CARTEL — CARTER
cette double condition ne pourrait le plus souvent être remplie pour les arrangements militaires dont nous parlons ; les chefs militaires ont donc le droit de les conclure et ainsi d'obliger leur pays en leur qualité même et sans qu'on exige un pouvoir exprès ou une ratification. Mais il faut que la convention conserve son caractère exclusivement militaire; si elle en sortait, la règle ordinaire reprendrait son empire (V. Capitulation). — On entend par navire de cartel le bâtiment qui, muni d'un pavillon parlementaire, est chargé de communiquer avec l'ennemi, par exemple pour négocier un arrangement ou procéder à un échange de prisonniers. Il doit être respecté suivant les règles générales admises pour les parlementaires (V. ce mot). Louis Renault.
CARTELÈ6UE. Com. du dép. de la Gironde, arr. et cant. de Blaye ; 1,163 hab.
CARTELLIER (Pierre), sculpteur français, né à Paris le 2 déc. 1757, mort à Paris le 12 juin 1831. Fils de Philippe Cartellier, serrurier-mécanicien, il commença ses études à l'école gratuite de dessin, puis entra dans l'atelier du sculpteur Charles-Antoine Bridan, dit Bridan le père. A dix-sept ans, il perdit son père, et fut obligé, pour subvenir aux besoins de sa mère et aux siens, de faire de Tart industriel et de créer des modèles de pendules et de candélabres, pour les fabricants de bronze; pendant près de vingt ans, il lui fallut continuer ce travail. En 1793, il se maria; il épousa Angélique-Geneviève Richard, et seulement trois ans plus tard, en 1796, il exposa au Salon pour la première fois ; son envoi était une simple terre cuite, groupe allégorique de r Amitié arrosant un arbuste; cette figure lui valut un prix d'encouragement. Alors Chalgrin, l'architecte du palais du Luxembourg, confia à Cartellier l'exécution de deux figures en hautrelief, la Vigilance et la Guerre, Le modèle de la Guerre parut au Salon de 1800 ; à cet ouvrage succéda la statue en plâtre de la Pudeur, exposée en 1801 et dont le marbre, exécuté en 1808, fut d'abord placé au château de la Malmaison, puis transporté en Angleterre, après la mort de l'impératrice Joséphine. En 1802, il termina un bas-relief décorant la salle de Diane ou du Candélabre, au Louvre : Les Vierges lacédémoniennes menant des danses en l'honneur de Diane, Il fit ensuite une statue d'Aristide^ exposée au Salon de 1804 et placée dans la salle d'assemblée du Sénat conservateur en 1805, puis une statue de Vergniaud, de proportions colossales, placée dans l'escalier du Sénat ; c'était son œuvre de prédilection. En 1806, parut au Salon la statue en plâtre du Roi de Hollande, Louis Bonaparte^ dans le costume de connétable de France, ainsi que le buste en marbre du premier fils de ce prince, âgé de quatre ans. Il fit, vers la même époque, la sculpture d'un pendentif pour la nef orientale du Panthéon, ayant pour sujet : la force et la Prudence, Le 19 mai 1810, Cartellier fut nommé membre de l'Institut, succédant à Chamdet, mort au mois d'avril précédent. En cette même année 1810, il exécuta pour l'entrée principale du Louvre, du côté de la colonnade, un important bas-relief représentant : la Gloire distribuant des couronnes. En 1811, on plaça dans l'Ecole de droit sa statue de ISapoléon législateur, en costume impériaU Nous devons citer aussi le bas-relief représentant la Reddition d'Ulm, exécuté par Cartellier pour l'arc de triomphe du Carrousel; une statue en marbre du Général Vallmbert (Salon de 1814), érigée sur la grande place de la ville d'Avranches; un bas-relief représentant Louis XIV à cheval, placé sur la façade de l'hôtel des Invalides, en 1815, à l'endroit où se trouvait une semblable composition de Coustou, détruite pendant la Révolution ; une statue en marbre du Général Pichegru exposée au Salon de 1819; une statue colossale de Louis XV, en bronze, érigée à Reims, sur l'emplacement occupé, avant la Révolution, par la statue du même roi, sculptée par Pigalle; une sta!ue de V Impératrice Joséphine à genoux sur son tombeau, monument en marbre
élevé dans l'église de Rueil par les soins du prince Eugène et de la reine de Hollande ; une statue de Minerve faisant jaillir l'olivier, exposée d'abord en plâtre au Salon de 1819, puis, en marbre, à celui de 1822 ; une figure en haut relief, en marbre, de Monseigneur de Juigné, archevêque de Paris, à genoux devant un prie- Dieu, placée, par la famille de ce prélat, dans une des chapelles de l'église N.-D. de Paris; une statue en bronze du directeur des beaux-arts. Vivant Denon, érigée au cimetière du Père-Lachaise, en 1827, par ses neveux Brunet-Denon. Les œuvres de cet artiste qui figurent dans les galeries du musée de Versailles sont les suivantes : Louis Bonaparte roi de Hollande, statue en marbre ; Pichegru, statue en marbre ; Minerve, statue en marbre ; et la statue en marbre de Mpoléon l^^, placée d'abord à l'Ecole de droit. Cartellier fut nommé professeur à l'Ecole des beaux-arts, en 1816. Dans ses dernières années, il travaillait à deux importants monuments laissés inachevés ; l'un était le monument du Bue de Berry, l'autre la statue équestre en marbre de Louis XV, qui devait être érigée à Paris.
Cartellier n'eut que deux filles ; l'aînée épousa le sculpteur Petitot, la seconde, Alexandrine-Charlotte, épousa le peintre d'histoire Joseph Ileim. C'est pour le tombeau de cette fille tendrement aimée, morte en 1825, que Cartellier sculpta le bas-relief en marbre qu'on voit au Père-Lachaise. Cartellier forma de nombreux élèves qui furent, la plupart, des sculpteurs de grand talent ; douze d'entre eux ont obtenu le prix de Rome, ils se nommaient: Rude, Petitot, Roman, Nanteuil, Seurre aîné, Demier, Lemaire, Seurre jeune, Dumont, Lanno, Jalley, Desbœuts. Le tombeau du maître se trouve au cimetière du Père-Lachaise à côté de celui de sa fille, M^^^ Ueim; ses élèves ont contribué à sa décoration sculpturale.
Maurice Du Seigneur.
BiBL. : QuATREMÈRE DE QuiNcv, Nottce Mstorique sur la vie et les ouvrages de Cartellier, lue à la séaace de l'Académie des Beaux-Arts, le 13 oct. 1832. — Emeric David, Discours improvisé aux funérailles de Cartellier le 1^^ juin 1831; Paris, in-4. — Emeric David, Notice historique sur P. Cartellier, statuaire ; Paris, 1836, in-8.
CARTEN N I EN (Géol.) . M. Pomel, après avoir signalé, en Algérie, le grand développement pris par le miocène dans la province d'Oran, où il se montre habituellement isolé et nettement séparé des assises nummuUtiques éocènes, l'a divisé en trois étages : le Cartennien, dont le type est à Ténès (Cartenna), constitué à la base par des grès grossiers entremêlés de poiidingues avec turritelles de grande taille et scutelles, puis par des mollasses coquillières à Ostrea crassissima, suivies de marnes grises à cassure conchoïdale riches en spongiaires et en foraminifères ; VHelvétien dont l'assise la plus constante est fournie par un grès argileux à grands Clypéastres (C. altus, C, fo" Hum, C. marginatus) ; le Sahélien comprenant une série de marnes coquillières et de calcaires sableux à Terebratula grandis, localisés dans le Sahel et sur certains points du littoral algérien. Quelle que soit l'utilité de ces divisions et de cette terminologie locale, pour la géologie régionale, elles ont l'inconvénient de faire double emploi avec d'autres dénominations plus anciennes et d'un usage plus répandu (V. Miocène). Ch. Vélain.
CARTER (William), dessinateur et graveur à l'eauforte, né vers 1630, mort après 1660. II était élève de Wenceslas Ilollar dont il adopta la manière et à plusieurs pièces importantes duquel il paraît avoir collaboré.
CARTER (Richard), amiral anglais, mort en 1692. De 1674 à 1681 il fit une campagne contre les corsaires de la Méditerranée; il prit part à la bataille de Beachy Head (30 juin 1690). Promu vice-amiral de la flotte bleue en 1691, il fut tué au combat de Barfleur (19 mai 1692). Ses compatriotes Pont accusé, sans preuves d'ailleurs, d'avoir à dessein perdu cette bataille.
CARTER (Francis), écrivain anglais, mort à Suffolk le 1^"^ août 1783. On a peu de détails sur sa vie. On sait