‹ La Grande encyclopédieChapitre 196 sur 397 · CARROUSEL - CARS · texte numérisé non relu

CARROUSEL - CARS

celui des Maures. La place située entre le Louvre et les Tuileries, qui en fut le théâtre, a gardé depuis lors le nom de place du Carrousel. — Nous citerons encore les carrousels de Florence, où Ton figura l'expédition des Argonautes; de Turin, donnés par les ducs de Savoie, qui en organisèrent même un sur le lac du mont Cenis; de Grenoble (4667), où l'on représenta le triomphe des vertus de saint François de Sales. — La mode des carrousels se maintint pendant tout le xviii^ siècle où les diverses cours imitaient plus ou moins celle de Louis XIV. Celui de Berlin (1750), offert par Frédéric II, et celui de Moscou, organisé parla comtesse Orlov (1811), sont restés dans la mémoire. Quoique depuis on n'aitjamais déployé une pompe comparable à celle des Italiens du xvi® siècle et du grand roi, les carrousels n'ont pas disparu. Un grand nombre de villes en organisent dans lesquels, après des défilés plus ou moins élégants de cavaliers et de chars chargés d'emblèmes, ont lieu des jeux et des exercices de cavalerie. L'armée y prend la plus grande part, et les carrousels offerts par notre école de Saumur ont une réputation méritée,

CARROZ (don Vicente), peintre espagnol et chanoine de la cathédrale de Valence. Très lié avec Geronimo de Espinos 8 dont il lut l'élève, il fit de la peinture moins en artiste qu'en amateur. Réputé pour ses goûts et ses connaissances artistiques, il prit à cœur la création d'une académie de peinture à Valence et contribua généreusement à la soutenir de ses deniers. Don Vicente Carroz vivait à Valence au xvii® siècle. P. L.

CARRUCCI (V. PoNTORMo).

CARRUTHERS (Robert), publiciste anglais, né à Dumfries le 5 nov. 4799, mort à Inverness le 26 mai 1878. D'abord employé de librairie, il devint en 1828 directeur du Courrier d' Inverness, auquel il donna une très rapide extension et dont il acquit la propriété en 1831. îl collabora entièrement à la Cyclopœdia of English literature, entreprise en 1843-44 par les Charabers, à Y Encyclopœdia BritannicaQt à la North British Revieiv, Il est surtout connu par l'édition qu'il donna de ?oçe(The poetical Works of Alexander Pope; Londres, 1853, 4 vol., réimprimée plusieurs fois, notamment en 1857) et sa biographie détaillée de ce poète.

CARS (Les). Com. du dép. de la Gironde, arr. et cant. de Blaye, à 3 kil. à l'E* de cette ville, dans un pays très ondulé et assez fertile ; 1,313 hab. — L'église des Cars, qui est en partie d'architecture romane, s'élève sur un coteau couvert de vignobles (61 m.), au pied duquel coule le ruisseau de Remensac. Au bord de ce ruisseau, sont épars des débris de fabrique gallo-romaine ; on y trouve aussi un banc assez considérable d'huîtres fossiles.

CARS (Les). Quelquefois à torto'EscARs (de Quadris). Com. du dép. de la Haute-Vienne, arr. de Saint-Yrieix, cant. de Châlus; 817 hab. Foires en janvier et décembre. Ch.-l. de comté érigé plus tard en duché, les Cars furent pris par les Anglais en 1380 et par Coligny en 1569. — Ruines d'un château-fort construit au xn® siècle ; église du commencement du xi® siècle avec une nef restaurée au XV®. Reliquaire en forme de croix, orné de pierreries.

CARS (Famille des), que l'on écrit aussi d'EscARs, contrairement à l'orthographe adoptée par les représentants actuels de la famille. La famille des Cars est originaire du bas Limousin où se trouve le village de ce nom. On la fait en général remonter à Audom de Pérusse, seigneur de Saint- Bonnet, qui épousa Marguerite de Ségur en 1281. Les des Cars étaient déjà illustres à la fin du xiv« siècle. Deux d'entre eux, Audoin lll et son fils Gautier, furent chambellans de Charles VII. Un autre des Cars, Louis, assista au sacre de ce prince, à Reims. Parmi ses autres membres, nous citerons : Charles des Cars, évêque et duc de Langres, pair de France, commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, abbé de Gaillac, de Fontaine-Bèze et de la Creste. Evêque de Poitiers en 4564, il passa au siège de Langres, en 4569. En 1572,

il reçut à Metz les ambassadeurs de Pologne qui venaient offrir la couronne au duc d'Anjou. Plus tard, il reçut de même Henri III à son retour en France et assista à son sacre à fieims (1575). Il prit part aux Etats de Blois en 1576 et 1588, et, après avoir assisté au sacre de Louis XIII, il mourut fort âgé à Fontaine-Bèze en 1614. — Anne des Cars, cardinal de Givry, évêque de Lisieux puis de Metz, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, de Bar-^ berie, de Molesraes, de Poultières et de Champa'^ne. \\ était fils de Jacques de Pérusse des Cars et de Fraliçoise de Longvic et frère consanguin du précédent. Né à Paris le 30 mars 1546, il mourut au château de Vie le 19 avr. 1612. Partisan fougueux de la Ligue, bien qu'il eût été nommé à l'évêché de Lisieux par Henri III, il se retira à Rome après l'avènement de Henri IV. Le pape Clément VIII le créa cardinal en 1596, malgré l'opposition de l'ambassadeur français d'Ossat. Il rentra ensuite dans les bonnes grâces du roi, assista aux conclaves de 1605 et fut successivement nommé coprolecteur de France à Rome et évêque de Metz en 1608. — Jean des Cars, prince de Carency, comte de la Vauguyon, seigneur d'Abret et Vendat, fut maréchal et sénéchal de Bourbonnais (1576) chevalier du Saint-Esprit (31 déc. 1578), conseiller aux conseils d'Etat et privé, capitaine de cent hommes d'armes des ordonnances, lieutenant général des armées du roi en Bretagne sous Henri de Bourbon, prince de Dombes. Il avait épousé Anne de Clermont et mourut le 21 sept. 1595. — Amédêe-François-Régis de Pérusse, duc héréditaire des Cars le 30 mars 1825, né à Chambéry le 29 sept. 1790, mort à Cannes le 19 janv. 1868. Après avoir servi dans l'armée anglaise, il servit dans l'armée sous la Restauration et prit part aux expéditions d'Espagne (1823) et d'Alger (1830). Il se retira, sous le gouvernement de Juillet, avec le grade de lieutenant général, et ne s'occupa plus que d'agriculture jusqu'à la fin de sa vie. H avait épousé, en 1817, Augustine- Frédérique- Joséphine du Bouchet de Sourches de Tourzel, morte en 1870. Il en eut six enfants parmi lesquels le duc des Cars actuel. Louis Farges.

BiBL. : Le P. Anselme, Hist. généalogique, t. II — La Chesnaye des Bois, OicL de la noblesse, v. Escars, -- Le duc des Cars et l'abbé Ledru, le Château de Sourches au Maine et ses seigneurs; Paris et Le Mans, loo/, in-o.

CARS (Jean-François), graveur français, né à Lyon vers 1653, mort à Paris le 30 août 1730. Il exerça d'abord sa profession à Lyon où il grava, entre autres pièces, un portrait de Louis XiF (1701), ceux du Prince de Dombes, de Neuville de Villeroy, archevêque de Lyon, de François de Grammont, archevêque de Besançon, etc. Il vint ensuite à Pans oii, tout en continuant à reproduire des portraits et des images de piété, il se fit une sorte de spécialité des frontispices et des fleurons dont les candidats en médecine et en théologie avaient alors coutume d'orner leurs thèses. Selon l'usage du temps. J.-F. Cars vendait directement luimême des épreuves de ses planches et ce commerce fut continué par son fils (V. l'article suivamt). M. Tx.

BiBL. : H. Hi,:rluison E^ai civil de quelques artistes français, 1872, m-8. ~ H. Beraj.di et K. Portalis, les Graveurs du xviiie siècle.

CARS (Laurent), graveur français, fils du précédent, né à Lyon en mai 1699, mort à Paris le 14 avr. 1771 . Destiné d'abord par son père à la peinture, il fut élève de Christophe et de l'Académie de Saint-Luc où, lors de concours successifs pour le dessin d'après nature, il remporta toujours la première médaille ; « mais, dit l'un de ses biographes, plusieurs années s'étant écoulées sans qu'on en distribuât aucune, cette académie, ayant un trop grand nombre de médailles à décerner, décida que tous ceux qui avaient gagné le premier prix concourraient ensemble et qu un seul le remporterait. Cars rentra dans la lice et triompha de ses rivaux ». Selon le même biographe (probablement Claude-Etienne Gaucher), ses premiers tableaux faisaient espérer pour lui les plus grands succès dans cette carrière ;

CARS — CARSTENiUS

on ne connaît aujourd'hui aucune toile qui puisse lui être sérieusement attribuée, mais la légende de deux portraits gravés [«ar lui, celui de tioger de Bussy-Rabutin, évêque deLuçon et celui de Ph. Orry, comte de Vignory, dit expressément qu'ils furent peints ad vivum de la même mam. Laurent Cars s'adonna bientôt à la gravure dont son père et N.-H. Tardien lui enseignèrent la pratique. Agréé de l'Académie royale en 4729, il fut reçu académicien le 31 déc. 4733 sur la présentation de deux portraits de Michel Anguier d'après Revel, et de Sébastien Bourdon d'après H. His^aud, dont les cuivres appartiennent aujourd'hui à la chalcographie du Louvre, ainsi qu'une série de dix planches représentant divers épisodes de la coupole du salon de la Paix peinte à Versailles par Ch. Le Brun. Laurent Cars a gravé d'après Watteau la Fête vénitienne, la Diseuse de bobine aventure, V Escorte d'équipage-, d'après J.-F. de Troy, Bethsabée, Suzanne, le Jugement de Salomon, l'Evanouissement d'Esther; d'après C. Van Loo, V Adoration des bergers; d'après Chardm, la Serinette; d'après Greuze, V Aveugle trompé et le Silence ou la Dormeuse; d'après François Lemoyne et sous sa direction, le Temps enlevant la Vérité, l'Enlèvement d'Europe, l'Enlèvement de Céphale, Hercule terrassant Cœcus, le Sacrifice d'Iphigénie, Hercule et Omphale, etc. ; enfin des portraits, tels que celui de M^^' Camargo, d'après Lancret, et de iV»^ Clairon dans le rôle deMédée, d'après C. Van Loo, planche fameuse où la tête du principal personnage ne fut pas refaite moins de huit fois et qui passa successivement aux mains de Jardinier, de Saint-Aubin, de Beauvarlet, de Cochin; ceux de Boucher, de Chardm, de M^« Chardin, de Pierre Prault, des trois Slodtz, de Sou^ot, d'après C.-N. Cochin, etc. Cars a encore gravé d'une pointe merveilleusement souple et brillante vingt des trente-deux dessins de Boucher pour l'édition des Œuvres àQ IVlolière de 4734 (Paris, 6 vol. in-4) qui restent le chef-d'œuvre de l'interprétation pittoresque de notre grand comique ; les douze autres compositions furent traduites avec non moins de bonheur par un de ses élèves, Chedel. Cars a également gravé d'après Boucher le frontispice e^ les culs-de-lampe du Catalogue des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit, de Gautier de Sibert (1760, in-foL).

Laurent Cars a eu plusieurs élèves, notamment Beauvarlet, Chedel, Flipart, Jardinier, Pasquter, A. de Saint- Aubin. (V. ces noms) et un autre artiste beaucoup moins connu, Pierre-François Martenasie, que, suivant un contrat retrouvé et publié par M. Jules Guifirey, il s'engageait à héberger et à nourrir, sous la double clause que Martenasie travaillerait exclusivement pour lui et sous son nom, moyennant quoi, au décès de Cars, les planches les plus célèbres de celui-ci deviendraient sa propriété. A répoqueoù ce singulier marché fut passé (11 sept. 4750), Cars avait soixante ans, sa mam s'était probablement alourdie et l'on s'explique qu'en s'assurant le concours d'un artiste plus jeune et vraisemblablement habile, il ait tenu à ne point laisser péricliter un commerce dont, ainsi que son père, il tirait un revenu fort honnête. Néanmoins, après sa mort, ce fonds passa aux mains de Babuty, beau-ppre de Greuze, et fut dispersé aux enchères. Marié en fév. 4732 à Marie-Charlotte Antoine, fille de Toussaint Antoine, bourgeois de Pans, Cars n'en avait pas eu d'enfant, et sa succession échut à ses neveux, les fils du libraire Quillau, ainsi qu'à un enfant d'une autre de ses sœurs. « Lorsqu'il mourut, dit encore Gaucher, il tut regretté de ses amis et des plus célèbres artistes dont il faisait les délices par l'esprit et l'agrément de sa conversation. » Sa physionomie devait être singulièrement avenante et spirituelle, si l'on en juge par le superbe pastel que Perronneau a peint d'après lui et qui compte parmi les chefs-d'œuvre du Louvre, portrait gravé plus tard par Miser pour sa réception à l'Académie royale. Un autre portrait (de profil), d'après Cochin, a été gravé par Aug. de Saint-Aubin. Maurice Tourneux.

BiBL. : L'abbé de Fontenay, Dictionnaire des artistes, f

177Ô, 2 vol. in-8 (les notices des gravures sonfc de Cl.-Eif Gaucher). — H. Brraldi et R. I^ortalis, les Graveurs, du xviii^ siècle, 1880, t. I'^'-. — Courrier de l'art, \S8S.

CARSAC-de-Cârlux. Corn, du dép. de la Dordogne, arr. de Sarlat, cant. de Carlux, près du confluent du Néa avec la Dordogne ; 868 hab. Eglise romane du xi« siècle remaniée au xvi^. Vestiges d'un aqueduc romain qui amenait les eaux de la fontaine du Bouisson à une villa dont on a retrouvé les substructions à 2 kil. du village.

CARSAC-DE-ViLLEFR ANCHE. Com. du dép. de la Dordogne, arr. de Bergerac, cant. de Villefranche-de-Longchapt; 290 hab. Carsac dépendait au moyen âge de la cbûtellenie de Gurçon, dont le château en ruines (xiv« s.), visible de dix lieues à la ronde, se dresse sur le territoire de la com. de Carsac.

CARSAN. Com. du dép. du Gard, arr. d'Uzès, cant. de Pont-Saint-Esprit ; 304 hab.

CARSEOLL Ville des Eques, dans le Latium, colonisée par les Romains. Elle était située dans une région froide, peu favorable à l'olivier, mais produisant des céréales de bonne qualité. Ovide nous donne ces renseignements (Fastes, iV, 683), dans un passage oii il raconte un usage particulier à cette ville. Un renard, qu'un enfant avait voulu brûler vif, ayant mis le feu aux moissons, une loi ordonna à Carseoîi de tuer tout renard qui serait pris, et de plus en expiation de l'incendie on brûlait dans les blés un animal de cette espèce :

Quoque modo segetes perdidit, ipsa périt.

CARSIX. Com. du dép. de l'Eure, arr, et cant. de Bernay ; 354 hab.

CARBON City. Ville des Etats-Unis, capitale de l'Etat de Nevada, située à quelques kil. de la frontière de la Cahfornie ; pop. 4,2^29 (en 1885), au pied de la Sierra Nevada, à 6 kil. de la rivière Carson, non loin d'importantes mines d'or et d'argent.

CARS PAC H {Karoldespach, 837). Com. de la Haute- Alsace, sur l'ill, arr. et cant. d'Altkirch; 1,186 hab ; belles forêts communales; possédait autrefois deux châteaux, dont il reste à peine quelques vestiges ; stat. de chem. de fer sur la ligne projetée d'Altkirch à Ferrette.

CARSTARES (William), théologien écossais, secrétaire du roi Guillaume lll, né en 1649, mort en 1715. Carstares fit ses études en partie à Edimbourg, en partie à Utrecht. Pendant son séjour en Hollande, il sut se faire apprécier par le prince d'Orange, grâce aux informations qu'il lui donnait sur l'état des affaires publiques en Angleterre. Carstares étant retourné dans son pays, pour se faire consacrer au saint ministère, éveilla les soupçons du gouvernement et tut accusé de participation au complot do lord William Russell contre la personne de Charles H, 13 juil. 1683 (Rye House plot). 11 fut mis à la torture, mais, comme on ne put lui arracher aucun aveu compromettant, il fut bientôt mis en liberté. H se réfugia en Hollande, d'où il ne revint qu'en 1688, à l'avènement de Guillaume 111 au trône d'Angleterre. En 1704, il fut nommé professeur de théologie à l'Université d'Edimbourg et bientôt après recteur. Son influence ne contribua pas peu à resserrer les liens politiques entre l'Ecosse et l'Angleterre. Sa correspondance et sa biographie furent publiées par le pasteur Mac Cormick à Edimbourg en 1774, sous le titre suivant : State papers and letters addressed to William Carstares, relating to public affairs in Great'Britain, but more particularly in Scotland,dU' ring the reignsof King William and Queen Anne, etc.

CARSTENIUS (Henrik), prédicateur finno-suédois, né à Helsingfors le 25 mai 1612, mort le 6 mai 1686. Après avoir étudié à Revel et en Allemagne, il fut chapelain à Âbo (1635), pasteur à Borgâ (1639), prévôt de la cathédrale de Wiborg (1669), évoque de ce diocèse (1679-1681), fonctions qu'il dut résigner pour cause de santé. 11 publia : Miscellanea (1639), thèse de philosophie présentée à l'Université d'Abo j des allocutions

CARSTENIUS — CÂRSTENSEN

nuptiales, des oraisons funèbres, et Cantia cygnea Christi, méditations sur les dernières paroles du Christ, en suédois, traduit en finnois par A. -M. Pacchalenius (Âbo, 4667, in-8). B-s.

CARSTENS (Adolf-Gotthard), écrivain danois, né à Copenhague le 31 mars 4713, mort en 4795. Entré à la chancellerie allemande en 4738, il en devint premier secrétaire (4774) et directeur (4780). Quoiqu'il fût fils d'un Lûbeckois et qu'il eût étudié en Allemagne, il s'était si bien assimilé le danois qu'il put donner d'utiles conseils au grand poète Ewald et écrire sur quelques points de versification. 11 fut un des fondateurs de la Société des beaux-arts (1759). 11 publia: ^euer Eriveis des Daseyns eines einzigen Gottes (Copenhague, 4754 ; 2« édit., Altona, 4756) ; Car mina ainicis (Copenh., 4790) ; traduisit une épître de Sedaine et imita Vert-Vert de Gresset. Il était également fort versé dans l'histoire du Danemark au moyen âge, sur laquelle il écrivit six mémoires dans \q% Ecrits de la Société des sciences de Danemark dont il était membre (1753). L'Histoire de Mallet fut soigneusement revue par lui. B-s.

CARSTENS (Asmus-JacobK peintre danois, né le 40 mai 1754 au moulin de Sankt Jùrgener, dans le Schleswig, mort à Rome le 25 mai 4798. Il a joui en Allemagne d'une grande renommée, et son nom a été mis à côté de celui de Thorvaldsen comme représentant dans les arts du dessin, le retour à l'antique, commencé et provoqué par les écrits de Winckelmann. Ses débuts furent difficiles. Orphelin de bonne heure, élevé par sa mère et envoyé à l'école paroissiale de Schleswig, il conçut en présence des tableaux d'Ovens, élève de Rembrandt, qui décoraient les murs de l'église, et devant lesquels il passait ses heures de récréation, le désir et prit la résolution de se vouer à la peinture. Sa mère essaya de le faire entrer d'abord chez Gewe à Schleswig, puis chez Tischbeim, à Cassel ; mais elle mourut sur ces entrefaites, laissant sa famille dans une position voisine de la pauvreté, et les tuteurs de l'entant décidèrent qu'il fallait lui donner un état. A dixsept ans, il entra comme apprenti chez un marchand de vins à Eckerntôrde. Il y resta cinq ans, mais sans jamais cesser de s'exercer à dessiner et môme de lire tous les traités théoriques qu'il pouvait se procurer pour s'initier aux lois de la peinture. Cette éducation par les livres, sa peinture s'en est toujours ressentie ! Enfin, à sa majorité, il racheta à son patron les deux années d'apprentissage qu'il lui devait encore, et partit pour Copenhague, résolu à consacrer toute sa vie à l'art. Abilgaard y régnait à l'Académie ; mais Carstens fréquenta moins les cours de l'Académie que la collection des moulages d'après l'antique. II s'en remplit les yeux et l'esprit, jusqu'à pouvoir les dessiner tous de mémoire. Ce fut là, avec ses lectures et quelques leçons d'anatomie, toute son éducation artistique. Sa première grande composition fut la Mort d'Achille, bientôt suivie à'Eole et Ulysse, qui figura et fut remarqué à une exposition publique. Le désir d'obtenir une bourse de voyage finit par le décider à prendre part aux concours de l'Académie. Le prince royal lui en facilita l'accès ; mais il crut avoir à se plaindre d'une injustice, et se retira ou fut remercié. Il quitta bientôt après Copenhague et entreprit, avec les maigres ressources que lui avait procurés la vente de quelques dessins à la sanguine, le voyage de Rome, si longtemps désiré (4783) ; mais l'argent lui manqua avant la fin du voyage ; il fut arrêté à Mantoue et contraint de revenir sur ses pas, non sans avoir vu et admiré, trop admiré sans doute, les fresques do Jules Romain au palais du Té. Il s'établit à Lubeck, où il fit quelques portraits pour vivre, et où il eut la bonne fortune de faire la connaissance d'un riihe amateur. En 4787, il partit pour Berlin; ses débuts y furent diôîciles et il vécut dans la gêne jusqu'au moment où un dessin, la ChiUe des anges^ lui valut un grand succès et une place de professeur à l'Académie des beauxarts (4790). 11 avait entrepris une série de compositions

d'après Homère, Eschyle, Klopstock, Ossian et des allégories où son imagination, éprise de grandiose et de nobles rêveries, se donnait libre carrière. A l'Académie des beauxarts, il fit la connaissance et devint le collègue de H. Chr. Genelli, Chlodowiecki, Moritz ; le ministre Von Heinitz s'intéressa à son talent et lui confia la. décoration d'une salle de l'ancien palais de Dorville; la plus grande partie de ce travail a péri ; quelques épaves en ont été recueillies au palais royal de Berlin. Ce sont des compositions peintes ton sur ton (imitant un bas-relief), représentant les heures, les âges de la vie, Orphée, le Parnasse ... De la même époque à peu près, datent le Banquet de Platon^ la Bataille de Rôsbach, le modèle d'une statue de Frédéric le Grand. En 4792, le roi, à qui il avait été présenté, lui accorda une bourse de voyage, et il put enfin partir pour Rome, la ville de ses rêves. Il y passa les six dernières années de sa vie, non sans des tracas de plusieurs sortes, mais entouré de quelques admirateurs, rares mais dévoués, et salué par eux comme un guide et comme maître. C'est le temps de sa pleine maturité et de sa plus grande fécondité. On vit se succéder rapidement ces grandes compositions et cette série de cartons, conservés aujourd'hui à Weimar, où Gœthe les fit acheter après sa mort, qui furent pour les contemporains, fatigués des niaiseries sentimentales et vides du rococo germanique, le signal et le gage d'une renaissance classique. Avant d'arriver à Rome, il avait fait à Florence un séjour de quelques semaines, et y avait dessiné le Combat des Centaures ei des Lapithes, A Rome, il commença par copier Raphaël et Michel-Ange, puis donna successivement les Argonautes et le centaure Chiron, et une série de compositions tirées de l'histoire des Argonautes et de l'CEdipe de Sophocle. En 4795, il organisa une exposition de ses œuvres, qui obtint un grand succès. 11 allait chercher tantôt chez Dante, Ossian ou Gœthe (Fau^t dans son laboratoire), et plus souvent dans le monde antique et les poèmes d'Hésiode, d'Homère et des poètes grecs , les sujets de ses compositions (Naissance de la lumière, la Nuit avec ses enfants, le Sommeil et la Mort, Homère chantant devant le peuple assemblé, l'Age d'or. Socrate sauvant la vie à Alcibiade, Ganymède, Megapenthès, etc.. etc.). Il avait une imagination riche et noble, l'ambition et le sentiment de la grandeur, un idéal très élevé, beaucoup de conviction et d'ardeur ; mais il est impossible de le maintenir à la place éminente que ses contemporains ont voulu lui assigner. C'est au musée de Weimar, où se trouve la plus grande partie de ses œuvres, qu'on apprend le mieux à le connaître. Il a été gravé par Muller, Schâffer, Thâter, Koch, Hery, etc. A. M.

BiBL. : Fernow, Carsiens Leben und Werke, 1806 (nouvelle édition avec un cataioprue, par J. Rikgel; Hanovre, 1867, frr. in-8) ; Carstens Werke, 3 vol. in-fol. ef- planches. -- H. RiËGËL, Geschichte des Wiederaufleben's der deut' schen Kunst...; Hanovre, 1876, gr. in-8.— A. Springer» Die Kunst des XIK Jahrhunderts ; Leipzif>, 1884, in-8. — Chr. ScHucHARDT, Zeichnungen von A. J. Carstens in der grossherzoglichen Muséum zu Weimar. — D*- Max Jordan, Beschveibendes Verzeichniss der Kunstwerke in der kôniql. National Gallerie zu Berlin, 1878, in-8.

CARSTENSEN (Georg-Johan-Bernhard), architecte et journaliste danois, né en 1842 à Alger, où son père était consul général du Danemark, mort à Copenhague le 4 janv. 1857. Après avoir publié des journaux danois, le Portefeuille et le Figaro (1839-1841) et avoir attiré l'attention par des fêtes ingénieusement organisées, il fonda à Copenhas^ue les théâtres de Tivoli avec parc (1842-3), du Casino (1846), de l'Âlhambra (1856). Entré dans l'armée comme sous-lieutenant pendant la guerre des Duchés (1848), il servit ensuite dans les colonies et se retira avec le grade de capitaine (1852). Il passa aux Etats-Unis et, en collaboration avec un architecte allemand, il obtint le premier prix pour le plan du palais de l'Exposition à New-York. B-s.

BiBL. : A. GuTHMANN 6t A. Melbye, Tivoli, 1838-1888 Copenhague, 1888.

CARSWELL — CARTAGENOVA

CARSWELL (sir Robert), médecin anglais, né à Thorbank (Ecosse) le 3 févr. 4793, mort à Laeken (Belgique) le 15 juin 4857. Il étudia à Glasgow, à Edimbourg et à Paris, puis fut reçu docteur à Aberdeen en 4826. Il revint ensuite à Paris se livrer à Tétude de l'anatoraie pathologique sous les auspices de Louis. En 4834, il alla à Londres occuper la chaire d'anatomie pathologique au collège de l'Université et remplir les fonctions de médecin à rhôpital de ce collège. C'est en 1838 qu'il publia son magnifique atlas d'anatomie pathologique dont il avait lui-même dessiné les planches : Pathological anatomy. Illustrations of the elementary forms of diseases ^(Londres, in-fol., pi. col.). H a publié, en outre, des articles dans les journaux et dans la Cyclopœdia de Forbes. D^ L. Hn.

CART (Jacques-Louis), historien suisse, né le 30 août 4828 à Genève, d'une famille vaudoise originaire de l'Abbaye, dans la vallée du lac de Joux. Il étudia la théologie à l'Académie de Lausanne et dans plusieurs universit^és allemandes, fut consacré, en 4851, ministre du Saint-Evangile, remplit les fonctions pastorales dans plusieurs paroisses de la France et du cant. de Vaud et vit actuellement à RoUe sur les bords du Léman. Sans parler de plusieurs brochures polémiques, apologétiques, pédagogiques et de nombreuses traductions de l'allemand, nous lui sommes redevables des ouvrages historiques suivants : Pierre Viret, le réformateur vaudois (Lausanne, 1864, in-42) ; le Canton dé Vaud et la Suisse de il 98 à i8i5, récits historiques (Lausanne, 4868, in-42) ; Histoire du mouvement religieux et ecclésiastique du canton de Vaud pendant le xix« siècle (Lausanne, 4870-4884, 6 vol. in-8), un article étendu sur le cant. de Vaud, dans V Encyclopédie des sciences religieuses, dirigée par M. Lichtenberger (Paris, 4882) ; les biographies de César de Laharpe, Cellerier père, Diodati, Merle d'Aubigné dans la Galerie suisse publiée par Eug. Secrétan (Lausanne, 4873). Collaborateur assidu de plusieurs revues et journaux religieux, M. J.-L. Cart a été, en 4858, à Lausanne, l'un des fondateurs du Chrétien évangélique. E. Strœhlin.

CART (William-Adolphe), né le 5 nov. 4846 à Morges (cant.de Vaud). Il fit ses études classiques au gymnase de Francfort-sur-le-Main, aux Universités de Berlin et de Bonn, et obtint, en 4868, le grade de D^ Phil. sur la présentation d'une thèse : Questiones Ammianeœ. De 4868 à 4870, il fréquenta, à Paris, l'Ecole des hautes-études ; de 4870 à 4874, il professa la littérature latine à l'Académie de Lausanne ; démissionnaire à la suite de difficultés avec le gouvernement radical, comme suspect d'une trop grande sévérité lors des examens et d'une prédilection trop exclusive pour les méthodes germaniques, il y enseigne depuis 4874 dans un établissement privé : le collège Gaillard. Le principal ouvrage de M. W. Cart est une monographie tout ensemble des plus exactes et des plus enthousiastes : J.-5. Bach, un maître deux fois centenaire, i685-i750 (Paris, 4884, in-l2). Nous possédons encore de lui : la Rose de la cathédrale de Lausanne (4879, trad. de l'allemand de J.-R. Rahn) ; un Cours .élémentaire de géographie ancienne (Lausanne, 4885) ; de nombreux articles insérés dans la Revue critique, la Bibliothèque universelle, la Gazette de Lausanne, la Galerie suisse de Secrétan (Hans Nsegeli, le musicien zuricois), le Im Neuen Reich de Leipzig, les Grenzboten, etc.

CARTAGENA (Géog.) (V. Carthagêne).

CARTAGENA (Alonso de Santa-Maria, plus connu sous le nom de Alonso de), prélat et écrivain espagnol du xv« siècle. Fils d'un juif converti, Pablo de Santa-Maria, qui devint évêque de Cartagène, puis de Burgos, il naquit en 4384, se fit remarquer par son savoir, et devint doyen de Ségovie et de Santiago. En 4420, il fut un des négociateurs de la paix entre D. Juan et D'Enrique, fut nommé ensuite membre du conseil royal et en 4422 né-

gocia la trêve de vingt-neuf ans avec le Portugal. En 4434, il fut envoyé au concile de Baie et en 4435 appelé à succéder à son père au siège épiscopal de Burgos. Au concile de Bâle, il se fit remarquer par l'énergie avec laquelle il soutint et fit admettre la préséance de l'Espagne sur l'Angleterre. Tout en remplissant les devoirs de son ministère, il fut encore chargé de plusieurs missions importantes, notamment à Naples en 4440. En 4442, il s'occupa de la reprise des travaux de la cathédrale de Burgos, depuis longtemps abandonnés : il mourut à Valladolid le 21 juil. 4454, laissant la réputation d'un des hommes les plus savants de ce temps. Il avait beaucoup écrit ; son valet de chambre nous a laissé la liste de ses treize principaux ouvrages. Citons parmi les plus remarquables : Doctrinal de los caballeros, etc. (Burgos, 4487, in-fol.) ; réédité sous le titre de Doctrinal y instruccion de la arte de cavalleria (Séville, 4492 et 4497, in-fol.) ; El oracional de Fernand Pères, etc. (Burgos, 4487, in-fol.) ; Cinco libros de Seneca (4^ De la vida bienauenturada ; 2<» De las siete artes libérales ; 3° De amonestamiento y doctrinas ; ¥ El primero libro de providencia de Dios ; 5^ El segundo libro de providencia de Dios (Séville, 4491, in-fol., réimprimé à Tolède, 4410, in-fol. ; Alcalâ, 1530, in-fol. ; Anvers, 4548, in-8.) ; Tulio de officiis y de senectute, en romance (Séville, 4504, in-fol.) et un grand nombre d'autres inédits conservés à la Bibliothèque nationale de Madrid et à l'Escurial. (Juant aux poésies qui se trouvent sous son nom dans les Cancioneros, elles paraissent être de son frère, un peu plus jeune que lui, t^ablo de Santa-Maria (V. sur cette question le premier volume de la traduction espagnole de Ticknor, pp. 553 et suiv., note des traducteurs). Sur Alonso de Cartagena on peut consulter une notice du ?,¥\orez,àdim\eLW\[deV Espanasagrada. E. Cat.

CARTAGENA (Pedro de), frère de Alonso de Cartagena, né en 4387. Il paraît avoir vécu près de cent ans. 11 est l'auteur de nombreuses poésies insérées dans le Cancionero gênerai et qui ne sont pas sans mérite ; on les a quelquefois attribuées à son frère Alonso, l'évêque de Burgos. E. Cat.

CARTAGENA (Alvarode), frère d' Alonso de Cartagena, suivit la carrière des armes et joua un certain rôle dans les guerres civiles qui ensanglantèrent la Castille au xv^ siècle. Attaché à la personne du connétable Alvaro de Luna, il le prévint que Jean II était résolu à le faire jeter en prison et le guida dans sa fuite. E. Cat.

CARTAGENA (Juan de), théologien espagnol de la fin du XVI® siècle, mort à Naples en 4647. D'abord jésuite, puis cordelier, il professa la théologie à Salamanque et plus tard à Rome avec succès. Il tut en grande faveur auprès du pape Paul V, puis du duc d'Ossuna, vice-roi de Naples; « jamais homme, dit Bayle, ne fut plus dévoué que lui aux intérêts de la cour de Rome et n'outra davantage les droits des papes ». Le même critique cite de Cartagena quelques opinions singulières sur des matières jreligieuses. On doit à ce théologien : Pro ecclesiastica libertate et potestate tuenda adversus injustas Venetorum leges, etc. (Rome, 4607, in-4) ; Propugnaculum catholicum de jure belli Romani pontificis adversus Ecclesice jura violantes (Rome, 4609, in-8) ; Disputationes in universa christiance religlonis arcana (Rome, 1609), et quelques autres ouvrages de même genre, imprimés ou inédits, mentionnés par Waddingus et Antonio. E. Cat.

CARTAGENOVA (Giovanni-Orazio) , chanteur dramatique italien, né à Gênes en 1800, mort à Vicence le 26 sept. 4841. Doué d'une voix superbe de baryton et, chose rare chez les chanteurs italiens, de qualités scéniques d'une grande puissance, il lut l'un des artistes les plus célèbres de son temps. 11 débuta vers 1825 à Venise avec un grand succès. En 1829, il était engagé au théâtre San-Cârlos de Lisbonne, où il resta trois ans, après quoi

CARTAGENOYA -- CARTAULT

il retourna en Italie. En 1832, il chante à Turin, en 1833, il est à la Fenice de Venise, où il crée, en compagnie de U^^ Pasta et de Curioni, la Béatrice di Tenda de Bellini ; en 1834, 35, 36, 37 et 38, il se fait entendre à la Scala de Milan, puis il se produit à Naples, Plaisance, Parme, Trieste, etc. Il mourut presque subitement, à la suite d'un violent chagrin.

CARTAGO. Ville de la rép. de Costa-Rica, autrefois capitale de cet état, à 1,588 m. d'alt., au pied du volcan d'Irazù, près des sources du rio Reventazon (mer des Antilles) ; 10,000 hab. — Fondée au début du xvi« siècle, (1522), Cartago a été longtemps la ville la plus tlorissante de la contrée; elle comptait 23,000 hab. en 1823, mais les guerres civiles du commencement du siècle et le tremblement de terre de 1841 l'ont fait tomber dans une décadence dont elle cherche aujourd'hui à se relever. Elle est le ch.-l. de la province du même nom, et la tête de ligne du chemin de fer qui, par San José, Heredia et Alajuela, rejoint Punta Arenas sur le golfe de Nicoya.

CARTAGO. Ville de la Colombie, Etat de Cauca, au point d'intersection des routes de la vallée du Magdalena et du Pacifique, à 940 m. d'alt., sur le rio Viejo, près de son confluent avec le rio Cauca; 3,000 hab. Fondée en 1540, Cartago est le centre d'un district riche en caté, tabac et cacao.

CARTAHU (Mar.). Cordage volant, sans affectation spéciale, destiné à hisser ou amener les objets qu'on y attache. Lorsqu'il n'est pas disposé en palan, c'est un cartahu simple. Pour certaines manœuvres, lorsque les objets à mouvoir sont assez pesants: tels sont les huniers et les vergues d'hune, on dispose à chaque mât deux palans à poulies simples nommés cartahus doubles . — Les cartahus de litige sont des cordages tendus horizontalement et à petite distance les uns des autres, entre les grands haubans et les haubans de misaine. Les marins y mettent au sec les effets qu'ils ont lavé ; ces cartahus sont disposés sur des mâts de corde, de manière k pouvoir être amenés tous à la fois.

CARTAJO (Antonio-Maria), poète italien du xvi® siècle, originaire de Sienne. Il fut membre de la libre et quelque peu licencieuse académie des Rozzi ou Rustres, de Sienne. Son morceau de réception fut une comédie : Commedia ridiculosa, intitulata El Farfalla (Sienne, 1549). On ne connaît rien de plus de l'auteur de cette facétie plusieurs fois réimprimée en l'espace de trente ans. R. G. BiBL.: Storia deWAcademia de' Rozzi ; Sienne, 1778,in-8. CARTARl ou CARTARUS (Marins), graveur allemand (?) et éditeur, qui travaillait à Rome dans la deuxième moitié du XVI® siècle. — On ne connaît point les particula-^ rites de son existence, les dates extrêmes relevées sur ses estampes sont 1557 sur une copie de h Mise au torri' beau, d'Alb. Durer, et 1579 mvnnPlande Naples. lia gravé aussi : V Annonciation^ d'après Marco Pino ; la Mère de Douleurs et le Jugement dernier, d'après Michel Ange ; la Conversion de saint Paul, d'après Jean Cousin, etc. F. Courboin.

BiBL. : Bartsch, le Peinire-Gràveur, t. XV, p. 520. — Vallardi, Manuel, p. 55. — Heller, Supplément à Bartsch, p. 83.— Nagler, Kûnstler-Lexicon et Dictionn. des monogrammes.

CARTARl (Vincenzo), poète italien, né à Reggio vers 1520, mort vers 1570. Outre quelques traductions poétiques, il publia un ouvrage qui fut longtemps célèbre : Le hnagini degli Bel degli Antichi, nelli quali sono desjcritte le religioni degli Antichi, riti e cérémonie loro, con Vaggiunta di moite principali imagini e con Vespositione in epilogo di ciascheduna e suo significato (Venise, 1556, in-4) ; de ce livre qui eut de nombreuses éditions ornées de gravures sur bois toujours recherchées, il y a une traduction française : les Images des anciens dieux recueillies et exposées en italien par F. Cartari et trad. en français par Ânt. du Verdier, seigneur de Vauprivas (Lyon, 4581, in-4). R.G. BiBL.: Dav. Cl.èuent, Biblionièque cinneuse ou Cata-

logue raisonné des livres difficiles à trouver; Gœttingue, 1750-1760, 9 vol. in-4.

CARTARl (Marco) , graveur italien qui vivait à Rome vers 1575. 11 a gravé quelques dessins de fontaines, mais Fûssli pense que Cartarino ne serait qu'une variante du nom de Cartarus sous lequel Bartsch décrit quelques planches représentant des fontaines.

CARTARl (Christophe), graveur italien du xvi® siècle, qui travaillait de 1560 à 1587. Bartsch écrit son nom Kartarus, et Zani le croit frère de Marins Cartarus. Les deux noms se retrouvent sur une même planche, rAn" nonciation aux bergers, signée : Bartolommeo Neroni inven. — Cristoforo Cartari inc» — Marins Cartarus exe. On connaît de lui deux autres planches : VAscensior^ et un Saint Nicolas, daté de 1587 .

BiBL. : Vvsshi, Dict. des artistes, t. III, p. 681 (art. Corneille Cartarus),

GARTAUD (Jean-Silvain), architecte, né à Paris en 1675, mort dans cette ville le 15 févr. 1758. Fils de Silvain Cartaut, mort en déc. 1703, entrepreneur des bâtiments du roi, J.-S. Cartaud avait épousé, peu auparavant, Jeanne Bailly, fille de Jacques Bailly, peintre ordinaire du roi et sœur de Nicolas Bailly, inspecteur des tableaux du cabinet du roi à Versailles. Il fut chargé, dès l'année 1704, de la construction du portail de l'église des Barnabites dans la Cité, portail d'une double ordonnance dorique et ionique qui fut, en 1863, lors de la construction de la caserne et des états-majors, démoli et reconstruit au-devant de l'église des Blancs-Manteaux, au Marais. Cartaud fit aussi élever le portail de l'église des Petits- Pères et la maison du riche amateur Pierre Crozat, maison comprenant une galerie de tableaux et qu'Oppenord, qui l'habita, augmenta d'un nouveau corps de logis en façade sur la rue Richelieu. On doit encore à Cartaud le château de Montmorency pour Pierre Crozat, la chapelle de Saint-René qui reçut le tombeau de Marc-René d'Argenson dans l'ancienne église des Madelonettes; le dessin de Téglise Saint-Roch dont l'exécution fut confiée à Pierre Le Paultre et de nombreuses habitations à Paris et dans les environs. J.-S. Cartaud fut architecte du duc de Berry, puis du duc d'Orléans et enfin du roi. Il entra à l'Académie royale d'architecture le 24 août 1742. Charles Lucas.

BiBL.: A. Jal, Diet, critique de hiogr, et d'histoire; Paris, 1872, in-8, 2« éd.

CARTAUD DE La Vilate (l'abbé François), né à Aubusson, mort à Paris en 17 37. Il fut chanoine d'Aubusson. Il a écrit des Essais historiques et philosophiques sur le goût (Paris et Amsterdam, 1736, in-12) qui ont eu du succès en leur temps et ont été plusieurs fois réimprimés, et des Pensées critiques sur les mathématiques oie l'on propose divers préjugés contre les sciences (Paris, 1733, in-12).

CARTAULT (Augustin-Georges-Charles), littérateur et archéologue français, né à Paris le 24 avr. 1847, actuel lement professeur de poésie latine à la Faculté des lettres de Paris. Il fit ses études au lycée Louis-le-Grand, et remporta le prix d'honneur de rhétorique au concours général. Elève de l'Ecole normale supérieure, il fut reçu le premier à la licence es lettres et à l'agrégation, passa à l'Ecole d'Athènes, puisse fit recevoir docteur es lettres. Il fut successivement professeur au lycée d'Amiens, de Versailles et au lycée Charlemagne à Paris, et maître de contérences à l'Ecole normale supérieure avant de remplacer M. Eugène Benoist à la Faculté des lettres. On lui doit : la Trière athénienne, essai d'archéologie navale (Paris, 1881); De Causa Harpalica (Paris, 1881); Terres cuites de Grèce et d'Asie Mineure : collection Camille Lécuyer (in-fol.) ; De quelques Représentations de navires sur des vases archaïques provenant d'Athènes (dans les Monuments grecs); mtice sur M, Eugène Benoist (dans la Bévue internationale de r Enseignement) ; De V Authenticité des groupes en terre cuite d'Asie Mineure (Paris, in-4), plaidoyer en faveur de l'authenticité des terres cuites trouvées dans les

CARTAULT - CARTE

tombeaux grecs. M. Cartault a collaboré en outre à la Revue politique et littéraire, à la Revue critique, à la Uevue de philologie et à la Gazette archéologique,

CARTE. Les acceptions du mot Carte sont assez variées ; nous les rangerons dans Tordre suivant : 1^ Carte, simple morceau de papier ou de carton (carte postale, carte de visite) ; 2° Carte représentant une partie du monde; 3° Acceptions spéciales (tissage, pêche).

Chemins de fer. — I. Carte d'abonnement (V. Billet, t. VI, p. 864).

IL Carte de circulation. — Le droit de libre circulation sur les chemins de fer est accordé à un certain nombre de fonctionnaires et agents de l'Etat, qui sont spécifiés par le cahier des charges des compagnies ; ce sont : l'^ les fonctionnaires chargés de l'inspection, du contrôle et de la surveillance du chemin de fer ; 2^ les agents des contributions indirectes et des douanes ; 3<* ceux des postes et télégraphes dans certaines conditions particulières de service. Les préfets ont également droit au transfert gratuit dans l'étendue de leur département, dès qu'ils se déclarent en tournée de service sur le chemin de fer, et ce droit leur est accordé sur leur simple déclaration sans qu'il leur soit nécessaire de présenter une carte de circulation. Les autres fonctionnaires, au contraire, ne peuvent réclamer la circulation gratuite qu'autant qu'ils sont porteurs d'une carte de service délivrée par le ministre compétent et mentionnant les limites entre lesquelles elle est valable. Cette carte porte le visa du directeur de la compagnie ; elle est rigoureusement personnelle et il ne peut en être fait usa^e par le titulaire que dans l'exercice du service de surveillance ; elle n'est valable que pour un an.

Indépendamment des cartes de service délivrées par le ministre des travaux publics, il existe un grand nombre d'autres cartes de circulation délivrées soit par le conseil d'administration, soit par le directeur de la compagnie et s'appliquant soit au réseau entier, soit à des parcours limités. Elles sont également valables pour un an ; il en existe cependant dont la durée de validité est plus courte. Les combinaisons diverses que présentent les cartes de circulation sur les chemins de fer sont extrêmement nombreuses et il n'est pas possible d'entrer ici dans le détail de ces combinaisons, qui varient d'ailleurs suivant les compagnies. G. Humbert.

Postes et télégraphes. — I. Carte postale.— Correspondance circulant à découvert et consistant en une feuille de carton léger portant d'un côté le timbre d'affranchissement et l'adresse du destinataire, de l'autre le texte des communications manuscrites ou imprimées transmises par l'expéditeur. Dans le service international le format de la carte postale ne peut excéder 14 centira. en longueur et 9 en largeur. Quelque simple qu'il soit, ce mode de correspondance n'a cependant été adopté que depuis un petit nombre d'années ; il date de 1869 et a été inauguré en Autriche-Hongrie ; en 1870, il a été introduit successivement dans tous les Etats de l'Allemagne du Nord et du Sud, en Angleterre, en Suisse et dans le Luxembourg ; en 1871, en Belgique, dans le Danemark, les Pays-Bas et au Canada ; en 1872, en Suède et Norvège, dans la Russie et dans l'île de Ceylan; en 1873, en France, Espagne, Roumanie, Serbie, au Chili et à Terre-Neuve; en 1874, en Italie. Enfin le traité postal de Berne du 9 oct. 1874, l'admit dans les relations entre tous les pays de l'union postale, au taux de la 1/2 taxe d'une lettre simple, avec affranchissement obligatoire. Cette taxe est aujourd'hui fixée à 10 cent. La carte postale avec réponse payée date de 1872, elle est adoptée actuellement dans la plupart des pays de l'union. L'usage des cartes postales s'est répandu très rapidement surtout dans les relations du service intérieur ; il s'en échange, dans les Etats de l'union, près d'un milliard par an, dont un dixième seulement pour les relations internationales, L'Allemagne entre dans ce total pour 260 mil-

lions environ, la Grande-Bretagne pour 200 millions, r Autriche-Hongrie pour 110 millions, les Indes britanniques pour 70 millions, le Japon pour 56 millions ; en France, le nombre annuel de cartes postales employées n'atteint pas 40 millions. Les pays dans lesquels ce mode de correspondance est le plus usité par rapport au chiffre de la population sont : l'Allemagne qui en consomme 5,5 par habitant ; les Pays-Bas 5,3 ; la Belgique 5,25 ; la Grande-Bretagne 5 ; la Suisse 5 ; le Luxembourg 4 et l'A u triche-Hongrie 3.

Dans quelques pays, entre autres la France, on a adopté récemment sous le nom de carte-lettre un mode de correspondance consistant en une carte qui, après avoir reçu sur l'un de ses côtés les communications manuscrites de l'expéditeur, est pliée en deux et close au moyen des bords gommés ; l'adresse est écrite sur l'un des côtés extérieurs du pli ainsi formé ; un perforage pratiqué à l'avance sur le pourtour delà carte, permet au destinataire d'ouvrir le pli en détachant simplement les bords. Ces cartes sont livrées au public par les administrations postales au prix du timbre d'affranchissement des lettres ordinaires.

II. Carte-télégramme. — Mode de correspondance empruntant successivement les services de la poste et du télégraphe. Cette carte, analogue à la carte postale, est destinée particulièrement à être utilisée dans les localités qui ne sont pas pourvues d'un bureau télégraphique ; elle porte du côté de l'adresse un timbre d'affranchissement représentant la taxe télégraphique de la correspondance qui y est inscrite. Déposée dans une boîte aux lettres ou dans un bureau de poste, elle parvient par la voie postale au bureau télégraphiqne le plus rapproché qui en transmet le texte à destination par la voie du télégraphe. Ce système ne fonctionne que dans quelques pays ; le premier en date est l'Angleterre qui l'a adopté en 1873.

En France, on désigne aussi sous le nom de cartestélégrammes, les correspondances circulant à découvert par la voie des tubes pneumatiques (à Paris) et écrites sur des cartes spéciales mises à la disposition du public dans tous les bureaux télégraphiques. E. Eschbaecher.

Histoire. — I. Carte de charité (Charta Ckaritatis). — Statut primordial de l'ordre de Cîteaux (V. ce mot).

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