CASSE — GASSE-COKE
dans lesquelles chaque lettre doit entrer dans une police ; c'est le nom d'un ensemble de caractères. Une police de
400,000 lettres pour des ouvrages courants en français sera ainsi subdivisée :
Lettres bas de casse, ainsi nommées parce que ce sont les lettres ordinaires qui se placent dans le bas
de la casse 70.500
Doubles (fi, fl, ffl, etc.) 1 .650
Accents (à, é, ù, etc.) 4.450
Ponctuations (, ; !, etc.) 7 . 500
Grandes capitales (A, B, G, etc.).. . 8.000
Petites capitales (a, b, c, etc.). . . . 5.000
Chiffres (4, 2, 3, etc.) 3.200
Total 400.000
Pour les lettres de bas de casse, la proportion d'une police est à peu près 5,000 a pour 800 b, 3,000 c, 400 ç, 3,000 d, 44,000^, 5,000 z, tandis qu'il n'y a que 500^, 400 % et 200 k. On voit tout de suite que ces proportions doivent changer selon l'origine et l'orthographe de chaque langue, et si, par exemple, sur une police de 400,000 caractères, il n'y a que 200 k pour le français, il y en aura 2,500 pour le hollandais. Nous avons parlé de la police d'un ouvrage courant, il est évident que pour les ouvrages scientifiques, pour les ouvrages qui renferment des formules et des calculs, il faut d'abord un plus grand nombre de chiffres et, en outre, des signes tels que : les \/, les /, les [ ], les ( ), les S, etc.
Il faut, en outre, une casse spéciale pour V italique. Le classement des lettres dans la casse est au fond le même que celui qui figure dans le manuel de Fertel, publié en 4723 et qui remonte sans doute beaucoup plus haut. 11 était très rationnel alors, car, à l'origine et pendant de longues années encore, on faisait usage d'un certain nombre de lettres minuscules et de signes particuliers ; mais la suppression successive de ces caractères laissa des cassetins libres dans lesquels les ouvriers, pour ne pas changer l'ordre auquel ils étaient habitués , placèrent presque au hasard les quelques lettres introduites depuis, ainsi que des signes de ponctuation, de sorte que la classification générale de la casse devint et est restée tout à fait vicieuse. Il y aurait donc lieu de la réformer ; c'est ce qu'a tenté de faire, il y a près de cinquante ans, Théotiste Lefèvre, l'un des typographes les plus autorisés de notre temps ; il a calculé le nombre de mouvements en trop que nécessitait l'ancien rangement et, par une nouvelle disposition très logique, a trouvé le moyen d'économiser environ vingt-trois journées de travail par année. Son classement place tous les caractères dans un ordre raisonné et déterminé par des calculs rigoureux. En dehors de quelques imprimeries, Lefèvre a inutilement cherché à faire adopter son système ; il n'a pu vaincre la routine. L. Knâb.
CASSE (Eugène-François-Germain), homme politique français, né à la Pointe- à -Pitre (Guadeloupe) le 23 sept. 4837. Il était au nombre des étudiants qui, pendant la seconde partie du second Empire, firent une vigoureuse opposition républicaine au gouvernement. En 1866, à la suite du congrès socialiste et libre-penseur de Liège, auquel il avait pris part, M. Germain Casse fut, par décision du conseil supérieur de l'instruction publique, exclu de toutes les facultés de droit de France. Il fut rédacteur de la plupart des petits journaux de combat qui parurent en ce temps-là au Quartier latin. Le 9juil. 4870, il fut condamné à deux mois de prison pour afiiliation à la « Société internationale des travailleurs». Elu chef de bataillon de la garde nationale au commencement du siège, en 4870, il démissionna après l'échauffourée du 34 oct., et reprit sa place dans la presse. M. Germain Casse n'adhéra pas officiellement à la Commune de 4874, mais ses sympathies n'étaient pas douteuses. Le 5 oct. 4873, les électeurs de la Guadeloupe
l'envoyèrent à l'Assemblée nationale en remplacement de M. Rollin, démissionnaire. Il obtint 6,063 voix contre 2,500 données à M. Paul Granier de Cassagnac, candidat impérialiste. Dans cette assemblée, il fit partie de l'Extréme-Gauche. Aux élections générales du mois de févr. 4876, pour la Chambre des députés, il fut élu dans le XIV^ arrondissement de Paris, au deuxième tour, le 5 mars, par 7,654 voix. Il fut l'un des 363 députés qui protestèrent par leur vote contre le coup d'Etat du 46 mai 4877. Après la dissolution de la Chambre, malgré le candidat ofiîciellement soutenu par le gouvernement du maréchal Mac-Mahon, il fut réélu par 7,009 voix. Il fut encore nommé député de cet arrondissement le 24 août 4884 par 7,685 suffrages. Aux élections générales du 4 oct. 4885, porté au premier tour sur la liste des républicains modérés, il était inscrit sur la liste de concentration républicaine qui passa tout entière, au deuxième tour de scrutin, le 48 du même mois. Il obtint 286,060 voix sur 444,360 votants. M. Germain Casse qui, dans les deux dernières assemblées, faisait partie de l'Union républicaine et de la Gauche radicale, votait cependant très souvent avec l'Extrême- Gauche. Il ne s'est pas présenté aux élections du 22 sept. 4889. Il a été nommé gouverneur de la Martinique le 20 oct. 4889. Louis Lucipia.
CASSE DE Bellecombe (Y. Bellecombe [Jean-Antoine- Cyriaque]),
CASSEAU (Typogr.). Boîte à compartiments servant à contenir certains caractères particuliers, le trop-plein des casses ou les sortes excédantes. Il prend quelquefois le nom du caractère qu'il renferme (V. Casse). CASSE-BRAS (V. Lin).
CASSE-CHAINE. Appareil d'un emploi peu fréquent, en raison des complications de montage qu'il entraîne et qui a pour but de déterminer l'arrêt des métiers à tisser mécaniques chaque fois qu'un fil de la chaîne vient à se casser. Les casse-chaînes se composent d'une série d'aiguilles en tôle de fer, suspendues chacune à l'un des fils et au-dessous desquels oscille une règle qui, à chaque extrémité de sa course, soulève une pièce spéciale se mouvant elle-même en face d'un ressort. En cas de rupture d'un fil, son aiguille cessant d'être soutenue s'abaisse et arrête la règle ; la pièce mobile n'étant plus soulevée vient buter contre le ressort qu'elle dégage et qui, en se détendant, ramène la courroie motrice sur la partie folle. Les casse-chaînes s'appliquent plus fréquemment aux ourdissoirs (V. ce mot), mais dans le travail du coton seulement. P. Goguel.
CASSE-COKE. Comme son nom l'indique, le casse-coke sert à réduire en petits morceaux le coke de gaz pour foyers domestiques, et le coke métallurgique pour fonderies, sucreries, etc. Dans la plupart des casse-coke mécaniques actuels, on se sert de la compression pour briser le coke; malheureusement, cette compression a pour inconvénient de produire beaucoup de poussière. On a alors imaginé un appareil nouveau et mécanique dans lequel le cassage s'opère de la même façon qu'à la main, c.-à-d. à la massette. Dans l'appareil de MM. Durand et Chapitel, le cassage s'opère à l'aide de petites massettes, semblables à celles des ouvriers, avec cette différence, toutefois, c'est qu'au lieu de frapper comme à la main le coke répandu à terre, et par conséquent soutenu, il le frappe à la volée et dans le vide. Une description sommaire de l'appareil en fera, du reste, saisir facilement le très simple mécanisme. Un arbre horizontal porte une série de cinq rondelles de fonte parfaitement fixes sur l'arbre et écartées entre elles de 4 centim. Un trou est* pratiqué dans chaque rondelle, près de la circonférence, et un boulon, engagé dans les trous, sert à relier les rondelles de fonte et à porter la pièce principale, qui est la massette citée plus haut. Deux rondelles renferment une massette et uu boulon ; donc, quatre boulons et quatre massettes pour tout l'appareil. Cette massette est, à pro-