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contre la France, déploya ses plus brillantes qualités d'orateur et aussi d'écrivain dans ï Anti-Jacobin, fondé avec lord Liverpool, George Ellis, lord Clare. et qui dura de nov. 1797 à juil. 1798. A la retraite de Pitt (1801), il se mit dans l'opposition, rentra avec lui au pouvoir, en 1804, comme trésorier de la marine, devint ministre des affaires étrangères et fit, sans déclaration de guerre, bombarder Copenhague et brûler la flotte danoise! Grièvement blessé à la suite d'un duel au pistolet avec lord Castlereagh, son coUf^guc de la guerre, à qui incombait la désastreuse expédition de Walcheren (1809), il quitta le ministère pour n'y rentrer qu'en 1816, après une ambassade à Lisbonne. Il soutint la politique antilibérale, suspendit Vhabeas corpus, fit passer un bill sévère contre les meetings, qu'il appliqua en sabrant les mécontents à Manchester. Renversé à l'avènement de Georges IV, il visita Paris, où ses liaisons avec les libéraux modifièrent grandement ses idées. 11 se préparait à partir pour les Indes dont il venait d'être nommé gouverneur, quand il fut rappelé au ministère après le suicide de Castîereagh, Dès lors, sa politique change ; il s'entoure de whigs, et ayant succédé à lord Liverpool en 1827, il entre ira nchement dans la voie libérale, détache l'Angleterre de la Sainte Alliance, reconnaît l'indépendance des républiques espagnoles du Mexique, de la Colombie et de Buenos- Ayres, et fait signer le traité entre l'Angleterre, la France et la Russie pour l'alï'ranchissemeiit de la Grèce. 11 mourut quelque temps après au château du duc de Devonshire et fut enterré à Westmin.ster à côté de Pitt. Un des plus grands éloges qu'on puisse taire de George Canning, c'est qu'il ne laissa rien à sa mort, quoiqu'il eût tenu le pouvoir et que sa femme, la fille du général Scott, lui eût apporté 2,500,000 livres de dot. Sa veuve lut élevée à la pairie avec une pension de 3,000 livres sterling. Les discours de Canning ont été publiés par B. Therry avec des mémoires sur sa vie (1828, 6 vol.). Hector Frange.
BiBL. :R. Bell, Life of George Cayining ; Londres, 1846. — A.-G. Stapleton, Canning and his times; Londres, 185J.
CANNING (sir Stratford), vicomte Stratfori) de Red* CLiFFE, diplomate anglais, né à Londres le 6 janv. 1788, mort à Londres le 14 août 1880. Parent du grand ministre Canning, il entra de bonne heure dans les ambassades. En 1814 il représentait l'Angleterre en Suisse. Aussi fut-il appelé au congres de Vienne, où il prit part à la reconstitution politique de ce pays (1814-1815). Quelques années plus tard, on le retrouve en Russie, où il est envoyé par son cousin comme ambassadeur extraordinaire (1824), puis à Constantinople. où il représente la Grande-Bretagne, contrebalance l'influence russe, contribue à la paix éphémère d'Ackerman entre le tsar et le sultan (1826) et cherche à faire accepter à la Porte, en lutte contre hs Grecs insurirés, la médiation de la conférence de Londres (1827). Après Navarin, il se retira ainsi que les ambassadeurs de Russie et de France (déc. 1827), mais reparut l'année suivante. A ce moment, Georges Canning était mort, Stratford, mal vu de son successeur, tomba en disgrâce. Mais le ministère Grey lui rendit sa place (1830). Il prit part aux arrangements relatifs au nouveau royaume de Grèce (1831-1832), fut nommé ambassadeur en Russie, mais n'ayant pas été agréé par l'empereur Nicolas, demeura en Angleterre, oii il siégea longtemps dans la Chambre des communes. En 1842 , il alla de nouveau représenter l'Angleterre en Turquie, revint en 1847 pour négocier avec le ministère français au sujet des affaires de Suisse, alors inquiétantes, puis retourna à Constantinople (1848), où il appuya énergiquement la Porte dans son refus de livrer à PAutriche les réfugiés hongrois (1 849-1 8.H0). Ce di[domate, élevé à la pairie, en 1852, sous le nom de lord Stratford de Redclitle, se rendit parliculièreaient recommandable à son gouvernement par la fermeté et l'adresse qu'il mit à défendre le sultan contre les empiétements et les exi-
CANNING — CANNOPHYLLITES
gcnces du tsar, jusqu'au moment où fut conclue l'alliance angle- française d'où résulta la guerre de Crimée (d 8o3- 1854). Il ne quitta l'ambassade de Constantinople qu'en 1858. On a de lui un recueil de poésies : Shadows of the past (Londres, 1865). A. Debidour.
CANNING (Charles-John, comte), homme d'Etat anglais, né près deBrompton le 14 déc. 1812, mort à Londres le 17 juin 1862, tils de George. Après avoir fait ses études à Eton et à Oxford où il se lia avec Gladstone, lord Elgin, et lord Dalhousie, il épousa en 1835 Charlotte Sluart de Rothesay et fut envoyé à la Chambre des communes par Warwick en 1836. L'an d'après il entrait à la Chambre des lords, ayant hérité de sa mère la pairie créée en sa faveur après la mort de George Canning. Vicomte Canning de Kilbrahan, il obtint dans le cabinet Peel le poste de sous- secrétaire d'Etat aux affaires étran* gères (1841 à 1846). Il lut ensuite nommé commissaire des domaines et torêts(mars à juillet 1846) et entra dans le parti peelite avec James Graham, (iladstone, Sydney Herbert et Cardwell(1851). Président du jury de l'Exposition universelle de 1851, il fut nommé maître général des postes dans le cabinet Aberdeen (déc. 1852) et fit preuve dans ces fonctions de remarquables qualités d'administrateur. A la fin de 1855 lord Palmerston le désignait comme successeur de lord Dalhousie au gouvernement général des Indes. Canning prit possession de son poste le 28 fév. 1856. Il élabora aussitôt un plan d'administration dont voici les grandes lignes : politique pacifique avec les princes indiens ; amélioration de la condition sociale du peuple; extension du réseau des routes, des canaux et des chemins de fer. Il n'eut pas le temps de l'appliquer. Brusquement la grande révolte de l'Inde éclata en mal 1857. A la nouvelle de l'insurrection du Meerout et de l'Aoudh, des horribles massacres de Delhi et de Cawnpore, l'alïolement gagna la population européenne des Indes et l'Angleterre tout entière. On cria vengeance et, sous la suggestion de la terreur, on réclama contre les rebelles des mesures de répression atroces. Canning sut garder tout son sang-froid et, loin de prêter l'oreille à ces clameurs sanguinaires, il fit entendre de sages conseils et recommanda la modération. Aussi fut-il violemment attaqué par la presse anglaise, qui lui donna le sobriquet de Clémence Canning et l'accusa presque de trahison. Cependant il prenait résolument sous sa responsabilité l'ordre d'arrêter les troupes en route pour la Chine, car il n'avait pas le temps d'attendre les renforts d'Angleterre ; il les lançait sur Delhi, boulevard de la révolte/ et sous sa haute direction lord Clyde, John Lawrence, Outram sauvaient les Indes. Le 3 mars 1858, Canning adressait aux chefs indiens de l'Aoudh une proclamation dans laquelle il leur annonçait que la province devenait tout entière la propriété du gouvernement anglais, qui en disposerait à son gré. Tous les chefs ou seigneurs qui feraient tout de suite leur soumission auraient la vie sauve ; quant au reste ils devaient s'en rapporter à la justice et à la clémence du gouvernement. L'idée de Canning était d'établir en principe que les propriétaires du sol tenaient leur jouissance et leurs droits du bon vouloir du gouvernement anglais, et il n'avait jamais eu l'intention de spolier qui que ce fût. Mais elle ne fut pas comprise en Angleterre où elle donna lieu à des incidents parlementaires très vifs, que Montalembert a relatés dans son célèbre pamphlet : Un débat sur rinde au Parlement anglais. Lord Ellenborough, président du bureau du contrôle, adressa au gouverneur de l'Inde une dépêche conçue dans les termes les plus arrogants, et dans laquelle il censurait sans mesure la conduite de Canning. Cette dépêche lut attaquée au Parlement par lord Shaltesbury et Cardwell, si violemment qu'Ellenborough dut donner sa démission. « Canning n'avait pas de chance avec ses proclamations, dit Greville dans ses mémoires; la première ayant été sévèrement critiquée pour sa clémence, la secoiide pour sa sévé-
rité. » Les événements lui donnèrent raison néanmoins. Presque tous les grands propriétaires de l'Aoudh firent leur soumission, et ce système politique si décrié survécut même à son auteur. On sait qu'à la suite de la révolte l'Inde fut enlevée à la compagnie des Indes et rattachée à la couronne d'Angleterre. Canning en lut le premier vice-roi (1858). L'an d'après, il fut nommé comte. Il s'occupa alors de réorganiser l'armée, de rétablir les finances et de pacifier les esprits. Il y réussit en recommandant en toute occasion à ses agents la prudence et la conciliation. Quant à la question si délicate de la propriété, il obtint la reconnaissance de la responsabilité des propriétaires, la limitation de leurs privilèges, et réserva pour le gouvernement le droit de redresser les abus et de protéger les tenanciers et les cultivateurs. Ses derniers jours lurent attristés par la perte de sa femme qui, supérieurement douée, l'avait aidé de ses conseils aux temps critiques de la rébellion. Fort malade, il revint en Angleterre en avr. 1862, fut pourvu d'une sinécure, la direction du Parc de Greenwich, mais mourut deux mois après. II fut inhumé à Westminster. Calcutta lui a élevé une statue. R. S.
BiBL. : Men \>^hom India has known ; Madras, 1870. — Leslie Stephen, National Biography; Londres, 1886, t. VIII. — Greville, Memoirs, t. H, > part. ; Londres, 1886, in-8. — Mac Carthy, Hisioh-e contemporaine d'Angleterre, trad. Goirand; Paris, 1885, t. Il et 111.-- Tous tes historiens de la révolte de l'Inde.
CANNING (sir Samuel), ingénieur anglais, né à Ogbourne-St-Andrew (Wiltshire) le 21 jufl. 1823. Il fut d'abord employé aux travaux de construction du hiver-' pool, Omskirk and Preston railway^ mais s'occupa exclusivement, à partir de 18o0, de télégraphie sousmarine. H prit part, en 1858 et 1866, à l'immersion du câble transatlantique (V. Câble, t. YllI, p. 633 et s.). Il relia ensuite l'Angleterre à l'Egypte par Gibraltar et rile de Malte et construisit diverses autres lignes dans la Méditerranée et la mer du Nord. 11 a été fait chevalier (knight) en 1866 et a reçu en 1867 une médaille d'or de la chambre de commerce de Liverpool. L. S.
CANNIS ET MOUNTANY (M. U., baron de) (V. Browne [comte de]).
CANNISSIÉ (Philippe), architecte, né le 17 ianv.1799 à Landau (Alsace), mort à Lille le 7 août 1877. Elève de MM. Châtillon, Lecointc et Hittorff, et médailliste de première classe de l'Ecole des beaux-arts, Philippe Cannissié, après avoir parcouru la France, l'Italie et la Sicile, de 1825 à 1827, fit exécuter, à son retour, un monument élevé à Lille en l'honneur du duc de Berry (mais démoli en 1830), et fut successivement, jusqu'en 1845, dessinateur, inspecteur et l'un des meilleurs collaborateurs de son premier maître, M. Cliàtillon, alors architecte du dép. de la Seine. Vers la même époque, Cannissié prit part aux expositions du Salon et à plusieurs concours publics, dont celui édicté pour l'érection du tombeau de Napoléon F^ aux Invalides ; mais, nommé en 1848 architecte de la ville de Lille, il consacra ses vingt dernières années à ces importantes fonctions, et notamment à l'agrandissement de l'église Saint-Maurice de cette ville, église dont il fit exécuter le grand portail et la flèche monumentale. Un des cent premiers fondateurs, en 1840, de la Société centrale des architectes, Ph. Cannissié fut, en 1868, le premier président de la Société régionale des architectes du nord de la France, société qui, de concert avec la ville de Lille et la fabrique et les ouvriers de l'église Saint- Maurice, consacra à sa mémoire une dalle commémorative dans un des porches de cet édifice, Charles Lucas.
BiBL, : Vandenberg, Notice sur Ph. Cannissié ; Lille, 1878, in-8.
CANNOCK. Ville d'Angleterre, comté de Stafford, sur le Trent. Elle fait partie du district occidental au point de vue parlementaire et compte 36,122 hab. Elle est alimentée d'eau par la Pank, affl. du Trent.
CANNOPHYLLITES (Paléont. végét.). Sous le nom de
CANNOPHYLLITES - CANO
Cannophyllites Virleti, Brongniart a décrit d'intéressants débris de feuilles, du carbonifère de Maine-et-Loire et de Bretagne, qui ont été reconnus appartenir à une Fougère du genre Megalopteris^ bien qu'ils présentassent des caractères très analogues à ceux de plusieurs feuilles de Cannaeées. Depuis, IJnger a appliqué ce nom à des empreintes de feuilles appartenant très certainement à des Cannaeées provenant des grès verts crétacés de Seanie, le Cannophyllites Mlosonu Watelet a décrit un G. Ungeri trouvé dans les lignites éoeènes de Bellen, près Paris, qui ressemble beaucoup au Canna indiea L. P. Maury. BiBL. : ScHiMPER, Traité de Paléont. végét., p. 449, t. II. — UiNGER, Gen. et Spec, p. 317.-— Ad. Watelet, PLfoss. du bass. de Paris, p. 72, t. XVIII, f. 5. — De Saporta, Orig. paléonl. des Arbres cuit,, 1888, in-16, p. 135.
CANNSTATT. Ville d'Allemagne, roy. de Wurttemberg, cercle du Neckar, à 5 kil. de Stuttgart, sur le Neckar; 18,031 hab. Outre ses célèbres eaux* minérales, Cannstatt doit sa prospérité à l'industrie: fonderies, fabriques de machines, ateliers de chemin de fer, etc. La ville est dominée par le Rothenberg^ qui portait le château des comtes de Wurttemberg, remplacé par un temple grec. Connue dès le viii^ siècle, fortifiée au xi**, souvent dévastée au XVII®, la ville est élégante et prospère. On y remarque les châteaux royaux de Rosensteln et Wilhelma» Le 21 juin 1796, le général français Moreau vainquit Tarchiduc Charles à Cannstatt. A. -M. B.
Eaux minérales. — Les sources de Cannstatt, qui émergent de terrains volcaniques, ont jailli du sol en 1755, à la suite du fameux tremblement de terre de Lisbonne. Sur trente-deux sources dix seulement sont réservées aux malades. Les eaux sont hypothermales, chlorurées sodiques moyennes, ferrugineuses faibles, carboniques fortes; leur température varie de 15^ à 21*^5 C. Ingérées, ces eaux développent dans l'estomac une chaleur agréable ; elles sont diurétiques et laxatives, stimulent la plupart des fonctions. On les emploie contre la diathèse scrofuleuse, les atfections du foie, des reins et de la vessie, certaines maladies cutanées, les anémies, les dyspepsies, etc. D"^ L. Hn.
Anthropologie. — En 1700, en fouillant un oppidum romain à Cannstatt, aux environs de Stuttgart, on découvrit une portion de voûte crânienne d'homme avec des ossements d'animaux (V. Allemagne). Cette pièce, à laquelle on n'attacha d'abord aucune importance, resta à peu près ignorée jusqu'en 1835. A cette date, un naturaliste alfemand, Jaeger, la signala comme une preuve de la conlemporanéité de l'homme et des grands mammifères quaternaires. Depuis, MM. de Quatre.fages et Hamy ont reconnu en elle les caractères typiques de la race de NéanderthaL Et comme c'est le reste de ce genre qui a été découvert le premier, ils ont même donné son nom à cette race, la plus ancienne des races humaines connues. Cette dénomination, adoptée par plusieurs anthropologistes, ne semble pas cependant prévaloir contre l'ancien usage qui a consacré le nom de NéanderthaL Le crâne incomplet de Cannstadt est bas et long, avec un front étroit, fuyant, et des arcs sourcilliers très saillants. Ses parois sont épaisses, son aspect massif. Zaborowski.
CANNY-sur-Matz. Corn, du dép. de l'Oise, arr. de Compiègne, cant. de Lassigny; 354 hab.
CANNY-sur-Thérain. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Beauvais, cant. de Formerie ; 252 hab. Ce village avait deux églises, l'une au hameau de Saint-Paterne^ l'autre dédiée à saint Leu, dans la vallée. Celle-ci sert encore de paroisse.
CANO (Ile). Ile de l'océan Pacifique, sur le littoral de Costa-Kica, au S. de la baie Coronada.
CANO. Rivière navigable du Venezuela. Sort des montagnes de Puncéras et se jette dans le golfe de Paria, delta de l'Orénoque.
CANO (Juan-Sebastian del), célèbre navigateur espagnol, né à Guetaria (port du Guipùzcoa) à une date
inconnue, dans la seconde moitié du xv« siècle, mort dans l'océan Pacifique le 30 juil. 1526. Son nom est écrit de manières très diverses, tantôt del Cano, tantôt de Elcano ou même Deleano; la première forme, étant celle qu'il emploie lui-même dans son testament, nous parait préférable. Comme tous les Basques, ses compatriotes, il fut sans doute occupé à courir les mers dès sa première enfance. Plus tard, il commanda un petit navire de 200 tonneaux qui faisait le commerce avec le Levant et sur les côtes d'Afrique. Le 20 sept. 1519 , il était embarqué comme pilote sur un des navires de la flotte de Magellan, qui partait de San Lucar de Barrameda pour un grand voyage de découvertes. Le 27 avr. 1521, il devint capitaine du vaisseau la Concepcion ; en novembre de la môme année, il passa au commandement delà Victoria, Le 21 déc, il se sépara de l'autre vaisseau, la Trinidad^ commandé par Gomez deEspinosa, et, tandis que ce dernier allait à Panama, il fut chargé de ramener en Europe ce qui restait de la glorieuse expédition de Magellan si cruellement éprouvée. Son vaisseau, conduit par un pilote de Tidor, passa à travers le groupe des îles Latta, puis à Timor, en face de la Nouvelle-Amsterdam, atteignit enfin le cap de Bonne-Espérance le 20 mai 1522, et San Lucar de Barrameda le 6 sept. Il avait accompli le premier voyage autour du monde et il n'y avait plus à bord que treize Européens et trois Asiatiques, tous exténués de fatigue et de souffrance. Charles- Quint, à la première nouvelle de l'arrivée de ces héros, les appela à Valladolid, les combla d'honneurs, et donna à Sébastian del Cano, avec une pension de 500 ducats, un titre de noblesse et pour armoiries un globe, au-dessous duquel il y avait cette devise : Primus circumdedisti me. Les merveilles qu'on racontait sur les pays découverts par l'expédition décidèrent l'empereur à en envoyer une seconde vers les Moluques, les îles des épices ; le commandement des sept vaisseaux qui la composaient fut donné à Fray Garcia Jofre de Loaysa, mais le véritable directeur était son second, Sébastian del Cano. L'escadre partit de la Corogne le 24 juil. 1525. Après une navigation pleine de péripéties, Loaysa, qui n'avait plus qu'un seul vaisseau, le Santa Ana, mourut au milieu de l'océan Pacifique, et del Cano, qui prit le commandement, ne lui survécut que quelques jours. Il mourut le 4 août, laissant, par un testament que nous possédons, sa fortune à un fils et une fille naturels, qu'il avait eus. Vers la fin du xvi\« siècle, un de ses compatriotes, D. Pedro de Echave y Asu, fit élever à Guetaria un cénotaphe en l'honneur de l'homme qui avait accompli le premier le tour du monde et franchi à deux reprises le détroit de Magellan. En 1800, don Manuel de Agote lui fit élever aussi, à Guetaria, une statue avec des inscriptions en castillan, en basque et en latin, E. Cat.
BiBL. : Principalement le t. 1 de la Coleccion de docu" mentos ineditos para, la historia de Espana ; Madrid, 1842, in-8.
CANO OU CANUS (Melchior), théologien, évoque des Canaries, provincial de l'ordre des dominicains, né en 1523 à Tarançon (diocèse de Tolède), mort à Tolède le 30 sept. 1560. Il avait fait ses études à l'Université de Salamanque ; il y fut nommé professeur en 1546 et se fit un parti opposé à Caranza, dominicain comme lui et professeur renommé ; par suite, les théologiens se divisèrent en Canistes et en Caranziotes. Caranza, devenu plus tard archevêque de Tolède, fut disgracié par Philippe IL On a accusé son ancien adversaire d'avoir contribué à cette disgrâce. Lorsque les jésuites voulurent s'établir à Salamanque, Cano les dénonça comme les précurseurs de l'Antéchrist et il réussit à les faire renvoyer. Ils se débarrassèrent de lui en le faisant nommer évoque des Canaries (1552); mais en 1554, Cano se démit de cette dignité et fut placé comme provincial de son ordre en Castille. En 1560, l'année de sa mort, il protestait encore contre les jésuites, écrivant à Régla, ancien confesseur de Charles V : « S'ils