‹ La Grande encyclopédieChapitre 239 sur 397 · C.UAiNDE EXCY(>LOPi:i)lE. — IX · texte numérisé non relu

C.UAiNDE EXCY(>LOPi:i)lE. — IX

Acacia Farnesiana Willd. {rameau fleuri et capitules détachés).

mineuses-Mimosées, dont les fleurs, jaunes et très odorantes, dites Fleurs de Cassie, servent à la préparation d'une essence très employée en parfumerie (V. Acacia). II. Horticulture. — VAcacia Farnesiana Willd. est cultivé en Europe sous le climat de l'oranger et surtout en Italie et en Provence. 11 est très peu ornemental avec ses rameaux épineux et ses petites fleurs jaunes en boule, mais ses fleurs répandent un parfum délicieux et sont l'objet d'un commerce important : elles entrent dans la composition des bouquets et l'industrie en retire, à froid, une huile essentielle (huile à la cassie), qui sert à parfumer les pommades ou à faire des extraits. La culture se fait en terrain de bonne qualité, enrichi d'engrais, léger et profond, à l'abri des vents du nord. Les jeunes plants, venus de gi'aines dans des pots, sont mis en place, au printemps, à 2 ou 3 m. les uns des autres, et arrosés pour en assurer la reprise. De bonne heure on commence à leur donner, par la taille, la forme en gobelet qui rend la cueillette des fleurs plus facile et plus économique. Lorsque la plantation est installée, les soins annuels de culture consistent en labours et binages au printemps et, dans le courant de l'été, buttage des pieds avant les froids, et, après l'hiver, taille des arbustes; on supprime les gourmands et rabat les pousses qui ont produit des fleurs l'année précédente. Les fleurs s'épanouissent successivement de juillet à décembre. Elles sont récoltées chaque jour et vendues de 4 à 6 fr. le kilogr. Un arbuste de force moyenne donne 1 à 2 kilogr. de fleurs par an. G. B.

CASSIEN (Saint), évêque d'Autun, né à la fin du m^ siècle ou au commencement du iv®, à Alexandrie en Egypte. Il fut instruit dans la foi chrétienne par Zenon et Hilaire, devint de bonne heure évéque d'Orta en Toscane ou de Tortose en Phénicie, vint ensuite à Marseille et se rendit à Autun, appelé soit par Rhétique, soit par Simplice. Il monta peu après sur le siège épiscopal de cette ville, administra le diocèse pendant environ vingt ans, et mourut vers le milieu du iv® siècle. Son tombeau devint l'objet d'une grande vénération ; de nombreux malades y venaient, au temps de Grégoire de Tours, chercher la guérison. Son corps fut transféré solennellement, vers 840, à Saint-Quentin, et, en 845, déposé, en

CASSIEN — GASSINE

présence de Charles le Chauve, dans la crypte de Tégiise abbatiale. L'Eglise célèbre sa fête le 5 août. L. Lex.

CASSIEN (Jean), instituteur du régime monastique en Occident, docteur du semipélagianisme. — La date de sa naissance est diversement rapportée entre 350 et 360. Suivant Gennadius, il serait né en Scythie ; mais la plupart des commentateurs induisent de ses écrits qu'il est né en Occident, peut-être en Provence. Même incertitude et mêmes différences sur Tépoque de sa mort. Suivant la légende de saint Prosper, il vivait encore en 433 ; Rivet place sa mort en 434 ou 435 ; d'autres, entre 440 et 458 ; Baillet et Dupin prétendent qu'il a vécu quatre-vingt-dix-sept ans. Sa première jeunesse se passa dans le monastère de Bethlehem ; vers 390, il obtint la permission d'en sortir pendant sept années, pour aller avec Germain, son ami, visiter les anachorètes de la Thébaïde. Après un séjour de sept ans dans ces déserts, principalement à Skété, ils revinrent à Bethlehem, qu'ils quittèrent encore pour un deuxième voyage à Skété. — En 403, on trouve Cassien à Constantinople ; il y reçut les enseignements de saint Jean Chrysostome, qui l'ordonna diacre et lui donna un poste de confiance dans son église. En 405, après l'exil de Chrysostome, il fut chargé par une partie du clergé de Constantinople d'aller à Rome, pour solliciter l'intercession d'Innocent l^'^ en faveur de l'évêque persécuté. Cassien paraît s'être fixé dès lors en Occident. En 414 ou 415, il fonda à Marseille deux monastères, l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes. Le premier est célèbre sous le nom de Saint-Victor, qu'il prit plus tard. On assure que cinq mille moines y vivaient sous la discipline de Cassien. — Les ouvrages qui lui appartiennent incontestablement sont : un traité en douze livres De Instituas renunUantium, écrit vers 420, à la demande de Castor, évêque d'Apt; Collationes patrum in Scithico eremo commorantium, vingt-quatre conférences ; De incarnatione Chrisii^ contre Nestorius, traité composé, vers 429, à Ja demande de Léon 1^', alors diacre de l'église de Rome. D'autres œuvres lui ont été attribuées, mais avec peu de probabilités : De Spirituali medicina monachi ; — Theologica confessio; — De Conflictu virtutum et vitiorum.

Comme son titre l'indique, le traité De Institutis concerne l'institution monastique. C'est un exposé de préceptes sur le costume, la nourriture, les travaux et les exercices religieux des moines. Les Collationes relatent les souvenirs dh séjour de Cassien en Egypte et de ses entretiens avec les pères du désert, sur' la perfection ascétique et sur les moyens d'y parvenir. Dans le premier de ces ouvrages, Cassien professe que le genre de vie des anachorètes est le seul qui permette de vaincre les vices. Du second, il semble résulter que, comme beaucoup de ses contemporains, il considérait l'état des solitaires comme plus saint encore que celui des cénobites. — Quoiqu'il y ait eu des ermites et même des monastères en Occident, notamment à Lieugé, Marmoutiers et Lerins dans la Gaule, avant la fondation des couvents de Marseille, Cassien est souvent appelé ï organisateur du monachisme en Occident. Il doit ce titre à la valeur de ses ouvrages ascétiques, qui contiennent non seulement l'apologie des monastères, mais des préceptes judicieux sur leur organisation. Il est incontestable qu'ils ont exercé une action très puissante sur le développement du régime monastique. Saint Benoît avait ordonné de les lire quotidiennement; saint Thomas d'Aquin en faisait sa lecture favorite. Les fondateurs des ordres des chartreux et des jésuites les ont tenus pareillement en grande estime. Les jansénistes eux-mêmes : Arnauld d'Andilly a emprunté aux Collationes la plupart des matériaux de son livre sur la Vie des pères du désert, — Cependant la doctrine exposée dans la troisième et la treizième partie des Collationes avait été vivement attaquée par saint Augustin et par Prosper d'Aquitaine; elle contient

renonciation du semipélagianisme (V. ce mot). On signale aussi dans les œuvres de Cassien des indices d'origénisme (V. Origène), à propos de la création des anges et de la nature de l'âme. Le concile romain, sous Gélase, mit tous ces livres au rang des apocryphes, les considérant comme suspects. La meilleure édition qui en ait été faite est celle d'Alard Gazée ; Alardus Gazœus (Douai, 1616, 3 vol. in-8 ; Arras, 1628, in-lol.), reproduite avec des notes considérablement augmentées {Paris, 1642, in-foL). — Quelques églises ont honoré Cassien comme saint. E.-H. Vollet.

BiBL. : CoLOMiÈs, Gallia oriéntalis ', La Haye, 1665, in-4. — Baillet, Vie des saints ; Paris, 1701, 3 vol. in-fol. — Histoire littéraire de la France, t. III, pp. 215 et suiv. — GuizoT, Cours d'histoire moderne, t. I. — Wig- CERS, De Johanne Cassiano: Rostock, 1824, in-4. — L.-Fréd. Mever, J. Cassien, sa vie et ses écrits; Strasbourg, 1840, in-8.

CASSIEN (Victor-Désiré) , dessinateur français contemporain, né à Grenoble en 1808. On doit à cet artiste d'excellentes illustrations publiées dans les ouvrages descriptifs du Dauphiné. On peut citer, parmi ses suites de dessins les plus remarquables, celle du Guide du voyageur à la Grande-Chartreuse ; V Album du Dauphiné; la Description des mollusques fluviatiles et terrestres du départ, de l'Isère ; {'Iconographie de la fontaine monumentale de Chambéry ; V Album du Vivarais; VOrnithologie du Dauphiné ou Description des oiseaux observés dans cette contrée (Grenoble, 2 vol. in-8, avec texte par H. Bouteille). Ces ouvraees ont paru entre 1835 et 1855. Ad. T.

CASSIER (Bot.). Nom vulgaireduCa55m/Î5^MkL., qu'on appelle également Canéflcier, et du Cassia Sophera L., dont les graines sont employées à l'île Maurice pour la teinture en noir, sous le nom de Graines de Cassier (V. Casse). — Le Cassier des Poitevins est le Ribes nîgrum L. (V. Cassis). Ed. Lef.

CASSIÈRE (Jean I'Evesque de la), cinquantième grand maître de l'ordre de Malte, né en 1502 en Auvergne, mort à Rome le 21 déc. 1581. D'abord grand maréchal de l'ordre et chef de la langue d'Auvergne, il succéda en janv. 1572, dans la maîtrise, à Pierre del Monte. A la fin de 1580, une conjuration se forma contre lui parmi les chevaliers qui, dans une grande assemblée, décrétèrent son arrestation et lui donnèrent pour lieutenant le chef du complot, Maurice de l'Esco, surnommé Romegas, général des galères. L'affaire ayant été portée devant le pape Grégoire XIII, Cassière et Romegas se rendirent à Rome, où un tribunal fut aussitôt constitué. Mais avant que la sentence eût été prononcée, Romegas mourut, au mois de déc. 1581, Le pape Grégoire décida alors la réintégration de Cassière dans ses fonctions. Ce fut pendant la maîtrise et sous la direction de ce personnage que l'on bâtit dans la cité Valette, à Malte, l'église de Saint-Jean- Baptiste, à laquelle il fit don de 1,000 écus de revenu, le palais des grands-maîtres et plusieurs autres édifices. CASSIGNAS. Corn, du dép. du Lot-et-Garonne, arr. d'Agen, cant. de Laroque-Timbaut ; 252 hab.

CASSIN (Tissage). Cadre garni de petits galets sur lesquels on faisait passer les cordes dans les anciens métiers à tisser les étoffes façonnées et qui s'emploie encore dans les machines à percer les cartons des mécaniques Jacquard. CASSIN (Mont) (V. Gassino).

CASSINE (Cassineh.). I. Botanique. — Genre de plantes de la famille des Célastracées et du groupe des Evonymées, caractérisé surtout parles étamines plus longues que les pétales et par le fruit bacciforme, renlermant une seule graine pourvue d'un albumen charnu abondant. L'unique espèce, C. Maurocenia L. (Maurocenia capensis Harv. et Sond.), est un arbrisseau de l'Afrique australe, à feuilles opposées, entières, coriaces, à fleurs petites, de couleur blanche, disposées en cymes axillaires. Son bois, très élastique, est utilisé par les luthiers et les ébénistes. Ses baies ovoïdes ou globuleuses, d'à-

CASSINE — CASSINÏ

bord rouges, puis d'un violet noirâtre, sont comestibles. — Les autres Casslne des auteurs sont des Elœodendron (V. ce mot). Ed. Lef.

II. Art militaire. — On désigne ainsi une place de peu d'importance et peu ou point défendable. Dans nos campagnes d'Italie, Tattaque et la défense des cassines qui sont les fermes ou habitations isolées du pays, ont souvent donné lieu à des actions de guerre assez meurtrières.

CASSINE (La). Corn, du dép. des Ardennes, arr. de Mézières, cant. d'Omont; 149 hab. — Eglise des xvi^ et XVII® siècles, qui dépendait d'un couvent de Cordeliers, dont quelques bâtiments subsistent encore. Ruines de la somptueuse résidence, construite dans le courant du xvii« siècle, qui fut la propri'té des ducs de Nevers et du cardinal Mazarin. Ce château, placé dans un site pittoresque, sur les rives de la Bar, au milieu de magnifiques jardins, fut en gran4e partie détruit par un incendie, en 1697. Il était entouré de fortifications imposantes, fossés et remparts dont plusieurs fragments sont encore debout.

CASSINEL (Ferry), théologien et prélat du xiv^ siècle. Son père, Lucquois d'origine, avait épousé la fille du sire de Pomponne, et son frère Guillaume était seigneur de Romainville et échanson du roi Charles V. Coseigneur de Galargues et de Monlclus en Languedoc, Ferry devint en 1372 docteur en théologie, et le roi lui fit présent à cette occasion de 200 fr. d'or pour fêter son nouveau titre. Clerc et secrétaire, puis conseiller du roi, il est successivement archidiacre de Vexin dans l'église de Rouen, évoque de Lodève de 1375 à 1382, d'Auxerre de ^382 à 1390, enfin archevêque de Reims de janv, au 28 mai 1390, date de sa mort. En 1377, il est capitaine général en Languedoc sous Louis, duc d'Anjou, frère du roi. Durant son séjour à Auxerre, il prit une part active à la polémique contre Jean de Mençon (V. ce nom), qui niait rimmaculée Conception ; en 1388, il prêche sur ce sujet devant le roi el la cour à Notre-Dame-de-Paris ; il fut un des auteurs de l'institution en France de la fête de la Conception. En 1381, il assiste aux obsèques solennelles de Duguesclin et prononce un grand discours. Nommé le 28 janv. 1390 réformateur général en Languedoc avec Pierre de Chevreuse, il est bientôt empoisonné à Nîmes, sans avoir eu le temps d'accomplir les réformes qu'attendait de lui le roi Charles VI, alors délivré de la tutelle de ses oncles. Il fut inhumé à Auxerre. Aucun des' traités ou lettres de Ferry Cassinel ne parait avoir été imprimé.

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