‹ La Grande encyclopédieChapitre 223 sur 397 · CASEMATE — CASERNE · texte numérisé non relu

CASEMATE — CASERNE

et de terre. On obtient la fonte durcie au moyen du coulage en coquilles. Le métal en fusion est versé dans un moule à parois conductrices et maintenues par un courant d'eau froide à une basse température ; il en résulte un refroidissement brusque des couches superficielles qui produit une sorte de serrage augmentant à la fois la dureté et la ténacité de la matière. La casemate française est analogue au type Grûson. L'embrasure y est réduite au minimum ; elle peut, en outre, être masquée par une masse en fonte dure, nommée verrou^ qui est en équilibre avec un contrepoids et à laquelle on peut communiquer un mouvement vertical de va-et-vient au moyen d'une manivelle et d'un appareil de transmission.

11. Chasse. — En langage de vénerie, ce terme tiré de l'art de la fortification désigne la partie la plus reculée du terrier, on dit eficore YaccuL C'est une cavité de près de 70 centim., faite en rond et dans laquelle les renards et les blaireaux se retranchent pour faire tôte aux chiens après qu'ils ont été délogés des autres trous de leur terrier.

CASEMBROODT (Jean de, seigneur de Beckerzeel), homme politique belge, né à Bruges, mort à Vilvorde en 4568. H devint de bonne heure secrétaire du comte d'Egmont et ne tarda pas à acquérir une grande influence sur lui, ce qui le rendit suspect à Marguerite de Parme, gouvernante-générale des Pays-Bas. Il fut un des promoteurs du compromis des nobles en 1566, assista à l'assemblée de Saint-Trond la même année, et fut délégué à l'entrevue de Duffel où les confédérés obtinrent que l'Inquisition serait suspendue et qu'eux-mêmes auraient toute sécurité ; de leur côté, ils s'engagèrent à rétablir l'ordre dans le pays. Le comte d'Egmont et son secrétaire déployèrent dans la poursuite des iconoclastes une énergie qui ressemblait à de la cruauté. Cet excès de zèle ne devait les sauver ni l'un ni l'autre. Arrêté presqu'en même temps que son maître, Casembroodt fut mis à la torture, condamné à mort par le conseil des troubles et exécuté. E. H. BiBL. : FopPENS, Bibllotheca belgica; Bruxelles, 1739, 2 vol. in-4. — Gachard, Corresponclixnce de Philippe 11 ; Bruxelles, 1848-1879,5 vol. in-4.~ Groen van Prinsterer, Archives de maison a'Orange-Nassau ; Leyde, 1835-1864, 15 vol.in-8.

CASEMBROODT (Abraham), peintre, graveur sur cuivre et professeur d'architecture du milieu du xvii® siècle. On connaît surtout de cet artiste quelques tableaux de la Passion conservés dans l'église Saint-Joachim de Messine, et aussi des vues de la Sicile qu'il dessina et grava. Ch. L.

BiBL. : Bryan, Dict. of painters^ etc., nouv. édit.; Londres, 188i, t. I, in-8. ^

CASENAVE (Antoine), homme politique français, né à I Lambeye (Basses-Pyrénées) en 1763, mort à Paris en 1818. 11 fit partie de la Convention, vota pour la détention du roi Louis XVI et fut chargé de plusieurs missions. 11 prit place également au Conseil des Cinq-Cents, concourut, après le 18 Brumaire, à l'élaboration de la constitution consulaire, fut membre du Corps législatif sous l'Empire et siégea finalement en 1815 à la Chambre des représentants. A- Debidour.

CASENAVE (Antoine-Mathurin), magistrat et jurisconsulte, né à Lembeye (Basses-Pyrénées) le 14 mars 1803. D'abord juge-suppléant, puis juge au tribunal civil de la Seine (13 juil. 1837), M. Casenave fut appelé le 22 mars 1848 aux fonctions de vice-président près ce même tribunal. Investi d'une haute autorité, il occupa ce poste jusqu'en 1852, sans autre interruption que celle motivée en 1849 par son court passage au ministère delà justice en qualité de secrétaire général. Nommé conseiller à la cour de Paris le 11 mars 1852, et président de chambre le 24 févr. 1860, il entra, comme conseiller à la cour de cassation (ch. civ.) le 17 juil. 1869. Sur sa demande il a été admis à la retraite le 6 juil. 1876, avec le titre déconseiller honoraire. On lui doit une intéressante Etude sur les Tribunaux de Paris de i789 à iSOO (Paris, 1873, t. 1, in-8, le seul paru). Casimir Cheovreux.

Bibl. : Le Tribunal et la Cour de Cassation. Notices

sur le personnel (1791-1879). Imprim. Nat, 1879, in 8- — Discours de rentrée à la Cour de Cassation par M. le procureur général Renouard, 3 nov. 1876.

CASENEUVE. Com. du dép. de Vaucluse, arr. et cant. d'Apt; 510 hab.

CASENEUVE (Pierre de), historien, jurisconsulte et lexicographe français, né à Toulouse en 1591, mort en 1652. Ses ouvrages sont : Traité du franc-alleu (Toulouse, 1641, in-4) ; la Catalogne française, où il est traité des droits du roi sîir les comtés de Barcelone et Roussillon (Toulouse, 1644) ; Caritéeou Cyprienne amoureuse (in-8) ; Origine des Jeux floraux (Toulouse, 1669, in.4) ; Origines de la langue française (Paris, 1694, in-fol.) à la suite du Dictionnaire étymologique de Ménage, fondu avec le texte de Ménage dans les éditions suivantes). Il a laissé en manuscrit un Traité de la langue provençale ^i une Histoire des favoris de France, Medon a écrit sa vie, imprimée dans les Yitœ selectœ de Gryphius, '

Bibl. : Nicéron, Mémoires, t. X VIIL — Lelong, Bibliot, hist. de la France.

CASENTINO. Nom de la vallée supérieure de l'Arno (Toscane) jusqu'à son étranglement entre le Prato Magno et la Catenaïa. Cette région, bien que montueuse, est fertile et renferme plus de 40,000 hab. Elle est très pittoresque.

CASENTINO (Jacopo Laudini da), peintre et architecte italien, connu aussi sous le nom de Jacopo da Prato- Vecchio, né à Prato-Vecchio vers 1310, mort vers 1390. Elève de Taddeo Gaddi, il parvint à une grande réputation et fut chargé de décorer Toratoire d'Or San-Michele à Florence; il travailla ensuite à Prato-Vecchio, Poppi, Arezzo, peignant à fresque des scènes de vie de saints (saint Martin, saint Barthelerai, saint Dominique, saint Augustin) ; il rétablit l'aqueduc romain d'Arezzo (1354). La National Gallery de Londres possède de lui une Assomption de saint Jean, Jacopo da Casentino fut en 1349 le principal fondateur de la confrérie de peintres de Saint-Luc.

CASERETTE (V. Fromage).

CASERNE. L Architecture.— Edifice affecté au logement des troupes, qu'il s'agisse d'infanterie, de cavalerie ou d'artillerie. Les casernes proprement dites ne semblent pas avoir existé dans l'antiquité; car les troupes étaient

Fig. 1. — Plan du Camp des soldats à Pompéi.

logées, soit dans des camps fortifiés établis à cet effet, si ces troupes opéraient en rase campagne ou si elles étaient préposées à la garde de provinces frontières ou à l'attaque d'une place ; soit chez Thabitant ou dans les dépendances

CASERNE

Rez de chaussée

des [portes et des murailles fortifiées des \illes, si ces troupes constituaient une garnison de renfort appelée à soutenir un siège. On peut, d'après les descriptions des auteurs anciens, apprécier toute Fimportance comme lieux de casernement des murailles de Carthage et des autres places de guerre de l'Afrique phénicienne, murailles dont l'épaisseur et la hauteur permettaient d'abriter dans plusieurs étages intérieurs superposés, l'eau et les vivres destinés à l'approvisionnement des troupes, les munitions et les machines de guerre, les chevaux et enfin les soldats chargés de la défense. Dans l'Empire romain, les légions, généralement cantonnées sur les frontières de l'empire, habitaient des camps retranchés dont quelquesuns ont donné par la suite naissance à de véritables villes ; mais on ne peut douter que la garde prétorienne n'ait eu à Rome même, sous le nom de castra prœtoriana, une véritable caserne qui, primitivement établie en dehors de l'enceinte, s'y trouva comprise lors de l'agrandissement de celle-ci sous l'empereur Aurélien. Le type probable des casernes anciennes, type qui s'est conservé quoique n'ayant pas été affecté à cet usage pendant le moyen âge, est l'édifice dont les ruines existent encore à Pompéi sous le nom de camp des soldats (V. fig. 1). On remarque, dans ces ruines, des chambres ouvrant sur un portique disposé sur les quatre côtés d'une cour intérieure pouvant servir aux exercices militaires, mais qui, à Pompéi, servait probablement, au momentde la destruclion de cette ville, à ceux d'une troupe de gladiateurs. La villa Adrienne, à Tivoli, et le palais de Dioclétien, à Spalatro, renfermaient de véritables casernes et les stations militaires du N. de l'Afrique connues, à l'époque byzantine, sous le nom de monastères, étaient, elles aussi, des casernes. — L'architecture du moyen âge n'offre pas d'édifices d'un type spécial affectés au logement des troupes ; mais on ne peut nier que certaines enceintes fortifiées de grande importance ne présentent, dans les ruines de leurs portes, de leurs tours et surtout de leurs donjons, tous les éléments (mais bien réduits d'échelle) nécessaires à l'habitation permanente des garnisons. Depuis deux siècles, l'importance prise par les nombreux services affectés au logement des troupes dans les villes a nécessité l'étude de dispositions spéciales dont les premières règles, dues à Vauban, seront données cidessous (II. Administration militaire) et suivant l'emplacement des casernes, l'arme des troupes à loger et la nature des matériaux, les casernes sont parfois devenues de remarquables édifices, tels que les casernes de la garde républicaine de la rue de la Banque et du boulevard Morland, à Paris, et la caserne Saint-Charles, à Marseille (V. fig. 2). Charles Lucas.

IL Administration militaire. — Au commencement du xvii^ siècle, les casernes étaient des espèces de réduits bâtis de loin en loin sur les remparts des places fortes et servant de corps de garde pour six hommes. L'ordonnance du 44 août 4623 prescrivit aux villes qui se trouvaient sur les lignes d'étapes, d'entretenir des maisons non habitées pour le logement des troupes en marche. C'est ce que

Premier étage

Fig. 2. — Plan de la Caserne Saint-Charles à Marseille.

nous appelons aujourd'hui des casernes de passage (V. Billet de logement). Mais les soldats en garnison continuaient à être entassés dans les réduits cités plus haut ou à être logés chez les habitants. La première ordonnance qui s'occupe réellement du casernement date du 3 déc. 4694 ; elle prescrivait que les gardes françaises seraient logés dans les faubourgs de Pa'ris. Une caserne fut commencée pour eux par les soins de la municipalité, mais elle ne fut achevée qu'en 4746. Une autre ordonnance du 44 oct. 4724 autorisa les villes à faire construire des casernes, pour décharger les bourgeois du logement militaire. Enfin, l'ordonnance du 29 janv. 4764 décida que les gardes françaises seraient casernes dans trois ou six corps de bâtiments. On entreprit la même année la construction de onze casernes aux frais de la ville. Après la Révolution, on utilisa les couvents pour le logement des troupes ; les noms du Bon-Pasteur, de l'Ave-Maria, des Célestins, etc., donnés à ces nouvelles casernes, rappellent leur origine.

Une caserne construite d'après les premières règles données par Vauban, était un long bâtiment à un ou deux étages, placé entre deux cours et coupé dans toute sa longueur par un mur de refend divisant chaque étage en deux parties égales complètement séparées. Ces parties étaient à leur tour subdivisées par des cloisons en chambres uniformes. Un escalier aboutissant à une lanterne desservait quatre chambres et donnait accès sur les deux cours. Le mur de refend a été remplacé plus tard par un corridor sur lequel s'ouvraient toutes les charabres. C'est la disposition que nous trouvons encore dans les

anciennes casernes dites à la Vauhan» Leur ventilation est insuflSsante. Les écuries, les cuisines, l'infirmerie, les latrines sont ordinairement établies dans les bâtiments qui servent au logement de la troupe. Ces défauts sont surtout apparents dans les casernes monumentales construites à Paris sous le second empire (casernes Napoléon, du Château-d'Eau, des Célestins). Ces bâtiments à quatre ou cinq étages disposés autour d'une cour et dans lesquels les chambres des hommes se trouvent au-dessus des écuries et des latrines, sont de véritables foyers d'épidémie. Toutes les règles d'hygiène ont été sacrifiées au désir d'élever de grands monuments à belles façades. En 4873, le comité des fortifications a adopté un type plus rationnel, d'après lequel on a construit les nouvelles casernes. Les pavillons, qui peuvent contenir environ un bataillon, sont isolés et ont au maximum deux étages partagés en chambres pour 24 hommes. Les chambres ont 44^^60 de largeur sur 7 de longueur ; elles sont éclairées par quatre fenêtres (deux sur chaque façade) et communiquent toutes entre elles. Il y a habituellement trois escaliers par pavillon; les sergents sont logés deux à deux dans des chambres qui s'ouvrent sur les paliers. Au rez-de-chaussée se trouvent les chambres des sergents-majors et les lavabos adoptés depuis 4872. Les combles mansardés forment un troisième étage. Les locaux accessoires (poste de police, salles de discipline, cuisines, écuries, latrines) sont établis dans des pavillons séparés. Lorsque l'infirmerie n'est

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