CANNELURE — CANNETTE
généraux de fracture ne varient, en général, que faiblement, sauf des influences spéciales. Aussi ne doit-on pas faire partir les travers-bancs d'exploration, des parties plates et pauvres, en vue de découvrir des gîtes parallèles ; on les branchera, au contraire, sur des parties redressées et minéralisées, pour se donner plus de chances de couper riches les gîtes parallèles, afin de mieux les reconnaître au passage. L. Knab.
CANNER ou KANER {riuulus Canren, 1200). Rivière de la Lorraine allemande. Sortie de l'étanp de Blanchard, cant. de Vigy, au N.-E. de Metz, elle coule du S. au N., passe à Hombourg, met en mouvement l'usine de Buding et se jette dans la Moselle, au-dessous de Kœnigsmachern, après un cours de 26 kil.
BiBL. : Boulangé, Promenade archéologique dans la vallée de la Canner^ dans Auslrasle^ 1856-1857.
CANNES. Ch.-l. de cant. du dép. des Alpes-Maritimes, arr. de Grasse ; 49,939 hab., port à TE. du golfe de La Napoule. Station du chemin de fer de Toulon à Nice. Colonisée par les Romains qui y fondèrent le Castrum Marcellinum, Cannes dépendit au v® siècle, comme toute la côte, du monastère de Lérins et fut saccagée par les Sarrasins entre 700 et 730. Elle fut réunie à la Provence au xiv^ siècle. Cannes a joué un rôle dans les diverses guerres franco-espagnoles et franco-sardes dont la Provence a été le théâtre. Charles-Quint la prit en 1524 et en 1536; Charles-Emmanuel en prit le château en 1592. La résistance de Cannes et du château de Sainte- Marguerite, en 1706, arrêta l'invasion de Victor- Amédée. En 1766, Cannes fut encore prise par les Austro-Sardes. C'est près de Cannes que bivouaqua Napoléon, débarqué de l'ile d'Elbe. — Comme monuments, Cannes possède la tour du château abbatial (xi®-xiu^ siècle), bâti au sommet du mont Chevalier, sur l'emplacement du Castrum Marcellinum ; l'église Notre-Dame d'Espérance (xvii^ siècle), qui possède un reliquaire de 1491 ; l'église désaffectée Sainte-Anne (xiii® siècle), le pont de Riou, trois arches du xiii® siècle sur l'emplacement d'un pont romain ; monuments modernes : le casino, le tombeau de lord Brougham, le jardin botanique (1867). La principale richesse de Cannes est son climat, qui en fait une des stations d'hiver les plus à la mode. Abritée des vents du N. par TEsterel, Cannes a une température préférable à celle de l'Italie centrale et môme de Naples (moyenne 16^4 ; moyenne d'hiver, 9''6 ; maximum, 32<*). Le port, créé en 1838 et protégé par un môle de 150 m., est exposé aux vents du S.-E. et tend à s'ensabler. Pêche des sardines et anchois ; poissons salés ; savons et huiles ; oranges, citrons, fruits du Midi ; parfumerie ; faïences de Vallauris, Le canton a six communes et une superficie de 11,600 hect.
CANNES. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Fontainebleau, cant. de Montereau; 615 hab.
CANNES, dans l'antiquité CANN/E, aujourd'hui CANNE ou CANNA. Petit village de l'Apulie (prov. de Bari, Italie méridionale), près de l'Aufidus (auj. Ofanto), dans le voisinage duquel les Romains ont éprouvé, en 216 av. J.-C, le plus grand désastre militaire de leur histoire. Pour la bataille de Cannes, V. Annibal. Le champ de bataille de Cannes, Campodisangue, comme on l'appelle dans le pays, s'étend sur la rive droite de TOfanto, entre Canosa et Barletta. G. L.-G.
BiBL.: Le Corpus inscriptionum latinarum, vol. X, donne les inscriptions latines de Cannes.
CANNES-ET-CLAIRAN. Com. du dép. du Gard, arr. du Vigan, cant. de Quissae ; 249 hab.
CANNESSIÈRES. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Amiens, cant. d'Oisemont ; 171 hab.
CANNET (Le). Com. du dép. des Alpes-Maritimes, arr. de Grasse, cant. de Cannes ; 2,552 hab. Maison du Brigand, tour carrée à deux étages du xvi^ siècle. Centre de villas, station d'hiver, sorte de faubourg de Cannes, dans un vallon très abrité du N. et écarté de la mer, ce qui produit une température et des conditions atmosphé-
riques particulières ; huiles, essences de fleurs. La tragédienne Rachel y est morte dans la villa Sardou.
CANNET. Com. du dép. du Gers, arr. de Mirande, cant. de Plaisance ; 195 hab.
CANNET-DU-Luc (Le). Com. du dép, du Var, arr. de Draguignan, cant. du Luc; 1,105 hab., sur le Ritor, affluent de PArgens. Fortifications en ruines ; église du X® siècle ; chapelle de Saint-Michel-sous-Terre, creusée dans le roc ; pont naturel de Saint-Michel sur l'Argens ; cascade de PArgens. Mines de plomb.
CANNETEUSE ou CANNETIÈRE. Machine employée dans les tissages pour former les bobines ou cannettes de trame, destinées à être logées dans les navettes des tisserands. Ce sont des sortes de bobinoirs munis de broches sur lesquelles on place les tubes en bois autour desquels doit s'enrouler le fil, fourni en général par des échevettes montées sur des dévidoirs auxquels on donne différents noms suivant les régions, et qui sont disposés sur des supports, tantôt à la partie inférieure de la machine, tantôt à sa partie supérieure. Le fil est dirigé vers la bobine par un guide, animé d'un mouvement de va-et-vient dont l'amplitude est égale à la longueur de la partie conique de la cannette (V. ce mot) et qui s'effectue entre des limites qui se déplacent graduellement après chacune des couches successivement formées, en allant depuis la base vers la pointe. Le mouvement de rotation rapide &qs, broches leur est communiqué soit par un tambour et des ficelles, soit par des poulies et plateaux de friction ; pour que l'entraînement du fil se fasse avec une vitesse uniforme, il faut que les broches tournent plus vite lorsque l'enroulement se fait à la pointe du cône et qu'elles ralentissent quand le guide-fil se dirige vers la base. Les guide-fils sont actionnés généralement par un excentrique en cœur, et le déplacement des limites de sa course sont produits de deux manières différentes : tantôt c'est une sorte de cornet en fonte dans lequel s'engage la pointe de la cannette, et qui, à mesure qu'elle se remplit, ou bien est repoussé par elle en entraînant avec lui le guide-fil, ou bien la déplace elle-même, le guide continuant toujours à effectuer ses mouvements de la même manière ; tantôt les guide-fils sont formés par des sortes de molettes engagées sur une tringle filetée et animée d'un mouvement de va-et-vient correspondant à la formation d'une couche sur la cannette; celle-ci, en se remplissant, vient toucher la molette et la fait tourner sur la vis, produisant ainsi son déplacement. P. Goguel.
CANNETIÈRE. Machine de tissage (V. Canneteuse).
CANNETILLE. Fil ou lamelle d'or ou d'argent fin ou faux, enroulé autour d'une âme formée par un fil quelconque, dont on fait usage dans la fabrication de certaines passementeries.
CANNETTE. Nom donné aux bobines formées par les fils employés comme trame, et qui se logent dans les navettes des tisserands. Lorsque les fils sont livrés sous forme d' échevettes, soit qu'ils aient été filf^s sur des métiers continus, soit qu'ils aient été teints ou blanchis, la mise en cannette est une des opérations préparatoires des tissages et se fait en général mécaniquement, au moyen de canneteuses ou cannetières. Dans l'industrie de la laine et du coton, où le filage se fait au moyen de métiers renvideurs, ces métiers produisent directement des cannettes qui peuvent être employées sans autre manipulation que le mouillage dans certains cas. Dans les tissages, les cannettes se forment sur des tubes en bois qui présentent une partie conique prolongée par une tige cyhndrique ; le fil s'enroule d'abord sur cette partie conique, puis en formant des couches parallèles entre elles comme des cornets emboîtés les uns dans les autres ; la cannette pleine a la forme d'un cylindre terminé par un cône. Les cannettes de filature ont le même aspect, mais se font soit sur la broche elle-même, soit sur un tube plus ou moins long et légèrement conique, en papier. Les pre-
mières couches qui s'enroulent forment le fond conique, et les suivantes se superposent comme dans le cas précédent. Toujours le fil. lire dans la direction de Taxe, se déroule librement, sans que la oannette soit obligée de tourner. P. Goguel.
CANNIBALE (V. Anthropophagie).
CâNNING (Elisabeth), aventurière anglaise, née le 47 sept. 1 734, morte à Weathersfield (Connecticut) le 22 jùil. 1773. Servante dans une famille de Londres, elleaila le i®^ janv. 4753 rendre visite à un de ses oncles et disparut. Toutes les recherches laites par sa famille turent vaines, et on désespérait de la revoir quand elle reparut subitement chez sa mère le 29 janv. 4753 à 10 heures du soir. Elle conta qu'on 1 avait entraînée de force dans une maison mal famée où on l'avait maltraitée et tenue prisonnière pendant quatre semaines et d'où elle avait pu s'échapper par une tenêtre. La maison fut découverte et on arrêta diverses personnes, entre autres, une vieille bohémienne qu'Elisabeth reconnut formellement. Cette femme fut condamnée à mort, une autre à la marque. Cependant quelques circonstances étranges donnèrent lieu de douter de la véracité d'Elisabeth Cauning. Le procès fut repris, les bohémiens purent établir des alibis et Elisabeth Canning à son tour fut condamnée pour parjure à sept ans de transportation (30 mai 4754). Ce procès n'a d'importance que paice qu'il excita dans Londres une émotion considérable. La ville fut longtemps divisée en deux partis les Canningitts et les Egyptiens^ qui publièrent une toule d'ouvrages curieux pour et contre Elisabeth. Celle-ci fut transportée à la Nouvelle Angleterre où elle épousa, diton» un riche quaker et dirigea une école.
BiBL. : Trials of Mary Squires and Susanna Wells; Londres, t753, in-4. — The Cane of E. Canning fairly siated; Londres, 1753, in-4. — The hard Case of Mary Squires the Gipsey and Susnnnah Wells; Londres, 1753, in-S. — HiLL, Slory of E. Canning considered ; Londres, 1753, in-8. — Philologus, the înspeclor im^pected or Dr. J. HilVs sfory of E. C. examinedand impvtidUy considered ; Londres, 1753, in-8. — The Imposture detected ; Londres, 1753, in-8. — E, Canning's Magazine ; Londres, 1753, in-8, et Ûôt, in-4.— Dodd, Physicàl Account of the caseofE. C; Londres, 1753, in-8.— Britanmcus, Evidence of E C. fuVy confuted : Londres, 1753, in-8. — FiiLDi.NG, A Clear étale of the case of E,C.; Londres, 1753, in-8. — Cok, App^al to the public in behalf of E. C; Londres, 1753, in-8. — Account of the mislerious affair of M. Squires and E. C. ; Londre.>, 1754, in-8, — Miss Can^mng and thegipsey by a Lover of Truth ; Londres, 17.54, in-8. — FiUl and authentic account of the str.inpe and myslerious affair betweenM.SquireSy a gipsey^ and E, C; Londres, 1756, in-l2.-- L. Stepuen, //is/or^ ofthe criminal IriUJ ofEngland ; Londres, 1883, t. I, p. 4^3. — Du môme, National Biography ; Londres, 1886, t. VIIL— On a môme publié des Genuine and impartial meinoirs of E, Canning ; Londres, 1754, in-12.
CANNING (George), homme d'Etat anglais, né à Londres le 1 i avr. 1770, mort à Chiswick le 8 août 1827. Son père, brouillé avec sa famille à la suite d'un mariage avec une Irlandaise jolie, mais pauvre, parente deSheridan, mourut un an après sa naissance. La jeune veuve monta sans grand succès sur les planches et se remaria deux fois, non très sagement, disent les biographes. C'est donc dans la société du monde théâtral que Canning passa ses premières années; heureusement, un oncle paternel, riche banquier, l'arracha, dès huit ans, à ce milieu interlope et prit soin de son éducation. Whig ardent, il recevait les chefs du parti que son neveu devait combattre plus tard. Canning fit d'excellentes études et publiait, dès l'âge de seize ans, le Microcosme, journal littéraire satirique. Un poème, V Esclavage de la Grèce, révéla la richesse de son imagination et ses aspiration^? libérales. Hevenu à Londres, bien accueilli par Fox, Burke et Sheridan, il fréquenta les clubs et les cercles politiques, se faisant remarquer par son éloquence et la vivacité de ses aperçus. Pitt le d»Hacha des whigs, et le fit, à l'âge do vingt-trois ans, entrer à la Chambre des communes, et, trois ans plus tard, nommer sous-secrétaire d'Etat. Canning soutint énergiquement la politique tory, et, pour exciter à la guerre