CASSIS — CASSIUS
assez important. Dans les ménages, on obtient cette liqueur en laissant infuser ensemble, pendant quinze jours au moins, avec 1 kilogr. de baies de cassis, auxquelles on ajoute, si l'on veut, quelques framboises, 2 gr. de girofle et de cannelle, 3 litres d'eau-de-vie et 750 gr. de sucre; on brasse ce mélange chaque jour et, la quinzaine écoulée, on écrase le cassis et le mélange est passé à travers un linge, puis on filtre la liqueur, on Tadditionne à volonté d'un peu de bon vin et on la met en bouteilles. Les anciens attribuaient au Cassis des propriétés merveilleuses et en faisaient usage dans un grand nombre de maladies ; de tout temps on l'a préconisé, notamment contre les maux d'estomac. Nérat et de Lens, dans le Dictionnaire de matière médicale, disent que les baies de cassis renferment une huile volatile et amère qui se retrouve aussi dans l'écorce et les feuilles et que l'on regarde comme tonique, sudorifique et digestive. ^ L. K.
IV. Fiscalité. — L'infusion de cassis prend avec le temps le caractère de vin liquoreux et est imposée comme vin ou comme liqueur, selon la force alcoolique. En cas de contestation, on a recours à la distillation (V. Consommation [Droit général de], Débitant de boissons).
V. Archéologie. — Les Romains appelaient Cassis ou Cassida le casque de fer, d'acier ou de cuivre par opposition à Galea, casque de cuir. Pourtant, cette distinction n'est pas toujours observée et, particulièrement dans Ovide, les deux noms r»ont parfois donnés au même casque. Le cassis, quand il était de petite dimension, était quelquefois appelé Cassicus.
VI. Travaux publics. — Caniveau établi en travers d'une chaussée pour conduire les eaux d'un fossé à l'autre, ou d'un fossé à un talus s'il s'agit d'une voie publique à flanc de coteau. Cette disposition, étant gênante pour la circulation, n'est plus guère usitée. Partout où cela a été possible, on a remplacé les cassis soit par des aqueducs, soit par des tuyaux.
Vil. Fortification. — Rigole pavée qu'on établit en travers d'une rampe et généralement à son pied pour passer les eaux d'un côté à l'autre.
CASSIS (Carsicis portus, Castrum de Cassitis, Cassis lo vielhf Cassi). Com. du dép. des Bouches-du-Rhône, arr. de Marseille, cant. de la Ciotat, sur le golfe de Cassis, dans une vallée traversée par le torrent Valat des Brayes; 4,879 hab. Station du chemin de fer de Marseille à Toulon. Port fréquenté dès l'époque romaine. Cassis, ruiné par les Lombards ou les Sarrasins (vi^viii^ siècle), fut rebâti au ix« siècle sur les ruines du château de Roquefort. En 1233, il passa sous la suzeraineté de Hugues des Baux; en 1478, de l'évêque de Marseille. Charles-Quint brûla le château en 1524. En 1813, l'escadre anglaise enleva la flotte de commerce et de pêche. Cassis était administré par trois consuls nommés par le conseil de la commune et responsables, et par deux conseils composés, l'un, de notables et d'anciens consuls et consuls en exercice, et l'autre, de tous les chefs de famille. Cassis porte dans ses armes : D'azur à une crosse d'argent posée en pal accostée de deux poissons du même aussi en pal. Habitation préhistorique du Baou- Redoun, avec une muraille de 90 m. en appareil cyclopéen ; ruines du castel de Vielh, ancienne vigie marseillaise ; château du xin® siècle ; à l'E. de Cassis, le mont Canaille, cap haut de 416 m., avec la grotte de Ragagi ; à rO., l'anse de Portmiou, avec deux sources jaillissant en pleine mer et des gouffres. Port de 3 hect. et demi, protégé par un môle de 130 m., accessible aux barques de soixante à soixante-dix tonnes. Cabotage. Pêche du corail. Vins et huiles ; carrières de pierres de taille dites pierres de Cassis.
CASSITÉRIDES (lies). Nom que les anciens donnaient auxîles Scilly ou Sorlingues, situées à l'extrémité S.-O. de la Grande-Bretagne. Ce sont les Phéniciens qui les ont ainsi nommées, à cause de leur grande richesse en étain ; quelques écri\^ains prétendent que c'était la presqu'île de
Cornouailles qui produisait le métal si recherché des anciens ; les Cassitérides n'auraient été que l'endroit où s'échangeait le produit des mines continentales. Quoi qu'il en soit, le radical punique d'où est venu leur nom se retrouve dans le grec Kassiteros et dans le sanscrit Kastîra. Longtemps les Phéniciens furent les seuls à connaître ces îles ; le voyageur marseillais Pythéas semble être le premier Grec qui les ait aperçues . BiBL. : SiRABON, pp. 106, 122, 145, 146.
CASSITÉRITE. Etain oxydé (SnO^); prisme droit à base carrée. Les formes les plus habituelles sont m, h^, a^, b^. Ces cristaux quadratiques sont fréquemment maclés suivant une face de l'octaèdre a^. Les cristaux ainsi maclés présentent un angle rentrant, bien connu sous le nom de bec d' étain; clivages faciles suivant m. La cassure est inégale : la couleur varie du brun clair au noir. L'éclat delà cassitérite est adamantin et résineux dans la cassure ; ce minéral, toujours transparent en lames minces, forme parfois des cristaux translucides. Densité, 6,8 à 7.
Dureté 6 à 7. Insoluble dans les acides et infusible, la cassitérite donne au chalumeau sur le charbon et avec le cyanure de
potassium un globule d'étain métallique. La cassitérite est un minéral de la granulite, dans laquelle on la trouve en cristaux souvent fort nets. On la rencontre aussi dans des alluvions où elle est souvent accompagnée par l'or. Elle forme alors des grains, ou des masses arrondies, stalactiformes, parfois fibreuses (étain de bois). Le premier de ces gisements est réalisé en Bohême, le Gornwall, le Morbihan; le second à Malacca, en Australie, etc. La cassitérite est le seul minerai exploité pour l'extraction de l'étain. A. Lacroix.
CASSITO (le Père Lui gi-Vincenzo), théologien et antiquaire italien, né en 1765 à Bonito, mort le l®*" mars 1822. Il entra jeune dans l'ordre de Saint-Dominique, devint prieur du couvent des Dominicains de Naples, et, lors de l'occupation du royaume par les Français, se retira en Sicile. Après la restauration du roi Ferdinand, il fut nommé doyen de l'Université de Naples. On a de lui : Institutiones theologicœ (4 vol. in-8) ; Liturgia dominicana (2 vol. in-8) ; Atti sinceri del martire di Ouma, S, Massimo, Il a composé plusieurs dissertations sur des sujets d'antiquités parmi lesquelles on distingue celle sur un camée grec représentant la sainte Vierge,
CASSIUS (Pourpre de) (V. plus loin Cassius [Andréas]) .
CASSIUS (V. CxmklGens']).
CASSIUS (Dion) (V. Dion).
CASSIUS. Il a existé probablement deux médecins grecs de ce nom. L'un est cité par Celse, Galien, Andromaque, Scribonius Largus; il vivait selon toute apparence avant le i*'*' siècle de l'ère chrétienne ou pendant ce siècle et était probablement identique avec le Cassius mentionné par Pline comme médecin de l'empereur. Celse parle d'un médicament de Cassius contre les douleurs du gros intestin (Colice Cassii); Andromaque donne trois formules des /.c6Xixai; Scribonius Largus assure qu'il tenait la formule qu'il donne de l'esclave même de Cassius. Le même Scribonius cite encore un antidote de Cassius contre toute espèce de poison, de morsure ou de blessure vénéneuse. On confond généralement ce Cassius avec Cassius l'Iatrosophiste et Félix Cassius (V. ce nom). Quant à l'iatrosophiste, il n'est connu que par un recueil de problèmes (Quœstiones medicœ et naturales}^ publiés en grec à Paris, 1541; à Leyde, 1595; à Berlin, 1841 ; en grec et en latin, à Zurich, 1562 ; à Leipzig,