‹ La Grande encyclopédieChapitre 240 sur 397 · A. MOLINIER · texte numérisé non relu

A. MOLINIER

BiBT.. : D. Vaïssète, Histoire de Languedoc^ nouv. édit., t. X. — MÉNARD, Hist. de Nîmes, t. III. — Duchesne, Hist, de la maison de Cfiàtillon, l, VIII, cap. 4. — Gallia Christiana^ t. VI et XII. — Tiraboschi, Storia délia letteralura italiana, V, 1, pp. 145-146.

CASSINI (Rivière). L'une des rivières du Sud des établissements français de Sénégambie. Son estuaire, de larges dimensions, fait face à la petite lie de Melho. Elle a été explorée pour la première fois, en 1857, par le lieutenant de vaisseau français Vallon.

CASSINI (Jean-Dominique), astronome, né le 8 juin 1625 à Perinaldo, comté de Nice, mort le 14 sept. 1712 à Paris. Fils d'un noble Italien, Jacopo Cassini, et de Julia Crovesi, il eut, dans son enfance, un précepteur attaché à sa personne, et acheva ses études chez les jésuites de Gênes. Ses goûts le portèrent d'abord vers la littérature et il composa un grand nombre de poésies latines qui furent imprimées en 1646 dans un recueil édité par ses maîtres. Sa vocation lui fut révélée par la lecture de quelques livres d'astrologie, qu'il étudia d'abord par curiosité et pour s'amuser à faire quelques prédictions qui, dit-on, réussirent. Les progrès de ses études furent assez rapides pour qu'à vingt-cinq ans il fût choisi pour occuper, à l'Université de Bologne, la chaire d'astronomie que venait d'illustrer Cavalieri. Deux ans après, en 1652, il se signalait en concluant, de l'observation d'une comète, que la marche de cet astre était soumise à des lois régu-

lières (il supposa une orbite circulaire extrêmement excentrique) et en résolvant le problème, jusqu'alors considéré comme insoluble, de la détermination géométrique de l'apogée et de l'excentricité d'une planète d'après la connaissance de deux intervalles entre le lieu vrai et le lieu moyen. En 1653, il commençait la rectification et le prolongement de la méridienne tracée par Ignazio Dante dans l'église de Sainte-Pétrone de Bologne, et y dressait un gnomon de 27 m. de hauteur. Ce gnomon qu'il vérifia en 1696, et qui existe toujours, lui servit à de nombreuses observations qui lui permirent de corriger les valeurs attribuées à l'obliquité de l'écliptique et à l'excentricité de l'orbite solaire, de démontrer que l'effet des réfractions s'étend jusqu'au zénith, et d'établir en conséquence de nouvelles tables plus exactes. Sur ces entrefaites, il fut distrait de ses travaux astronomiques par une mission dont le Sénat de Bologne le chargea auprès du pape Alexandre VIL II s'agissait de régler les différends occasionnés entre Bologne et Ferrare par les variations du cours du Pô. Cassini traita la matière exprofesso, fit de nombreuses expériences en présence de la congrégation des cardinaux et eut un tel succès que, d'une" paVt, le Sénat de Bologne lui confia la surintendance des eaux de l'Etat, que, d'autre part, le pape le chargea de ses intérêts pour un démêlé occasionné avec la Toscane par les eaux de la Chiana. Cependant Cassini n'abandonnait pas l'astronomie; en 1664, à Rome, au palais Chigi , il observait, en présence de^ Christine de Suède, une nouvelle comète et confirmait ses conclusions antérieures. L'année suivante, en Toscane, à Cita délie Piede, il distinguait, des taches fixes de Jupiter, les ombres des satellites, corrigeait la théorie du mouvement de ces derniers et fixait à 9 h. 58 min. la durée de la rotation de la planète. 11 reconnut également la rotation de Vénus et de Mars qu'il fixa à 24 h. 40 min. En 1668, il publiait les Ephémérides des satellites de Jupiter, qui mirent le comble à sa réputation. Sa science était d'ailleurs universelle; le pape le chargeait de diriger des travaux publics; en même temps, il répétait à Bologne les expériences de la transfusion du sang et faisait sur les insectes de nombreuses observations que Montalban fit imprimer dans son édition d'Aldovrandus.

Colbert, qui fondait alors l'Observatoire de Paris, voulut y appeler comme directeur l'astronome italien que la renommée égalait, comme savant, à Galilée, et que l'Académie des sciences avait déjà nommé, son correspondant. La négociation fut longue et difficile. Cassini ne fut prêté que pour quelques années pendant lesquelles on devait lui conserver en Italie les émoluments de ses places. Mais, arrivé en France au commencement de 1669, il se décida bientôt à s'y fixer définitivement; en 1673, il épousait Geneviève Deîaître et recevait des lettres de grande naturalisation. Installé d'abord rue de la Ville-l'Evêque, en attendant l'achèvement de l'Observatoire, dont il faisait d'ailleurs modifier les plans primitifs, Cassini commença, en France, par observer les taches du soleil et il évalua à vingt-sept jours la durée de leur révolution, antérieurement fixée à un mois. Il les considéra d'abord comme dues à des protubérances d'un noyau solide obscur au milieu d'un fluide lumineux et soumis à diverses fluctuations. En 1671, il découvrit le second satellite connu de Saturne (le septième d'après l'ordre des distances) ; il devait en découvrir également trois autres, le cinquième en 1672, le troisième et le quatrième en mars 1684. On sait que le sixième avait été déjà vu par Huygens, que le premier et le second ne le furent que par Hersehell. En 1672, Cassini faisait décider par l'Académie des sciences l'envoi de Richer à Cayenne. Le 14 sept., il s'installait dans l'Observatoire et se mit à étudier avec Rœmer les éclipses des satellites de Jupiter; mais son second lui ravit la gloire de découvrir la vitesse de la lumière. Après être revenu, à propos de la comète de 1680, sur la tiiéorie du mouvement de ces astres, il découvrit et

CASSÏNI

étudia avec précision, en 1683, la lumière zodiacale. En 1687, il communiquait à TAcadémie ses recherches sur le calendrier indien, d'après les méthodes empiriques rapportées de Siam par La Loubère. En 1693, il publia de nouvelles tables des satellites de Jupiter. En 1701, il prolongea la méridienne de Picard de Paris au Roussillon. La dernière année de sa vie, il devint aveugle.

Le caractère de Cassini était de nature à lui concilier toutes les sympathies ; esprit égal, d'une grande gaieté, exempt de jalousie, de mœurs simples et austères, il a honoré la science par sa vie autant que par ses travaux, La très longue nomenclature de ses ouvrages qui ne sont que des mémoires détachés, en dehors de ceux indiqués plus haut, doit être cherchée dans les bibliographies spéciales, comme celle de Poggendorf. Au reste, la plupart des mémoires rédigés en Italie avaient été réunis par lui sous le titre à' Opéra astronomica (Rome, 1666). Les travaux qu'il a faits en France sont au contraire insérés soit dans le Journal des savants, soit dans les Mémoires de l'Académie des sciences, mais n'ont pas été réunis. Il a écrit lui-même sa vie, qui a été publiée par son arrière petit-fils, Jacques-Dominique, P. Tannery. CASSINI (Jacques), astronome français, né à Paris en 1677, mort dans sa terre de Thury (Oise) le 16 avr. 1756. Fils de Dominique Cassini et de Geneviève Delaître, élevé par son père, Jacques fut admis à l'Académie des sciences dès 1694. 11 suivit son père, en 1695, dans un voyage en Italie, alla ensuite visiter la Hollande et l'Angleterre, où il fut reçu, en 1696, membre de la Société royale de Londres. 11 fit insérer dans les Mémoires de r Académie des sciences de nombreux mémoires sur différents sujets d'astronomie, d'optique et de physique et collabora avec son père au prolongement de la méridienne jusqu'au Canigou. Après la mort de Dominique Cassini, il acheva, en 1717, un travail important sur l'inclinaison des orbites des satellites et de l'anneau de Saturne. En 1718, après la mort de Lahire, il acheva la mesure de la méridienne du côté du N., et publia, en 1720, son Traité de la grandeur et de la figure de la terre, où il concluait, d'après les mesures faites en France, que le degré allait en décroissant de l'équateur aux pôles, que, par conséquent, la terre avait la forme d'un sphéroïde allongé suivant son axe et que le rapport de cet axe au diamètre équatorial était de 96 à 95. Cette conclusion fut vivement attaquée par les partisans des théories de Newton et, après de longues discussions, l'Académie se fit, en 1733, charger par le roi de mesurer la perpendiculaire à la méridienne, de Brest à Strasbourg. Jacques Cassini dirigea ces mesures, et trouva le degré de longitude d'une longueur conforme à l'opinion qu'il avait émise. On lui reprocha avec raison de s'être appuyé, pour la détermination de la longitude de Strasbourg, sur des observations anciennes dont l'exactitude était en question et qui en tous cas n'avaient pas été faites avec des instruments suffisamment précis. Jacques Cassini dut laisser à son fils le soin de reprendre la vérification de la méridienne. Il se consacra désormais à achever deux ouvrages importants, les Tables astronomiques du soleil, de la lune, des planètes, des étoiles et des satellites (Paris, 1740) et des Eléments d'astronomie (Paris, 1746). Ce dernier ouvrage, entrepris sur la demande du duc de Bourgogne, a été traduit en latin par le jésuite Hell, de Vienne. Jacques fut sensiblement inférieur, comme savant, à son père et à son fils ; sa fausse théorie sur la figure de la terre entache sa mémoire. Une mesure aussi considérable que celle de la méridienne de France, œuvre qui n'avait aucun précédent, ne pouvait sans doute s'exécuter du premier coup sans quelque erreur ; mais il appartenait au directeur du travail, surtout quand les résultats étaient en discordance avec une théorie solide, d'apprécier l'importance possible des erreurs et de ne pas aventurer des conclusions prématurées. P. Tannery. CASSINI dit DE Thury (César-François), astronome

français, né le 17 juin 1714 dans la terre de Thury (Oise), qui appartenait à son père, Jacques Cassini; mort le 4 sept. 1784, de la petite vérole. Elevé par Jacques-Philippe Maraldi, neveu et collaborateur de Dominique Cassini, François se montra de bonne heure digne de marcher sur les traces de son aïeul. Dès 1736, il était admis, comme membre adjoint surnuméraire, à l'Académie des sciences, et prenait une part active aux travaux de cette compagnie, dans les Mémoires de laquelle il a fait insérer un grand nombre d'études sur diverses questions d'astronomie, de géométrie et surtout de géodésie. Il se consacra avec ardeur à cette dernière science. En 1738, la mission de Laponie était revenue avec une mesure d'un degré plus long que le degré moyen, et il avait fallu en conséquence reprendre la vérification de la méridienne de France. En 1739, La Caille avait exécuté le travail sur la partie S. et prouvé que la mesure admise pour la base primitive de Picard était erronée de six toises, par suite d'une minime différence entre la toise dont il s'était servi et celle adoptée depuis par l'Académie. Le travail de Jacques Cassini était donc à refaire; François fut adjoint à La Caille, et tous deux vérifièrent à nouveau la partie N. de la méridienne, ainsi que la perpendiculaire à la méridienne. Cassini de Thury publia, en 1744, les résultats de ce grand travail, dont la perfection, pour l'époque, ne laisse rien à désirer : la Méridienne de V Observatoire de Paris, vérifiée dans toute T étendue du royaume. L'annexe, Cartes des triangles de France, a été faite en collaboration par lui et Dominique Maraldi. Sur ces bases désormais inébranlables, Cassini de Thury conçut le projet auquel il consacra désormais sa vie, de la grande carte de France à l'échelle d'une ligne pour cent toises (un 86,400°), le modèle de notre carte actuelle de l'étatmajor. Il obtint d'abord le concours du gouvernement, mais en 1756, ce concours lui fut retiré ; il forma alors une compagnie pour avancer les fonds nécessaires et réussit à mener son oeuvre à bien, quoique la mort Fait surpris avant l'achèvement des dernières des cent quatrevingt-deux feuilles, qui n'ont été complétées que par son fils, en 1789. Cassini de Thury a publié, en outre des ouvrages ci-dessus mentionnés, une Addition aux tables astronomiques de Cassini (1756), une Description géométrique de la terre (1775), une Description géométrique de la France (1784). 11 a eu la grande gloire de concevoir et de faire aboutir, dans des conditions d'exécution admirables, une œuvre gigantesque, à laquelle rien de ce qui avait été tenté jusqu'alors dans ce genre n'était comparable et que la postérité n'a pu qu'imiter. T.

CASSINI (Jacques-Dominique, comte de), astronome français, né à Paris le 30 juin 1747, mort le 18 oct. 1845. Fils de Cassini de Thury, il le remplaça comme directeur de l'Observatoire, et termina la grande carte de France. Traduit devant le tribunal révolutionnaire en 1793, il fut acquitté. Membre de l'ancienne Académie des sciences (1770), il entra à l'Institut dès son organisation. Napoléon le créa comte de l'empire. 11 se retira à Thury en 1843 et, à cette époque, presque centenaire, il publia un petit volume de poésies. On a de lui : Voyage fait par ordre du roi en il 68 et 1769 pour éprouver les montres marines de lui. Leroy (Paris, 1770) ; Manuel de T étranger qui voyage en Italie (Paris, 1778) ; Déclinaison de V aiguille aimantée (Paris, 1791) ; De Vinfluence de Véquinoxe du printemps et du solstice d'été sur les déclinaisons et les variations de Vaiguille aimantée (Paris, 1794); Extraits des observations astronomiques et physiques faites par ordre de S. M, à l'Observatoire royal de Paris, suivi de la vie de Jean- Dominique Cassini, écrite par lui-même (Paris, 1810) ; et en outre de nombreux mémoires insérés dans le recueil de l'Académie des sciences, notamment sur la comète de 1 769 (1773), sur des observations de disparition de Panneau de Saturne et d'occultations d'étoile» par la lune (1778), sur l'obliquité de l'écliptique (1781), sur le passage de

CASSINI — CASSINOÏDE

Minerve en 4782 (i785), sur la température des souterrains de l'Observatoire (1788), sur les observations faites par Maraldi à Perinaldo (1791). T.

CASSINI (Âlexandre-Henri-Gabriel, comte de), magistrat et naturaliste français, fils du précédent, né à Paris le 9 mai 1784, mort à Paris le 16 avr. 1832. Il tut d'abord employé au dépôt de la guerre, puis en 1804 suivit les cours de droit, fut nommé en 1810 membre du tribunal de première instance de la Seine, puis successivement conseiller et président de la cour royale de Paris, député de Parr. de Clermont (Oise), conseiller de la cour de cassation et pair de France (19 nov. 1830). En 1827, il fut éiu membre de l'Institut (Acad. des sciences). Il cultiva avec passion la botanique qui lui doit des découvertes importantes. On trouve de lui un grand nombre de mémoires sur cette science dans le Magasin encyciop., le Dbt. des se. naturelles y etc. ; le plus intéressant est celui sur les SynanthéréeSf on il décrit un grand nombre de genres nouveaux. Les plus importants de ces mémoires ont été réunis dans Opuscules phytologiqiies (Paris, 1826, 2 vol. in-8). Dr L. Hn.

CASSINIS (Giovanni-Battista), jurisconsulte et homme politique italien, né à Masserano dans le pays de Bielle le 25 févr. 1806, mort à Turin le 18 déc. 1866. H fit son droit à Turin et se distingua au barreau par son éloquence et son savoir. Il publia de remarquables études sur la propriété, les associations, la peine capitale et les droits de l'Eglise, et fut un des rédacteurs les plus autorisés des Annali di Giurisprudenza, En 1848 , il entra à la Chambre des députés. Dès 1853, on lui offrit plusieurs fois le ministère de la justice, mais il ne consentit à l'accepter qu'en 1860, sur les instances de Cavour, qui avait besoin d'un homme actif et énergique pour l'application uniforme des lois civiles et pénales aux nouvelles provinces. 11 se montra à la hauteur de sa tâche. En nov. 1860, il réjoignit le roi à Naples et présida à l'organisation administrative du pays. Cassinis resta ministre, après la mort de Cavour, jusqu'à la chute de Ricasoli (l*r mars 1862). Il fut ensuite président de la Chambre. Nommé sénateur le 8 oct. 1865, il se suicida un an après.

CASSINO (Autrefois San Germaiio), Ville d'Italie, prov. de Gaserte, sur le Rapido, station du cbem. de fer de Rome à Mapies; 6,380 hab. Eglise avec des peintures de Luca Giordano ; ruines de la ville volsque de Casinum, bel amphithéâtre. On y montre la maison de Varron, possédée ensuite par Marc-Antoine. Dans la montagne est le célèbre couvent du Mont-Cassin, Ce couvent est posé sur un sommet escarpé, à PO. de la ville. Il fait vis-à-vis à un château féodal. On y pénètre par une route que surmonte la tour de Saint-Benoît. Les bâtiments, très étendus, avec un grand nombre de cours et de beaux portiques, forment un rectangle. Ils sont admirablement décorés de colonnes de porphyre et de granit, de statues des saints ou des bienfaiteurs de l'abbaye. L'église achevée en 1727 est remarquable par sa richesse; la porte de bronze fut fondue à Constantinople au xi^ siècle ; l'intérieur renferme à profusion des mosaïques, des marbres et des métaux précieux, des bois sculptés. Les archives, maintenant rattachées à celles de Naples, sont très riches ; elles i enferment, outre un manuscrit de la Divine Comédie, des exemplaires des lois lombardes, une magnifique collection de diplômes indispensable à Phistoire des rois et ducs lombards, normands, souabes, angevins, aragonais. La bibliothèque compte près de 40,000 volumes dont 500 incunables et beaucoup de beaux atlas. Une galerie de tableaux renferme le portrait original de Dante.

L'abbaye du Mont-Cassin est la maison mère de l'ordre des Bénédictins (V. ce nom et Benoît). Saint Benoit la fonda vers 530 sur l'emplacement d'un temple d'Apollon et y mourut ; il y fut enseveli à côté de sa sœur sainte Scholastique. En 589, les Lombards le saccagèrent; la plupart des moines se réfugièrent à Rome avec les

reliques du fondateur. En 720, le pape Grégoire II rebâtit le monastère et PégHse qui furent consacrés en 748 par le pape Zacharie. Très rapidement la renommée du Mont-Cassin devint immense ; en 744, Stourm, le compagnon de saint Boniface, fondateur de Fulda, y vint étudier la règle de Saint-Benoît; en 748 Carloman, roi des Francs, en 749 Ratchis, roi des Lombards, vinrent s'y consacrer à la vie monastique. Le moine Paul Warnefried, connu sous le nom de Paul Diacre, y écrivait son histoire des Lombards ; c'est là que le connut Charlemagne qui visita le monastère ainsi que Louis le Débonnaire. D'autres historiens anonymes des Lombards y vécurent. En 884, les Sarrasins le pillèrent et dispersèrent les moines que sa forte position militaire ne put garantir. Ils revinrent en 904 ; bientôt une scission provoquée par Pélection d'un abbé en détermina une partie à se retirer à la Cana{Y. ce nom) où ils fondèrent un nouveau monastère. La richesse du Mont-Cassin était telle que l'abbé était un des plus puissants seigneurs d'Italie. H' posséda jusqu'à 2 principautés, 20 comtés, 440 villes ou villages, 250 châteaux, 23 ports, 1,662 églises. H devint une véritable puissance séculière, mêlée à toutes les querelles de l'Italie méridionale et disputée entre les partis, à dater du x^ siècle. En 1030, les Normands dévastèrent le Mont-Cassin. En 1066, l'abbé Didier, futur pape sous le nom de Victor III, commença la nouvelle église. En 1294, le pape Célestin V, pour réformer les moines, les agrège à l'ordre des célestins ; Boniface VIII leur rend leur règle et Jean XXII fait de l'abbaye un évêché (1313). Après le tremblement de terre de 1349 qui l'avait détruite, le pape Urbain V la rétablit et prend le titre d'abbé pour lui-même (1367). L'abbaye continue à prendre part aux querelles des maisons d'Anjou et d'Aragon et celle-ci, ayant triomphé, aliène à un laïque les revenus du Mont-Cassin de 1454 à 1504. A cette date, l'abbé commendataire Pierre de Médieis, du parti français, étant mort, Pabbaye fut réunie par Jules 11 à la congrégation de Sainte-Justine de Padoue qui groupait cent couvents. Les abbés de chacun étaient élus pour trois ans, les affaires communes traitées dans des assemblées triennales. Le titre de l'abbé du Mont-Cassin était : « Chef de tous les abbés de l'ordre de Saint-Benoît, chancelier et archichapelain de l'état romain, prince de la paix. »

L'abbaye en pleine décadence avait recouvré le calme ; elle vécut surtout occupée de recherches historiques jusqu'à la Révolution française. En 1799, la république Parthénopéenne supprima les fiefs ; le roi Joseph Bonaparte ferma les couvents et sécularisa leurs biens qui furent vendus au profit de la couronne. Toutefois, une partie des moines continuèrent leurs travaux, sous l'habit séculier, au Mont-Cassin. En 1815, le roi Ferdinand rétablit le monastère avec une rente de 10,000 ducats. En 1866, il fut sécularisé avec tous ceux d'Italie. Quelques moines y séjournent encore.

BiBL. : TosTi, Storia délia badia di Monte Cassino ; Naples, 1841-43, 3 vol. — Du même, Archiva Cassinese: Naples, 1847. — Taeggi, Paleografia artistica di Monte Cassino ; Mont-Cassin, 1876 et suiv. — Guillaume, DeS" cription du Mont-Cassin ; Mont-Cassin, 1874.— Caravita, I codici e le arti a Monte Cassino ; Naples, 1869-70, 3 vol. — Cf. la bibl. des art. Bénédicî'ins et Benoît de NuRsiE (Saipt).

CASSINOÏDE. On appelle cassinoide , lemniscate ou ellipse de Cassini, une courbe telle que le produit des distances de chacun de ses points à deux points fixes est constant. Quand le produit en question est égal au carré de la demi-distance des points fixes, on donne à la courbe le nom de Lemniscate de Bernoulli. Les lemniscates sont des anallagmatiques. En prenant pour axo des ^la ligne des points fixes et pour axe des y la perpendiculaire au milieu de cette ligne, l'équation de la cassinoide est

c est la demi-distance des points fixes, h est le produit

CASSINOÏDE — CASSIOPEE

constant des rayons vecteurs, si c = h on & h lemniscate de 3ernoulli. Voici les formes dont la courbe est susceptible.

Cassini avait un moment pensé expliquer certaines anomalies du mouvement des planètes en admettant qu'elles se mouvaient dans des Cassinoïdes. H. L.

BiBL. : Darboux, Sur une classe remarquable de courbes algébriques ; Paris, in-8.

CASSIODORE, encyclopédiste latin, né à Scyllacium vers 480, mort vers 575. Son nom complet est Magnus- Aurelius Cassiodorius Senator. L'usage a dès l'époque carolingienne transformé Cassiodorius en Cassiodorus. Il était né dans le Bruttium, d'une famille illustre et riche dont il vante la vigueur physique et les dignités. 11 fut le plus célèbre de sa race et l'un des hommes les plus considérables du vi^ siècle. Questeur sous Théodoric et son secrétaire intime, puis magister offlciorurn^ il fut consul en 514, plus tard gouverneur des provinces du littoral, préfet du prétoire en 514, fonction qu'il exerça à quatre reprises. 11 servit quatre rois, et probablement après la chute de Vitigis (540), il se retira dans le couvent Vivarium, fondé par lui dans ses domaines du Bruttium. Il nous renseigne luimême sur ses ancêtres et sa carrière dans ses Varice (V. plus loin). Ses nombreux écrits peuvent se partager en deux catégories : les livres historiques et politiques qu'il composa pendant qu'il prenait part à la vie publique, et ses traités théologiques et philologiques, composés pendant la retraite où il termina ses jours.

Il avait composé des discours adressés, dit-il, aux reines et aux rois, des panégyriques, dont il reste quelques fragments (Baudi di Vesme, dans les Mémoires de l'Académie de Turin^ t. VIII, p. 16; Hermès, t. VIÏ, p. 377). Ses Chronica renferment une compilation assez sèche, qui va depuis Adam jusqu'à l'an 496; de 496 jusqu'en 519 (consulat d'Eutaric), il rédige, d'après ses informations personnelles, une sorte de résumé très sec et dont l'impartialité ne paraît pas la qualité dominante. Sur cet ouvrage médiocre, mais qui renferme des renseignements utiles sur la série des consuls et sur la civilisation des Goths, il faut consulter l'étude critique de Mommsen dans les Abhandlungen der sâchs, Gesch. der Wiss., VIII, p. 549-659 (Leipzig, 1861). Son histoire des Goths avait plus de valeur; mais elle a disparu et nous n'avons que le résumé barbare de Jordanès. Les douze livres Variarum renferment différents écrits de Cassiodore relatifs aux charges qu'il a exercées, dont une partie notable forment un pur formulaire (l. VI et VII), des décrets des différents rois, etc.. ; le dernier livre renferme sa correspondance et ses arrêtés du temps qu'il était préfet du prétoire; la date la plus récente qu'on y trouve est Tan 536. Le traité sur la substance et les vertus de l'âme, qu'il composa ensuite à la prière de ses amis, compilation des écrivains sacrés et profanes sur cette matière, est également divisée en douze livres : il avait pour ce nombre une prédilection superstitieuse. L'ouvrage le plus considérable de Cassiodore est le traité intitulé De Institutione divinarum litlerarum (ou lectionum), complété par le De institutione sœcularium lectionum. L'auteur, péniblement affecté de voir l'enseignement des saintes écritures abandonné, et ayant à cause des guerres et des troubles politiques échoué dans

l'entreprise qu'il avait tentée avec Agapetus, évêque de Rome (535-536), d'établir des maîtres dans la capitale, veut y suppléer en composant pour les clercs un résumé des connaissances qui leur sont nécessaires, emprunté particulièrement aux auteurs Ja tins. Dans le deuxième livre, il parle des sciences profanes, et notamment engage ses lecteurs à étudier les auteurs qui ont parlé de l'agriculture. Cette première partie de l'encyclopédie de Cassiodore comprend trente-trois chapitres, en souvenir de l'âge de Jésus-Christ ; la seconde partie en comprend sept : les plus considérables de ces lectiones sœculares sont consacrées à la dialectique et à la rhétorique. Cette dernière partie est reproduite dans les Rhetores latini minores de Halm (p. 495-500). Enfin, comme appendice, Cassiodore a composé une compilation sur l'orthographe, empruntée à douze ouvrages de grammairiens antérieurs (toujours douze !). Cassiodore a publié aussi une traduction retouchée par lui de l'histoire de l'Eglise de Théodoret Sozomenos et Socrates, et partagée encore en douze livres. Le commentaire des Psaumes est d'une longueur infinie, et occupe plus de mille pages de la Patrologie de Migne. En résumé, Cassiodore, bien qu'il n'ait guère fait que des compilations, bien que son style ait de l'enflure et tous les défauts de son époque, n'en est pas moins en ce temps de barbarie un glorieux représentant de la culture classique. Son zèle pour la science et son érudition qui s'étendait aux auteurs grecs comme aux auteurs latins, en même temps que l'honorabilité de son caractère, le font placer naturellement à côté de Boèce, qu'il est loin d'égaler pourtant comme penseur et comme écrivain : leurs noms sont inséparables dans l'histoire. A. Waltz.

HiBL. T: Cassiodore , Œuvres complètes , dans la Patrologie de Migne, t. LXIX et LXX. — A. Ôlleris, Cassiodore, conservateur de livres de l'antiquité latine ; Paris, 1841. — A. Ebert, Histoire de la littérature chrétienne au moyen âge, t. I. — Cf. diverses monographies indiquées dan-^ la littérature latine de W. Teuffel,§ 483.

CASSIOPE (Géogr. anc). Ville de l'île de Corcyre avec un bon port et un temple de Jupiter Cassius.

CASSlOPÉE ou CASSIÉPÉE. L Mythologie. — Mère d'Andromède, elle osa mettre sa beauté ou celle de sa fille au-dessus de celle des Néréides : aussi un monstre, envoyé par Neptune, vint-il ravager le pays. On connaît l'histoire d'Andromède et de Persée (V. t. Il, p. 1051). Cassiopée, changée en constellation, est représentée assise dans le ciel, le dos tourné à l'Olympe suivant Hygin (II, 10), en punition de son orgueil. A. W.

II. Astronomie. — La Chaise ou le Trône, Nom d'une constellation boréale assez voisine du pôle nord, et toujours visible à Paris dans la direction qui va de s Grande Ourse à la Polaire, Ptolémée lui donnait 13 étoiles, Tycho Brahé 28, et Flamsteed 55. Cette constellation est facilement reconnaissable à la forme donnée par ses cinq belles étoiles d'un M ou plutôt d'un Y, dans laquelle on peut voir aussi une chaise renversée. La plus belle étoile de cette constellation a, qui varie de la 2« à la 3« grandeur, s'appelle Schedir ;elle figure la Poitrine de Cassiopée ; p ou Chaph, étoile secondaire, est la Ceinture ; B, de troisième grandeur, ou Rucha, est le Genou, En nov. 1572, tous les yeux se tournèrent vers cette constellation : une étoile plus brillante que Véga, Sirius et même Jupiter s'y était montrée tout à coup ; la Pèlerine^ c'était son nom, était aussi belle que Vénus en quadrature ; on la voyait en plein midi quand le ciel était pur. Elle demeura visible au même point du ciel pendant 17 mois ; mais à partir dejanv. 1573, elle fut moins brillante que Jupiter ; au mois d'avril, elle descendit à la seconde grandeur. Elle diminua rapidement d'éclat et disparut en mars 1574. Elle était blanche pendant les deux premiers mois que dura son éclat maximum, puis elle devint jaune, enfin rouge et s'éteignit finalement. Quelques astronomes crurent que c'était une comète, et la même que celle qui avait apparu à la naissance de Jésus-Christ : elle annonçait donc son second avènement. Tycho Brahé réfuta ces idées, et il

CASSIOPEIA — CASSIS

composa à cette occasion un grand ouvrage intitulé De nova Stella anni i573, L. Barré.

CASSIOPEIA {Cassiopeia Pér. et Les.) (Zool.). Genre d'animaux Cœlentérés, appartenant à Tordre des Discophores ou Acalèphes proprement dits. Ce sont des Méduses essentiellement caractérisées par la présence de huit cavités génitales, alternant avec huit bras buccaux dépourvus de filaments, mais munis de nombreuses ramifications latérales. Un nombre égal d'organes des sens (corpuscules marginaux) sont placés sur le bord de l'ombrelle . L'espèce type, C, Andromeda Esch., habile l'océan Atlantique. — Le C. borbonica Délie Ch., qu'on trouve assez fréquemment dans la Méditerranée, est identique au Cotylorhiza tuberculata Agassiz. D^ L. Hn et Ed. Lef.

CASSIPHONE (Myth.), fille d'Ulysse et de Circé. D'après une tradition, elle épousa Télémaque et le fit périr pour venger sa mère que celui-ci avait tuée.

CASSIQUE (Ornith.). Les Cassiques, qui appartiennent à la grande famille des Troupiales, se font remarquer fréquemment par le développement de leur mandibule supérieure dont la base remonte sur le front en se renflant comme un casque. 11 est donc probable que ces oiseaux tirent leur nom vulgaire du mot latin cassis et non, comme certains auteurs l'ont prétendu, du nom des anciens souverains du Pérou. L'orthographe que nous adoptons paraît donc préférable à la forme Cacique que l'on trouve souvent employée dans les ouvrages d'histoire naturelle. La protubérance cornée dont nous parlons et

Cassique [Cassicus persicus).

qui est particulièrement développée chez les Cassiques des genres Clypeicterus, Ocyalus, Eucorystes et Ostinops n'existe pas cependant ou n'est indiquée que par un simple prolongement de l'arête supérieure du bec chez beaucoup d'oiseaux que l'on désigne sous le même nom commun et notamment chez ceux qui composent les genres Cassicus, Amblycerus, Cassiculus et Cassidix. Le Cassique huppé {Cassicus cristatus Bodd. ou decumanusi Pall., type du genre Ostinops Cab.) est un oiseau de grande taille mesurant de 35 à 47 centim. de long et portant un plumage noir, nuancé de brun rouge sur le croupion et de jaune sur les côtés de la queue ; son bec, très long à la base et arrondi au-dessus, présente en arrière une sorte de disque arrondi qui recouvre le front et est coloré en jaune blanchâtre, les pattes, au contraire, étant d'un noir uniforme et les yeux d'un bleu pâle.

Cette espèce habite les grandes forêts de la Guyane, du Brésil et du Pérou et ne visite les plantations que lorsqu'elles se trouvent dans le voisinage des bois. Elle est connue des indigènes sous le nom de Japu. Sans cesse en mouvement, les Cassiques huppés voltigent d'un arbre à l'autre, en poussant des cris rauques ou des sifflements perçants et cueillent au passage les oranges, les bananes, les limons et d'autres fruits sauvages ou cultivés. Ils nichent sur les arbres et suspendent aux branches des sortes de bourses, tissées de fibres végétales et pourvues d'une ou\erture à la partie inférieure, bourses au

fond desquelles les femelles déposent leurs œufs, sur un lit de mousse. Ces œufs, marbrés de violet sur fond blanc, sont au nombre d'un ou deux seulement par nid, mais plusieurs nids sont groupés sur le même arbre qui abrite ainsi toute une colonie. Les Cassiques sont en effet des oiseaux d'humeur fort sociable et qui ne peuvent s'habituer à la captivité qu'à la condition d'avoir auprès d'eux des individus de leur espèce, ou tout au moins d'autres oiseaux. Les Botocudos tuent à coups de flèches ces magnifiques passereaux dont ils mangent la chair, pourtant assez coriace, et dont ils recherchent surtout les plumes pour en confectionner des diadèmes. Les Cassiques proprement dits, qui sont dépourvus de casque, tels que le Cassicus persicus L., de la Trinité, du Brésil, de la Bolivie et du Pérou, le Cassidix oryzivorus Gm., de la Guyane, le Cassiculus melanicterus Bp. du Mexique, etc. ont à peu près les mêmes mœurs que le Cassique huppé ; ils vivent en société, construisent des nids en forme de bourse et se nourrissent de fruits et de graines, ce qui les fait regarder par les planteurs comme des voisins des plus incommodes. Ces oiseaux, qui sont pour la plupart de la taille d'un Merle, portent un costume brun ou noir, à reflets plus ou moins brillants et souvent rehaussé sur le croupion par une tache d'un rouge feu ou d'un jaune

vif. E. OUSTALET.

BiBL. : Ph.-L. ScLATER, Gixt. B. BriL Mus, y 1887, t. XII. CASSIS. L Botanique. — Nom vulgaire du Ribes nigrum L., petit arbuste de la famille des Saxilragacées et du groupe des Ribésiées (V. Groseillier).

II. Arboriculture. — Le Cassis est cultivé pour ses fruits aromatiques qui servent à préparer une liqueur alcoolique bien connue. Très robuste, il vient sous les climats les plus différents, mais pour le volume et la qualité des fruits, c'est la zone moyenne de l'Europe qui lui convient le mieux. Dans notre pays, sa culture s'est répandue surtout en Bourgogne. Le Cassis est peu difficile sur la nature du sol et ne redoute que les argiles compactes; il se plaît en terrain de consistance moyenne, frais et profond. La multiplication se lait de boutures ou encore au moyen de marcottes et d'éclats du pied. Les jeunes plants, enracinés en pépinière, sont rais en place pendant l'hiver et disposés en quinconce à l^'SO en tous sens. Sa culture est souvent associée à celle de la vigne et des arbres fruitiers. Chaque année on donne un labour à la fin de l'hiver et des binages au printemps et en été pour maintenir le sol meuble et propre. On le plie aisément, par la taille, à toutes les formes de plein vent et d'espalier. La forme en vase lui convient surtout et donne les plus gros et les meilleurs fruits. Elle s'obtient en rabattant les plants, après leur reprise sur trois ou quatre yeux. Les branches qui naissent de ces yeux sont taillées Tannée suivante et tous les rameaux obtenus sont palissés sur un fil de fer enroulé en cercle au milieu du vase. Le Cassis donne facilement des drageons; on les supprime, sauf ceux qui doivent remplacer les branches devenues vieilles ou improductives. La taille annuelW consiste à retrancher les bois morts et à pincer les bourgeons latéraux, sur cinq ou six feuilles, pour les mettre à fruit. Parmi les variétés du Cassis, celle dite Cassis de Naples, très productive, est la plus estimée. Le Cassis blanc, à fruits jaune brun, donne une liqueur délicate, de couleur ambrée. Les fruits se récoltent en juin ou juillet ; chaque pied peut en donner 4 à 2 kilogr. qu'on vend 40 cent, en moyenne, soit pour les 6,000 pieds environ que renferme un hectare, un produit minimum de 2,400 fr. G. B.

III. Economie domestique. — C'est surtout en Bourgogne, grâce à la nature et à l'exposition des terrains de culture, que le fruit du cassis acquiert ce goût fin et délicat qui donne à la liqueur du Cassis de Dijon une supériorité marquée. La fabrication de cette liqueur est l'objet d'une industrie produisant annuellement plus de 20,000 hectol. de liqueur ; eUe donne lieu à un commerce d'exportation

Page 1