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CASSE-COKE — CASSEL

prement parler, un fléau en acier ou en fonte de 4 centim. d'épaisseur et taillé en deux tranchants comme une hachette à double tranchant. Par une de ses extrémités, qui forme le manche, le fléau oscille follement sur le boulon qui le supporte et, à l'aide de la vitesse imprimée à l'arbre et aux rondelles, il est emporté par la rotation et finit par se tendre de façon à présenter à l'œil l'aspect d'une

Casse-coke de MM. Durand et Çhapitel.

pièce fixe. Une trémie placée au-dessus du système permet l'introduction du coke qui, en tombant, est rencontré par les massettes, cassé et projeté contre les barreaux fixes, placés en fer à cheval autour du mouvement. La production peut s'élever jusqu'à 3,000 hectol. par jour avec une dépense de 0 fr. 60 par tonne de coke dur. Le casse-coke tourne à quatre cents tours, on lui adjoint ordinairement un cribleur tournant à vingt-cinq tours par minute. Le cassage de 10 hectol. de gros coke au moyen de cet appareil a donné 4,50 hectol. de coke moyen, 4,0 de petit, 0,65 de grésillon, 0,75 de poussière et 0,10 de perte. L. Knab.

CASSE-FONTE (Métal.). On se sert dans les fonderies de casse-fonte pour briser les morceaux de fonte ou d'acier trop volumineux pour être cassés à la masse à main. Les casse-fonte sont restés à peu près ce qu'ils étaient, il y a trente ans, sauf dans les usines où l'on a utilisé des appareils hydrauliques ou employé la poudre et la dynamite pour briser certaines grandes pièces difficiles à manœuvrer et à apporter sous les casse-fonte. On peut disposer un casse-fonte partout où il est facile d'accrocher une paire de moufles ou une poulie dont la corde vient d'un bout s'accrocher sur le tambour d'un treuil, et de l'autre soutient un mouton en fonte qu'on laisse tomber au moyen d'un déclic, lorsque ce mouton a été élevé à une certaine hauteur. Mais quand le casse-fonte doit servir fréquemment à briser de grosses gueuses ou des pièces défectueuses, d'un trop gros volume pour être refondues dans les fours ordinaires ou pour être cassées à la masse à main, on est amené à écarter les appareils des bâtiments et des passages où se trouvent les ouvriers pour éviter, en même temps que les accidents possibles, d'ébranler les terrains et par suite les constructions trop rapprochées. Dans ces conditions, les casse-fonte sont organisés à l'aide d'un trois-pieds solidement construit en bois de chêne plutôt qu'en bois de sapin et armé de poulies qui conduisent le câble ou la chaîne auxquels le mouton est accroché. La hauteur du casse-fonte atteint jusqu'à 15 et 20 m. ; elle est d'autant plus grande et l'on donne au mouton d'autant plus de poids que les pièces à casser sont plus grosses. Les formes adoptées pour le mouton sont celles d'un cylindre ou d'une poire coulés avec un anneau en fer qui sert à les suspendre. Quand le treuil n'est pas installé entre

deux des jambes du trois-pieds, on se sert utilement d'un treuil ordinaire. L. Knab.

CASSE6RAIN (Guillaume), sculpteur français du xvii« siècle. Cassegrain a été au nombre des statuaires qui ont pris part aux travaux de Versailles ; il était surtout chargé de moulages d'œuvres importantes. On le voit, en 1666, faire le moule du buste du Roi, œuvre du cavalier Bernin ; ce travail lui fut payé 1,200 livres, d'après les Comptes des bâtiments. Il moule ensuite VHercule Farnèse, plusieurs antiques venant de Rome, et le groupe de Niobé, Il a exécuté un grand nombre d'ouvrages du même genre pour les palais royaux ; il a encore moulé, en plâtre et en cire, la Flore et le Laocoon, Cet artiste laborieux, sur lequel on trouve peu de renseignements, est sans doute l'auteur d'un certain nombre de moulages exécutés d'après des statues qui sont placées dans les jardins de Versailles ou au Louvre.

BiBL. : Jal, Dictionnaire. — Guiffrey, les Comptes des Bâtiments du roi,

CASSEL (Castellum, Castellum Menapiorum, Casletuni; en flamand Kessel). Ch.-l. de cant. du dép. du Nord, arr. d'Hazebrouck, sur le mont Cassel, colline argiloferrugineuse, isolée, haute de d57 m. formant un plateau de 1,200 m. de long sur 200 à 300 m. de large ; 3,839 hab. Stat. du ch. de fer du Nord (à 3 kil. 1/2 de la ville), ligne d'Hazebrouck à Dunkerque. — Tanneries; corroieries, teintureries.

La situation du mont Cassel au milieu de la plaine flamande le prédestinait à devenir un centre important. De nombreux vestiges témoignent, en effet, qu'il a été habité depuis l'époque la plus reculée. Avant la conquête romaine, les Menapii en avaient fait leur ville principale et, après la prise de possession du pays, les vainqueurs y établirent leur poste avancé. 11 subsiste encore un fragment des murs du castellum romain au N.-O. de la terrasse de l'ancien château du moyen âge. Cassel était alors le carrefour de sept routes allant au pont d'Estaire, à Aire, à Thérouanne, à Boulogne par Watten, à Mardyck, à Zuydcoote, à Poperingue. Ces routes sont connues dans le pays sous le nom de Steenstraete. Saccagée à la fin du iv® siècle, elle fut encore plusieurs fois en butte aux insultes des Normands. Le comte de Flandre Arnoul le Vieux la releva de ses ruines et reconstruisit les fortifications vers 928. Elle fit depuis lors partie du comté de Flandre et en subit les vicissitudes. Lors de la guerre suscitée en 1071 par Richilde, veuve de Baudouin VI pour la tutelle d'Arnoul lll, Cassel prit parti pour Robert le Frison, qui vainquit et tua son compétiteur dans une grande bataille livrée sous les murs de la ville. En 1127, elle fut prise par Guillaume d'Ypres; en 1213, par Philippe- Auguste; en 1297, par Philippe le Bel. En 1328, Cassel s' étant associée à la révolte des communes flamandes contre le comte Louis de Nevers, attira sur elle l'armée de Philippe de Valois qui, après une sanglante bataille (V. plus loin), livra la ville au pillage. Plusieurs fois encore, pendant les guerres anglaises, la ville eut à subir le pillage et l'incendie ; prise par les Anglais sous Charles Vï, elle fut reprise par Olivier de Clisson. Louis XI l'incendia en 1477, dans sa lutte contre les Flamands. Au siècle suivant, elle fut occupée à trois reprises par les Gueux en 1566, en 1575 et en 1584. A la fin de la guerre de Trente ans, Cassel fut prise par les Français commandés par Gaston d'Orléans ; elle fut reprise par les Espagnols en 1656, mais deux ans plus tard Turenne et le maréchal de Créquy la leur reprirent de nouveau et en firent raser les fortifications. Louis XIV les fit rétablir en 1672 ; la guerre de Dévolution amena de nouveau les armées sous les murs de Cassel, et le 11 avr. 1677 le prince d'Orange fut attaqué dans la plaine par l'armée française qui y remporta une éclatante victoire (V. plus loin). Le traité de Nimègue assura définitivement à la France la possession de Cassel. Le général Vand anime y est né.

GÂSSEL

De telles vicissitudes ont laissé debout à Cassel peu de monuments anciens : L'église, souvent remaniée, est sans intérêt architectural. L'ancien hôtel de ville (mon. hist.), qui sert aujourd'hui de justice de paix, de dépôt des archives, de musée et de grenier au blé, est un élégant édifice de 1604, restauré de nos jours. L'hôtel de la Noble Cour (mon. hist.), ancien siège de la cour féodale, du magistrat de la ville, et des Etats de la Flandre maritime, est l'hôtel de ville actuel ; c'est une construction du xvi<^ siècle. De la collégiale de Saint-Pierre de Cassel, fondée en d 072, ne subsiste que la crypte où se conserve la pierre tumulaire de son fondateur, Robert le Frison. Elle est située dans l'enceinte de l'ancien castellum romain, transformé au moyen âge en château féodal et converti par Louis XIV en une citadelle bastionnée. De la terrasse, qui est aujourd'hui un jardin public, on voit un immense panorama, l'un des plus vastes de l'Europe, trente villes et plus de cent villages, de Douvres à Armentières et de Thérouanne à Ostende. On y a élevé une pyramide commémorative des trois batailles de Cassel. — Ancien hôtel du duc d'Halluin (xvihe siècle) ; maison du général Vandamrae, entourée de beaux jardins ; ancienne église des jésuites (xvii^ siècle), occupée par les frères de la doctrine chrétienne. Collège communal. Hospice des vieillards, reconstruit dans le style flamand après un incendie en 1852. — Le musée établi dans l'ancien hôtel de ville est intéressant à cause des antiquités locales qui y ont été recueillies.

Batailles de Cassel. —Le 24 août 1328, Philippe VI, venu au secours du comte de Flandre, Louis de Nevers, vainquit les Flamands sous les murs de Cassel. Le roi avait amené les milices des communes de Normandie, de Picardie et de Champagne et 17,000 hommes d'armes commandés par le connétable Gaucher de Châtillon. Il vint camper sous les murs de Cassel. Les Flamands, commandés par Zennequin, campèrent sur la colline oii s'élève la ville. Ils insultaient le roi qu'ils nommaient le roi trouvé et sur leur étendard, représentant un coq, on lisait ces vers :

Quand ce coq chanté aura Le roi Cassel conquérera,

Zennequin essaya de surprendre les Français ; le 23, il fit dénoncer le combat pour le 25 ; étant donnés les usages chevaleresques du temps, cela équivalait à la conclusion d'une trêve de deux jours. Zennequin, déguisé en marchand de poisson, vint observer le camp ennemi ; il vit qu'on négligeait de s'y garder. Aussitôt rentré, il fit prendre les armes aux Flamands. Divisés en trois corps, ils marchèrent sur le camp ; un corps attaquait le quartier du roi de Bohême, le second celui du comte de Hainaut, le troisième celui du roi. Surpris à deux heures après midi, pendant la sieste, le roi s'éveilla en sursaut et s'arma ; ses hommes se rallièrent autour de l'oriflamme. Au bout de peu de temps, les chevaliers enveloppèrent les Flamands et en firent un grand carnage ; 18,800 périrent. La ville de Cassel fut prise et brûlée.

Le 11 avr. 1677 l'armée française commandée par le duc Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, vainquit à Cassel le duc Guillaume d'Orange. Louis XIV, ayant pris Valenciennes, assiégeait Cambrai et avait envoyé son frère assiéger Saint-Omer. Guillaume arriva avec ^5,000 hommes et se porta à Cassel, projetant d'attaquer le plus faible des deux corps français, celui du duc d'Orléans. Mais il fut prévenu ; le duc de Luxembourg vint amener au duc d'Orléans, les mousquetaires, les grenadiers à cheval et huit bataillons. Ainsi renforcé, le frère du roi marcha à l'ennemi. Guillaume d'Orange s'était affaibli en détachant sur sa droite un corps afin de ravitailler Saint- Omer, tentant de masquer ce mouvement en déployant une partie de ses forces le long d'un ruisseau qui séparait les deux armées. Luxembourg enfonça ce rideau de troupes tandis que le maréchal d'Humières attaquait la gauche et le duc d'Orléans le centre. La seconde ligne ne

tint pas mieux que la première; 4.000 Hollandais et Espagnols furent tués, 8,000 pris avec 13 canons et le convoi qui devait ravitailler Saint-Omer. Cambrai se rendit le 17 avr., Saint-Omer le 20. Louis XIV, jaloux de son frère, ne lui donna plus de commandement.

BiBL. : DE Smyttère, Topographie de Cassel, 1828 et 1853, in-8. — Du même, les Seigneurs de Cassel, dans le t. IX (1866) du Bulletin de la commission hist. du dép. du Nord.

CASSEL. Géographie. — Ville d'Allemagne, royaume de Prusse, ch.-l. de la prov. de Hesse-Nassau, ancienne capitale (jusqu'en 1866) de l'électorat de Hesse, sur la Fulda, dans une large plaine, sur le versant de trois petites collines, à 156 m. d'alt. ; 64,083 hab. (en 1885). C'est une assez grande ville au point de contact de chemins de fer importants qui la relient à Franc-^ fort, Hanovre, etc. Les principaux quartiers sont: la vieille ville (Altstadt) sur la rive gauche de la Fulda, avec de petites rues étroites, et ses places du Marché et de l'église Saint-Martin ; la nouvelle ville basse (Unterneustadtjy le seul quartier à droite de la Fulda, relié au précédent par un beau pont de 89 m. de long bâti de 1788 à 4804. Bien que souvent inondé, ce quartier est bien bâti, autour du Marché au bois ; la nouvelle ville haute (Oberneustadt) est située au-dessus de la vieille ville dont la sépare le Friedrichs Platz, place de 324 m. de long et de 151 de large avec, au centre, le monument du landgrave Frédéric H, et à gauche de la Fulda dont la sépare un vaste parc oti s'élève l'Orangerie. Ce quartier, situé sur le flanc du coteau du W^einberg, renferme le château de Bellevue; plus à l'O. s'étend le quartier de Hohenzollern, quartier neuf sillonné par de larges rues, en pente le long de la colline, limité au N. par la vaste gare de chemin de fer. A l'E. de la vieille ville est le quartier de la Liberté (Freiheit) qui allonge du S. au N. ses rues, assez régulières. Le centre de la ville entre la vieille ville et la gare est marqué par une belle place circulaire, la place Royale {Kœnigsplatz, 131 m. de diamètre) et, plus à l'O., par le Friedrichs- Wilhelmsplatz, sur lequel s'embranche une large allée avec de beaux tilleuls. La rue Royale (Kœnigsstrasse), qui va de la place Royale au quartier des Hohenzollern, est très belle, elle a 1,500 m. en ligne droite. Les huit églises de Cassel (sept protestantes) n ont rien de bien remarquable, même l'église Saint-Martin où sont les tombeaux des électeurs. Le palais des électeurs, entre les places Frédéric et Royale, comprend une partie élevée en 1769, une autre en lô21. Le vieux château des landgraves, bâti en 1277, s'élevait entre la vieille ville et la Fulda, à l'O., il brûla en 1811 ; la place en est occupée par un grand palais de justice. Le long de la place Frédéric, au S.-O. du palais, sont le Musée avec une bibliothèque de plus de 100,000 volumes et l'école militaire. Attenante au château de Bellevue est la galerie de peinture avec une des plus belles collections d'Europe (Rubens, Van Dick, Jordaens,F. Hais, Rembrandt, Ruisdael, Ribera, Titien, etc.).

Les principales industries de Cassel sont la fabrication des machines et la fonte du fer; un grand nombre d'autres fabrications y sont pratiquées. Le commerce, prospère, est activé par les deux foires annuelles et le marché de laine. Cassel est le siège du 1 1® corps d'armée allemand et des différentes autorités de la prov. de Hesse-Nassau, — La population comprend 11/12 de protestants, 1/12 de catholiques. Contigu à la ville est le beau parc de Karls Aue ; à une lieue, le château de Wilhelmshœhe.

Histoire. — Cassel, mentionné d'abord à l'occasion d'un séjour qu'y fit le roi Conrad 1®^ en 913, fut érigé en ville au xiii^ siècle par les landgraves de Thuringe. La nouvelle ville basse remonte au landgrave Henri l^"^ (f 1308), le quartier de la Liberté et l'église Saint-Martin à Henri H. Fortifiée par le landgrave Philippe le Magnanime, démantelée peu après (1547), fortifiée de nouveau, elle progressa surtout au xvii® siècle sous le landgrave Charles qui établit le parc de Karls Aue avec le château de l'Orangerie, installa les huguenots

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