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CARREAU — CARREL

X. Pathologie. — Ce terme désigne d'une manière générale la dureté du ventre, quelle qu'en soit la cause. Anatomiquement le carreau est caractérisé par l'engorgement des ganglions mésentériques, soit tuberculeux, soit simplement inflammatoire. Le carreau n'est donc pas une maladie mais un symptôme fréquent dont les causes sont variables (V. Mésentère).

CARRÉE (Henri), paysagiste et peintre d'animaux de l'école hollandaise, né en 4658 à Amsterdam, mort en 1721. H fut élève de J. Jordaens et de Juriaen Jacobsz, et peignit surtout des troupeaux avec des pâtres, mais avec moins de talent que son plus jeune frère et son élève, Michel Carrée, qui fut non seulement peintre d'animaux mais graveur. Né à Amsterdam en 1666 et mort le 7 oct. 1747 à Alkmar, ce dernier avait été aussi élève de N. Berchem. Son talent correct, mais moins facile et plus lourd j que celui de son maître, avait attiré sur lui l'attention du roi de Prusse, Frédéric l®% qui l'appela comme peintre de la cour à'^Berlin, où il demeura jusqu'en 1713. Il retourna alors à Amsterdam pour se retirer ensuite à Alkmar, et dès la fin de déc. 1725, il figure sur les listes de la gilde de cette ville qu'il habita jusqu'à sa mort. Ses tableaux, qui offrent assez d'analogies avec ceux de Dirck van Bergen, se trouvent surtout dans les musées d'Allemagne, à Schwerin, à Brunswick, à Schleissheim; ceux de Stockholm et de Rotterdam en possèdent également. Un fils de Henri, Ahraham Carrée, né en 1694 à La Haye oti il mourut en 1758, fut également peintre et élève de son père ; mais il est surtout remarquable comme copiste, et il a fait d'excellentes reproductions des tableaux de P. Potter. Michel et un autre de ses frères eurent aussi des fils qui furent peintres, et, comme les divers artistes de cette famille ont tous traité les mêmes sujets avec de grandes analogies d'exécution, on s'explique les confusions qui régnent entre leurs œuvres. E. M.

CARREFOUR (Architecture). La rencontre de deux ou plusieurs voies publiques créant un carrefour a souvent, dans les villes, donné lieu à l'établissement, à la rencontre de ces voies, de pans coupés destinés à faciliter la circulation et établis, soit de plein gré par les propriétaires des immeubles en bordure sur ces voies, soit, le plus souvent, par suite de prescriptions administratives réglant la forme, les dimensions et parfois aussi le mode de décoration de ces pans coupés. On conçoit tout l'intérêt que présentent, au point de vue de l'embellissement des villes, les carrefours ainsi formés, lesquels, suivant les époques et les pays, ont reçu, en leur milieu, une colonne, une croix, une statue, une fontaine ornée. Souvent aussi c'est l'angle de deux voies ou le pan coupé formé à leur rencontre qui a été décoré d'une tourelle en encorbellement, d'un bas-relief ou d'une fontaine et on pourrait citer, à Paris même, de nombreux exemples encore existants ou récemment créés de ce mode de décoration; tels, le monument de Molière, la fontaine Saint-Michel, etc. Charles Lucas.

CARREL (Armand), journaliste et homme politique français, né à Rouen le 8 mai 1 800,mort à Saint-Mandé le 24 juil . 1836. Armand Carrel, fils de commerçants, fit ses études au collège de Rouen, puis entra à Saint-Cyr, d'oii il faillit être expulsé à diverses reprises, à cause de ses idées libérales. 11 s'afiilia de bonne heure à la charbonnerie française. Sous-lieutenant au 29« régiment de ligne, en garnison à Neuf-Brisach, il prit part à la conspiration de Colmar, qui ne réussit pas. 11 eut la chance de ne pas être inquiété. Vint la guerre d'Espagne en 1823. Armand Carrel se trouvait alors à Marseille avec son régiment. 11 apprend qu'un bataillon de volontaires français part pour aller soutenir, les armes à la main, la cause des libéraux d'Espagne. Aussitôt il donne brusquement sa démission, s'embarque sur un bateau-pêcheur, arrive à Barcelone, s'engage dans la cohorte qui, sous le drapeau tricolore, allait combattre pour ridée démocratique, et montre une iacroyable

bravoure dans l'échauffourée de Matoro. La légion étrangère ayant été forcée de capituler, Carrel devint le prisonnier de son ancien général, le baron de Damas. Traduit devant le conseil de guerre de Toulouse, il fut acquitté. A sa sortie de la prison de Toulouse, la carrière militaire était définitivement fermée à Armand Carrel. 11 devint le secrétaire d'Augustin Thierry, qui l'occupa surtout à des travaux historiques. C'est de cette époque que datent les premières œuvres de Carrel. Il publia, pour la collection Lecointe et Duroy, le Résumé de V Histoire d'Ecosse et V Histoire de la Grèce moderne. En même temps il donnait des articles à la Bévue américaine, au Globe^ au Constitutionnel, à la Revue Française^ au Producteur, Il faisait paraître une remarquable Histoire de la Contre- Révolution en Angleterre et une notice sur Paul- Louis Courier.

C'est Carrel qui eut l'idée du National, Le National devait être et fut effectivement, lorsqu'il en eut exclusivement la direction, un journal d'opposition tranchant sur les autres, franc d'allures, vigoureux de principes, toujours à l'avânt-gârde du parti de la démocratie. Cet organe fut donc fondé par Carrel, conjointement avec MM. Thiers et Mignet; chacun des trois fondateurs devait, à tourderôle, diriger le journal pendant un an. M. Thiers, étant le plus âgé, prit le premier la direction et la garda jusqu'en 1830. Carrel, qui ne concevait pas l'opposition comme M. Thiers, ne collabora que rarement au journal et se borna presque exclusivement à donner des articles littéraires. Après la Révolution de 1830, MM. Thiers et Mignet étant entrés dans l'administration, il devint rédacteur en chef, et c'est à partir de ce moment que le National acquit l'importance qu'il eut alors. Uuelque temps après, il engageait contre le ministère Périer, qui avait fait arrêter préventivement des journalistes, une lutte ardente et sans merci. Dans un article paru le 24 janv., signé de lui, il déclarait qu'il ne se soumettait pas à ce qu'il regardait comme une illégalité. Et il terminait par ce défi : « Il faut que le ministère sache qu'un seul homme de cœur, ayant la loi pour lui, peut jouer, à chances égales, sa vie contre celle non seulement de sept ou huit ministres, mais contre tous les intérêts, grands ou petits, qui se seraient attachés imprudemment à la destinée d'un tel ministère. »

Armand Carrel, qui devait trouver la mort dans un duel, s'efforçait, lorsqu'il était témoin dans une affaire d'honneur, d'amener sur le terrain la conciliation des deux adversaires. Mais dès qu'il était en cause, tout arrangement amiable devenait impossible. Il se croyait, c'est lui-même qui l'a dit, obligé de représenter en toute occasion son parti, « aussi bien quand il pouvait avoir renouveler ses preuves de courage que quand il avait à faire valoir ses principes par la discussion ». Blessé au ventre dans un duel à l'épée avec M. Roux-Lalissée, il fut frappé de l'intérêt que lui manifestèrent à cette occasion un grand nombre d'amis connus et inconnus. « J'étais à mille lieues de penser, écrivait-il, que tant de gens que je ne connais pas, que je n'ai jamais vus et que je ne verrai peut-être jamais, attachassent la moindre importance à ce qu'une chétive personne fût au monde ou n'y fût pas. » Cet intérêt devait se manifester plus vivement encore dans une circonstance plus tragique. Engagé dans une querelle insignifiante contre une société k la tête de laquelle se trouvait M. de Girardin, et qui avait pour but d'abaisser à 40 fr. par an le prix d'abonnement aux journaux quotidiens, une explication directe eut lieu entre lui et le rédacteur en chef de la Presse, Celte explication ne laissait malheureusement rien à faire aux témoins. Une rencontre fut décidée. Elle eut lieu à Vincennes le 22 juil. 1836. Arrivé sur le terrain, M. Carrel s'avança vers M. de Girardin et lui dit;:

« Eh bien! monsieur, vous m'avez menacé d'une biographie ; la chance des armes peut tourner contre moi ; cette biographie, vous la fere^, monsieur ; mais, dans ma vie privée

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