‹ La Grande encyclopédieChapitre 204 sur 397 · CARTER — CARTERET · texte numérisé non relu

CARTER — CARTERET

qu'il voyagea en 4772 en Espagne, qu'il fit une belle collection de médailles et de livres espagnols et qu'il fut nommé membre de la Société des antiquaires en 4777. Il a écrit : A Journey from Gibraltar to Malaga (Londres, 4777, 2 vol. in-8, avec de nombreuses planches), et a laissé en manuscrit un Historlcal and critical account of early printed spanisk books,

CARTER (George), peintre anglais, né à Colchester, dans le comté d'Essex, mort en 4795. Il existe à Londres de nombreux tableaux de cet artiste. Un des plus connus est la Mort du capitaine Cooke, gravé par Hall, Thornwaite et Smith. Le Départ et le retour du pêcheur; le Pèlerin de Saint-Jacques sont d'autres compositions également populaires. G. Carter a peint aussi une Adoration des Bergers pour l'autel de l'église de Colchester.

BiBL. : J.-R. HoBBES, Ihe Piclure colleclor^s manual; Londres, 18i9.

CARTER (Thomas), sculpteur anglais. La date de sa naissance n'est pas connue, il mourut le 5 janv. 4795. Il fut d'abord marbrier à Knightsbridge. Le peintre Jervis l'employait à faire des monuments funé) aires. Avec l'aide de cet artiste, il se mit avec acharnement au travail. L'on compte parmi ses meilleures œuvres le bas-relief de Lord Townshend au tombeau qui est à Westminster. Carter fut membre du Comité des artistes qui fondèrent en 4755 l'Académie royale. Paul Lâcour.

CARTER (raissElizabeth), femme de lettres anglaise, née à Deal (Kent) en 4747, morte à Londres le 49 févr. 4806. Fille d'un pasteur anglican, elle perdit sa mère dès son enfance et dut partager l'éducation de ses frères sous la sévère autorité paternelle. D'une intelligence lente, l'enfant, pour venir à bout de la tâche imposée, prenait des doses considérables de thé vert qui la tenaient éveillée une partie de la nuit. Son père lui enseigna le latin et le grec qu'elle avait la réputation de posséder comme le meilleur helléniste. Puis elle apprit l'hébreu, le français, Tallemanfi, l'italien, l'espagnol, le portugais, l'arabe. En 4734, elle débuta au Gentleman' s Magazine par des poésies sous la signature d'Eliza, réunies en un volume en

4738. Un second volume de vers ne parut qu'en 4762. Johnson parle de ces poèmes avec éloge, et Richardson, dans sa Clarisse Harlowe, cite VOde à la Sagesse, En

4739, elle traduisit de Jean-Pierre de Crouzac une violente critique sur V Essai sur V homme de Pope, et la même année de l'italien Algarolti, Newtonianismo per le Dame, sous le titre Sir îsaac Newton^s Philosophy explained for the use of the Ladies in six Dialogues, on Light and Colours. Une traduction des Œuvres d'Epictète parut en 4758. Ses Mémoires furent publiés en 4808. Hector France.

CARTER (John), dessinateur et architecte anglais, né en Irlande le 22 juin 4748, mort à Londres le 8 sept. 4817. Fils d'un sculpteur sur marbre, John Carter montra, dès ses plus jeunes années, une réelle vocation pour la musique, joua de la flûte et, pendant le cours de ses études, écrivit deux opéras (poèmes et partitions) intitulés the White Rose et ihe Cell of Oswald^ dont il peignit même les décors pour une scène d'amateurs. Mais, revenu dans l'atelier de son père, il s'adonna plus particulièrement au dessin et fit les tracés nécessaires aux travaux des ouvriers. Après la mort de son père arrivée en 4764, il entra dans le bureau de Joseph Dixon, surveillant de travaux et maçon, où il demeura quelques années. De 4774 à 4786 il fit de nombreux dessins pour the Builder's Magazine et, dès 4780, sur la recommandation du D*" Lort, Carier fut employé comme dessinateur par la société des Antiquaires de Londres dont il lut reçu membre en 4795 et aux publications de laquelle il ne cessa de donner jusqu'en 4843 des relevés et des études d'anciens édifices religieux. L'œuvre de John Carter, tant pour, cette société que pour divers amateurs ou pour des publications périodiques traitant d'architecture ou d'ar-

chéologie, est des plus considérables et il faut citer, entre autres ouvrages détachés : i^ Spécimens of the Ancient Sculpture and Palnting (4780-94, 2 vol. in-fol., réédité en 4838, in-fol.) ; 2» Views of Ancient Buildings in England (1786-93, 6 vol. in.46, réédité en 4824 en 4 vol. in-46); 3*^ The Ancient Architecture ofEngland (ildD- 4816, in-fol., réédité en 4838 par John Britton). Ce dernier ouvrage comprend d'intéressantes études des ordres d'architecture aux différentes périodes romaine, saxonne et ogivale, ainsi que sous les règnes des souverains qui se sont succédé de Henri IH à Henri VIII. Carter laissa en mourant une fort belle collection de dessins parmi lesquels une série d'études sur les antiquités de l'Angleterre et du pays de Galles, collection qui fut vendue près de 40,000 fr. Charles Lucas.

CARTER (Owen-Browne), architecte et dessinateur anglais, né à Winchester en 4806, mort à Salisbury le 30 mars 4859. Cet artiste, qui passa la plus grande partie de son existence à Winchester où il se distingua dans la pratique de l'architecture, fit, pendant les années 4829 et 1830, un voyage en Egypte et en rapporta de nombreux dessins dont quelques-uns sont conservés au Brilish Muséum et furent publiés sous ce titre : Illustrations ofCairo (48i0, in-fol.). Carter publia aussi des études d'intérêt local, telles que Picturesque Memorials of Winchester (4830) et des notes accompagnées de croquis sur les vitraux de la cathédrale de Winchester, sur l'abbaye de Bernheim, sur les éghses de PintonMeausey, Headbourne, Worthey et Bishopstone. En 4845, lors de la session du congrès de l'Institut royal archéologique tenue à Winchester, Carter, qui fut l'un des secrétaires de la session, lut un mémoire illustré de dessins sur l'église d'East Meon, dans le Ilampshire. Charles Lucas.

BiBL. : Leslie Stephen, Dïct. of nat. biograiohy ; Londres, 1S87, t. IX, in-8.

CARTERET. Com, du dép. de la Manche, arr. de Valognes, cant. de Bariieville ; 523 hab. Petit port de cabotage sur la Manche ; phare et jetée. Paquebots pour Jersey.

CARTERET (sir George), gouverneur de Jersey, né vers 4640, mort en janv. 4680. Neveu du gouverneur de la même île, sir Philippe de Carteret, il lui "succéda en 4643 comme baillif et lieutenant-gouverneur de l'ile, en chassa le major Lydcott, chef des parlementaires, et garda l'île au parti royaliste jusqu'au 42 déc. 4667.^ 11 était renommé pour sa dureté envers ses subordonnés. Après la restauration, il se fit donner des charges très lucratives dont l'éclat contrastait étrangement avec sa mauvaise éducation et son langage vicieux. L. Bougier.

CARTERET (John), comte Granville, homme d'Etat anglais (V. Granville).

CARTERET (Philip), navigateur anglais du xyiii^ siècle, qui fit, de 1766 à 4769, un célèbre voyage d'exploration dans l'océan Pacifique. 11 fut chargé d'accompagner Samuel Wallis dans un voyage destiné à compléter les recherches du commodore Byron. Wallis commandait le Delphin, le navire de Byron ; Carteret montait la corvette 5M;a//ow accompagnée d'une flûte, le Prince- Frédéric. On appareilla de Plymouth le 22 août 4766, on passa aux îles Madère et du Cap- Vert, se dirigeant vers le détroit de Magellan qui fut atteint le 47 déc. Le Prince-Frédéric fut envoyé aux îles Malouines ; les deux autres navires furent arrêtés quatre mois par le mauvais temps dans le détroit de Magellan. A la sortie, le Delphin abandonna Carteret sur le Swallow, trop mauvais marcheur. Le capitaine Carteret, resté seul et presque sans ressources, déploya, dans la suite de cette expédition, une énergie et une intelligence hors ligne. 11 se ravitailla à Mas-a-Fuera, l'une des îles de Juan Fernandez, manqua l'île de Pâques, mais découvrit l'îlot Pitcairn, longea au S. l'archipel des Touamotou et parvint aux îles Santa-Cruz découvertes en 4595 par Mendana et où Lapérouse devait périr ; Carteret, qui l'ignorait, les appela îles de la reine Charlotte ; les insulaires se montrèrent hostiles aux Anglais qui ne

CARTERET — CAHTERJA

purent se ravitailler qu'à grand'peine. Le mauvais élal de son navire empêcha Carteret d'explorer l'archipel des lies Salomon; il découvrit le canal Saint-Georges qui sépare la Nouvelle-Bretagne de la Nouvelle-Islande et dénomma cette dernière île. Il eut encore à combattre les indigènes, mais put se reposer dans cette île, au port qui a conservé son nom. Il découvrit encore le Nouveau- Hanovre, retrouva les îles de l'Amirauté (découvertes en 1656 par les Hollandais) et atteignit en mars 1768 l'île de Célèbes dont il releva la côte occidentale. Presque tous les hommes de son équipage avaient succombé aux fatigues du voyage. 11 les remplaça par des Malais, se ravitailla à Boutaeng, oii le confinèrent les Hollandais, et put enfin faire réparer son navire à Batavia (juin 1768). 11 reprit la mer le 15 sept, et se rendit au cap 'de Bonne-Espérance; il en repartit le 6 janv. 1769, rencontra Je 26 févr. Bougainville, qui, parti après lui, avait fait une traversée analogue, le rejoignait et le dépassait. Carteret aborda à Spithead le 20 août 1769.

BiBL. : Hawkesavorth, An Account of ihe voyages undertaken by Ihe ovdcr of his présent majesty for making discoveries on ihe southern hémisphère ; Londres, 1773; trad. i'r. de Suard. Le récit du voyage de Carteret est joint à celui de Cooke ; Paris, 1774.

CARTERET (Antoine-Alfred-Désiré), homme politique suisse, né à Genève le 3 avr. 1813, mort le 29 janv. 1889. Originaire d'une famille française émigrée pour cause de "religion (son trisaïeul Jacob, habitant Is-sur-Tille, en Bourgogne, reçut, en 1719, la bourgeoisie), Carteret commença au collège et à l'académie de Genève des études littéraires poursui\ les à Paris. L'Association libérale dite du 3 mars (1841), fondée dans le but d'introduire dans le système aristocratique alors dominant quelques modestes réformes, le compta au nombre de ses plus zélés adhérents. Les visées de M. Carteret, beaucoup plus hardies que celles de la plupart de ses collègues, ne furent pleinement satisfaites qu'avec la constitution du 27 mai 1847, regardée par lui jusqu'à sa mort comme le parfait résumé de la sagesse républicaine. Député au grand Conseil dès 1842, président de ce corps en 1846 et 1848, conseiller d'Etat en 1851, membre, à Berne, depuis 1848, du conseil des Etats où il défendit les principes fédéralistes, il n'exerça pas néanmoins pendant cette première période l'ascendant auquel semblaient lui donner droit sa fougue oratoire, l'austérité de son caractère, l'ardeur de ses convictions radicales ; il se détacha graduellement de James Fazy lorsque celui-ci, pour consolider son autorité fort ébranlée auprès des vieux Genevois, contracta une alliance toujours plus étroite avec l'ultramontanisme. La proclamation, en 1870, de l'infaillibilité pontificale et les intrigues ourdies en Suisse parle Vatican fournirent au tribun huguenot, pour sa rentrée aux affaires, un terrain des plus propices. Fidèlement soutenu par l'opinion, il inaugura vis-à-vis des empiétements toujours plus audacieux de Rome une politique des plus énergiques, suspendit, le 30 sept. 1872, de sa cure, M. Mermillod pour usurpation des fonctions épiscopales, donna aux citoyens catholiques le droit d'élire leurs conducteurs spirituels (loi du 19 fév. 1873), enleva aux paroisses leurs anciens titulaires pour refus de serment, supprima les corporations religieuses (23 aoiit 1875) et soutint de son influence politique comme des ressources budgétaires une nouvelle Eglise dite nationale ou libérale, en opposition à celle du Syllabus. L'Eglise protestante fut également transformée par l'abolition de tout formulaire dogmatique (loi du 27 mars 1874). La voix de M. Carteret fut tout aussi écoutée à Berne où, depuis 1868, il siégea au conseil national et joua un rôle prépondérant pendant toute la période du Kulturkampf; jusqu'à sa mort, avec une verdeur que n'avaient point affaiblie les années, il s'opposa à toute mesure de conciliation comme à tout essai de compromis. Les luttes confessionnelles n'ont point entièrement absorbé l'activité politique de M. Carteret. Président du département de l'instruction publique (1870-1887), il a inspiré

la loi du 19 oct. 1872, organisé la Faculté de médecine, doté les autres facultés de chaires nombreuses, transformé la vieille académie de Calvin en université (1875), multiplié les cours publics et gratuits ainsi que les écoles primaires et secondaires rurales, déployé somme toute dans son œuvre favorite plus de sincérité et de bon vouloir que de tact et de capacité administrative. Les procédés autoritaires de M. Carteret et son intransigeance confessionnelle lui avaient aliéné de nombreux partisans, surtout parmi les jeunes radicaux qui, unis aux conservateurs, ont détruit son œuvre pédagogique par la loi du 5 juin 1886 et arboré le drapeau des réformes sociales. Si ébranlé qu'il ait paru en certains moments, le vieil homme d'Etat n'en garda pas moins jusqu'à la fin un incontestable ascendant sur le corps électoral. Pendant ses heures de loisir, il avait écrit des Fables très goûtées pour leur piquante saveur morale en dépit de quelques incorrections de langage (Paris, 1862, 2« éd. 1873) et les Deux AmiSy un roman où sont dépeintes les mœurs de la démocratie genevoise (Genève, 1872). Ernest Strœhlin. CARTE RET-Trécourt (Simon-Hubert), général français, né le 3 janv. 1821 à Rolampont (Haute-Marne), mort à Paris le 5 févr. 1885. Sorti de Saint-Cyr le 21 avr. 1843, comme sous lieutenant d'infanterie, Carteret-Trécourt fut nommé lieutenant en 1848, capitaine en 1853 et chef de bataillon pendant la campagne d'Italie, le 18 juin 1859. il avait été blessé d'une balle sur le champ de bataille de Magenta. Il fut promu lieutenantcolonel en 1863 et colonel le 26 avr. 1865. Il avait pris part à la campagne du Mexique et reçu un éclat d'obus devant la Puebla. Général de brigade, le 12 août 1870, il commandait à Tannée du Rhin la 2^ brigade de la 2« division du 76 corps. A la bataille de Sedan, il fut de nouveau blessé d'un coup de feu. En 1871, le général Carteret-Trécourt avait le commandement d'une brigade du 4« corps de l'armée de Versailles. 11 fut promu au grade de général de division le 30 sept. 1875 et placé à la tête de la division de Constantine. Le 11 févr. 1879, il fut investi du commandement du 12« corps et, le 30 mars 1881, nommé gouverneur de Lyon. A sa mort, le général Carteret-Trécourt était membre du comité de défense et du conseil supérieur de la guerre. Il avait été cité deux fois à l'ordre de l'armée : devant la Puebla et au siège de Oajaca. CARTERIA (Entom.). Genre d'IIémiptères-Homoptères, créé parSignoret(/lnw. Soc. ent. France, 1874, p. lOi), pour la Cochenille qui produit la laque. Cet important insecte (Carteria lacca Sign.) , est le Coccus lacca de James Kerr(P/i/los, Transact.y Lxxi, pp. 374- 383), le Coccus ficus de Fabricius, de Gmelin et d'Olivier et le Chermes lacca d e Roxburgh {AsiaticResearches, 11, 1790, pp. 361-364).

Il vit sur différents arbres dans les régions tropicales de l'Inde, notamment sur les Ficus ifi" dica Lamk et F. religiosa L. (Ulmacées-Artocarpées), VAnona squa-" mosa L. (Anonacées), le Butea frondosa Roxb., ou

Carteria lacca Sign. (t'cmelle lies grossie, d'après Carter).

CARTERÏA — CARTÉSIANISME

Arbre à laque de Malabar (Légumineuses-Papilionacées), le Zizyphus jujuba Latnk (Rhamnacées) et VAleurites laccifera Willd. (Euphorbiacées). Au moment de leur naissance, les larves sont ovalaires-allongées, longues d'environ 25 centièmes de millim., et d'une belle couleur rouge. Elles possèdent six pattes, deux petits yeux marginaux et latéraux, deux antennes de six articles munies de soies trifurquées, et deux longues soies caudales.

Carteria lacca Sign. (larve très grossie).

D'après les observations de II. J. Carter (Ann, and Mag* ofISat. Hist., 3« sér., VII [1861], pp. 4-11 et 364), ces larves éclosent deux fois par an ; elles servent à préparer une laque carminée d'un emploi considérable dans les arts. Dos que les femelles se sont fixées aux branches des arbres en enfonçant leur rostre dans l'écorce, elles grandissent rapidement, elles perdent leurs pattes, leurs antennes et leurs soies caudales, se gonflent et deviennent bientôt piri formes ou sphéroïdales. Ce gonflement est lié avec la production d'une substance résineuse qui exsude en abondance de l'écorce lésée, et constitue la laque vraie, employée principalement pour

Carteria lacca Sign. (femelle incrustée, très grossie).

faire des vernis et des cires à cacheter. Cette laque recouvre complètement l'animal et forme des incrustations suborbiculaires, présentant à leur surface trois orifices disposés en triangle et livrant passage, chacun, à un faisceau de filaments frisés, assez analogues à des poils, que Riley considère comme des filières et Carter comme des trachées externes. Suivant ce dernier auteur, les mâles du Carteria lacca présentent deux formes dif-

férentes selon qu'ils naissent en été ou en hiver. Les mâles d'été sont aptères et pourvus de deux longues antennes pubeseentes, formées chacune de dix articles. Le corps, d'une belle couleur rouge, est terminé par deux longs appendices laineux insérés à la face dorsale de r avant-dernier segment de l'abdomen. Les mâles d'hiver, au contraire, sont pourvus de deux grandes ailes membraneuses, blanchâtres, transparentes, parcourues par deux nervures.

Outre le C. lacca Sign., le genre Carteria renferme deux espèces américaines, le C, larreœ et le C mexi' cana, qui ont été décrites en 1881 par J.-H. Comstock (Annual Report of the Department of agriculture for the year i88i, Washington, 1882). Le C, mexicana a été trouvé sur des branches de Mimosa provenant de Tampico (Mexique) ; le C. larreœ sur le Larrea mexicana Cav., de la famille des Rutacées et du groupe des Zygophyllées. Cet arbuste, appelé vulgairement Arbre à créosote^ est commun au Mexique et dans certaines régions du sud-ouest des Etats-Unis. Il répand une odeur particulière que, pendant longtemps, on a attribué à une sécrétion résineuse abondante dans toutes les parties de la plante. Mais J. W. Stillmann (American naturalist, XIV [1880], pp. 782-787) a démontré que cette exsudation résineuse était identique à la gomme laque des Indes et était provoquée par des piqtires d'insectes (V. R. Rlanchard, les Coccidés utiles^ 4883, p. 50). Ed. Lef.

CARTERIE (Industrie) (V. Carte [Tissage]).

CARTERODON (Paléont.). Nom. donné par Lundà des Rongeurs fossiles du Brésil qui ne diffèrent pas des Nelomys (V. ce mot, FcmMYS et Octodon).

CARTEROIVIACO(Scip.) (Y. Fortiguerra).

CARTERON (Edouard), publiciste français, né aux Riceys (Aube) en 1816, mort à Paris le 23 juill. 1863. Sorti en 1837 de l'Ecole polytechnique, il entra dans la marine et démissionna en 1838. Directeur des archives au ministère des affaires étrangères (1848), consul à Stettin, etc. ; il est surtout connu pour avoir dirigé la publication du Complément de Y Encyclopédie moderne, de lamaison Didot (1856-1862, 12 vol. in-8) à laquelle il donna de nombreux articles.

CARTÉSIANISME. Les doctrines de Descartes n'ont pas toujours eu la môme fortune au xvii®, au xviii* et au xix*^ siècle, et les vicissitudes qu'elles éprouvèrent composent, surtout en France, une bonne partie de l'histoire de la pensée moderne. Descartes, retiré en Hollande depuis 1629, publia en 1637 le Discours de la Méthode, avec trois petits traités scientifiques, la Dioptrique, les Météores et la Géom,étrie, qui sont des essais de cette méthode; en 1641 et en 1644, deux ouvrages latins, Medltationes de prima Philosophia, et Principia Philosophiœ, traduits en français le premier par le duc de Luynes, l'autre par l'abbé Picot, la môme année 1647 ; enfin parut en 1649 le traité des Passions de Vâme, En 1650, Descartes mourait à Stockholm. A Paris, tous les habiles gens et les curieux, comme on disait alors, attendaient de lui une philosophie nouvelle, qu'il leur avait fait espérer en quittant la France, et cette attente était soigneusement entretenue par son correspondant et ami, le P. Mersenne. Depuis des années, ceux que les doctrines d'Aristote ne satisfaisaient plus, n'avaient le choix qu'entre le pyrrhonisme ou le scepticisme, à la façon de Montaigne, Charron, La Mothe Le Vayer, et le dogmatisme de certains novateurs, comme Bruno, Vanini et Campanelia, à moins qu'ils ne prissent la résolution de s'occuper de science pure, sans philosopher. Mais ces philosophes dogmatiques, après avoir annoncé d'abord une science universelle, n'offraient en réalité que des systèmes plus ou moins renouvelés des Grecs, avec quelques propositions hardies qui les rendaient suspects à la théologie régnante ; et les autres faisaient un grand étalage d'érudition, pour avouer finalement qu'ils ne savaient

Page 1