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CARTON

teaux P P', fixés le premier sur le fond d'une boîte cylindrique D, et le second, sur la plaque de ce dernier formant couvercle par rapport au premier. Ce couvercle ne tourne pas, mais avance ou recule de façon à régler l'intervalle compris entre P' et M. Pour cela, il suffit d'agir sur les volants g, mais en empêchant en même temps, au moyen des goujons dd', l'entraînement circulaire

du couverte D par le cylindre E. Les deux côtés de la meule M, ainsi que les plateaux, sont garnis de lames en acier, en nombre égal et à disposition analogue, mais opposée. La pâte mélangée avec de l'eau est amenée au centre de l'appareil par le conduit d, La surface travaillante du plateau est conique ; le passage entre la meule et ce dernier va donc en diminuant de la circonférence au centre.

Prof:

Fig. 2. — Enrouleuse

A leur sortie de cet appareil, les matières sont réduites en une pâte homogène, et propres à être livrées à l'ouvrier pour la fabrication du carton. Tous les procédés employés peuvent être ramenés à trois : 1^ le traitement à la cuve ; 2*^ le traitement à la machine ; 3^ le traitement par la superposition des feuilles par le collage.

i^ Traitement à la cuve. — La pâte obtenue est introduite dans une cuve où elle est mélangée convenablement; deux ouvriers à l'aide de formes en fabriquent de larges feuilles. La couverte des formes est d'épaisseur variable et proportionnée à l'épaisseur du carton que Ton veut obtenir; les fils de laiton qui produisent les vergeures de ces formes sont plus écartés que dans la fabrication du papier, la pâte utilisée étant plus épaisse . Voici comment opèrent les ouvriers : après avoir reçu de l'ouvrier puiseur la forme couverte de pâte, l'ouvrier coucheur la soutient des deux mains jusqu'au moment où le puiseur lui envoie la deuxième forme également chargée ; alors le coucheur applique les deux feuilles l'une sur l'autre en les pressant avec force, la supérieure adhère à l'inférieure, et le coucheur garde la forme, tandis que le puiseur reprend celle qui est vide pour puiser, envoyer et appliquer une troisième feuille. Quand plusieurs feuilles sont ainsi superposées, les deux ouvriers en égalisent les bords, et le coucheur applique sur un feutre le carton qui en résulte. La pression des perses doit être lente pour ne pas déformer le carton que le leveur délisse immédiatement, c.-à-d. qu'il procède à l'enlèvement des pâtons de corps étrangers, Touvrier remplace le vide ainsi occasionné par un peu de pâte qu'il prend dans la cuve. Quand quelques porses sont levées, on met le carton sous presse, on égalise la surface, et l'on fait sécher.

^^ Traitement â la machine. — Dans la fabrication à la machine, on a d'abord cherché autant que possible h se rapprocher du procédé précédemment décrit, au lieu de coucher les feuilles sur des feutres séparés et superposés, en les détachant sur un feutre continu où elles seraient pressées et élevées successivement : c'est cette idée qui a donné naissance à la machine Piette aujourd'hui abandonnée, mais dont le principe, repris et radicalemenii; transformé, nous a donné la machine que nous allomi décrire.

Enrouleuse de carton. Nous citerons de préférence la machine de M. Camus qui donne d'excellents résultats do fabrication (fig. 2). La pâte s'écoule du pulpengine raffmeur dans la caisse ou auge en bois A, où l'agitateur B achève son mélange. La pâte est déversée par lo bac B, dans la caisse, complètement ouverte sur l'avant,. Son fond est raccordé par un tablier en caoutchouc E, avec le dessus de la toile sans fin en fil de laiton, sur laquelle se forme le carton. Celle-ci passe sur un cylindre en cuivre rouge F, et passe sur plusieurs séries de rouleaux g. L'eau qu'elle contient tombe à travers la toilo dans une bâche en bois 1. La largeur du carton est limitée de chaque côté par une bande de caoutchouc sans fin k passant sur un cylindre K^. La tension de cette bande se fait par Taxe de la poulie IP rendu mobile dans une coulisse. La hauteur de la couche de pâte ou l'épaisseur de carton à obtenir est réglée par deux couteaux en bronze mm\ La tension de la toile / est obtenue au moyen de deux rouleaux, jf dont on règle la hauteur. Pour produire lo mouvement de va-et-vient de tout l'ensemble, on a relié par une bielle d^ la tringle d^ à un plateau-manivelle d^ (fig. de détail) , dont l'axe p est commandé par le cône-

CAUTON

poulie P. L'amplitude des oscillations est réglée par le coulisseau # à manneton. Lorsque la toile sans fin a amené la pâte au-dessus des derniers rouleaux g, le carton est assez consistant pour ne plus s'étaler ; on en retire alors l'eau encore contenue. Pour cela, la toile sans fin passe au-dessus des caisses en bois o, dans lesquelles on établit un courant qui aspire Feau de la pâte; l'eaa de mélange de ces caisses s'écoule par le tuyau a*

Au delà du bâti H, la toile métallique passe sur le rouleau h, et ensuite entre un cylindre creux en fonte g, et les cylindres en bronze K et S. Deux contrepoids q^ servent à augmenter encore la pression du cylindre q sur le carton. Lorsque le carton a atteint l'épaisseur voulue, le cylindre q vient en contact avec deux galets U^ Le rochet u^ décl anche un levier qui frappe sur un timbre U ; un index i)ermet de régler l'épaisseur du carton. L'ouvrier introduit alors une alêne dans une rainure du cylindre ç, et coupe le carton dans toute sa longueur; celui-ci est alors reçu sur une table placée en avant de la machine. Il est découpé longitudinalement, et les fragments sont empilés sur une presse hydraulique qui enlève l'eau restante. Le carton sortant de la machine est ensuite coupé encore humide, les feuilles sont placées dans un wagonnet qui se rend sous la presse hydraulique Les paquets de cartons ainsi mis en contact ensemble quatre par quatre, sont séparés les uns des autres au moyen d'un feutre fin ou d'une toile métallique. Ayant ainsi formé une pile de l^'SO environ de hauteur, on introduit le wagonnet sous la presse hydraulique qui peut produire une pression de trois cents atmosphères. Sorti de la presse, le carton ne contient plus que 25 o/o de son eau qui est évaporée dans un séchoir que nous allons décrire.

Séchoir du carton, La figure 3 montre une disposition du séchoir adoptée par M. Behreud, directeur de la papeterie de Varzin en Poméranie. Dans cette disposition, le plancher intérieur du canal séchoir se trouve à ras du plancher de la chambre; les parois A, B, C, D, sont doublées, et leurs intervalles remplis de mousse. A l'une des extrémités, le canal est sans plancher sur une longueur de 4 m., mais l'espace en est occupé par des tuyaux de chauffage de 90 millim. de diamètre, et formant serpentin divisé en vingt-quatre spires alimentées par la chaudière; l'eau de condensation se rend dans un récipient g. Le courant d'air est produit par un ventilateur que l'on peut placer à un point quelconque de la fabrique, pourvu que sa conduite d'aspiration en bois f se trouve dans le plancher A de la chambre à sécher, pour sortir par le canal. Les cartons p marchent dans le sens opposé, c.-à-d. entrent par la porte h et sortent en i. La marche des cartons s'effectue de la manière suivante : un des bords des cartons est fixé par des pinces en bois entre deux lattes, dont les extrémités saillantes reposent sur l'axe de deux paires de roulettes ou galets en fer. Sur les cloisons latérales D et B sont ménagés des chemins l avec rails en fer plat, qui se prolongent assez loin en dehors des portes h et i pour pouvoir porter à l'extérieur de chaque extrémité un des chariots K courant sur les rails. Ceux-ci sont tellement rapprochés, qu'il en sort un en i, dès qu'il en entre un autre en h. Aussitôt qu'un chariot est sorti avec le carton séché, il est monté sur le couvercle c pour retourner vers l'entrée,

et être chargé de nouveau ; le chariot K étant de nouveau chargé à l'extrémité de la voie /, on ouvre les portes, on fait entrer et on retrouve de nouveau à l'autre extrémité un chariot de carton sec. L'air entre à environ 60^ dans le canal, et en sort à 30<^ environ. Sorti du séchoir, le carton ne pourrait cependant encore être laminé, car il est tout gondolé, et se casserait. On l'humecte alors légèrement pour le passer au laminoir où il reçoit un bel apprêt ; on le passe en général deux fois à cet appareil, et finalement il est porté à la machine à couper pour recevoir des dimensions exactes.

3^ Procédé par la superposition des feuilles. — C'est par ce procédé que l'on obtient le carton le plus beau, le bristol par exemple ; on le prépare en collant avec de l'empois d'amidon et à la brosse, douze à quinze feuilles de papier. Pour la fabrication des boîtes, on emploie du carton, dont les faces sont recouvertes de papier de diverses couleurs- M. Field, en Amérique, a fait breveter une machine pour la préparation mécanique de ce carton. Le papier qui doit recouvrir le carton se développe d'un rouleau au-dessns des sécheurs de la machine à carton, le papier reste tendu par une poulie à friction placée dans Taxe du rouleau, il passe sur un cylindre alimenté de colle de pâte puisée dans une caisse, et prend ainsi la quantité de colle nécessaire, puis il est collé à la main sur la bande de carton passant sur les sécheurs. En Allemagne, M. Behreud,

directeur de la papeterie de Varzin, ne transforme pas son bois en pâte pour fabriquer le carton, il emploie tout simplement le bois défibré qu'il travaille comme dans le procédé ordinaire pour le transformer en carton, le séfabrication qui Dans ces der-

Séchoir.

chage seul est spécial à ce genre de

donne un produit excessivement léger.

nières années, on a eu l'idée de fabriquer le carton en

interposant entre deux feuilles de papier des lamelles

de bois enlevées au rabot. Ce procédé est économique,

Fig. 4. — Appareil à mesurer les épaisseurs du carton.

puisqu'on substitue à la pâte, le bois d'un prix moindre, il est très dur et peu hygrométrique, il est surtout employé pour les métiers système Jacquard .

Appareil k mesurer les épaisseurs de carton. — Cet appareil (fig. 4) donne instantanément la mesure exacte de l'épaisseur de la feuille pincée par le petit arbre a

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