IV. Serrurerie (V. Lime
CARRELET. L Ichtyologie. — Nom vulgaire de la Plie (Pleuronectes platessa L.), Poisson osseux (Téléostéen),
Pleuronectes platessa L.
de Tordre des Anacanthini-Pletironectoîdei et de la famille des Pleuronectidœ (V. Plie).
IL Art culinaire. — Le carrelet s'apprête comme la sole (V. ce mot). 11 est préférable cependant de l'accommoder d'abord au court-bouillon, puis de le mettre sur le gril pour le servir ensuite à la maître d'hôtel ou à la sauce aux câpres.
CARRELET. Nom d'une famille célèbre de Bourgogne, qui a donné à cette province une série d'hommes remarquables. Les plus connus sont les suivants :
Pierre-Barthélémy Carrelet de Rosay, né à Dijon le 21 févr. 4695, mort à Soissons le U juin 1770. Prédicateur de talent, écrivain, docteur en Sorbonne, archidiacre et théologal de l'évêque Languet, chanoine de Soissons et membre de l'Académie de cette ville. Ses principaux ouvrages sont : Prière à Dieu, sermon prêché en 1727 à la cour de Lorraine (Mercure de juin 1728) ; Sentiments d'une âme chrétienne pénitente (Recueil de V Académie de Soissons, 1729) ; les Conseils de Minerve à la jeunesse Soissonnaise (Paris, Coignard, 1735); Panégyrique de saint Louis (Mémoires de r Académie, 1735); Ode a Louis le Grand sur la gloire de Louis XV (Mercure de juil. 1736),
Louis Carrelet, né à Dijon le 8 sept, 1698, mort le 16 mars 1781. Frère de Barthélémy, savant jésuite^ prédicateur distingué, docteur en théologie, fut vicaire de Languet, quand il était curé de Saint-Sulpice, puis chanoine de la cathédrale de Dijon (en 1731, année de la fondation de l'épiscopat dijonnais), et enfin curé de Notre-Dame de cette ville. Il a laissé : Epithalame sur le mariage de M, le marquis de Vienne avec Mademoiselle de Tavannes (Dijon, 1731) ; Oraison funèbre du prince Louis-Henri de Bourbon (Dijon, 1740) ; sept volumes d'œuvres diverses (Paris, 1805).
Bernard Carrelet, frère des deux précédents, né à Dijon en 1700, mort en 1774. Correcteur de la chambre des comptes de Dijon, écrivain distingué, collaborateur assidu du Mercure de Finance. Paul Cunisset-Carnot.
BiBL. : GiRAUD, Essai sur Dijorip — Courtépëe, Description du duché de Bourgogne; — Vie de Carrelet (en tète des œuvres de Louis Carrelet) ; — Muteau et Gar- NiER, Galerie bourguignonne,
CARRELET (Gilbert-Alexandre), général français, né à Saint-Pourçain (Allier) le 14 se[)t. 1789, mort à Paris le 24 mai 1874. Après avoir passé par l'Ecole militaire de Fontainebleau (1807), il servit comme sous-lieutenant d'infanterie en Allemagne et en Espagne (1808-1811). Après avoir reçu dans ce dernier pays plusieurs blessures, il entra dans la gendarmerie, fit la campagne de France (1814), puis celle de Waterloo (1815), devint lieutenant en 1816, capitaine en 1822 et chef d'escadron peu après la révolution de Juillet. Envoyé en Algérie pour y organiser la gendarmerie (1834), il fut, en récompense, nommé lieutenant-colonel (1835) et deux ans après (20 fév. 1837 ,
élevé au grade de colonel. Sa fermeté bien connue lui valut d'être appelé, en 1839, au commandement de la garde municipale de Paris. Les services qu'il rendit dans cet emploi difficile au gouvernement de Louis-Philippe le désignèrent bientôt pour des dignités plus hautes. Maréchal de camp le 9 avr. 1843, chargé à plusieurs reprises d'inspecter le corps de la gendarmerie, membre du comité supérieur de cette arme (16 nov. 1847), il devint, sous la seconde République «général de division (10 juil. 1848), Louis-Napoléon, qui avait besoin pour son coup d'Etat d'hommes d'exécution, vigoureux et sans scrupules de légalité, lui confia, dès le 29 oct. 1850, le commandement de lal'^® division militaire. Après le 2 Décembre, quand les défenseurs de la constitution violée cherchèrent à soulever Paris, Carrelet eut une part considérable à la répression de leur prise d'armes, notamment dans la journée du 4 décembre, où ils furent écrasés sur les boulevards. Aussi fut-il nommé sénateur et, quelques années plus tard (30 déc. 1855), grand-croix de la Légion d'honneur. Au Sénat, où il siégea jusqu'en 1870, il soutint constamment la politique du gouvernement impérial. La révolution du 4 Septembre le fit rentrer dans la vie privée. A. Debidour.
CARRE Ll ÈRES (Thomas de), écrivain français du xvi« siècle. On lui doit : Histoire de Ventreprise de Tripoli et prinse de Gerbes par les chrestiens en i5i9 (Lyon, 1561, in-8), ouvrage fort rare dont il existe une édition italienne (Venise, 1566, in-4).
CAR REND DE MiRANDÂ (don Juan), peintre espagnol, né à Avilés, dans les Asturies, en 1614, mort à Madrid en 1685. Son père, alcalde des hijosdalgo de la ville d' Avilés et sa mère, dona Catalina Fernandez Bermudez, appartenaient à la noblesse asturienne. Amené à Madrid par son père qu'un procès à suivre y avait conduit, le jeune Carreno obtint de lui qu'il le laissât étudier le dessin auprès d'un maître alors très réputé : Pedro de las Cuevas. Mais son élève ne tarda pas à le quitter pour entrer dans l'atelier de Bartolomé Roman qui en fit rapidement un excellent coloriste. A l'âge de vingt ans, Carreno s'était déjà fait apprécier comme promettant un sé-^ rieux talent par les tableaux qu'il peignait pour le cloître du collège de Maria de Aragon et pour la chapelle du couvent du Rosario, En 1657, la ville et le conseil d'Avilés l'ayant élu juge pour l'état de noblesse, il ne put remplir cette fonction à cause de ses travaux déjà nombreux ; mais l'année suivante, Madrid l'ayant choisi pour Fiel, il dut, cette fois, exercer cette nouvelle charge qui ne laissait pas d'absorber la plus grande partie de son temps. Velazquez, qui avait déjà remarqué quelques-uns de ses ouvrages, s'affligea de voir qu'un artiste de la valeur de Carreno fût occupé à de telles besognes : il y coupa court en le faisant entrer au service du roi. De nombreux et habiles peintres travaillaient alors à la décoration du royal alcazar sous la direction de Velazquez. Carreno, pour sa part, eut à peindre à fresque le Salon des Glaces; il y montra tout son savoir et tout son talent en exécutant deux vastes compositions: les Fiançailles de Pandore et VEisioire de Vulcain, Terminées vers 1660, ces fresques valurent à l'artiste le titre de peintre du roi. En cette même année 1660, Velazquez mourait, laissant en Carreno son élève le plus éminent. Bien que Philippe IV paraisse avoir apprécié sentaient, ce ne fut cependant que sous le règne de Charles II qu'il obtint la haute position que la mort de Velazquez avait laissée vacante. En 1671, Carreno fut enfin nommé peintre de la Chambre^ en même temps qu'il était gratifié de la charge d' aide-fourrier du palais. Charles 11 n'était encore qu'un enfant lors qu'il devint roi sous la régence de Marie -Anne d'Autriche, Carreno fit de lui plusieurs portraits dès cette époque. 11 y en avait un au musée du Louvre dans l'ancienne galerie espagnole formée par le roi Louis-Philippe ; il y en a un au musée de Berlin avec l'inscription : JEtatis suce XII, JohannesàCarrenopictorreg, etcubi, fac.Anno 1673, Les portraits d'une date postérieure sont très nombreux.
CâRRENO - CARRERA
Sans compter ceux qui ontfait partie delà galerie Aguado, Suermondt, Denison, le musée de «Madrid n'en possède pas moins de trois, l'un en buste, l'autre en pied, répété deux fois. Comme portraitiste, Carreno se rapproche de Velazquez qu'il avait beaucoup admiré et étudié et qu'il avait même fréquemment copié dans sa jeunesse. L'Académie de San Fernando possède dans sa collection de tableaux un Philippe JV et une Infante qui sont de merveilleuses reproductionst)ar Carreno des originaux de Velazquez. Un portrait en pied de Francisco Bazan^ bouffon de Charles II, que possède le musée du Prado, a été longtemps considéré et catalogué comme étant de Velazquez, et ce n'est que depuis"quelques années et sur le vu de documents indiscutables qu'il a été restitué à son véritable auteur. Une autre peinture du même musée, représentant une Naine d'une monstrueuse grosseur, rappelle tout à lait la manière du maître : même harmonie de coloris obtenue de tons rouges rosâtres et argentés, même réalisme prestigieux que dans les toiles de Velazquez. C'est encore dans le même style que sont peints les deux merveilleux portraits de Marie-Anne d'Autriche qui figurent au musée du Prado. Mais, au style de Velazquez, Carreno mélange parfois des colorations plus complexes, plus fleuries et qui rappellent tantôt les grands Vénitiens, tantôt les grands Flamands et principalement parmi ces derniers : Van Dyck. Un très beau spécimen de cette manière de peindre chez Carreno existe au Prado : c'est le portrait de Pierre Ivanowitch Potemkiny envoyé du tsar Fœdor 11 auprès du roi Charles II et que Carreno peignit en 1682. C'est encore dans cette manière miespagnole, mi-flamande qu'est exécutée l'esquise Madeleine au désert qui existe dans la collection de l'Académie de San Fernando où se trouve également une répétition du Spasimo de Raphaël admirablement copié par Carreno dans les dimensions mêmes de l'original. Le musée du Fomento possède de l'artiste un Saint Sébastien, appartenant autrefois à un| couvent de Madrid, et que l'on jugerait pour l'élégance "de la forme et le charme de la coloration l'œuvre du séduisant élève de Rubens. L'influence des Vénitiens et la préoccupation de leur coloris chaud et puissant se montrent clairement dans certaines des grandes compositions religieuses de Carreno, telles que celles qui sont dans la galerie Lacaze au Louvre, au musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg, et dans quelques églises en Espagne. Les longues et fortes études que, dans sa jeunesse, l'artiste avait faites d'après les chefsd'œuvre des grands maîtres qui formaient les collections royales expliquent la complexité de ce talent qui côtoie Velazquez, Titien, Van Dyck et conserve cependant une indiscutable individualité. En dehors des portraits que nous avons cités, Carreno, comme attaché à la cour, eut l'occasion de peindre presque tous les personnages contemporains qui ont joué quelque rôle politique pendant et après la minorité de Charles IL C'est ainsi qu'il nous a laissé de vivants et superbes portraits de Don Juan d'Auriche, bâtard de Philippe IV, de Valenzuela, ministre et favori de Marie-Anne d'Autriche, du primat d'Espagne Benavides, Très laborieux, et, bien que l'exercice de sa charge auprès du roi lui prît beaucoup de son temps, il dirigea ou exécuta, soit seul, soit en collaboration avec Francisco Rizzi, d'importantes décorations à fresque, notamment celle de la coupole delà chapelle de VOchavo, à la cathédrale de Tolède, celle de la voûte de l'église San Tomas, à Madrid, et diverses autres encore, à Atocha, aux Portugais, etc.
Carreno était un excellent maître, très bienveillant avec ses élèves qu'il enseignait avec douceur et patience. Il en a formé de très bons : Mateo Cerezo, Donoso, Cabezalero et d'autres encore. Comme presque tous les artistes de son temps, il s'est essayé à graver à l'eau -forte et l'on connaît de lui une très jolie petite pièce en ce genre représentant un Saint Antoine de Padoue à mi-corps, avec le petit Jésus. Paloraino, qui pratiqua Carreno, a raconté
dans ses biographies diverses anecdotes relatives à l'artiste et qui peignent bien la dignité, l'indépendance et la bonté de son caractère. Une de ses anecdotes a trait à un Martyre de saint André, qui ornait le maître-autel de l'église des Carmélites à Alcalâ de Henâres. Un pauvre diable de peintre qui avait été chargé d'exécuter ce tableau et qui craignait sans doute qu'on ne le lui refusât, vint s'adresser à Carreno et le pria de le retoucher. Pour rémunérer le maître des corrections qu'il sollicitait, il lui apportait un petit pot de miel. Carreno refit l'ouvrage tout entier; l'autre en toucha le prix qui fut fixé par arbitrage à 200 ducats et, de ce fait, le tableau reçut le nom de la Cantarilla ou « du petit pot » que la tradition lui a conservé. Un portrait de Carreno, peint par luimême et qui figurait dans la collection du ministre Jovellanos à la fin du siècle dernier, a été gravé au burin par Juan Palomino. Paul Lefort.
BiBL. : Palomino, Vidâs de los pmtores eminentes ; Madrid, 1724. — Cean Bermudez, Diccionario de los mas iliistres profesores ; Madrid, 1800. — W. Bûrger, Histoire des Peintres ; Carreno de Miranda; Paris.
CARRER (Luigi), poète italien, né à Venise le 12 fév. 1801, mort le 23 déc. 1850. Ses premiers essais appartiennent au genre romantique ; il imitait Byron et surtout Schiller qu'il avait beaucoup étudié. Monti l'arrêta dans cette voie dangereuse où ne pouvait que se fourvoyer un talent tout italien. H lui fallut encore dominer une trop grande facilité qui lui permettait d'improviser jusqu'à des tragédies, pas plus mauvaises sans doute que celles oti peinaient ses contemporains, mais non pas meilleures. Des métiers divers suppléaient à son manque de fortune ; il fut professeur de belles-lettres à Castelfranco, de philosophie à Padoue; de 1833 à 1842, on le voit à Venise diriger un journal littéraire fondé par lui, le Gondolier, rédiger des manuels encyclopédiques, retourner à l'enseignement, enfin, pour ses derniers jours, devenir conservateur du musée Correr. En ses poésies. Carrer montre de la délicatesse et du sentiment ; son style, d'une vraie pureté, atteint parfois la parfaite beauté de la forme ; c'est un poète lyrique et l'un de ceux qui viennent immédiatement après les premiers. Parmi ses contes, VAnello di sette gemme (Venise, 1838) passe pour un chef-d'œuvre. Ses œuvres choisies, Opère scelte (Florence, 1855, 4 vol.) comprennent : 1<* Poésie : Bhllate, Sonetti, Odi amorose, Canzoni, Odi satiriche, Inni, Idilli, Tragédie, Sermoni, Traduzioni ; 2<^ Prose : Elogi, Discorsi, Discorsetti. Prose morali. Prose estetiche, Narrazioni storiche, Vita di Ugo Foscolo, Articoli critici, Traduzioni, Romanzetti, Novelle e Bacconti, Idilli, Dialoghi, Ces détails donnent une idée de la variété des talents de Carrer ; l'excellent portrait publié en tête de cette même édition est bien celui d'un poète. R. G,
BiBL. : Commentario délia vita e délie opère di Luigi Carrer en tôte des Opère scelle. — G.-R. Barbiera, Simpatie, studi letterari ; Milan, 1877.
CARRERA (Pietro), historien et antiquaire italien, né à Militello (Sicile) en 1571, mort à Messine le 8 sept. 1647. Il fut ecclésiastique, et, tout en remplissant avec zèle diverses fonctions, il écrivit les ouvrages suivants : Variorum epigrammatum lihri lll (Palerme, 1610) ; Il Giuoco de' Scacchi (MiliieWo, 1617), excellent traité des échecs par un joueur qui passait pour un des plus habiles de son temps ; i tre libri deW Epistole di Gio ; Tomrmaso Moncada, tradotti délia lingua latina neW ita- /zawa (Militello, 1620); Il Mongibello descritto: poésie pertinenti aile materie di Mongibello (Catane, 1636, in-4, et dans le Thésaurus antiquitatum- Siciliœ) ; Belle Memorie istoriche délia città di Catania (Catane, 1639-1641, 2 vol. in- fol.) ; Délia famiglia Tedeschi lib, m (Catane, 1642). R. G.
BiBL. : A. MoNGiTORE, BîbHotheca Sicula ; Palerme, 1708-1714, 2 vol. in-fol.
CARRERA (Rafael),néenl814, mort en 1865, président de la République du Guatemala en 1844. Fils d'Indiens,