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CARTON

avec pas-de-vis avançant à chaque tour de bouton b de 0"^0005. Aussitôt qne le centre mobile de l'arbre a touche le carton, le volant c s'arrête par l'effet d'un ressort agissant sur le centre, et indique sur sa circonférence les centièmes de millimètre pour les épaisseurs audessus de 1 millim. La disposition du ressort empêche l'écrasement du carton, la pression cessant aussitôt que le centre de l'arbre a est en contact avec le papier.

Applications. — Le carton a reçu d'importantes applications dans les arts j c'est là peut-être qu'il a trouvé primitivement son principal emploi, car la peinture à fresque réclamant un enduit frais de chaux et de sable, il en résultait une nécessité absolue de ne pas perdre de temps et de reporter sur le mur un dessin de grandeur d'exécution. (V. ci-dessous, § Peinture).

C'est surtout dans l'industrie que le carton subit une foule de transformations qui permettent de l'employer presque partout et de rendre les mêmes services que les métaux. On fait avec la pâte de carton des coussinets pour machines à vapeur, des paliers pour transmissions, des roues de wagon, des maisons, etc. En Angleterre, M. Szerlemy prit, il y a quelques années, un brevet pour la préparation d'un carton possédant les propriétés des métaux ; il prend du carton, il le trempe dans une solution dont il a le secret et prétend, avec ce carton ainsi préparé, faire des cuirasses de vaisseaux, des canons, des essais comparatifs ont été faits avec le fer et le bois; et tous ont tourné à l'avantage du carton. Le pouvoir de résistance d'un pouce de cette préparation correspond à dix pouces du chêne le plus dur, ce carton a sur le fer et le bois la propriété de ne s'oxyder ni de pourrir, il est absolument incombustible et imperméable. Un Américain, dans un canot construit avec cette matière, a entrepris le voyage de Québec au golfe du Mexique, soit une distance de 2,500 milles, le canot pesait 58 livres. Par le même procédé, on fabrique le cuir artificiel connu sous le nom de panonia, qui est aujourd'hui beaucoup employé. Dans l'est des Etats-Unis, depuis l'immense incendie de Chicago en 1871, on emploie beaucoup de carton fabriqué par la Roch River paper pour protéger les maisons de bois contre l'incendie. Dans la pile contenant la pâte pour la fabrication du carton, on ajoute les agents chimiques qui doivent le rendre incombustible. On couvre de ce carton incombustible les murs extérieurs et les charpentes des maisons de bois, on recouvre ce revêtement de planchettes ou tuiles de bois (Weather boards); de même pour l'intérieur. Après l'incendie de Chicago, la compagnie Roch River paper recouvrit dix mille constructions, au prix de 5 dollars l'une. Le carton est encore employé pour les toitures, on le rend imperméable par un trempage dans du goudron. Les matières premières de cette fabrication doivent être Spongieuses, la qualité de ce carton dépendant de la quantité de goudron absorbée et retenue. Le carton est fabriqué suivant la méthode ordinaire ; à la sortie du séchoir, on le passe dans ua bain de substances goudronneuses ou autres. Ch. Girard,

II. Imprimerie. — Feuillet d'impression que l'on refait après coup, pour remplacer dans un ouvrage des parties fautives ou un passage que l'auteur ne veut pas y laisser subsister et qu'on encarte au moyen d'un onglet. L. K.

III. Tissage. — Carton Jacquard, L'action de la mécanique/ac^ziarûî (V. ce mot), pour déterminer la levée dos fils lors du tissage des étoffes façonnées, se règle au moyen de feuilles rectangulaires de carton que l'on enlace les unes à la suite des autres de manière à en former une chaîne sans fin qui vient passer sur le prisme (souvent appelé cylindre) à quatre faces, lequel, à chaque action, fait un quart de tour et vient s'appliquer contre les aiguilles. Les crochets en relation avec celles de ces aiguilles qui trouvent devant elles un trou percé dans le carton sont saisis par la griffe et levés, les autres, dont les aiguilles sont repoussées par les parties pleines du carton, restent baissées. Les cartons

ont les mêpaes dimensions que les faces du prisme sur lesquelles ils se fixenfe*au moyen de tétons ou pédones qui pénètrent dans des trous spéciaux percés dans les cartons, lesquels sont munis en outre de trous plus petits (trous d'enlaçage) qui servent à les lier les uns aux autres ; les trous des aiguilles sont percés par rangées verticales, qui se succèdent en allant généralement de gauche à droite, le premier trou se trouvant en haut de la rangée de gauche. On donne le nom de carton matrice à un carton dont tous les trous d'aiguilles sont percés ; il ferait lever tous les crochets et tous les fils de la chaîne. En appliquant un semblable carton sur un autre, remplacement de tous les trous se trouverait déterminé et on pourrait percer les uns et laisser les autres pleins, d'après l'évolution de duite que l'on veut produire. Mais, dans la pratique, ce perçage se fait d'une manière plus rapide au moyen de machines spéciales et d'un semple dans lequel le dessin a été lu par l'opération du Usage (V. ce mot). Dans les anciennes mécaniques, construites en bois et dont on fait encore un fréquent usage, les trous des cartons sont assez espacés, ce qui oblige à donner aux cartons des dimensions relativement grandes qui, outre leur renchérissement, occasionnent des difficultés en raison des variations de longueur qu'ils éprouvent par suite de l'humidité; il peut arriver que les trous ne correspondent plus exactement aux aiguilles et qu'il se produise des défauts dans le tissu. On s'est efforcé dans les Jacquards de construction plus mécanique, de rapprocher les aiguilles afin de réduire les cartons ; dans l'un des types, très employé dans le Nord, la distance d'axe en axe des trous est réduite à 4 millim. au lieu de 6,8 environ, ce qui permet d'établir un carton correspondant à 880 aiguilles, sur 26 centim. de long et 7 centim. de large, au lieu de 50 centim. de long sur 8,8 centim. de large qu'il aurait eu pour 750 crochets seulement; dans le type courant de Lyon, construit en bois. On a cherché aussi à remplacer les cartons par du tort papier,, soit par une disposition spéciale des crochets, soit plutôt!, comme dans la mécanique Verdol, par l'adjonction d'un mécanisme spécial recevant l'action du papier pour la transmettre aux aiguilles. (Quoique d'une construction assez délicate, ces appareils ont été passablement employés pour les tissus nécessitant un grand nombre de cartons et notamment pour la fabrication des châles dits cachemires français dans le rayon de Saint-Quentin. P. Goguel.

IV. Peinture. — Modèle d'une composition destinée à être peinte à fresque, exécutée en tapisserie, en mosaïque, sur vitraux, etc. Le papier fort sur lequel les anciens artistes exécutaient ce genre de composition se nomme en italien cartone ; c'est de là qu'est venu le mot carton, A l'origine, l'usage des cartons fut réservé à la fresque ; dans ce genre de peinture, les retouches ne sont pas possibles et il est indispensable d'exécuter du premier coup. On décalquait donc le carton sur l'enduit frais et afin de rendre le contour indélébile, on l'incrustait dans l'enduit par un tracé à la pointe.

Les cartons des maîtres du xvi^ siècle ont tout l'intérêt de véritables tableaux. Parmi les plus célèbres sont ceux où Michel-Ange et Léonard de Vinci retracèrent, l'un un épisode de la guerre de Pise, l'autre la bataille d'Anghiari pour la décoration du palais public à Florence. Michel-Ange avait représenté l'assaut donné à Florence par les Pisans, au moment où les Florentins se baignaient dans l'Arno; Léonard de Vinci avait représenté un groupe de cavaliers se disputant un drapeau. Ces cartons excitèrent une si vive admiration qu'ils furent l'objet d'une exposition publique, honneur fatal à l'œuvre de Michel-Ange, qui fut mise en pièces par un lâche rival. Il existe cependant une copie de ce carton, par Bastiano de San Gallo (1542) et une gravure par le Schiavonetti. Après ces cartons, il faut citer celui de Raphaël pour la fresque de V Ecole d'Athènes conservé à / la bibliothèque Ambrosienne de Milan et ceux que le maître

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