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CASEMATE

sont d'une construction peu coûteuse ; placées comme à Gerniersheim et au fort Wallington entre le parapet et Tescarpe, elles présentent l'avantage et l'inconvénient inverses. Un dispositif du même genre peut servir pour abriter des canons lorsqu'ils doivent tirer sous de grands angles ; on augmente la sécurité des pièces en fermant ces caves à la partie antérieure, soit par un mur en maçonnerie, soit par une cuirasse métallique qu'on perce d'une embrasure. — Les casemates à canons proprement dites sont armées de pièces qui doivent lutter contre les batteries ennemies en faisant usage du tir de plein fouet. Elles sont, à cet effet, établies sur les parapets, en vue des positions de l'adversaire. Dans cette situation, elles se trouvent exposées plus que toutes les autres aux coups de l'artillerie ; aussi est-il nécessaire de leur donner une solidité exceptionnelle. Pendant longtemps on s'est contenté d'en fermer la tête par un mur en maçonnerie plus ou moins épais. Le général Haxo imagina d'appuyer sur ce masque un parapet en terre percé d'une embrasure de manière à ne laisser à découvert qu'une partie aussi faible que possible de la maçonnerie. Les progrès de l'artillerie ont rendu cette disposition insuffisante et il a fallu demander aux métaux une protection que la terre et la pierre employées seules ne pouvaient plus donner. 11 Casemates cuirassées.

Les Anglais se sont servis les premiers de plaques de fer pour protéger la lête des casemates à canons. Ci'est à la suite de la guerre de Crimée, après avoir vu les tours en pierre de Malakoff et les forts de Bomarsund succomber à un bombardement de quelques heures, qu'ils ont commencé leurs essais. Les autres nations les ont bientôt suivis dans cette voie et ont expérimenté les systèmes les plus variés. Ces dispositifs s'appellent des boucliers ou des cuirasses, d'où le nom de casemates cuirassées. On essaya d'abord d'appliquer ces cuirasses contre la maçonnerie ; mais, outre qu'il est très difficile de les fixer à la pierre, la maçonnerie, qui n'est pas élastique, ne résiste pas aux vibrations intenses des plaques et est très rapidement désorganisée avant même que ces dernières soient brisées. Les cuirasses des navires, appuyées à une muraille en bois, ayant donné de meilleurs résultats, on a songé à interposer entre les plaques et la maçonnerie une paroi formée de pièces de bois et agissant à la façon d'un matelas pour amortir les chocs. Tels sont le bouclier adopté en Autriche pour les ouvrages en pays de montagnes et celui imaginé par le général Brialmont pour les fortifications d'Anvers. Ces matelas de bois ayant paru trop élastiques, on a augmenté leur rigidité, soit en les soutenant par des étais métalliques, soit en introduisant le fer dans leur construction. Le type le plus curieux de ce système est le bouclier Hughes, dont le matelas est composé de bandes de fers en U bourrées de chêne teck et disposées sur trois épaisseurs. Ces bandes sont horizontales dans les premier et troisième rangs et verticales dans le deuxième. Beaucoup d'ingénieurs refusant d'avoir recours pour

Fig. 3. — Casemate Grùson. -

des fortifications permanentes au bois dont la durée est assez limitée, ont préféré chercher la solution du problème dans la solidité exceptionnelle des supports. On peut citer dans cet ordre d'essais le bouclier de Gibraltar et celui du fort Breackwater, dit à la Drummond-Jervois. Le premier se compose de trois épaisseurs de plaques superposées qui s'appuient sur sept fers à double T horizontaux supportés eux-mêmes par des étais en tôle verticaux ; le second comprend également trois plaques qui ont chacune 0'^i25 d'épaisseur et laissent entre elles des intervalles de môme dimension remplis d'un mastic très tenace (Iron concrète). Le pourtour de l'embrasure est renforcé par une quatrième plaque, ce qui porte l'épaisseur totale à 0"^50. Cette cuirasse s'appuie sur des supports verticaux composés chacun de deux madriers en fer séparés par une poutre de bois dur et reliés entre eux par des boulons. Ces supports sont scellés à leurs deux extrémités dans le seuil de l'embrasure et dans la douelle de la voûte. Les différentes parties du bouclier sont réunies les unes aux autres par des boulons, système Palliser, qui diffèrent du type ordinaire en ce que la tige est enveloppée d'un cylindre de bois de frêne et que l'écrou est séparé de la contre-plaque par une couche de caoutchouc

vulcanisé et une rondelle en orme. — La cuirasse Schumann, qui rentre dans la catégorie des boucliers établis sur appuis rigides, se distingue des dispositifs de cette espèce par l'addition d'un matelas formé d'une double rangée de rails Yignole placés horizontalement et s' enchevêtrant les uns dans les autres. Tous ces boucliers exigent l'emploi de boulons qui affaiblissent les plaques et sont facilement brisés par le choc des projectiles malgré les perfectionnements apportés dans leur construction ; en outre, les écrous et les rondelles projetés violemment à l'intérieur deviennent une mitraille très dangereuse. On a essayé, pour supprimer les boulons, de remplacer les plaques formées d'une seule pièce , soit par des poutres horizontales superposées et assemblées, à rainures et languettes (bouclier Thornycroft), soit par deux épaisseurs de plaques pénétrant les unes dans les autres par des entailles en queue d'aronde (bouclier à la Lancaster), soit même par des rails placés sur plusieurs couches jointives. Mais ces dispositifs se sont montrés moins résistants que les plaques en un seul morceau à cause de la multiplicité des joints qui sont une cause de faiblesse plus sérieuse encore que les trous de boulons.

Des résultats plus satisfaisants ont été obtenus avec la cuirasse Grûson. C'est une sorte de carapace qui recouvre toute la partie antérieure de la casemate et dont les formes fuyantes favorisent les ricochets. La paroi de tête se compose d'un petit nombre de pièces juxtaposées, en fonte durcie, dont l'épaisseur dépasse 4 m. au pourtour de l'embrasure. Ces plaques sont entaillées à la partie supérieure pour servir d'appui à celles de la toiture qui sont également en fonte ; les unes et les autres reposent d'autre part sur des massifs en maçonnerie ou en béton de ciment. La toiture est recouverte de béton de ciment

Profil d'une batterie fixe cuirassée, pour canon de 21 centim.

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