent inférieurement avec des doigts robustes et élargis en dessous. Quant au plumage, il se fait remarquer souvent par la beauté de ses couleurs, le manteau étant fréquemment d'un vert doré ou cuivré, ou d'un marron pourpré, tandis que la gorge, la poitrine et l'abdomen offrent des tons gris, fauves ou rosés d'une
grande délicatesse. Parfois aussi, un plastron roux couvre le thorax et des bandeaux noirs ou blancs s'étendent sur les joues, ou bien encore une teinte uniforme, d'un blanc crémeux, règne sur le corps et sur une partie des ailes et de la queue. Ces Pigeons essentiellement frugivores, comme l'indiquent le nom de Carpophages et celui de Colombes muscadivores, proposé par Lesson, en 1831 (Traité d* ornithologie, p. 468), ces Pigeons, disonsnous, forment dans la nature actuelle un groupe nombreux. On en compte certainement plus de soixante espèces dont les plus connues sont la Carpophaga œnea L., des Moluques; la C. Paulina Tem., de Célèbes; la C. myristicivora Scop., de l'archipel indien; la C, pacifica Gm., des îles Tonga; la C, goliath Gr., de la Nouvelle-Calédonie; la C, Forsteri^ agi,, la C. bicolor Scop., de la Nouvelle-Guinée; la C, badia Raffl. , de Sumatra; la C» rosacea Tem., de Timor; la C. pinon Q. et G., de la Nouvelle-Guinée et des îles Arou; la C. Novœ-Zelandiœ Gr. de la Nouvelle-Zélande, etc. Plusieurs de ces espèces ont été choisies, par Ch.-L. Bonaparte, Reichenbach et G.-R. Gray, comme types de genres qui ont été appelés Carpophaga ^ Globicera, Phœnorhina, Serresius, Myristicivora, Ducula, Hemiphaga, etc., mais qui pour la plupart ne constituent que des subdivisions mal définies d'un groupe naturel. Seuls peut-être les genres Serresius et Myristicivora méritent d'être distingués, le premier à cause du développement en forme de casque de la protubérance de la base du bec, le second à cause de sa livrée blanche et noire, tout à fait anormale parmi les Pigeons sauvages. Comme les Pigeons du genre Ptilopus, les Carpophages présentent dans leur distribution géographique des particularités intéressantes ; certaines espèces, pourvues en apparence de moyens de locomotion assez perfectionnés, se trouvent en effet confinées dans de petites îles voisines d'autres terres qui n'hébergent aucun représentant du même groupe ou qui, tout au moins, possèdent des espèces bien distinctes. E. Oustalet.
BiBL. : Temminck et Knip, Iconographie des Pigeons, pi. 3 à 60. — • Ch.-L. Bonaparte, Iconographie des Pigeons^ pi. 33 à 45. — QuoY et Gaimard, Voy. de VUranie Zool. Ois., pi. 28 et 29, et Voy, de l'Astrolabe, ZooL Ois., pi. 26 et 27. — J. GouLD, Birds of Ausiralia, t. V, pi. 60.
— G.-R. Gray et Mitchel, Gen. of Birds, t. II, pi. 119.
— G.-R. Gray, Handlist of Birds, 1870, t. II, p. 228. — Salvadori, Ornith. délia Papuasia, 1882, t. III, p. 69.
CARPOPHORE (Bot.). Le fruit des Ombellifères est formé de deux achaines qui, à la maturité, se séparent l'une de l'autre laissant entre elles un support correspondant à l'axe de la fleur et formé par les îaisceaux fibro" vasculaires de cet axe. Les deux parties du fruit sont suspendues à l'extrémité de ce support qui est le carpophore. P. Maury.
CAR POT (Ane. droit). Sorte de droit de champart portant sur des vignes. Celui qui tient et possède des vignes à carpot doit partager la vendange avec le propriétaire de la vigne ; la redevance due par le fermier consiste donc en fruits comme dans le champart. Le terme de carpot était surtout usité en Bourbonnais ; on disait dans le même sens teneau à Chartres, complant en Poitou, Angoumois et Saintonge. D'après l'étyraologie, carpot indiquerait que la redevance consistait dans le quart des fruits, car on disait primitivement quart-pot, mais la quotité due était réglée d'ordinaire par le titre. Les baux à carpot étaient, les uns perpétuels ou à temps, les autres de simple faculté. G. R.
BiBL. : Denisart, Collection de décisions nouvelles, nouv. éd., t. IV, v° Carpot. -^Encyclopédie méthodique, Jurisprudence, t. II, v^' Carpot et Champart.
CARPUE (Joseph-Constantin), célèbre chirurgien anglais, né à Londres le 4 mai 1764, mort à Londres le 30 janv. 1846. Il fit ses humanités au collège des jésuites de Douai, puis étudia à Londres sous la direction de Keate et de G. Pearson, passa à l'hôpital d'York à Chelsea et se livra à une active propagande de la vacci-
nation. En 1800, il commença des cours d'anatomie et de chirurgie très suivis ; en même temps, il remplissait les Jonctions de chirurgien consultant à Tinfirmerie de Saint-Pancrace. Carpue jouissait de Tamitié des hommes les plus illustres de son pays ; le prince de Galles s'occupait avec lui de dissections. Sa pratique était très absorbante, ce qui explique son peu d'activité littéraire. Le peu d'ouvrages qu'il a écrits sont excellents : A Description of^ the muscles of the human body, etc. (Londres, 1802, in-4) ; An întrod. to electricity and galvanism, (Londres, 1803, in-8) ; An account of two successful opérations for restoring a lost nose from the infeguments of the forehead, etc. (Londres, 1816, in-4, av. pi. ; trad. allem. par Michaelis, Berlin, 1817, in4), ouvrage traitant de deux rhinoplasties, les premières qui aient été faites en Europe (1814-15) exactement d'après le procédé indien; A Hist, ofthe high opération for the stone, etc. (Londres, 1819). D»* L. Hn.
CARPZOV. Famille de savants, originaire d'Espagne, où elle portait le nom de Carpezana et émigrée ensuite dans le Brandebourg; elle a produit, dans les xvi® et xvu« siècles, quinze savants plus ou moins marquants dans la théologie et la jurisprudence, dont voici les principaux :
Benoît Carpzov, jurisconsulte, né à Vittenberg le 27 mai 1595, mort à Leipzig le 30 août 1666, professeur de droit dans cette ville. 11 s'est rendu célèbre par la rigueur avec laquelle il traita les procès criminels (Practica nova rerum criminalium). On prétend qu'il a été l'auteur de plus de vingt mille condamnations à mort prononcées conformément à ses principes criminalistes. 11 a publié une Jiyrisprudentia ecclesiastica (1649), où i) expose scientifiquement un système épiscopal luthérien, en vertu duquel les droits des anciens évêques seraient dévolus au prince.
Jean-Benoît Carpzov ï®'', théologien luthérien, né à Rochlitz le 22 juin 1607, mort à Leipzig le 22 oct. 1657. Il fut pasteur et professeur de théologie dans cette dernière ville ; il publia un ouvrage d'homilétique (Hodegeticum, Leipzig, 1656) et créa une nouvelle discipline théologique, la Symbolique (Isagoge in libros Ecclesiarum luther^anarurn symboHcos, Leipzig, 1665).
Jean-Benoît Carpzov II, fils du précédent, théologien et orientaliste luthérien, né à Leipzig le 24 avr. 1639, mort dans la môme ville le 23 mars 1699. Il y fut professeur d'hébreu en 1668, et de théologie en 1684. Il se distingua par ses luttes et ses polémiques contre les piétistes, dont il fit supprimer les collegia philobiblica^ et réédita un certain nombre d'ouvrages intéressant l'étude de l'hébreu et de l'Ancien Testament.
Samuel-Benoît Carpzov, frère du précédent, prédicateur luthérien, né à Leipzig le 17 janv. 1647, mort à Dresde le 31 août 1707, depuis 1674, prédicateur de cour à Dresde. D'abord ami deSpener, il devint, sous l'influence de son frère, l'adversaire du piétisme. Il fit imprimer un grand nombre de sermons et fut considéré comme un prédicateur de talent.
Jean-Benoît Carpzov lïl, fils de Jean-Benoît C. Il, théologien et orientaliste luthérien, né à Leipzig le 21 nov. 1670, mort à Leipzig, le 14 août 1733. Il y fut pasteur et professeur d'hébreu ; il édita un ouvrage de son père, Collegium rabbinico- biblicum in libr. Ruth; Leipzig, 1703.
Jean-Gottlob Carpzov, fils de Samuel-Benoit C, le plus savant théologien de cette famille, né à Dresde le 26 sept. 1679, mort à Lubeck le 7 avr. 1767. D'abord professeur de langues orientales à Leipzig (1719), il devint, en 1730, surintendant à Lubeck. Il défendit, contre Richard Simon, l'inspiration littérale, le canon divin et l'incorruptibilité du texte de l'Ancien Testament. Introductio in libros canonicos hibliorum Veteris Testamenti omnes (1721) ; Critica sacra Veteris TestamentHin%).
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Jean-Benoît Carpzov IV , fils de Jean-Benoît C. JII, théologien luthérien, né à Leipzig le 20 mai 1720, mort à Helmstedt le 28 avr. 1803. Devenu, en 1747, professeur de philosophie à Leipzig et, en 1748, professeur de théologie à Helmstedt, il a continué jusque dans notre siècle l'orthodoxie militante et Térudition latine de sa famille. Ses travaux exégétiques sur diverses épîtres du Nouveau Testament sont estimés surtout pour les connaissances philologiques de l'auteur. Ch. Pfender.
CARQUEBUT. Com. du dép. de la Manche, arr. de Valognes, cant. de Sainte-Mère-Eglise ; 483 hab..
CARQUEFOU (Carcafagus). Ch.-I. de cant. du dép. de la Loire-Inférieure, arr. de Nantes; 2,909 hab. La plus ancienne mention de cette localité remonte à l'an 1124, date où l'église en fut donnée par le duc Conan à l'évêque de Nantes. C'était au xiv® siècle une place fortifiée ; elle fut prise, pillée et incendiée en 1431, par le duc de Normandie allant assiéger Nantes. A l'extrémité E. du bourg se trouve le beau château de la Seilleraye, construit en 1671 et dont les jardins ont été dessinés par Le Nôtre. M"»« de Sévigné y a habité quelque temps ; on y conserve un portrait de Mignard où elle est représentée en Diane chasseresse.
CARQUET (François), homme politique français, né le 23 nov. 1810 à Moùtiers (Savoie). Reçu docteur en droit de l'Université de Turin, il devint député au Parlement sarde et garda ces fonctions depuis 1848 jusqu'à l'annexion de la Savoie à la France. Deux ans après, en 1862, il se fit inscrire comme avocat au barreau de sa ville natale. Aux élections générales du 8 fév. 1871, il fut candidat à l'Assemblée nationale et élu représentant du peuple pour le dép. de la Savoie, le premier sur cinq, avec 20,257 voix. 11 fit partie de la gauche républicaine de cette Assemblée. Lors des premières é'ections sénatoriales, le 30 janv. 1876, il posa sa candidature, mais ne fut point élu. 11 réussit mieux au renouvellement triennal du 8 janv. 1882 ; il obtint 306 voix sur 395 votants. Au Sénat, il fait aussi partie de la gauche républicaine. L. Lu.
CARQUOIS. L Art MILITAIRE. — Etui destiné à contenir les flèches et que les guerriers armés de l'arc portaient le plus généralement suspendu à l'épaule. Le carquois a été en usage de toute antiquité. Comme tous les peuples se sont servis de l'arc et par conséquent du carquois, la forme et les dimensions de celui-ci ont varié à l'infini. Les spécimens les plus richement ornés que l'on en rencontre aujourd'hui dans les musées, collections et cabinets d'armes, sont d'origine asiatique. \Le musée d'artillerie, en particulier, possède quelques carquois de provenance turque, mongole ou tartare, d'une grande richesse. Le carquois de l'arbalétrier du moyen âge, plus petit que celui de l'archer, puisque le trait de l'arbalète, carreau, vireton, etc., était sensiblement plus court que celui de l'arc, prenait le nom de trousse et se portait, en général, à la ceinture. S.
IL Archéologie. — Les carquois antiques étaient des étuis de bois, de cuir ou d'osier, tantôt simples, tantôt garnis d'armatures métalliques plus ou moins riches, comme l'étaient les fourreaux d'épée. Ils étaient disposés pour contenir de
Archer scythe.
dix à vingt flèches. On adaptait souvent à la partie supérieure un petit couvercle, soit mobile sur une charnière, soit retenu par des cordons, qui permettait de mettre les