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CANO

continuent comme ils ont commencé, Dieu veuille qu'il ne vienne un temps où les rois voudront leur résister et ne trouveront aucun moyen de le faire. » Cano avait été appelé par Paul III au concile de Trente. Il est un des premiers théologiens espagnols qui aient abandonné la méthode scolastique. — Œuvres principales ; PrœlectiO' nés de pœnltentla ; De Sacramentis ; Locorum tkeologicorum Ubri XU (Salamanque, lo6^, in-fol. ; Vienne, 1734, 2 vol. in-4), ce dernier ouvrage contient une indication méthodique des sources où les théologiens doivent puiser. E.-H. Vollet.

BiBL. : E. DupiN, Nowtelle Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques; Paris, 1686-1704, 58 vol. in-fol. — J. Cri5- TiNEAU-JoLY , Hlstoive TtUgieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus; Paris, 1859, 6 vol. in-12, t. 1, pp. '234-238.

CANO (Thomé), marin espagnol du xvii® siècle, né aux Canaries. 11 devint capitaine dans la marine royale et écrivit un ouvrage intéressant pour Thistoire des constructions et de la tactique navales : Arte para fabricar, fortificar y apareiar naos de guerra y merchante^ etc. (Séville, 1611, in-4). ^ E. Cat.

CANO (Alonso), peintre, sculpteur et architecte espagnol, né à Grenade le 19 mars 1601, mort dans la môme villa le 5 oct. 1667. Son père, Miguel Cano, constructeur de retables, et par là, quelque peu architecte et sculpteur, lui donna ses premières leçons de dessin ; puis sur les conseils de son ami Juan de Castillo, il l'envoya à Séville apprendre la sculpture auprès de Juan Martinez Montanes, et la peinture avec Francisco Pacbeco. A ce moment on pensait encore en Espagne que cet enseignement combiné des trois grandes branches de l'art, peinture, sculpture, architecture, était indispensable aux jeunes artistes pour leur constituer une première et solide éducation. Ce fut d'abord en sculpture qu'Alonso Cano prouva quels excellents résultats il avait recueillis de cette téconde méthode d'initiation. Pour ses débuts, il eut à construire au collège de Saint-Albert et au couvent de Sainte-Paule deux reiables et à exécuter pour le maître-autel de Téglise paroissiale de Lebrija une statue de la Vierge avec /'Ènfant Jésus, Cano montra tout de suite dans ces premiers travaux combien il avait su mettre à profit les magistrales leçons de Montanes, en même temps qu'il laissait déjà entrevoir dans sa façon de comprendre la forme un sens exquis de la beauté classique, sentiment dont il était certainement redevable à ses études d'après les statues et morceaux antiques qu'il avait vus et copiés à Séville, à la Casa de Pilatos, palais ou plutôt musée rempli de richesses d'art et appartenant aux ducs d'Alcala. En 1637, Cano dut quitter Séville et venir à Madrid pour échapper aux suites d'une querelle qu'il avait eue avec le peintre Llano y Valdès, et dont celui-ci était sorti assez grièvement blessé. Par la protection de Velazquez, son ancien condisciple dans l'atelier de Pacheco, non seulement Cano ne fut pas poursuivi, mais encore il obtint, toujours grâce à la faveur dont son illustre compatriote jouissait déjà à la cour, des travaux dans les demeures royales, même le titre de peintre du roi et remploi de processeur de dessin auprès de l'infant D. Baltazar Carlos. Pendant cette période de son sc^jour à Madrid, entremêlée de quelques voyages à Tolède, à Alcala, à Avila et dans diverses autres villes, et qui s'étend de 1639 à 1652, Cano eut fréquemment l'occasion de prouver qu'il était un aussi excellent peintre qu'il s'était déjà montré grand statuaire. Les couvents, les chapitres des cathédrales, les particuliers lui commandèrent aussitôt à Tenvi des ouvrages de peinture et de sculpture, et le nom d'Alonso Cano vint dans l'opinion des connaisseurs prendre place parmi ceux des maîtres les plus réputés dans l'un et l'autre des deux arts. C'est aussi à cette même pério le de la vie de l'artiste que Palomino de Velasco rattache une accusation grave dont Cano aurait failli être victime et qui l'obligea, pour se faire oublier, à quitter Madrid et à aller s'enfermer pendant de longs

mois à la chartreuse de Portacœli, près de Valence. Voici ce que raconte Palomino, qui assure tenir son récit de Rafaël Sanguineto, lequel fut l'ami du peintre et son hôte : « Rentrant un soir chez lui, Alonso Cano trouva sa femme assassinée, son argent et ses bijoux volés et un Italien qui Iréquentait son atelier disparu. La justice ne voulut pas croire d'abord à la culpabilité de 1 Italien, et ses soupçons se portèrent sur le peintre, qu'elle accusa d'ôlre l'auteur du meurtre de sa femme. Jeté en prison, puis mis à la torture, Cano n'aurait cessé d'affirmer son innocence. A la fin on dut le relâcher, et c'est à la suite de cet événement qu'il se serait retiré à Valence et plus tard à la chartreuse de Poriacd li. » Sa présence dans ce monastère vers 1645 n'est d'ailleurs pas contestable, car il y peignit sept tableaux importants dont les sujets nous sont connus ; mais ce qui a paru plus que douteux à quelques critiques ou même indigne de toute créance, c'est le fait même de l'accusation et de l'emprisonnement de Cano. Cean Bermudez, qui est de ces incrédules, affirme avoir fait toutes sortes de recherches dans le but de vérifier le plus ou moins de fondement du récit de Palomino et, n'ayant rien découvert ni dans les récits des contemporains, ni dans les archives, il en conclut nettement que cette histoire n'est qu'une légende sans valeur. Ce qui n'est pas toutefois discutable c'est qu'Alonso Cano, par ses mordantes saillies et davantage encore par son carac^ tère emporté, violent et singulièrement entêté, s'était fait bon nombre d'ennemis. En 1647, étant cette annéelà pn^sident de la confrérie des artistes peintres et orfèvres, il donna une preuve de son humeur intraitable en refusant, à l'occasion de la procession de la Semume sainte, de se mettre à la tête de sa corporation parce que, au môme rang que celle-ci, devait marcher le corps des alguazils de cour. Jamais Cano ne voulut admettre que les artistes n'eussent pas d'emblée la préséance, et il préféra se laisser condamner à une amende de cent ducats plutôt que de céder. En 4650, après un voyage à Tolède à l'effet d'y examiner et expertiser les travaux de la nouvelle chapelle de rOchavo, à la cathédrale, il prit la résolution de s'en retourner à Grenade et d'entrer dans les ordres afin de pouvoir passer en paix le reste de sa vie, qu'il entendait d'ailleurs consacrer à l'art. Une vacance s'étant produite parmi les choristes de la cathédrale, il n'eut pas de peine à faire comprendre au chapitre combien il serait avantageux que les émoluments de la place vacante tussent désormais appliqués à l'entretien d'un artiste qui, à la fois peintre, sculpteur et architecte, pourrait travailler à l'entretien, à la décoration et aux embellissements de leur église. Les chanoines appuyèrent donc sa demande, qui fut aussitôt agréée par Philippe IV. Le H sept. 1651, une cédule royale lui conférait la prébende sollicitée, mais sous condition qu'il se ferait ordonner in sacris dans le délai d'une année. Des le 20 févr. suivant, Cano alla prendre possession de son bénéfice et, pour atelier, on lui assigna le premier étage de la tour de la cathédrale. Une fois installé, il ne s'empressa point de remplir la condition imposée par le roi. Un premier délai lui fut accordé, puis vint une mise en demeure d'avoir à s'exécuter. Saisi de la question, le roi fixa une nouvelle date après laquelle, Cano ne s'étant point soumis, le chapitre lui supprima son traitement. Les choses en étaient là et tournaient tout à fait à l'aigreur lorsque Cano partit pour Madrid afin d'y obtenir quelque prorogation nouvelle. Il y rencontra heureusement Tévêque de Salamanque qui, plein d'estime pour son talent, n'hésita pas à lui conférer une chapellenie et à l'ordonner sous-diacre. Dès lors, il obtint facilement du roi une nouvelle cédule, datée du 13 août 1658, le remettant en possession de son bénéfice ainsi que des arrérages échus, Cano en jouit désormais en toute tranquillité jusqu'à sa mort. Il fut enterré sous le chœur de la cathédnde. Les ouvrages de sculpture et de peinture qu'il fit un peu partout en Espagne pour les couvents et les églises sont nombreux. Palomino et Cean

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