‹ La Grande encyclopédieChapitre 18 sur 397 · CANNELURE · texte numérisé non relu

CANNELURE

parties raides que ces dernières trouvent à la fois le plus de facilité pour circuler et les plus grands emplacements pouB effectuer les dépôts. On peut, d'après cela, penser que ce serait les plus productives et Texpérience est, en effet, conforme à cette manière de voir. On voit en même temps, et ce tait avait été spécialement énoncé par Henwood, que, quand on passe, en suivant la ligne de plus grande pente d'un filon par un puits incliné, d'une partie plate à une partie raide, le mur plonge le premier, pendant que le toit se tient encore, sur une certaine longueur, à la môme inclinaison et ne prend que plus loin le nouveau pendage. Il est du reste un second motif qui milite précisément dans le même sens ; en effet, l'influence de la roche s'exerce en ce que les cannelures les plus fructueuses sont ouvertes dans les couches de dureté moyenne.

Celles-ci auront obéi plus facilement que les autres à la tendance générale à la rupture, qiii s'exerce suivant un plan vertical ; elles seront donc essentiellement des parties raides. Au contraire, les roches trop dures, qui correspondent aux cannelures moins productives, résistant davantage par leur ténacité propre, tendent à dévier la fracture suivant leur propre surface de moindre résistance, c.-à-d. dans le plan perpendiculaire déterminé par leur normale et par la droite suivant laquelle ils sont abordés par la fracture de la bonne couche, plan qui, en abandonnant la verticale, se sera plus ou moins couché. On peut, d'après cela, juger à première vue, avec un plan de mine, oii se trouvent figurées les galeries de niveau, quelles doivent être les cannelures les plus productives, d'après Tespacement de ces galeries en projection horizontale. Les parties serrées de la fig.l, marquées B, sont les plus raides : ce sont les bonnes cannelures ; les plus claires, marquées M, correspondent aux plus plates : ce sont les mauvaises cannelures.

Après avoir, autant que possible, établi la classification probable d'importance des diverses cannelures, il reste à prendre un aperçu de la répartition vraisemblable de la richesse dans l'étendue de chacune d'elles en particulier. On peut formuler, d'après Tregaskis, cette règle d'observation : le minerai affecte, en général, la forme de bandes ou colonnes riches, plongeant dans le filon suivant le sens de ses lignes d'intersection par la stratification encaissante. On comprend, en effet, que la nappe d'écoulement hydrothermale, engagée dans le lit indéfini formé par le plan de la fracture, s'y ramifie en courants plus prononcés et par suite plus efficaces, suivant les canaux naturels qui lui offriront moins d'obstacles et un passage plus facile. Or, les joints des couches forment les plans les moins résistants de la masse du terrain. Leurs traces sur celui de la fente auront donc plus de chances de s'égrener, de s'éclater, pour former de tels canaux. Le minerai présentera, d'après cela, une tendance à s'y disposer en colonnes allongées. Telle est, en effet, dans les stratifications inclinées, la forme des coulées de minerai des mines de Cornouailles. Quant à la disposition des richesses dans les faisceaux parallèles, elle n'est pas non plus abandonnée au hasard. C'est un fait connu, que, dans leurs grandes lignes, les enrichissements se correspondent à peu près en regard les uns des autres. Cela est du reste assez naturel, puisque à de faibles distances, les conditions présentées par la stratification et les efforts

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