CARRIÈRE — CARRIÈRES
thèque. Si l'hypothèque portait sur la carrière, considérée comme immeuble distinct, on appliquerait aux créanciers hypotiiécaires les principes généraux exposés au mot Hypothèque.
L'exploitation d'une carrière conslitue-t-elle un acte de commerce? La question est importante, car, suivant la solution qu'on lui donnera, l'exploitant devra ou non être considéré comme commerçant; et les litiges qui pourront naître devront être déférés aux tribunaux de commerce ou aux tribunaux civils (C. de corn m., art. l®"* et 631, n^ 3). Tout le monde est d'accord pour décider que si la carrière est exploitée par le propriétaire luimême, ou Tusulruitier du fonds ou de la carrière, il n'y aura pas, de la part de ces personnes, acte de commerce. En serat-il de même du tiers à qui le propriétaire peut avoir concédé l'exploitation de la carrière? Nous pensons, avec la majoiité des auteurs, que, même en ce cas, on ne se trouvera pas en présence d'un acte de commerce, car l'extraction des produits du sol nous paraît être en dehors de la commercialité. Les décisions de jurisprudence les plus récentes adoptent cette manière de voir. Paul Nachbaur.
m. Art militaire. — La carrière est une sorte de cour sablée où l'on exerce les chevaux à défaut de manège, synonyme de manège découvert ; c'est un rectangle clos, de dimensions >«iriables et dont le sol est ameubli. 11 existe des carrières spécialement aménagées pour certains exercices, tels que les carrousels. Dans les écoles d'équitation on ^èmmxùQtravail d^m?Ti^ré tout exercice purement équestre qui s'exé(;ute à l'extérieur, même en terrain varié, et comporte des allures allongées et des sauts d'obstacles ; dans cette acception, le travail de carrière est l'opposé du travail de manège qui a pour but d'exercer les chevaux et les cavaliers aux allures ralenties. Afin de mieux affirmer ce contraste dans l'esprit des élèves, les anciens écuyers employaient des montures d'espèce différente à la carrière et au manège, A la première étaient destinés les chevaux de grande taille, aux mouvements bien accusés, ayant du perçant, tandis que pour le second on réservait des chevaux ayant du tride^ c.-à-d. une cadence de mouvements précipités mais courts et embrassant peu de terrain. La spécialisation des races du Nord pour la carrière et des races orientales ou du Midi pour le manège existait encore dans nos écoles de cavalerie en 1870. Depuis, grâce à la diffusion du sang dans toutes nos races de chevaux de selle, l'équitation militaire a lait de grands progrès, et la pratique ayant démontré que la vitesse et le fonds n'excluaient aucunement la souplesse, les écuyers emploient aujourd'hui les mêmes chevaux indifféremment au manège ou à la carrière. — On disait autrefois prendre carrière ou donner carrière pour allonger le galop. Cette expression, tombée en désuétude dans notre langage hippique, a été conservée par les Allemands dans leur terminologie militaire, et leurs règlements nomment encore die Carrière ce que nous appelions le train de charge,
BiBL. : Administration ET Législation. —Aguillou, Législation des mines ; Paris, 1886, t. II. n"" 738-798 et 856, pp. 180 à 235 et 285. — Feraud-Giraud, Code des mines et minières ; Paris, 1887, t. II, n»» 958-1053, pp. 348- 413, DucRocQ, Cours de droit administratif, Q^ éd., 1881, t. II, n°s 881 et 882, pp. 61) et ss. — Bufour, Droit administratif, t. VII, pp. 89 et ss., n^^ 99 et ss. — Batbie, Traité théorique et pratique de droit administratif, t. V, p. 460. — AuBRY et Hau, Cours de droit civil français, 4« édit., t. H, pp. 189, 190, 439, 485 et ss. — Demolombk, Traite de la distinction des bwns, t. II, n»» 429etss.— Laurent, Principes de droit civil, t. VI, n"» 246, 247, 4i8 et ss. ; XXI, n»** 251 à 253. •— Guillouaru, Traité du contrat de mariage, t. I, n°^ 408-409; t. II, n«« 800, 899, 907; t. IV, 1803.
CARRIERE (Moriz), philosophe et esthéticien allemand, né à Griedel (Uesse-Darmstadt) le 5 mars 1817, U fit ses études à Giessen, Goettingue, Berlin, voyagea en Italie, s'adonna à l'histoire de l'art, devint privat-docent, puis professeur de philosophie à rUûiversité de Giessen (1849),
professeur d'esthétique à celle de Munich (1853). En philosophie, il se rattache à l'école du second Fichte et cherche à concilier le théisme et le panthéisme. Il a développé ses idées dans plusieurs ouvrages : Die Religion, in ihrem Begriff, ihrer Weltgeschichte, Entwlcktung und Vollendung (Weilburg, 1841) ;DerKœlner Dom als freie deutsche Kirche (1843); Die philosopkische Weltanschauung der Reformations zeit (Stuttgart, 1847 ; 2^ éd. 2 vol. 1887) ; Religiôse Reden und Betraclitungen fur das Deutscfie Volk von einem deutschen Philosophea (Leipzig, 1850; 2« éd. 1856); Gott, Gemûth und Welt (Stuttgart, 1862) ; mais surtout dans deux grands ouvrages : Die Kunst im Zusammenhang der Kulturentwickelung und die Idéale der Memchheit (Leipzig, 1863-74, 5 vol. 3« éd. 1876-1886), grande œuvre d'ensemble oii il étudie les idées religieuses, morales, philosophiques, artistiques, poétiques de l'Orient (t. I), de la Grèce et de Rome (t. II), du moyen âge musulman et chrétien (t. Ill), de la Renaissance (t. IV) et des temps modernes. Il a ensuite exposé un système philosophique : Die sittliche Weltordnung (Munich, 1877). Ses ouvrages d'esthétique ne sont pas moins connus: Das Wesen und die Formen der Poésie (Leipzig, 1854; 2« éd. 1884) ; le texte de la Shakespeare- Gallerie de Kaulbach (Berlin, 1856-58); JEsthetik (Leipzig, 1859, 2 vol. ; 3«éd. 1884) \Lessing, Schiller, Gœthejean-^ Paul, vier Denkreden (Gies^n, 1862); Atlas der Plastik und Malerei (Leipzig, 1875, 30 pi.) ; Gesch-mack und Gewissen (Breslau, 1882) ; Die Wechselbeùehungen deutscher und italienischer Kunst (Breslau, 1882). Moriz Carrière a aussi publié des ouvrages historiques : Charakterbild Cromwells (Leipzig, 1851); Deutsche Geisteshelden in Elsass (Munich, 1871); et des poésies Die letzte Nacht der Girondisten (Giessen, 1849) ; Agnes (Leipzig, 1883), qui renferme un fragment d'épopée sur Mohammed. On voit combien sont variées les aptitudes de ce remarquable écrivain, chez qui l'ampleur de la conception philosophique s'allie à un goût sûr et à une grande finesse.
CARRIÈRES d'Amérique. La partie méridionale de Paris n'est pas la seule dont le sol ait livré, depuis une époque très reculée, les matériaux de construction nécessaires à la grande ville ; on en a extrait également en grande quantité des collines du nord et de l'est et l'une des plus importantes carrières exploitées dans cette région a été celle qui se trouve située au-dessus de Belleville. Une partie de cette carrière a été transformée, sous le second Empire, en un parc anglais qui s'est appelée parc des Buttes-Ghaumont ; le reste a continué à fournir de la pierre et surtout du plâtre et a reçu le nom, porté par tout un quartier du XIX® arrondissement, de Carrières d'Amérique, Leur superficie est d'environ trois hectares, mais elle tend à se réduire chaque année par l'épuisement du sol et la construction, sur leur emplacement, de groupes d'habitations, F. B.
CARRIÈRES-Saint-Denis. Corn, du dép. de Seine'et- Oise, arr. de Versailles, cant. d'Argent eui 1 ; 1,366 hab. Ce village appartenait, comme son nom l'indique, à l'abbaye de Saint-Denis, qui y avait construit une sorte de logis fortifié dont l'abbé Lebeuf, au xviii« siècle, a pu voir encore des vestiges. L'église, reconstruite vers 1700, a conservé quelques restes d'un édifice antérieur et notamment un fort curieux retable peint du xii« siècle, représentant l'inwcncmiww, la Vierge portant l'Enfant Jésus et^Ie Baptême du Christ. F» B.
CARRIERES-sous-PoissY. Com. du dép. de Seine-et- Oise, arr. de Versailles, cant. de Poissy, sur la rive droite deja Seine, à 3 kil. en aval de Poissy ;. 724 hab.
CARRIERES (Louis de), oratorien, né en 1662 à Auvilé, près d'Angers, mort en 1717. A l'âge de vingt-sept ans, il quitta la profession militaire pour entrer dans la congrégation de l'Oratoire. R est l'auteur d'une œuvre que Bossuet estimait beaucoup : Commentaire littéral
CARRIÈRES — CARRIiNGTON
— oi8
de l'Ecriture^ compris dans la traduction française (Paris, 4701, 24 vol. in-12; 1716, 6 vol. in-4; 4788, 40 vol. in-12). Ce commentaire consiste en gloses courtes et généralement judicieuses, insérées en italiques dans le texte.
CARRIL. Ville d'Espagne, prov. de Ponte vedra, partido judieial de Cambâdos, sur la côte E. de la baie de Arosa, est un port très sûr, qui reçoit des navires de 600 tonneaux et a des relations avec la France, l'Angleterre et TAmérique du Sud, 11 sert de port à Santiago de Compostela, ville à laquelle il est maintenant relié par un chemin de fer de 42 kil. Un petit cabotage dans la rivière d'UJla sert à apporter aux navires de Carril les fruits du pays.. Chantiers de construction. 2,571 hab. E. Cat.
CARRILLO (Martin), érudit espagnol, né à Saragosse au milieu du xvi« siècle. Docteur en droit, il enseigna celte science dans sa ville natale, y devint chanoine, alla en 1511 comme visiteur en Sardaigne, et entra à l'abbaye de Mont- Aragon oîi il mourut le 17 déc. 4626. On a de lui : Une chronologie des archevêques de Saragosse: Catalogus antisiiium Cœsaraugustanorum
usque ad annum 16i1 (Cagliari, 1611, in-4, 32 pp.);
Relacion al rey D, Phelipe del nombre, sitio,
plantas, conquistas, christiandad, fertilidad, dudadeSy lugares y govierno del reyno de Sardena (Barcelone, 1612, in-4); Historia del glorioso San Valero^
ohispo de la ciudad de Zaragoza avec divers
documents d'histoire ecclésiastique et une liste des archevêques, évêques et grands abbés du royaume d'Aragon (Saragosse, 1615, in-4) ; Anales y memorias cronologicas que contienen las cosas succedidas en el mundo, senaladamente en Esmna, desde su principio y poblU' don hasta el ano iéW (Huesca, 4622, in-fol.; Saragosse, 4634, in-fol.); Relacion de las cosas notables que han succedido siempre que se ha tocado la mila-
grosa campana de Velilla avec un traité sur les
antiquités de cette ville (Huesca, 4625, in-4) ; Elogios de miijeres insignes del Viejo Testamento (Huesca, 4636). E. Cat.
CARRILLO (José), écrivain espagnol du xviii^ siècle, ne nous est connu que par un spirituel pamphlet contre l'opinion de Blas Navarre d'après laquelle les comédies de Cervantes seraient une parodie de celles de Lope de Vega. Carrillo défend, outre Cervantes, Lope et Calderon et attaque les doctrines de l'école littéraire française alors assez puissante en Espagne. L'opuscule est intitulé la Sinrazon impugnada y beata de Lavapies, etc. (Madrid, 4750, in-4). ' E. Cat.
CARRI LLO DE CéRDOBA (Francisco), hagiographe espagnol du xvii^ siècle, né à Cordoue. 11 revendiqua pour sa ville natale l'honneur d'avoir donné le jour à saint Laurent : Certdmen histôrico por la patria del esclarecido proiomdrtir S, Laurencio^ d donde responde Côrdoba d diferentes escritos de hijos célèbres de las insignes coronas de Aragon y Valencia (Cordoue, 4673, in-fol.).
CARRILLO Laso de la Vega (don Alonso), littérateur espagnol de la fin du xvi® siècle et du commencement du xvji®, né à Cordoue, d'une famille influente. Son père était président du conseil des Indes ; lui-même occupa des fonctions administratives, notamment celles d'alcade, puis de directeur des haras de Cordoue, et enfin d'intendant du prince Ferdinand. Il a laissé quelques ouvrages en prose et en vers, remarquables par un talent gracieux et facile ; un d'eux, sur l'importance des lois, a même des qualités plus élevées et montre une réelle vigueur de pensée. Outre l'édition qu'il donna des poésies de son jeune frère, Luis Carrillo y Sotomayor, citons de lui : De las antiguas Minas de Espana (Cordoue, 4624, in-4) ; Caballeriza de Côrdoba (sur les chevaux), (Cordoue, 4625, in-4) ; Soberania del reino de Espana (Cordoue, 4626, in-4) ; Virtudes reaies (Cordoue, 1626, in-4) ; De la Importanda de las leyes (Cordoue,
4626, in-4). Longtemps après sa mort, en 4657, son fils Ferdinand Carrillo y Manuel publia des poèmes de lui en vers blancs, qui ne sont pas sans mérite : Sagrada Eratos y meditaciones Davidicas (Naples, 4657, gï". in-4). E. Cat.
CARRILLO Y Altamirano (Hernan), un des premiers colonisateurs espagnols de l'Amérique centrale, regidor (1524), puis alcade ordinaire de la ville de Guatemala (4526), écrivit un Mémorial al Rey sobre la poblacionde la Nueva Espana, — Un autre Fernando Carrillo, grefiier en chef du conseil de la ville de Mexico, publia avec F. Zepeda une Descripcion de Mexico y sus laqunas (Mex., 1637, in-lol.). B-s.
CARRILLO y Perez (Ignacio), écrivain hispano-mexicain, né à Mexico, mort au commencement de notre siècle. 11 fut employé aux mines de Guanajuato et, pendant trente ans, à la Monnaie de Mexico. Il publia un journal dans cette ville en 4844, deux histoires d'images miraculeuses (1797, 1808) ; il en laissa deux autres en manuscrit, ainsi qu'une volumineuse Histoire politique et religieuse du Mexique ancien et moderne^ en onze livres. B-s.
CARRILLO Y Sotomayor (Luis de), frère de Carrillo Lasso de la Vega, né en 1584. H embrassa la carrière mihtaire; comme poète, il donnait de grandes espérances, quand il mourut à la fleur de l'âge, le 22 janv. 1610. Ses poésies, très répandues en manuscrit, furent publiées après sa mort par son frère {Obras ; Madrid, 1611, in-4; réimpr. en 1613, in-4). Elles contiennent une traduction en vers de VArt d'aimer d'Ovide et une dissertation sur la brièveté de la vie d'après Sénèque et saint Ambroise. On y trouve aussi un livre intitulé de la Erudicion poetica, et quelques poésies qui ne manquent pas de fraîcheur et de grâce. E. Cat.
CARRI NAS. Famille romaine. Les textes qui la mentionnent ne désignent pas clairement la gens dont elle faisait partie.
C, Carrinas, le premier qui nous soit connu, commandait un détachement du parti de Marins. Il attaqua Pompée pour l'empêcher de lever des troupes dans le Picenum au compte de Sylla. En 82, lieutenant du consul Cn. Papirius Carho, il fut battu dans l'Ombrie par Métellus. Attaqué peu après dans les environs de Spolète par Pompée et Crassus, il perd 3,000 hommes et n'échappe aux ennemis qu'à la faveur d'une nuit d'orage. Lorsque Marius est assiégé dans Préneste, il essaie, avec Marcius, de le secourir ; ils échouent. Ils se portent "alors sur Rome qu'ils espèrent surprendre. Sylla accourt, les bat près de la Porte CoUine et les fait prisonniers. Ils sont décapités. et leurs têtes promenées autour des remparts de Préneste avertissent Marius qu'il n'a plus à compter sur leur secours.
Carrinas, fils du précédent, envoyé par César (45 av. J.-C.) en Espagne pour y combattre Sextus Pompée, il ne fit rien de remarquable. En 43, lors de l'établissement du triumvirat, il fut nommé consul pour le reste de l'année avec P. Ventidius. En 41, il reçut d'Octave l'administration de l'Espagne ; il eut alors à combattre Bocchus, roi de Mauritanie. En 36, nous le voyons en Sicile avec trois légions contre Sextus Pompée. Proconsul en Gaule vers 31 , il y guerroie avec succès contre quelques tribus et repousse les Suèves au delà du Rhin. En 29, il obtient le triomphe.
Carrinas Secundus, rhéteur que Caligula expulsa de Rome. 11 avait, en matière d'exercice, déclamé contre les tyrans. C'est probablement le même personnage que Néron (65 ap. J.-C. ) envoya saccager l'Asie et l'Achaïe, avec la mission d'en rapporter les statues des dieux locaux. Rossignol.
BiBL.: Appien, Guer. civ., I, 87, 90, 92, 93 ; IV, 83; V, 26, 112. - Dion Cass.,XX. - Tacite, Ann., XV, 45.
CARRINGTON (Robert Smith, baron), né en 1752, mort en sept. 4838, créé baron le 16 juil. 1796. Son fils Robert-John, 2« baron, né le 16 janv. 1796 à Londres,
CARRÏNGTON - CARRÏON
mort en 1868, avait pris en 1839 le surnom de Carrington au lieu de son nom patronymique de Smith. Membre de la Chambre des communes de 1818 à 1838, il entra à cette date à la Chambre des lords. Lord-lieutenant et custos rotulorum du comté de Buckingham,il fut membre de la société royale de Londres.
L'héritier actuel de la pairie est son fils aîné Charl es- Bobert^ né le 16 mai d843 à Londres, capitaine aux Royal Horse Guards, membre du comité de l'agriculture, puis (1885) gouverneur de la Nouvelle-Galles du Sud.
CARRINGtON (Edmund), sir Codrington, magistrat anglais, né à Longwood (Hampshire) le 22 oct. 1769, mort à Exmouth le 28 nov. d849. Inscrit au barreau de Londres en 1792, il partait la même année pour les Indes où il exerça comme avocat de la cour suprême. Revenu en Angleterre en 1799, il fut chargé en 1800 de préparer un code pour Tile de Ceylan. Peu après il fut nommé chief'justice de la cour suprême de cette île. L*état de sa santé le contraignit à démissionner en 1806. Il fut alors député-lieutenant du Buckingbamshire, et représenta Saint-Mawes à la Chambre des communes de 1826 à 1831. Il a publié diverses brochures parmi lesquelles nous citerons : Jnquiry into the Law relative to public assemblies of the people (1819) ; Letier to the marquis of Buekingham on the condition of prisons (1819), etc.
CARRINGTON (Richard-Christophe), astronome anglais, né à Cbelsea le 26 mai 1826, mort en déc. 1875. D'abord étudiant en théologie à Cambridge, l'astronome Challis changea sa vocation. En 1852, il se fit bâtir à Redhill un observatoire particulier. Ses travaux ont surtout porté sur les taches du soleil et les étoiles circumpolaires. 11 a publié : Catalogue of 87 35 circumpolar stars (Londres, 1857) ; Observations of the solar spots ^ made al Redhill observatory during seven years from 1853 to i86i (Londres, 1864).
CARRIOLE (Carross.). Nom donné à divers genres de voitures à deux roues, couvertes ou non, munies de ridelles sur les côtés et de hayons généralement mobiles à l'avant et à l'arrière, s'assemblant avec les ridelles. Les carrioles sont employées à un service mixte, tantôt pour les marchandises, tantôt pour les personnes, et se couvrent soit avec des cerceaux et une bâche, comme la voiture de blanchisseur, soit avec un pavillon supporté par des ferrures et muni de rideaux sur les côtés, comme la carriole de campagne, la jardinière. Une ferrure placée à l'arrière et appelée queue de singe, remplace la chambrière et empêche la voiture de basculer quand on reîève les brancards. Ces voitures à service mixte se montent sur deux ou quatre ressorts, avec des brancards indépendants de la caisse, comme le tilbury et quelquefois comme la charrette anglaise (V, Charrette). La carriole norvégienne dont le type a tendu à s'introduire en France, se compose d'une caisse très étroite, en forme de nacelle, suspendue par deux ou quatre ressorts sur un train à deux roues ; le voyageur a les jambes allongées et derrière se trouve un petit siège pour domestique! D'un aspect [singulier, elle rend néanmoins d'importants services dans les pays de montagnes. L. K.
CAR RI ON. Rivière d'Espagne, a sa principale source sur les flancs de la Pena Prieta (2,529 m.) dans les monts Cantabriques, et après être entré, dans la plaine de Palencia, arrose Guardo, Saldana et Carrion de los Coudes. Elle finit après un cours de 180 kil. dans le Pisuerga, affluent de droite du Douro. E. Cat.
CARRION (Louis), philologue et jurisconsulte belge, né à Rruges vers 1547, mort à Louvain en 1595. Il fut, au collège des Trois-Langues de Louvain, l'élève de Cornélius Valerius et de Theodoricus Langius. H étudia le droit à Cologne et se rendit ensuite en Italie. 11 publia vers cette époque deux éditions successives des ArgO' nautiques de Valerius Flaccus. La seconde a une importance capitale : plus de mille passages mutilés ou corrom-
pus y sont corrigés. Il réunit les fragments, épars dans une foule d'auteurs, des Histoires de Salluste, puis le traité de Cassiodore sur l'orthographe. Ces travaux absorbants ne l'empêchèrent pas d'écrire un traité de critique intitulé Antiqnœ lectiones et de rassembler les matériaux d'un travail sur l'ancien droit pontifical des Romains. Vers 1579, Carrion se rendit en France ; il y publia une édition nouvelle de Censorin, De die Natali, et fut chargé, par Henri Estienne, de rédiger un commentaire d'Aulu-Gelle. Vers la môme époque nous le trouvons donnant des leçons publiques de jurisprudence à Orléans et à Bourges ; puis il fut rappelé à Louvain en 1586 pour y occuper la chaire d'institutes, celle de droit canon et la présidence du collège des Bacheliers. En 1591, il fut investi de la dignité rectorale. Les contemporains s'accordent à lui reconnaître beaucoup d'érudition et une grande pénétrati(m d'esprit. E. H.
BiBL. : FoppENS, BibHoifieca helgica; Bruxelles, 1739, 2 vol. in-4. — Paquot, Méin. pour servir à Chist. litt. des Pays-Bas; Louvain, 1765-1770, 3 vol. in-fol. — Roulez, Notice sur Carrion ; Bruxelles, 1866.
CARRION (Emmanuel Ramirez de), pédagogue espagnol du XVII® siècle, fut secrétaire du marquis de Brihuega, grand d'Espagne et sourd-muet de naissance, et lui apprit à parler. Il réussit de même avec Luis de Velasco et plusieurs autres, de sorte qu'il peut être considéré comme un des premiers, sinon le premier, qui apprit aux sourds-muets à parler. Il a écrit, principalement sur ce sujet, Maravillas de naturaleza^ en que se contienen dos mil secretos de cosas naturales etc. (Madrid, iô'âS, in-4; ^6 édit. très augmentée, Montilla, 1629, in-4). E. Cat.
CARRION (Manuel), chanteur scénique espagnol, né en Andalousie, mort à Milan le 24 juil. 1876. Il fut d'abord militaire, puis élève du professeur Balthazar Saldoni, de Madrid. Il commença par être choriste, après quoi il remplit des rôles de seconde importance, puis chanta les premiers ténors dans diverses villes de province, et enfin vint tenir cet emploi au théâtre italien de Madrid, où sa réputation commença à s'établir d'une façon brillante. Il marcha alors de succès en succès, se rendit en Italie, se fit entendre à Turin, Venise, Trieste, Milan, Rome, puis parcourut l'Allemagne, se fit applaudir successivement à Vienne, à Hambourg, à Berlin, et enfin se vit très favorablement accueillir à Paris lorsque, vers 1855, il vint débuter à notre Théâtre- Italien, où il resta attaché pendant plusieurs années. La voix de Carrion était d'un timbre riche et d'une grande étendue, et son talent très souple se pliait à tous les genres, car il brillait tour à tour dans les grands ouvrages dramatiques tels que Guillaume Tell et il Trovatore, et dans ceux du genre boufle ou de mezzo carattere comme Cenerentola et le Barbier de Séville.
CARRION -NisAs (Marie - Henri - François - Elisabeth , marquis de), homme politique, militaire et littérateur français, né au château deNisas, près Pézenas, le 17 mars 1767, mort à Montpellier en 1841. Chef d'une des plus nobles et des plus anciennes familles du Languedoc, il entra de bonne heure dans la carrière des armes, passa par l'Ecole militaire de Paris, où il eut Bonaparte pour camarade et entra comme officier dans un régiment de cavalerie plusieurs années avant la Révolution. En 1789, il adopta le parti des idées nouvelles, refusa par la suite d'émigrer, malgré les sarcasmes dont l'accablaient beaucoup de ses anciens amis, et fut quelque temps si populaire dans sa commune natale qu'il y fut appelé par élection aux fonctions de maire. Sous la Terreur, il est vrai, on l'accusa de fédéralisme, il fut mis en prison et n'en sortit qu'après le 9 Thermidor. A la suite de cette épreuve, il passa plusieurs années dans la retraite et la culture des lettres. L'avènement de Bonaparte au pouvoir éveilla son ambition. Il vint à Paris en 4800 et, grâce à Cambacérès, dont il avait épousé une parente, il put l'année suivante entrer auTribunat (fév. 1801). Dans cette assemblée, il sembla prendre |i tâche d'attirer sur lui, à force de flatteries, I^