CASSOLETTE - CASTAGNA
témoins les vases de pierre, décorés de cannelures, de nœuds et de guirlandes et surmontés de flammes, placés au dernier siècle et restaurés de nos jours sur Tentable-
ment des pavillons formant avantcorps à l'Institut de France (ancien collège des Quatre -Nations) , quai Conti, à Paris. On décore aussi de cassolettes, mais alors elles sont de peu d'épaisseur et souvent simulées , les retables d'autel, les catafalques, les arcs de triomphe funéraires et on donne encore ce nom de cassolettes à des vases de forme rudimentaire, faits de treillage et entrant dans la décoration des portiques de jardins ou servant aux illuminations de verres de couleurs ou de Charles Lucas.
Cassolette d'argent (d'après un dessin de Du Cerceau).
gaz des fêtes publiques.
BiBL. : Havard, Dictionnaire de l'ameublement.
CASSON (Cassonium). Com. du dép. de la Loire- Inférieure, arr. de Châteaubriant, caut. de Nort; 4,1^6 hab. L'église de Casson fut donnée en 1124 à l'évéquede Nantes par le duc Conan le Gros. Château moderne bâti sur les ruines de l'ancien manoir.
CASSONADE. L Industrie et Commerce (V. Sucre).
n. Art culinaire (V. Sucre).
in. Fiscalité. — La cassonade est classée dans le tarif des douanes parmi les sucres non raffinés. Elle est soumise aux droits imposés sur le sucre brut (V. Sucre).
CASSON E (Giuseppe), écrivain sicilien, né à Noto le 13 nov. 1843. 11 a publié des traductions de l'allemand et du hongrois : V Intermezzo (Noto, 1871), et // Mare del Nord, de Heine (Note, 1877) ; mais il est surtout le traducteur de Petôfi qu'il a fait connaître à ses compatriotes : // Sogno ïncantato (Jûndévôlon) , version fort estimée en Hongrie (Assise, 1874); // Pa%zo (^oio, 1879) ; V Apostolo {KomQ, 1886); beaucoup de morceaux imprimés en divers périodiques dont l'ensemble forme une traduction complète du grand poète hongrois. R. G.
BiBL. : A. de Gubernatis, Dict. internat, des écrivains du jour ; Florence, 1888 et suiv., in-8.
CASSOT (Papeterie) (V. Chiffon).
CASSOU (René), homme politique français, né à Simacourbe (Basses-Pyrénées) le 31 mai 1827. Avocat, il est entré dans la vie politique en 1881. Aux élections du 21 août, il se présenta comme candidat républicain dans la 2« circon scription de Pau, et fut élu par 7,732 voix contre 6,045 obtenues par M. Dariste, candidat impérialiste. Aux élections générales du 4 oct. 1885, inscrit sur la ,
liste républicaine, il fut seul maintenu au scrutin de ballottage du 18, mais échoua, n'ayant eu que 38,406 voix, tandis que son concurrent monarchiste, M. Destandeau en avait 42,814.
CASSTRŒIV! (Sarouïl-Niklas), écrivain et collectionneur suédois, né à Upsala le 4 déc. 1763, mort à Stockholm le 15 déc. 4827. Il fut secrétaire de légation en diverses cours, chargé d'affaires en Pologne et à Dresde, conseiller de commerce (1808), membre de la compagnie supérieure d'assurance maritime. Son importante collection de cartes militaires fut acquise par l'Etat pour les archives militaires et son riche herbier, composé des collections de Solander, de Sparrman, de Forsstrœm et d'autres, fut légué au musée botanique de l'Académie des sciences de Stockholm, dont il était inspecteur. Il publia une ode sur la Providence, dans les Actes de r Académie suédoise (t. II, à partir de 1786) et un coup d'œil sur la Situation de la géographie dans les temps anciens et récents (1817, in-8). B-s.
CASSUËJOULS. Com. du dép. de l'Aveyron, arr. d'Espalion, cant. de Laguioîe, sur un affluent du Selves ; 472 hab. Ce village possédait autrefois un château-fort dont il ne reste rien. L'église, dédiée à saint Cyrice et à sainte Juliette, est gothique ; elle dépendait du chapitre de la cathédrale de Kodez, qui en était prieur. Dans la commune sont les châteaux de Cocural et de la Boissonade. Celui de Cocural a été bâti, en 1390, par Adhémar de Ténières. II est aujourd'hui la propriété de M. Denayrouse. Celui de la Boissonade est du xv® siècle. C. G.
Eaux minérales. — Les eaux de Cassuéjouls sont athermales, bicarbonatées ferrugineuses faibles (bicarbonate de protoxyde de fer 0,086 p. 1,000), carboniques fortes; elles sont toniques, excitantes et à un haut degré analeptiques, et très utiles dans l'anémie profonde et la chlorose confirmée. D. L. Hn.
BiBL. : H. Affre, Lettres à mes neveux sur Vhistoire de l'arr. d'Espalion; Viileiranche, 1858, t. 11, pp. 453-463, 2 vol. in-8.
CASSYTHA {Cassytha L.). Genre de plantes de la tamille des Lauracées, seul représentant du petit groupe des Cassythées que M. H. Bâillon {Hist, des PL, U, p. 458) caractérise ainsi : « Fleurs hermaphrodites ou polygames, à réceptacle très concave, persistant et devenant charnu autour d'un fruit inclus ; androcée formé de trois verticilles, d'étamines fertiles, les intérieures extrorses et biglanduleuses. » Ce sont des herbes des régions tropicales du globe, dont les tiges grêles et cylindriques, analogues à celles des Cuscutes, sont dépourvues de feuilles et s'attachent par des suçoirs aux plantes voisines sur lesquelles elles vivent en parasites. Plusieurs d'entre elles, notamment le C, filitormis L., passent pour posséder des propriétés dépuratives et antisyphilitiques. Ed. Lef.
CAST. Com. du dép. du Finistère, arr. et cant. de Châteauiin ; sur une colline qui envoie ses eaux, partie à un affluent de l'Odet, partie à un tributaire de la baie de Douarnenez; 1,790 hab. Eglise du xv« siècle, élégant clocher ; chapelle et fontaine gothiques, attirant des pèlerins ; vieux château de Marc'haussy ; motte de Ar-Vouden ; monuments mégalithiques. Tourbe ; grosses toiles.
CASTAGNA (Niccoio), littérateur italien, né à Città di Sant'Angelo le 29 oct. 1823. Nombreuses études littéraires et philologiques dont voici un choix : // Montanarodel Gran Sasso d'Italia (Naples, 1844); il Guerrazzi (Naples, 1845) ; Vitae opère di Agostino Cagnoli (Naples, 1846) ; Osservazioni sut Vocabulario deW Ugoiini (Naples, 1858) ; Proverbii italiani illustrati (Naples, 1869) ; Delta Soltevazione d'Abruzzo neW anno i8i4, memorie storiclie (Aquila, 1875); 1 Proverbii deW Ariosto illustrati (Ferrare, 1877*) • Giunte al Dizionario delta lingua italiana del Tonimaseo, insérées dans la dernière édition de cet ouvrase (Turin, 1865-1878) ; Storia délia republica di Senarica (Florence, 1884). —Son frère, Pasquale Castagna,
CASTACtNA — CASTAGNO
né à Gittà di Sant'Angelo le 19 nov. 1819, mort en 1887, journaliste, collabora au grand ouvrage de Ciselli, // Regno délie Due Sicilie descritto e illustrato, et publia : Sul Diritto costituzionale (1861); Vita di Domenico de Ce§ari (1867). K. G.
BiBL. : GuBERNATis, Dict. intemat. des écrivains du jour; Florence, 1880, in-8.
CASTAGNAC. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Muret, cant. de Montesquieu- Volvestre ; 502 hab.
CASTAGNARY (Jules-Antoine), critique d'art et publiciste français, né à Saintes le 11 avr, 1830, mort à Paris le 11 mai 1888. C'est dans le Présent qu'il communiqua pour la première fois au public ses idées sur Fart : le Salon de i857^ qu'il publia dans cette feuille modeste, eut un grand retentissement et lui valut les honneurs d'une élégante réimpression sous le titre : Philosophie du Salon de i857. Dans ce travail, Castagnary (un peu avant lui Thoré avait soutenu, avec moias d'éclat, il est vrai, les mêmes idées) eut le mérite de frayer la route nouvelle, et n*hésita point à déclarer la guerre à l*enseignement académique. Depuis Diderot, on n'avait rien lu de plus hardi : c'était le point de départ d'une évolution dans la critique d'art. Il voulait démocratiser l'art et prétendait que les peintres, au lieu de représenter ce qu'ils ne voient pas, pourraient, sans déchoir, et devraient s'inspirer uniquement de ce qui est visible. Il divisait le domaine artistique en trois séries : la nature, l'homme, la vie humaine, auxquelles correspondent le paysage, le portrait, la peinture de genre régénérée. Et, conséquent avec ses principes, il se faisait le défenseur très fervent de ceux que l'opinion publique, souvent aveugle, raillait et bafouait sans pitié. Il signalait surtout à l'admiration de leurs contemporains. Th. Rousseau, Corot, Daubigny, Millet, Bonvin, Ribot, Daumier et Courbet, dont il regrettait cependant le scepticisme. Ces théories, trop absolues dans leur ostracisme, trop exclusives du rôle considérable que l'imagination doit jouer dans l'art, et qui ont été baptisées du nom de naturalisme (le mot est peut-être de lui), Castagnary continua à les développer successivement à YAuaience, au Courrier du dimanche, au î^ain Jaune^ et au Siècle, mettant toujours au service de ses idées un style tantôt d'une élégante précision, tantôt vigoureux et incisif, tantôt, dans ses considérations philosophiques, d'une éloquence chaleureuse et entraînante.
Castagnary fut en politique ce qu'il était en matière d'art, un démocrate libéral. Collaborateur intérimaire du Siècle, il en devint bientôt rédacteur politique attitré, et, pendant la guerre franco-allemande, rédacteur en chef de l'édition qui s'imprimait d'abord à Poitiers, puis à Bordeaux. Il lut élu, en 1874, au conseil municipal de Paris; réélu en 1877, il en fut élu président en 1879. La même année, lors de la réorganisation du conseil d'Etat, il y entra, en qualité de conseiller. Gambetta, pendant son passage au pouvoir (1881-82), l'appela aux fonctions de directeur général des cultes. Enfin M. Spuller, ministre de l'instruction publique, lui confia, en oct. 1887, la direction des beaux-arts. — Ouvrages de Castagnary : Philosophie du Salon de 1857 (1858) ; les Artistes au xix^ siècle. Salon de i86i (1861, in-fol., avec'grav.); les Libres Propos (1864); les Jésuites devant la loi française (1877); Gustave Courbet et la colonne Vendôme, plaidoyer pour un ami mort (1883).
F. Trawinski.
CASTAGNÈDE. Com. du dép. delà Haute-Garonne, arr. de Saint-Gaudens, cant. de Salies; 194 hab.
CASTAGNÈDE. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. d'Orthez» cant. de Salies ; 458 hab.
G ASTAG N È R ES - DE - ChAteâuneuf , diplomate du xvu^ siècle (V. ChAteâuneuf).
CASTAGNETTES. Instrument de percussion d'origine espagnole (castanetas, châtaignes), consistant en deux petites pièces de bois rondes et concaves, reliées entre elles par un cordon et qui, attachées aux médiums, sont battues
l'une contre l'autre avec les doigts de chaque main. Le principe des castagnettes se retrouve dans les cliquettes anciennes que nous voyons dès le ix« siècle sur les miniatures de la Bible de Charles le Chauve. Les castagnettes sont encore fort usitées en Espagne où, associées généralement au tambour de basque, elles servent à accompagner et à rythmer les danses nationales, boléros, seguidillas, fandangos. On les a souvent introduites dans l'orchestre comme élément de couleur locale, et quelques compositeurs en ont tiré des effets fort piquants dans la musique pittoresque, tant au théâtre qu'au concert.
BiBL. : Lavoix, Hist. de l'Instrumentation,— Du même, la Musique dans l'Imagerie du moyen âge.
CASTAGNEUX. Nom vulgaire du petit Plongeon de rivière ou Grèbe castagneux (V. Grèbe) .
GASTAGNIERS. Com. du dép. des Alpes-Maritimes, arr. de Nice, cant. de Levons; 518 hab.
CASTAGNO (Andréa del), peintre florentin, néenl390, mort à Florence le 9 août 1457. Sa célébrité lui est venue moins de ses peintures que de la légende le transformant en assassin de Domenico Veneziano, qui mourut quatre ans après lui. Peut-être la tradition d'un tempérament sauvage et batailleur, qui s'explique aisément par la naissance et la vie assez misérable du peintre, a-t-elle autorisé Vasari à inventer l'assassinat. Né en 1390, peu d'années avant Paolo Ucceili, et nommé del Castagne sans doute en souvenir du petit hameau dans le Muggello où il vécut sa jeunesse, Andréa était le fils d'un laboureur qui possédait une petite propriété à S. Andréa a Linari, près de Florence. Il fut orphelin très jeune, et pauvre. Une lettre de lui nous apprend qu'en 1430 il possédait une hutte et deux lopins de terre dans le village de son père; c'était tout. Peu d'années avant sa mort, il avait une maison dans la via de' Fibbiai à Florence, et menait une vie régulière.
On raconte qu'en dessinant de rudes figures sur les murs et les pierres, il attira l'attention de Bernardetto de' Medici, qui l'emmena à Florence^ et le donna pour apprenti à Masaccio. Peut-être étudia-t-il les œuvres de Masaccio ; mais sa manière très réaliste le rattache surtout à l'école qui produisit Paolo Ucceili et Pesellino. Son dessin est souvent incorrect ; mais il a une entente parfaite de l'expression puissante des figures ; il a grand style, à la façon de Donatello, dont il pourrait avoir été râmi. Vasari appelle Andréa gagliardissimo. Ses premières œuvres sont vulgaires, poussées à la laideur et jusqu'à la grimace ; la peinture religieuse ne lui réussit pas. On peut voir de lui, dans le monastère degli Angeli à Florence, deux Crucifiements qui sont des exemplaires frappants de ces tentatives malheureuses. Celui du premier cloître représente le Sauveur en croix entre la Vierge et saint Benoît, saint Jean et saint Romuald ; la Madeleine est afi'aissée au pied de la croix. Une fresque analogue, de Piero délia Francesca, se voit encore dans l'hôpital d'Arezzo. Dans l'œuvre de Castagno, tout est d'un réalisme commun : la Vierge se lamente de façon triviale, le saint Benoît agite les mains en épileptique. La peinture du second cloître est plus hideuse encore, et le Christ y paraît une caricature d'anatomie.
Andréa tut plus heureux en peignant pour la villa Pandolfini, à Legnaia, toute une série de Héros et de Sibylles, Les restes de ces fresques, destinées à orner les niches d'une cour monumentale et peu à peu dégradées par les intempéries, ont été transportés sur toile ; on les admire maintenant dans une des salles supérieures du Bargello de Florence. Nul sujet ne convenait mieux à l'imagination ardente de Castagno, qui créa pour ce temple champêtre de Legnaia ses meilleurs chefs-d'œuvre. Toute liberté dut lui être laissée pour le choix des personnages ; et il en usa pour immortaliser les grands italiens. Les figures de Dante, de Pétrarque et de Boccace sont vigoureuses et pleines de relief; ISiccolo Acciauoli, le sénéchal de Naples, fondateur de la Chartreuse de Florence, est debout auprès de Farinata degli Uberti,
CASTAGNO — CASTAIGNE
PeppO Spano, d'après une fresqu 3 d'Andréa del Castagne.
le libérateur de son pays, le patriote athée, farouche comme Dante aussi le peint dans son Enfer ; et le plus étonnant de tous, le fier Peppo Spano (Filippo Scolari, span de Temesvâr, le vainqueur des Turcs), jambes écartées , torse cambré en arrière, tenant à plat devantluisa rapière de ses deux mains, semble braver l'avenir.
Vasari a défini d'un mot enthoasiaste le caractère de ce portrait, la Terribi" lità. Viennent enfin les figures de femmes, dont la noblesse répond à la dignité poétique ou guerrière des figures masculines , toutefois avec des prétentions à Télégance qu'accentue un peu trop la finesse exagérée des extrémités, la longueur du cou et des membres. Ce sont la sibylle de Cumes et la reine Tomiris, puis la majestueuse Esther, dont le grand style, visiblement inspiré de l'antique, fait pressentir, cinquante ans d'avance, les merveilles de Ghirlandajo.
Le talent sauvage de Castagno et ses goûts peu difficiles sans doute lui valurent une étrange commande : après la conjuration des Pazzi, il dut peindre, sur les murs du palais du podestat, les portraits des suppliciés; et son succès est suffisamment prouvé par le surnom qui lui resta d'Andreino degli Impiocati. Quelques iconoclastes trop sévères détruisirent une figure nue de Chanté qu'il avait peinte au-dessus de la porte d'un palais ; et la piété populaire, que scandalisait la crudité de ses œuvres, attaqua de môme, à coups d'ongles, des fresques représentant la Passion du Christ, au couvent de Santa-Croce. Dans Téglise de Santa-Croce, il subsiste de lui une iresque remarquable : sous une arcade feinte sont debout, en des altitudes vivantes et agitées, Saint Jean le Précurseur^ rude figure famélique aux veines et aux nerfs trop saillants, et Saint François d'Assise, profondément douloureux et suppliant dans sa robe de moine» Trois peintures, conservées au palais Pitti, un Saint Jérôme au désert, une Madeleine pénitente et un Saint Jean, doivent dater de la même époque ; une Pieta, du musée de Berlin, violente et grimacière, est peut-être plus ancienne. En 1444, Andréa travaille à S. Maria del Fiore, et dessine pour la coupole une Déposition de croix ; en 1446, il peint les panneaux de l'orgue de la cathédrale; en 1455, il y travaille encore, il y exécute l'admirable Portrait équestre de Niccolo da Tolentino, sur le premier pilier de droite. Le cheval, un peu massif, et le guerrier en armes, tête haute sous le panache, appuyant à sa cuisse le bâton du commandement, rappellent de façon assez précise l'allure du Gattamelata de Donatello.
Quatre ans auparavant, Andréa fut appelé à l'hôpital
de S. Maria Nuova. 11 peignit un Saint André au cimetière, une Cè?ie au réfectoire, et commença au chœur de la chapelle une Vie de la Vierge, qui a complètement disparu. C'est là, selon Vasari, qu'il eut pour rival Domenico Veneziano, et qu'il en devint jaloux au point de l'assassiner. Mais on a vu que Domenico mourut quatre ans après Andréa, et il faut ajouter qu'il avait terminé ses peintures à S. Maria six ans avant qu'Andréa y fût appelé ; qu'enfin il est fort douteux qu'Andréa ait voulu ravira Domenico le secret de la peinture à l'huile, les tentatives des Quattrocentistes florentins pour substituer l'huile aux autres procédés étant demeurées vaines le plus souvent (V. Antonello de Messine). Andréa del Castagno mourut sans doute de la peste. Il fut inhumé à S. Maria dei Servi de Florence. 11 a été, parmi les grands peintres florentins du xv^ siècle, le plus franc champion du naturalisme, et son influence, au delà des Pollajuoii ses élèves, a pénétré jusqu'à Botticelli. Sa peinture aux colorations claires, son dessin aux lignes vigoureuses et accentuées, doivent attirer l'attention sur le peu d'œuvres aujourd'hui conservées qui le marquent comme un artiste puissant et original. A. Pératé.
BiBL. : Crowe et Cavalcaselle, History of Paintinq in Italy, t. II. — Rio, De l'Art chrétien, 1874. t. I, pp. 390 ^^ ^"^^'-.oTo^- MuNTz, Histoire de Vart pendant la Renaissance^ Î889, t. I.
CASTAGNOLA (Paolo-Erailio), poète et littérateur italien, né à Rome le 7 mai 1825. Parmi ses ouvrages : GUceria o il secolo d'Augusto (1864), jolie comédie d'un archaïsme léger ; la Vanità, nouvelle (1865); Z)^//a félicita, dialogue philosophique (1867); Libriccino di Preghiere (18G8); Leopoldina, roman (1871); An-dreina, nouvelle (1874) ; Osservazioni jilosoflche intorno ai Pensieri di G, Leopardi (1874); Sorella di latte, nouvelle (1875) ; Reminiscenze di uno scrittorello (1877) ; Cenno storico su la letteratura francese (1878). Ses vers, publiés sous le titre de Poésie (1856) et de Nuove Poésie (1867) ont été réunis en un volume : Poésie, Haccolta intera (Rome, 1882), auquel s'ajoutent ses Versi inediti e ultimi Canti (Imola, 1886). Le « petit écrivain », scrittorellOy est un lettré et un homme de goût très respectueux de son art. R. G.
BiBL. : GcBERNATis, Dict. internat, des écrivains du jour; Florence, 1880, in-8.- Nuova Antologia,m'2, t. II J.
CASTAGNO LE. Nom vulgaire donné sur nos côtes à plusieurs Poissons osseux (Téléostéens) appartenant à
Castagnole (Brama Raji Risso).
différents groups, tels que les Coryphœna, Chnjsophrys, Sargus, etc., et notamment au Brama Baji Risso, belle espèce delà Méditerranée, dont la chair est assez délicate.
CASTAGNO Ll (Achille), poète italien, né à Cervia, mort à Rome en 1849, en combattant contre les Français. 11 a publié un assez curieux poème où sont décrites en jolis vers libres les mœurs des paysans de l'Emilie : I Borghigiani di Faen%a, poemetto storico in tre canti riferibile al principio del secolo XIX (Bologne, 1838, in-8). R. G.
BiBL. : Giambattista Passano, I Novellieri italiani in verso; Bologne, 1868, in-8.
CASTAIGNE ou CASTAGNE (le P. Gabriel de), écrivain hermétique, mort vers 1630. 11 était de l'ordre de Saint- François et fut aumônier de Louis Xllf. 11 a laissé : VOr potable qui guarit de tous maux (Paris, 1611, in-8) ;
CASTAIGNE -. CASTALIA
le Grand Miracle de nature métallique; en imitant icelle sans sophistiqueries, tous les métaux imparfaits se rendront en or fin et les maladies incurables guériront (Paris, 1615, in-8) ; le Paradis terrestre où l'on trouve la guarison de toute maladie (1615, in-8). On en a fait une réimpression : Œuvres de G. Castaigne tant médicales que cfiimiqiies (Paris, 1660, in-8).
CASTAIGNE (J.-F.-Eusèbe), écrivain français, né à Bassac (Charente) en 1804, mort en 1866. Bibliothécaire de la ville d'Angoulême. Il a donné un très grand nombre d'ouvrages d'érudition parmi lesquels nous citerons : Aventures du retour de Guyenne^ -1615-1616 (Paris, 1863, in-8) ; Chronique latine de l'abbaye de la Couronne (1864, in-8) ;* Entrées solennelles dans la ville d'Angoulême depuis François i^'^ jusqu'à Louis XIV (Angoulême, 1856, in-8) ; Notice biographique et littéraire sur Marguerite d'Angoulême (Paris, 1837, in-8); Notice historique sur Isabelle d'Angoulême (Angoulême, 1836, in-8) ; René Festiveau, poète latin du XVI 1® siècle (1862, in-8) ; Vie de Jean d'Orléans par Jean du Port, sieur des Rosiers (Paris, 1852, in-8) ; Essai d'une bibliothèque historique de VAngoumois (Angoulôme, 1847, in-8); Recherches sur la maison où naquit Jean-Louis Guex, de Balzac, sur la date de sa naissance, sur celle de sa mort, etc., avec U7i tableau général de la famille Guez de Balzac (1847, in-8) ; Lyre d'amour avec une biographie des poètes nés dans le dép, de la Charente (1829, in-8).
CASTAIGNOS-SouLENS. Corn, du dép. cfes Landes, arr. de Sainl-Sever, cant. d'Amou; 454 hab.
CASTAING (Pierre-Loîiis-Samuel), homme politique français, né à Alençon en 1767, mort à Maraerslel7 janv. 1849. Député de l'Orne au conseil des Cinq-Cents (mars 1799), puis au Corps législatif (1800-1803), il était entré dans l'administration des forêts et était parvenu au grade d'inspecteur général en 1806. Il rentra tout à fait dans la vie privée en 1824. Dans les assemblées, il s'était occupé surtout des lois organiques de l'administration des forêts et il réussit à faire écarter les coupes extraordinaires de bois décrétées parle Directoire.
Son fils, Edme-Samuel, né à Alençon en 1796, guillotiné à Paris le 6 déc. 1823, reçu docteur en médecine de la Faculté de Paris en juil. 1821, empoisonna en 1822, avec de l'acétate de morphine, les deux fils d'un riche notaire pour hériter de leur fortune. Son procès eut un retentissement énorme.
Un autre Castaing (J.), ancien receveur des tailles, mort à Alençon vers 1800, sans doute parent des précédents, a publié : Vaudevilles et chansons du banquet des moissonneurs (Alençon, 1783, in-8) et Théâtre (1791-92, 3 vol. in-8), imprimé par lui-même à trente exemplaires et, par suite, devenu une rareté bibliographique.
CASTAING (Maurice-Alphonse), orientaliste français, né à Roquefort (Landes) en 1822, mort à Paris en déc. 1888, fondateur de la société d'ethnographie, secrétaire du congrès international des sciences ethnographiques. Il a publié : Annuaire ethnographique oriental et américain (Paris, 1861-62, 2 vol. in-12) ; le Cantique des cantiques ou l'Amour et la Poésie dans l'antiquité sacrée (1860, in-8); Jésus, M, E, Renan et la science, trilogie (1863, in-12) ; la Question marocaine (1859, in-8); la Syrie, les Druses et les Maronites {iSQO, in-8) ; l'Aquitaine avant et jusqu'à l'époque de César (1871, in-8); Ethnogénie de l'Aquitaine primitive (1885, in-4); Ethnographie de la France à l'usage des écoles (iSS^, in-18),etc.
CASTALDI (Panfilo), le prétendu inventeur des caractères mobiles d'imprimerie, né à Feltre vers 1398, mort à Feltre après 1472. Jurisconsulte et poète, il fonda dans sa ville natale une école où il enseigna principalement la langue italienne. Parmi ses élèves et familiers, il aurait compté Jean Fust, à qui il aurait fait connaître son inven-
tion des caractères mobiles, et celui-ci, à son retour à Mayence, aurait révélé ce secret à Gutenberg, qu'il soutint dans sa glorieuse entreprise de ses capitaux et de ses conseils. Bien que les prétentions des Italiens à l'invention de l'imprimerie remontent à la fin du xv^ siècle, la légende relative à Castaldi ne se fit jour qu'au xvn® siècle, sous la plume d'Antonio Cambruzzi, dans son histoire de la ville de Feltre, qui reste encore manuscrite. Elle fut exhumée au commencement de notre siècle et, quoique cette attribution soit possible en elle-même, des preuves à l'appui manquent totalement, ce qui n'a pas empêché les patriotes italiens d'élever à Feltre, en 1868, une statue à Castaldi, que l'inscription qualifie de scopritore generoso de caratteri mobili per la stampa. En tout cas, d'après des documents récemment découverts, il obtint en 1472 le privilège pour établir une imprimerie à Milan. G. Pawlowski.
BiBL. : D -M. Federici, Memorie Tremqiane suUa tipografia del s. XV ; Venise, 1805, in-4. — Ticozzi, Stori'd dei letterati e degli artisti del dipart. délia Piave; BelUine, 18î3, in-4. ~ Jac. Bernardi, Panfilo Castaldi da Feltre e Vinvenzione dei caratteri mobili per la stampa ; Milan, 1865, in-4. — Bigmore et Wyman, Bibliography of Printing, t. I^', 1880.
CASTALDI (Fiorino, surnommé), sculpteur milanais du XV® siècle. 11 travaillait en 1451 à la cathédrale de Ferrare avec le sculpteur Mattia ; ils y ont exécuté en collaboration les frises, ornements, bas-reliefs, le buste de saint Maure lius et les armes ducales.
CASTALIA. I. Malacologie.— Genre de Mollusques-Lamellibranches, de l'ordre des Lucinacés, institué par Lamarck en 1 81 9 pour une coquille de forme triangulaire, renflée, obliquement tronquée en arrière, arrondie en avant, équivalve; charnière arquée, composée sur la valve droite de deux dents latérales antérieures, obliques, dont l'interne est sillonnée en dehors et bifide ; la dent latérale postérieure est élevée, comprimée et porte des sillons sur ses deux faces ; sur la valve gauche : une dent latérale antérieure, également sillonnée sur les deux faces,
Castalia ambigua Lamk.
et une dent cardinale courte, sillonnée et bifide. Les dents latérales postérieures sont arquées et sillonnées. L'animal est muni d'un pied linguiforme, de palpes labiaux, grands, obtus, presque aussi larges que longs. L'orifice anal est lisse, le branchial muni de papilles. Les Castalies vivent dans les eaux douces de l'Amérique du Sud. L'espèce la plus anciennement connue, C, ambigua Lamârck, se reconnaît à sa coloration noirâtre, à sa forme trigone subarrondie et aux stries rayonnantes qui ornent sa surface. J. Mabule.
II. Helminthologie. — OErsteda créé le genre Castalia pour des Annélides polychaetes de la famille des Hésioniens, confondues antérieurement avec les Néréides. Les Castalia ont une tête portant quatre antennes et quatre yeux. L'anneau buccal est pourvu de huit tentacules, mais il est probable qu'ici comme chez certains Phyllodociens cet anneau buccal est le résultat de la soudure des deux premiers archipodiaux dont les membres sont transformés en appendices tactiles. La trompe est armée de denticules maxilliformes. Les pieds sont biramés et portent à la fois
CASTALÎÀ — CASTAN
des soies simples et des soies composées. Le type est le Castalia punctata, OErsted a réuni sous ce nom le Psamathe fusca de Johnston et les Nereis punctata Mueller et N, rosea Fab. Ces annélides sont probablement distinctes, et, ainsi que le fait remarquer de Quatrefages, il est probable que l'auteur a vu en outre une quatrième forme habitant les côtes du Danemark. Sars a décrit brièvement diverses autres espèces de Castalia des côtes Scandinaves ; mais ce genre aurait besoin d'une étude critique et d'une revision attentive. A. Giard. CASTA LIE. Source située auprès du mont Parnasse et consacrée aux Muses et à Apollon. (1 y en avait d'ana^ logues près de la rivière Cassotis dans le voisinage de Delphes et aux bords de Tllissus à Athènes, entre cette rivière et la colline dite des Muses (V. Athènes). La fontaine de Castalie n'était connue des Grecs que pour ses vertus expiatoires et purificatrices. On y puisait Teau des libations accomplies au temple des Delphes. Ce fut chez les poètes romains qu'elle fut célébrée d'abord comme la source de l'inspiration poétique. On la personnifiait dans une nymphe fille d'Achelous ; une flatterie à l'adresse d'Athènes la faisait dériver du Céphise par voie souterraine, ce que la fable exprima en donnant pour mère à Delphus, fils d'Apollon, une fille du Céphise. J.-A. H.
CASTA LION (Sébastien), dont le vrai nom était Cha- TEiLLON, savant français du xvi® siècle, célèbre traducteur de la Bible, né en 1515 à Châtillon~les-Dombes (Bresse), mort à Bâle le 29 déc. 1563. On ignore quelles circonstances le déterminèrent à embrasser la Réforme ; on sait seulement qu'en 1540 il était à Strasbourg oti il fit la connaissance de Calvin, chez qui il logea pendant quelque temps. Le réformateur, rappelé à Genève, l'engagea à accepter le poste de régent dans le collège de cette ville ; mais sa franchise théologique et ses principes de tolérance ne tardèrent pas à lui attirer l'aversion de Calvin et des calvinistes rigides. 11 s'était permis d'émettre des doutes sur le dogme de la descente aux enfers et avait osé proposer de retrancher du canon de la Bible le Cantique des Cantiques qui n'était, selon lui, qu'un épithalame obscène. En outre, tandis que plusieurs ministres s'étaient refusés d'entrer dans l'hôpital des pestiférés, disant qu'ils iraient plutôt au diable, Castalion n'avait pas hésité à s'offrir comme chapelain. C'en était trop; il dut prendre le parti de donner sa démission et de se retirer dans une autre ville. 11 se rendit d'abord à Lausanne, puis alla s'établir à Bâle, en 1544. Dès l'année suivante, en 1545, il y fit imprimer ses Dialogide sacris litteris, libri /r, entretiens sur l'histoire sainte, destinés aux enfants. Cet ouvrage fut réimprimé six fois à Bâle, trois fois à Londres, deux fois à Edimbourg, quatre fois en Allemagne. Castalion avait résolu de traduire la Bible en latin et en français. Les cinq livres de Moïse parurent à Bâle, en 1546, sous ce titre : Moses latinus, scilicet Genesis, Exodus^ Leviticus, JSumeri et Deuteronomium, ex hebrœo factus. En 1547, fut édité le Psalterium reliquaque sacrarum literarum carmina et precationes. Enfin, en 1551 , Castalion publia la Bible entière, Biblia sacra latina; il la fit précéder d'une très belle préface au jeune roi d'Angleterre, Edouard VI, dans laquelle il exhale son indignation contre les persécutions exercées au nom de la religion. En 1555, sa traduction française vit le jour : La Bible, avec des annotations sur les passages difficiles^ 2 vol. in-fol. Les exemplaires de cette traduction sont des plus rares et peuvent être regardés comme une des plus précieuses curiosités bibliographiques. Dans sa préface à Henri If, l'auteur plaide, en termes excellents, la cause de la liberté de conscience. On peut dire que Castalion fut, au xvi^ siècle, un des rares et des plus éloquents avocats de cette cause sacrée . Il la plaida, en particulier, contre Calvin et Bèze qui soutenaient qu'il est licite aux magistrats de punir les hérétiques, Après le supplice de Servet, il écrivit sa brochure : De Hœreticis an sint persequendi,.. (Magdebourg, 1554,
précédée d'une épître dédicatoire au duc Christophe de Wurttemberg où se trouve cette phrase caractéristique : « J'ai longtemps cherché ce que c'est qu'un hérétique et VOICI ce que j'ai trouvé : c'est l'homme qui pense autrement que nous sur la religion. »Avec de pareils principes et une telle indépendance de caractère, on ne doit pas s'étonner que Castalion ait vécu dans la gêne et même dans la misère. Pendant plusieurs années, il fut réduit, pour subsister avec sa famille, à labourer la terre et ài repêcher le bois que le Rhin entraînait, rude travail qui était payé à raison de quatre sous par sept brassées. Dans ces terribles conjonctures, la douceur et la patience de Castalion ne se démentirent jamais. En 1552, il put enfin obtenir une chaire de professeur de grec, dont les faibles émoluments améliorèrent un peu son sort. Mais tant de privations avaient profondément altéré sa santé ; il mourut des suites d'un dépérissement graduel. Montaigne a dit de lui : « Très excellent personnage, mort de n'avoir pas son saoul à manger. » Alfred Gary.
,^^\^^'Àni^^^^ Mœiily, Vie de Castalion (en allem.) : basle, \m. — Dictionnaire de Bayle, article Castalion.— Jules Bonnet, Séb, Castalion ou la tolérance au xvF siècle ; Pans, 1867. — H. Lutteroth, article de ÏEncyclopedie des sciences religieuses. — La France protestante, t. IV, col. m à 142, 2« éd.
CASTALLA. Ville d'Espagne, prov. d'Alicante, partido de Jijona, à la base d'une colline conique. Elle est divisée en deux parties, une ancienne aux rues étroites et obscures, ui^b plus moderne avec des voies larges et de grandes maisons. Elle est au centre d une région ou vallée peu fertile, mais riche en marbres, pierres à bâtir, plâtres, etc., qu'on nomme Hoyo de Castalia. Il y a dans la ville quelques distilleries d'alcool et des manufactures de lin. Pop. : 3,737 hab. e. Cât.
CASTAN (Pierre-Jean-Edmond), peintre et graveur français contemporain, né à Toulouse en 1817. Elève de Drolling pour la peinture, cet artiste étudia la gravure sous la direction de F. Girard et pratiqua Peau-forte, le burin et la manière noire. On cite parmi ses ouvrages : Portrait d'un Turc, gravure d'après un dessin de M. Biennoury (S. 1842); les Conscrits bretons, grav. d'ap. M. Fortin (S. 1844) ; Chasseurs sioux poursuivant un troupeau de bisons, dessin (S. 1845) ; Der-niers adieux de Galeswinthe à sa mère, dessin (S. 1846) ; Michel-Ange, d'ap. A. Cabanel, grav. à la manière noire (S. 1859 ; le plus important des ouvrages de l'artiste) ; une Epave (S. 1864 ; mus. de Nimes) ; Prière d'une mère (S. 1867) ; les Deux Orphelines (S. 1870) ; le Marchand d'étoffes (S, 1876) ; Soubrette (S. 1884). Cet artiste a reçu une mention honorable.
CASTAN (Gustave), paysagiste suisse contemporain, né en 1823 à Genève, où il fut un des meilleurs élèves de Calame. Il a d'abord peint surtout des motifs pris dans sa patrie : le Lac des Quatre-Cantons, le Giessbach, etc. ; puis, des paysages empruntés aux provinces limitrophes de la France, qui ont été appréciés à nos Salons parisiens pour l'éclat de leur coloris et la franchise de leurs oppositions. 11 choisit de préférence les harmonies de l'automne ou celles de l'hiver, et plusieurs de nos musées de province possèdent en ce genre quelques-uns de ses meilleurs ouvrages : une Tempête en hiver (musée de Lille) ; une Forêt en hiver (musée de Langres), etc. E. M.
CASTAN (Emile-Ferdinand-Xavier), chanoine du diocèse de Moulins, chanoine honoraire de Paris, né en 1824 à Belmont (Aveyron) ; il a été secrétaire particulier de son oncle M-^ Affre, archevêque de Paris. — . OEuvres principales: Histoire de la vie et de la mort de M^^ Denis-Auguste Affre (Paris, 1855, in-18) ; les Origines du christianisme d'après la critique rationaliste moderne et d'après la tradition catholique (Paris, 1868, 2 vol. in.8) ; De Tldée de Dieu d'après la tradition chrétienne (Paris, 1871, 2 vol. in-8) ; Histoire de la papauté (Paris, 1860, 1873, 1875); Du Progrès dans ses rapports avec l'Eglise catholique (Paris,
4875) ; De Vunion de là morale avec la religion (Paris, 1871).
CASTAN (Auguste), érudit français^ né à Besançon (Doubs) le 20 nov. 1833, élève de l'école des Chartes (promotion de 1855), bibliothécaire de Besançon, a consacré toute son activité scientifique à l'histoire et aux antiquités de la Franche-Comté et particulièrement de sa capitale. Un grand nombre de ses travaux ont été publiés dans les Mémoires de la Société d^ émulation du Doubs. Nous citerons ses remarquables rapports sur les fouilles pratiquées à Alaise (V. Alesia) ; son étude sur les Origines de la commune de Besançon (Besançon, 1858, in-8) ; la Franche-Comté et le pays de Montbéliard (Besançon, 1877, in-12); Besançon et ses environs (Besançon, 1887, in-12, i^ éd.) ; Histoire et description de la Bibliothèque de Besançon (1885, in-8) ; Catalogue des musées de Besançon (1886, in-l'i!) ; Histoire et description des inusées de Besançon (1888, in-8) ; Histoire de V ancienne école de peinture et de sculpture de Besançon, ilSô-ilOi (1889). Enfin, une foule de mémoires plus ou moins étendus qui éclairent presque toutes les phases de l'histoire de sa ville natale : La Bataille de Vesontio et ses vestiges (1862); Considération sur Varc antique et la porte noire (1866) ; Monographie du palais Granvelle à Besançon (1866) ; l'Empereur Charles-Quint et sa statue à Besançon (1867) ; Capitolede Vesontio (1867); le Siège et le Blocus de Besançon par Rodolphe de Habsbourg {iS6S); Champ de Mars de Vesontio (1869); les Sceaî/x de la commune, r hôtel de ville et le palais de justice de Besançon (1871) ; Théâtre de Vesontio (1872); la Scène du théâtre de Vesontio (1875); Granvelle et le petit empereur de Besançon (1876); Vesontio colonie romaine (1877) ; la Table sculptée de Vhôtel de ville de Besançon (1879); Arènes de Vesontio (1885), etc. M. Castan a également collaboré à la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, à la Revue historique^ à la Revue archéologique y à la Grande Encyclopédie^ etc. Il est correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.,
CASTAN D ET. Corn, du dép. des Landes, arr. de Mont- de-Marsan, cant. de Grenade-sur-Adour ; 848 hab. CASTAN EA (V. Châtaignier).
CASTAN ÉACÉES (Castaneaceœ H. Bn) (Bot.). Famille de Végétaux Dicotylédones, correspondant en partie aux Amentacées des anciens auteurs, et renfermant, outre les Cupulifères de L. C. Richard, les Betulacées de Lindley, les Corylacées de Mirbel et les Myricacées de Lindley. M. H. Bâillon (Hist. des pi, VI, p. 217), la place .entre les Ulmacées et les Combrétacées. Elle se compose d'arbres, d'arbustes et d'arbrisseaux à feuilles alternes, simples, le plus ordinairement pourvues de stipules latérales, à fleurs unisexuées, en général monoïques, les mâles rassemblées en chaton ou en épi, les femelles reniermées dans un involucre de forme variable et contenant un ovaire infère à deux ou six loges uni ou bi-ovulées. Le fruit, sec, charnu ou drupacé, est souvent, tantôt complètement enveloppé par l'involuere accrescent chargé extérieurement d'épines (Châtaignier, Hêtre), ou formant une induvie membraneuse, saecilorme ou étalée (Noisetier, Charme), tantôt entouré seulement à sa base d'une cupule hémisphérique, composée d'un plus ou moins grand nombre de petites écailles imbriquées (Chêne), La graine renferme sous ses téguments un embryon droit à albumen peu abondant ou nul. — Les Castanéacées comptent seulement onze genres que M. H. Bâillon répartit delà manière suivante : 1^ Bétulégs (Genres : Betula Tourn. et Alnus Tourn.); 2^ Corylées (Genres : C or y lus "ïonm, etCarpinus Tourn.) ; 3*^ Querginées (Genres : QuercusTonm,, Castanea Tourn. et Fagiis Tourn.); 4^ Balanopsées (Genre Balanops H. Bn) ; 5<* Leitnériées (Genres : Leitneria Chapm. et Didymeles Dup.-Th.) ; 6^ Myricées (Genre Myrica L.). Ed. Lef.
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CASTAN EDA (Gabriel de), mémorialiste mexicain du XVI® siècle. Indigène notable de Michoacan-Colomochco, il écrivit en nahua une relation pittoresque et circonstanciée, qui nous éclaire sur les mœurs, le costume militaire et l'armement des guerriers aztecs au service des Espagnols. Elle fut traduite en castillan (1641) par l'interprète Pedro Vasquez sous le titre de : Relacion de la Jornada que hizo Don Francisco de Sandoval Acazitli, cacique y senor principal que fué del pueblo de Tlalmanalco, provincia de Chalco, con et senor visorey Don Antonio de Mendoza, cuando fué d la conquista y pacificacion de los Indios Chichimecas de Xuchipila, ^541, publiée par J.-G. Icazbalceta dans Colecdon de documentos para la historia de Mexico (1866, t. II, pp, 307-332, in-4). B-s.
CASTAN EDA (Gregorio), peintre espagnol, dont le lieu et la date de naissance sont inconnus, mais qui, établi à Valence vers 1625 aurait été, d'après quelques biographes, l'élève et le gendre de Francisco Bibalta. Ce qui est certain, c'est que Castaneda fut le collaborateur de ce maître et qu'il est difficile de faire aujourd'hui dans les nombreux ouvrages exécutés en commun le départ de ce qui appartient sûrement à l'élève. Une de leurs œuvres les plus importantes, le retable de l'église d'Antilla, est tout à fait dans ce cas. Parmi les panneaux qui forment ce retable, la tradition attribue à Castaneda ceux qui représentent : la Dispute avec les docteurs, la Mort de la Vierge ; la Rencontre de saint Joachim et de sainte Anne, Ces panneaux sont, en effet, d'un dessin moins correct et d'une coloration moins puissante que le reste du retable. Les documenis contemporains donnent encore à l'artiste diverses peintures disparues depuis la suppression des couvents, entre autres: une Vierge au Rosaire, chez les filles de Sainte-Catherine de Sienne, à Valence, une Notre-Dame du peuplier chez les religieuses Ursulines et à Segorbe, chez les sœurs de Saint-Martin, une Sainte Ursule et une Conception Immaculée. Castaneda mourut à Valence. P. L.
BiBL. : PoNz, Viage de Espaùa ; Madrid, 1779. — Cean Bermudez, Diccionario de los mas ilustres profesores ; Madrid, 1800.
CASTANEDA de Nagera (Pedro de), mémorialiste espagnol du xvi® siècle. Il prit part à l'expédition de Fr. Vasquez de Coronado en Cibola ou Arizona (1540- 42); plus de vingt ans plus tard il en écrivit, à Culiacan où il s'était retiré, une relation véridique et détaillée, avec la description des pays parcourus et des mœurs des habitants. Elle a été traduite de l'espagnol en français et publiée par Ternaux-Compans, dans le t. IX de la 1^® série de Voyages, etc., pour servir à r histoire de la découverte de l'Amérique (Paris, 1838, in-8). B-s.
CASTANET. Corn, du dép. de l'Aveyron, arr. de Rodez, cant. de Sauveterre; 1,263 hab.
CASTANET. Ch.-l. de cant. du dép. de la Haute- Garonne, arr. de Toulouse; 903 hab.
CASTANET. Corn, du dép. du Tarn, arr. et cant. de Gaillac; 335 hab.
CASTANET. Corn, du dép. de Tarn-et-Garonne, arr. de Montauban, cant. de Saint-Antonin ; 917 hab.
CASTAN ET-le-Haut (Castanetum), Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Béziers, cant. de Saint-Gervais, sur la Mare, affluent de l'Orb; 581 hab. Cette localité, située près de la Croix-de-Mounis et sur le versant septentrional des Cévennes, a fait au moyen âge partie du diocèse d'Albi, puis de Castres, et par suite, en 1790, elle fut comprise dans le dép. du Tarn ; en 1802, on l'a rattachée à l'Hérault avec tout le cant. de Saint-Gervais. Castanet est au pied du Pio-de-Bru, pic de 1100 m. Tout près du même lieu, vers Saint-Geniès-de-Varensal, cirque rocheux célèbre, dit de l'Olque ou de l'Orque.
CASTANET (Bernard de), prélat français. Issu d'une famille noble du Rouergue, il dut naître entre 1240 et 1250 et fut successivement archidiacre de Narbonne, évéque
CASTANET — CASTANiZA
d'Albi (7 mars 1276), duPuy(1308), cardinal-évêque de Porto (18 déc. 1316) ; il mourut à Avignon le 14 août 1317. En 1276, il remplissait à Rome les fonctions d'auditeur du palais apostolique, quand le pape, voulant mettre fin à une longue vacance du siège d'Albi, le pourvut de ce riche évêché; mais Bernard ne vint pas immédiatement occuper son siège ; envoyé en ambassade par le souverain pontife auprès du roi des Romains, Rodolphe de Habsbourg, il ne rentra en France qu'en janv. 1277. Son premier soin, après avoir pris possession de son siège, fut de poursuivre deux affaires également urgentes : la reconstruction de la cathédrale de Sainte-Cécile, alors en ruines, et la sécularisation du chapitre 11 s'occupa activement de l'une et de l'autre entreprise elles mena à bien. Les lenteurs de la cour de Rome retardèrent la sécularisation pendant environ vingt ans, et la bulle la prononçant est datée du 29 déc. 1297 ; en prévision du résultat, le chapitre avait, des fév. 1277, réglé deconcert avec l'évêque l'organisation nouvelle de la communauté. La construction de l'église cathédrale ne fut pas moins longue, et cette entreprise jeta Bernard de Castanet dans des embarras inextricables. C'est en effet pour se procurer l'argent nécessaire qu'il entra en lutte à plusieurs reprises avec les officiers royaux, et qu'il activa les poursuites contre les hérétiques*^ albigeois et vaudois de son diocèse. Comme seigneur temporel d'Albi, l'évêque avait le droit d'encours sur les domaines ayant appartenu aux hérétiques condamnés. De là, des abus effrayants, le prélat ayant un intérêt direct à étendre et à multiplier les poursuites contre les hétérodoxes. Aussi Bernard finit-il par soulever contre lui l'animosité de ses ouailles; ayant eu par surcroît l'imprudence d'offenser Philippe le Bel en refusant un subside demandé par ce prince (1304), il se trouva encore exposé aux rigueurs de la papauté, et une grande enquête, décidée par Clément V en 1307, révéla les abus commis par lui et se termina par sa suspension de ses fonctions épiscopales (V. Inquisition). Sa perte semblait assurée ; mais il avait de puissants amis, et le souverain pontife se borna à le transférer au siège du Puy, vacant par la mort de Jean de Commines (avant oct. 1308.) Dans ces nouvelles fonctions, Bernard déploya la même activité, fondant un couvent de carmes au Puy, une collégiale à Monistrol. Jean XXIf, successeur de Clément V, qui semble avoir pris à tâche de revenir sur toutes les mesures d'apaisement prises par ce dernier pape, indemnisa Bernard en lui conférant l'évôché cardinalice de Porto et en lui laissant l'évêché du Puy en commende, faveur dont Castanet ne jouit que peu de temps. — Bernard de Castanet passait pour un jurisconsulte consommé, mais on ne connaît aucun écrit de lui ; il avait réuni une riche bibliothèque, qu'il légua aux dominicains de Toulouse. Une dizaine de volumes en provenant existent aujourd'hui à la bibliothèque de cette ville, et prouvent le bon goût et la science de leur premier possesseur. On lui doit également une partie du palais épiscopal d'Albi, sorte de forteresse des plus curieuses, et tout le gros œuvre de la cathédrale de Sainte-Cécile, l'un des plus beaux monuments de l'art gothique en Languedoc. On ne saurait toutefois oublier que Bernard de Castanet fut un prélat t}rannique, un juge féroce et un baron intéressé et violent. A. Molinier.
BiBL. : D. Vaissète, Hist. générale de Languedoc, nouv. édit., t. IX, passim. — D'Auriac, Histoire de l'ancienne cathédrale et des évéques d'Alby. - Ch. Moli- MER, l'Inquisition dans le Midi de la France. — Lea, A Hisiory of Ihe Inquisition, 11,71, 85.
CASTANET (André), chef camûard (V. ce mot), né à Massevaques (Lozère) vers 1674, supplicié à Montpellier le 26 mars 1703. Berger dans sonentance, puis cardeur de laine, il avait toutefois appris à lire et à écrire comme beaucoup de paysans calvinistes. Après la paix de Kyswyck, qui ne stipulait rien pour les protestants de France, il s'expatria (1697). Trois ans après, on le retrouve garde-forestier de fAigoual. C'est en pleines
Cévennes qu'il forma, le 26 janv. 1703, une bande armée à la tête de laquelle il joignit Moulines et Joany, fit une démonstration contre Saint-André-de-Valborgnes, et mit à feu et à sang le village catholique de Fraissinet-de- Fourques. Cependant il ne put ni défendre Massevaques, son pays, contre les représailles des catholiques, ni délivrer, au passage du Gardon, 300 prisonniers que Julien emmenait à Saumane, Dès lors, il paraît faiblir. A l'occasion de son mariage avec une nommée Mariette, il renvoie sans rançon 30 prisonniers catholiques. Les catholiques lui ravissent sa femme : il la recouvre en échange d'une dame de Valleraugue. « C'est, dit la France protestante, le seul exemple de cartel qu'on puisse citer dans toute la guerre des Camisards. » Castanet tit sa soumission en même temps que Cavalier (1704) et se retira à Genève. Mais il eut l'imprudence de revenir en Languedoc (fév. 1705), espérant obtenir sa grâce par le moyen de sa femme. Celle-ci fut jetée en prison. Castanet fut arrêté le 18 mars avec les prophètes Boyer et Vallette, mis à la question et condamné par l'intendant Lamoignon de Basville au supplice de ta roue, qu'il subit huit jours après, héroïquement, sur la place du Peyrou. Mariette, cause innocente de sa mort, accoucha d'une fille en prison, fut épargnée, et obtint restitution des biens confisqués. H. Monin.
BiBL. : Eug. et Em. Haag, la France protestante, t. III, p. 242. — D. Vaissète, Hist. gén. de Languedoc., éd. Privât, t. XIII et XI V, passim. — V. Camisards (Guerre des).
CASTANHEDA (Fernâo-Lopcz de), historien portugais, né à Santarem au commencement du xvi*^ siècle, mort à Coimbre en 1559. Fils naturel de Lopo Fernandes de Castanheda, premier auditeur de Goa, il accompagna son père dans l'Inde en 1528, et y passa vingt ans à colligcr laborieusement, quelquefois au péri! de sa vie, des documents et des renseignements en vue d'un ouvrage sur l'histoire de la découverte et de la conquête de l'Inde par les Portugais. Poursuivi par la mauvaise fortune, il dut, à son retour, accepter pour vivre les modestes fonctions de bedeau de la faculté des arts et de garde des archives de l'Université de Coimbre. 11 y put au moins se mettre tranquillement à rédiger sa chronique, dont la première partie parut en mars 1551 : Historia do descobrimento e conquista da India pelas Portugaezes (Coimbre, in-fol.). Les livres 2« à 7® virent le jour de 1552 à 1554; le 8® ne fut livré au public qu'après la mort de l'auteur (1561); le 9® et le 10*^ furent empêchés de paraître par des influences intéressées. C'est que Castanheda est un narrateur d'une sincérité parfaite et d'une exactitude scrupuleuse. Son ouvrage, qui embrasse une période de cinquante années, liit la première publication faisant connaître les contrées conquises par le Portugal en Asie, et à ce titre il excita une vive curiosité. Le premier livre fut d'abord traduit en français, par Nicolas de Grouchy, alors professeur à Coimbre (Paris, 1553, in-4) ; puis en espagnol (1554), en italien et en anglais. Une édition complète du texte original a été donnée à Lisbonne en 1833 (8 t. en 7 vol., pet. in-4). G. Pawlowski.
CASTANHOSO (Miguel de), historien portugais, mort après 1564. Un des compagnons de Christovam de Gama dans son expédition en Abyssinie, il en publia une curieuse relation : Hisîoria das causas que o muy esforçado capitào /). Christovào da Gama feznos reinos do Preste Jodo, com quatro cenlo Portuguexes que con^ sigo levou (Lisbonne, 1564, in-4). Les exemplaires de ce livre sont d'une rareté insigne. G. P-i.
CASTANIZA (Juan de), théologien et hagiographe espagnol du XVI® siècle. Né à Ofia (Vieille-Castille), il entra dans l'ordre des bénédictins et y parvint à de hautes dignités. Plus tard, Philippe 11 l'attacha à sa personne. 11 mourut en 1598, au couvent de Saint-Vincent, à Salamanque, où il avait passé les dernières années de sa vie. Citons parmi ses ouvrages : La Vida de S. Benito que S, Gregorio magna dexo escrita en latin^ tradiicida
CÀSTANIZA — CASTBERG
en vulgar, con las vidas de sus dos discipulos, S, Mauro y S, Placido (Salamanque, 1583, in-8) ; Aprobacion delà régla de S,Benitoen algunos concilios,,. con un catalogo de Principes y Doctores ortodoxos y santos quehan florecido en ella... (Salamanque, 1583, in-8), important pour Thistoire de Tordre ; Historia de San Romualdo, padre y fundador de la orden Camaldulense,eU\ (Madrid, 1597, in-8), traduit en italien par Timotheus a Balneo (Venise, 1605, in-4). Celui de ses livres qui eut le plus de succès est un traité ascétique que Antonio désigne sous le tilre : De la Perfeccion de la vida christiana^ sans indiquer ni lieu ni date d'impression ; il fut traduit en latin, en italien et en allemand. V. pour plus de détails Antonio (Bibliotheca Hispana nova, t. n pp. 673-674). E. Cât.
CASTANO (Bartolomé), missionnaire et linguiste hispano-portugais, né à Santarem en 1601, mort à Mexico le 21 déc. 1672. La compagnie de Jésus l'envoya comme missionnaire chez les Sisibotaris et les Sahuaripas en Sinaloa où il passa dix ans. Il fut le premier à évangéliser la Sonora et s'assimila si bien la langue et les mœurs des indigènes qu'ils le prenaient pour un sage de leur nation ; par la parole et la musique il exerça une grande influence sur eux. A son retour à Mexico, il fut nommé préfet de la maison professe de son ordre, le collège de Saint-Sauveur, et se distingua comme prédicateur. Entre autres ouvrages de piété, on lui doit un catéchisme en nahua et en espagnol, réimprimé à Mexico en 1744. Sa biographie a été écrite par le P. Tomas Escalante (Mexico, 1708, in-4). B-s.
CASTANO (Aguslin), sculpteur espagnol qui travaillait à Valladolid dont il était peut-être originaire, au commencement du XVII® siècle. En 1622,' en collaboration avec son beau-père Diego Vazquez, dont il était probablement l'élève, il commençait d'exécuter à l'église paroissiale de Malpartida, près de Palencia, un retable important comme architecture et comme décoration sculpturale. Cean Bermudez donne les plus grands éloges à cet ouvrage dont il vante la belle ordonnance et le style. Castano mourut avant d'avoir complètement terminé ce retable qui fut achevé par son beau-père. D'après les termes du contrat passé avec l'artiste, ce travail lui était payé 28,000 réaux. P. L.
BiBL. : PoNZ, Viage de Espana ; Madrid, 1779. — Cean Bermudez, Diccionario de los mas ilustres profesores ; Madrid, 1800.
CASTANO DE SosA (Gaspar), explorateur espagnol de la fin du xvi« siècle. Il était lieutenant du gouverneur de Nuevo-Leon (Mexique) lorsqu'il fut chargé par celui-ci de faire une tentative de colonisation dans une région minière du nouveau Mexique. Après avoir organisé une caravane de cent soixante-dix personnes, Espagnols et indigènes, hommes, femmes, enfants, avec de nombreuses voitures pour transporter les vivres et les semences dans les déserts, il partit d'Almaden le 27 juil. 1590, s'avança vers le N. jusqu'au pays des pueblos ou bourgs fortifiés, en traita humainement les habitants policés et prit possession de la contrée au nom du roi d'Espagne ; mais la neige le força de rétrograder, et il se trouvait sur les rives du rio Bravo del Norte lorsqu'il fut arrêté le 13 mars 1591, par ordre du vice-roi de la Nouvelle- Espagne, Luis de Velasco, qui avait traité directement avec J.-B. de Lomas Colmenares pour la découverte du nouveau Mexique. La relation de ses découvertes, trop sèche et trop peu précise au point de vue topographique, donne néanmoins d'intéressants détails sur les contrées visitées et les difficultés de la marche. Elle a été deux fois reproduite (sans variantes) dans Documentos ineditos del archivo de Indias (Madrid, t. IV, pp. 191-264, in-8, et t. XV, pp. 283-354). Beauvois.
CASTANOS (Francisco-Javier de), duc de Baylen, général espagnol, né en Biscaye le 22 avr. 1756, mort le 24 sept. 1852. D'une famille noble, il fit ses premières
GKANDE ENCYCLOPÉDIE. -—IX.
armes sous son beau-frère, le comte O'Reilly, raccompagna en Allemagne pendant la guerre de Sept Ans et servit avec distinction contre Frédéric II, apprenant de ses ennemis la tactique militaire. En 1794, il était colonel en Navarre, et ses services dans la campagne de Caro contre la France (1794-1795) le firent désigner pour le grade de lieutenant général, qu'il obtint en 1798. Ayant peu après déplu à Godoy, prince de la Paix, il fut exilé de Madrid ainsi que d'autres ofiiciers. Mais en 1808, quand l'Espagne entière se souleva contre les Français, il fut de? premiers désigné comme général par la Junte. Sa modération le rendit vite suspect, et il fut quelques semaines privé de son emploi. Cependant, on lui donna bientôt le commandement en chef de l'armée d'Andalousie et il eut le bonheur de gagner presque sans coup férir la bataille de Baylen (V. ce mot) ; en novembre de la même année, il fut battu à Tudela, mais la gloire qu'il avait acquise lui valut d'être nommé membre du conseil de régence (1810). Il prit une part active aux campagnes de la guerre de l'indépendance, agit de concert avec Wellington et se distingua surtout à la bataille de Vittoria. Après ce fait d'armes, il se retira quelque temps de l'armée et fut fait conseiller d'Etat. Il re|)rit du service en 1815, fut nommé capitaine général de la Catalogne, et pendant les Cent-Jours commanda un corps d'armée de 80,000 hommes qui se préparait à entrer en France, quand arriva la nouvelle de Waterloo. Il résigna ses fonctions en 1816 et demeura éloigné de la cour jusqu'en 1823 ; en 1825, il entra au conseil d'Etat et se fit remarquer dans les discussions par ses conseils de clémence et de modération; en 1830, il devint président du conseil de Castille, mais quelques années après, son opposition aux projets do modification de la loi sur la succession de la couronne le fit se retirer des atfaires. Il ne partageait point l'engouement des Espagnols pour Espartero, et ce n'est qu'après la chute de celuici qu'il se rapprocha du gouvernement; il devint tuteur de la reine Isabelle, en remplacement d'Arguelles, 1844, et mourut à près de cent ans, comblé de gloire et d'honneurs. Outre son titre de duc de Baylen, il avait reçu les cordons de grand'-croix de Charles III, de Saint-Ferdinand, de Sainte-Hermenegilde, de la Toison d'or et de la Légion d'honneur (1844). Les Espagnols le considèrent comme une de leurs grandes gloires militaires et comme un de leurs hommes politiques les plus sages ; les étrangers aussi s'accordent à vanter son humanité, sa courtoisie et sa modération. E. Cat.
CASTANS. Com. du dép. de l'Aude, arr. de Carcassonne, cant. de Peyriac-Minervois ; 513 hab.
CASTAX (Géogr. anc.) (V. Castulo).
CASTAYLS (Jayme), sculpteur espagnol, d'origine catalane, qui travaillait à l'église de Tarragone vers la fin du XIV® siècle. Par les clauses d'un contrat, passé à Barcelone, par devant le notaire Pedro Reset, nous apprenons que Castayls s'engageait en 1375 à exécuter de haut relief les trois figures d'apôtres et les neuf figures de prophètes, qui manquaient encore à la décoration de la façade de la cathédrale de Tarragone ; un siècle environ auparavant, maître Bartolomé, sculpteur, avait commencé ce travail dont neuf statues d'apôtres seulement furent alors terminées et mises en place. Le même contrat fixe le prix attribué à Castayls, qui était de dix-neuf livres et quinze sols pour chacune des figures qui devaient être exécutées de grandeur naturelle. P. L.
CASTBERG (Peter-Atke), philanthrope et écrivain danonorvégien, né le 3 août 1780 à Flekkefjord, mort à Copenhague le 30 avr. 1823. Après avoir étudié la médecine et les mesures prises à l'étranger en faveur des sourds-muets (1803-5), il fut placé à la tête de l'institution royale des sourds-muets, fondée à Copenhague d'après ses propositions (1807). Outre une Histoire du couronnement de JSapoléon I*** (Copenhague, 1807) et d'autres ouvrages, il publia des programmes, des conférences et des articles sur les sourds-muets. — Sa mère,
CASTBERG — CASTE
Magdalena-Sophia Bentzen, née à Skien en 1756, morte à Kragerœ le 42 août 1825, est plus connue sous le nom de ses deux maris : Castberg et Buchholm ; elle écrivit des odes, élégies, héroïdes, romances, réunies dans ses Poésies (Copenhague, 1793 ; 2« éd. 1806). B-s.
CASTE. I. Généralités. — Les castes sont des classes à un degré de rigidité extrême qui fait la base organique de certaines sociétés. Ce sont des classes entre lesquelles les unions, les mélanges, sont en général absolument interdits. Elles avaient, elles ont pour but, ou du moins pour effet, de perpétuer les privilèges obtenus par la conquête, de maintenir la séparation des peuples ou des races au sein d'une même unité politique, de rendre enfin héréditaires les avantages ou les inconvénients d'aptitudes spéciales ou de situations professionnelles. Elles sont donc tantôt politiques, tantôt politiques et ethniques, tantôt simplement professionnelles. Et dans tous les cas, elles sont le plus puissant élément de fixité ou de stabilité dans les sociétés humaines. Nous ne nous occuperons ni des castes de l'Egypte ancienne, uniquement professionnelles, ni des castes de rinde, politiques et ethniques (V. ci-dessous), mais seulement de celles de nos sociétés barbares actuelles. Nous savons qu'en Australie il y avait des traces "d'une organisation par castes . Mais ces castes, chez un tel peuple, si elles ne sont pas un reste de traditions obscurcies, ne s'expliquent ni par la présence de deux races, dont l'une aurait été subjuguée, ni par le développement des classes professionnelles. Elles sont purement politiques et ne tendent qu'à consolider une aristocratie héréditaire naissante. Dans presque toutes les sociétés polynésiennes, avec ou sans roi héréditaire, il y avait généralement deux castes, celle des esclaves, alimentée par la guerre, et celle de l'aristocratie basée elle-même sur la fortune ou les exploits guerriers. Entre les deux, dans une situation plus ou moins dépendante de la caste aristocratique, vivait la niasse du peuple. Chez les Mélanésiens de l'Ucéanie, tels que les Néo-Calédoniens, il existe une féodalité guerrière ; mais nous n'y découvrons pas facilement la fixité de la caste.
Lorsque nous passons en Afrique, nous voyons d'abord chez les Hottentots une aristocratie héréditaire qui ne fait qu'aspirer encore à constituer une caste. Mais la caste règne déjà en son plein dans les sociétés monarchiques à esclavage de la plupart des nègres. Chose curieuse cependant et qui doit tenir à l'influence ancienne de la vieille Egypte, ces castes, chez quelques-unes des plus importantes de ces sociétés, ne sont pas politiques ou ethniques : elles consacrent et tendent à renforcer les aptitudes professionnelles héréditaires, à garantir perpétuellement l'exercice de certains métiers utiles ou réputés comme tels. Ainsi chez les Bambaras, il y a trois castes aristocratiques. La première se compose des forgerons qui se sont acquis une telle influence, grâce à leurs secrets de métier, que leur chef règle seul.leurs aflaires et a même le privilège de couronner les rois! La seconde se compose des ouvriers en cuir, et la troisième des griots, les troubadours bavards de l'Afrique. Les mêmes castes existent encore chez les Mandingues. Chez ceux-ci, en plus, il s'est constitué, depuis la conversion à l'islamisme, une quatrième caste qui s'est attribuée le premier rang, celle des prédicateurs du Coran. Ces castes professionnelles n'excluent pas d'ailleurs l'existence de castes purement politiques, d'origine guerrière : castes aristocratiques, castes de chefs, d'anciens chefs, de courtisans de roi d'une part, d'esclaves de l'autre. Il n'existe pas de castes ethniques, les Arabes eux-mêmes n'ayant aucune répugnance à se mêler aux nègres. Cependant les Abyssins, les Çomalis, les nègres sémitisés ou berbérisés du N.-E., se défendent pour la plupart avec orgueil d'avoir rien de commun avec les autres noirs.
En Asie, à côté du pays par excellence des castes, l'Inde et la Perse, s'est exercée l'influence chinoise, assez contraire à ce régime. S'il existe en Chine une classe puissante et hiérarchisée, celle des mandarins, qui domine
la nation, chacun du moins peut y entrer par le savoir et les concours littéraires. Cependant, dans un grand pays tributaire depuis longtemps de la Chine, dans la Corée, le régime des castes subsiste encore. Les castes y sont politiques et professionnelles. Chez beaucoup de Mongols, d'ailleurs, en particulier même chez ceux qui relèvent de la Chine, oU s'est établie une plus grande cohésion, c'est le régime de la caste qui est la base de l'organisation politique ; les familles princières se prétendent d'un sang à part et supérieur, du sang de Gengis-Khan. Au-dessous d'elles, la caste des nobles, propriétaires du sol, a la même prétention. La masse du peuple est à la discrétion de ces cantes et du clergé. Au Japon le régime des castes est aussi la base de l'organisation politique, et il est bien plus développé. La population entière est divisée en huit castes : 1^ les princes et nobles de premier rang ; ^^ les nobles voués au service militaire; 3° les prêtres; 4*^ les nobles hors classe; 5<^ les oflîciers inférieurs et les médecins; 6* les gros commerçants; 1^ les marchands et les artisans; 8^ les paysans et les journaliers. Les corroyeurs et autres peaussiers si estimés en Afrique sont mis là hors caste avec les mendiants, et traités en parias. Ces castes établissent une double hiérarchie politique et professionnelle.
Si nous passons en Amérique, nous trouvons dans les anciennes sociétés mexicaine et péruvienne, des castes extrêmement rigides, mais de nature purement politique et ethnique, ayant pour origine la guerre et la conquête. Au Mexique, au-dessous de la famille royale, régnait une caste nobiliaire puissante qui possédait le sol et fournissait tous les fonctionnaires. En dehors d'elle, la masse du peuple libre vivait dans des conditions précaires mal définies. Mais elle ne formait pas une caste à proprement parler, car chacun pouvait changer son état, et même, si cela lui convenait, devenir esclave. Les esclaves ne formaient pas non plus une caste, car ils pouvaient euxmêmes posséder des esclaves, et leurs enfants naissaient libres. Au fond et pour ce qui nous occupe, l'organisation était la même au Pérou. Au-dessus de la masse'du peuple conduite despotiquement, il n'y avait que deux castes, celle des nobles, tous de sang royal, et celle des chefs des nations soumises.
Aux temps préhistoriques, l'Europe a sans aucun doute connu les castes professionnelles. Ces castes subsistaient encore peut-être dans la Grèce primitive, et c'est sous leur régime que se sont développées quelques-unes de nos anciennes civilisations industrielles. Nous y avons vu ensuite le régime féodal, basé sur la conquête, tendre forcément et aboutir en plus d'un point, en Angleterre, en Irlande, dans le centre, le nord et l'est de l'Europe, à l'établissement de véritables castes politiques. Dans une grande partie de l'Allemagne, de la Russie, de l'Autriche ellemême, la caste nobiliaire, abolie en droit, subsiste parfaitement en fait et vit fort en dehors et au-dessus de la caste des paysans. Zaborowski.
IL Inde, — Les navigateurs portugais qui débarquèrent les premiers sur les côtes de l'Inde appliquèrent ce mot aux divisions sociales et religieuses du pays; l'usage s'en étendit plus tard chez les autres nations de l'Europe. Le mot caste, en portugais, signifie : moule, forme, race, espèce. Le système des castes se retrouve en ébauche chez la plupart des peuples orientaux ; mais le formalisme brahmanique, secondé par un merveilleux génie de classification, l'a porté dans l'Inde à sa perfection. La caste légale comprend l'ensemble des personnes qui ont le droit de se marier ensemble et de manger ensemble ; en d'autres termes, elle est caractérisée par le connubium et la commensalité. La société civile se répartit en quatre grandes castes, que le sanscrit nomme des couleurs (varna) : les brahmanes, les kchatriyas, les vaisyas, les soùdras; les trois premières forment la population arya, seule appelée à la régénération spirituelle (dvidja) et à Fétude du Véda. « Le soùdra n'a qu'une naissance ; de
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cinquième caste, il n*y en a pas. » La loi prescrit à chaque caste une occupation déterminée : le brahmane enseigne, étudie, sacrifie pour son compte, sacrifie pour les autres, donne des présents et en reçoit ; ni le kchatriya ni le vaisya ne peuvent enseigner, sacrifier pour autrui ni recevoir des dons. Le kchatriya vit du métier des armes et protège le peuple ; en échange, il perçoit une taxe sur les vaisyas et les soûdras ; le vaisya s'occupe de négoce et d'agriculture. Mais les circonstances ne permettent pas toujours d'observer rigoureusement la loi" ; en cas de détresse, un homme des trois castes supérieures peut enseigner, travailler à la machine, travailler à gages, se mettre en service, élever du bétail, trafiquer, cultiver, recevoir l'aumône, toucher les intérêts d'un prêt. Le devoir du soùdra est de servir les brahmanes ; en retour on lui donne les restes du repas, les vieux habits, les vieux meubles, le rebut du grain, etc. La tourbe des parias ou tchandâlas est exclue de cette organisation sociale ; ils vivent en dehors des villes et des villages ; ils ont pour toute fortune des chiens et des ânes ; ils portent les vêtements des morts, avec des parures en fer. Ils mangent dans des écuelles brisées ; l'entrée des villes leur est interdite la nuit ; le jour, ils portent des marques spéciales ; ils enterrent les cadavres, ils exécutent les criminels. Telle est la société idéale imaginée par les brahmanes ; mais la vie réelle n'a pas cette uniformité régulière; les mariages illégitimes ont créé des castes nouvelles, le fils qui naît d'une femme immédiatement inférieure en caste à son époux est classé comme un rebut (apasada) de la caste paternelle. Ainsi l'union d'un brahmane avec la fille d'un vaisya donne naissance à un ambaehtha ; avec la fille d'un soûdra à un nichâda ; un kchatriya avec la fille d'un soûdra produit un ougra, etc. L'union avec une femme de caste supérieure donne également pour résultat des castes nouvelles : d'un kchatriya par la fille d'un brahmane naît un soùta ; d'un vaisya par la fille d'un brahmane ou d'un kchatriya naît respectivement un mâgadha ou un valdeha^ Le mélange des castes pures avec ces castes de rejet, ou des castes de rejet entre elles, produit de nouvelles castes et ainsi se continue à l'infini le morcellement de la société en groupes étroits entre lesquels cesse tout rapport légal de mariage ou de commensalité. Chacun d'eux a une profession spéciale que lui assigne la loi : les soûtas dirigent les chevaux et les voitures ; les ambachthas sont médecins ; les vaidehas sont au service des femmes ; les mâgadhas trafiquent; les nichâdas vivent de la pêche, etc. Ainsi se marque le caractère professionnel de la caste ; ce caractère finit par se restreindre à tel point que les désignations de caste et de corporation coïncident le plus souvent ; les charpentiers, les orfèvres, les forgerons, les fondeurs, les potiers, les blanchisseurs, les chasseurs, tous les corps de métiers, en un mot, se constituent en castes exclusives. La réglementation minutieuse de la société brahmanique assigne môme à certaines tribus des métiers inavouables comme moyen d'existence légal et même obligatoire. Le catalogue de M. Sherring donne une longue liste de castes consacrées au vol, au brigandage, à la prostitution, etc. Un roman sanscrit du vn« siècle, les Aventures des Dix Princes, raconte l'histoire d'une fille de courtisane qui avait résolu de mener une existence honnête dans le mariage ; mais la mère, qui entendait vivre de sa fille, alla s'en plaindre au roi, et la pauvre jeune fille dut se soumettre aux devoirs de sa caste. La caste se marque à un grand nombre de signes extérieurs, à la façon des vêtements, à leur couleur, à la mise, à la forme des joyaux, à des rites spéciaux, à des emblèmes, drapeaux, fleurs, etc.
La caste est si étroite, si exclusive et si rigoureusement fermée que l'individu sorti de sa caste n'a plus aucune espèce de refuge dans la société. C'est un déchu (patita), un excommunié, un réprouvé ; il tombe au-dessous des castes les plus infimes ; il va se noyer dans la troupe
sans nom des parias. Sa présence est une souillure ; son contact un cas de déchéance. Aussi l'exclusion de la caste est la peine la plus sévère dont la société dispose. C'est un tribunal spécial (data) qui prononce ces arrêts ; sa juridiction s'étend sur tous les gens de la même caste qui habitent un district déterminé ; il reçoit les plaintes, les accusations, entend la défense et juge en dernier ressort. Dans les cas douteux ou particulièrement graves, il tait appel aux lumières des pandits (savants) convoqués en assemblée générale. Voici un exemple des sujets qu'on porte devant eux et aussi des accommodements qu'ils savent parfois trouver : le gouvernement indien établit, il y a quelques années, une canalisation d'eau dans la ville de Calcutta ; un impôt spécial, prélevé sur toutes les classes, paya les frais de cette opération. Des bornes munies de robinets distribuaient l'eau dans tous les quartiers ; Hindous, musulmans, chrétiens y avaient libre accès. Les orthodoxes frémirent; toucher un robinet souillé par le contact des castes inférieures ou de gens sans caste était un cas d'exclusion irrémissible. Le gouvernement, sollicité, refusa d'accorder à chaque caste un robinet spécial. La Société pour la défense des lois hindoues discuta gravement l'aff'aire et prononça une sentence de conciliation : si horrible que fût le péché, on pouvait le considérer comme racheté par la taxe que le gouvernement avait perçue. Les Hindous n'hésitèrent plus alors à se servir des bornes-fontaines. L'expiation indiquée est valable dans la plupart des cas. Le tribunal de la caste fixe, d'après la gravité des cas d'exclusion, l'amende qui donne droit à être réintégré. Il faut bâtir un temple, doter une communauté, nourrir des brahmanes, s'humilier devant ses juges. L'an dernier, à son retour d'Europe, le guikowar de Baroda eut à dépenser plus de 60,00u fr. pour rentrer dans sa caste : tout Hindou qui sort du territoire brahmanique pour entrer dans les pays des barbares (mléicha) est déchu. Si de tels crimes se rachètent, il en est d'autres si terribles que rien ne les peut expier ; l'exclusion prononcée est définitive. Les tribunaux les plus libéraux, les plus disposés à acquitter un gentleman hindou convaincu d'avoir mangé de la viande, seront impitoyables pour le téméraire qui épouse une veuve.
L'esprit de classement et de restriction, qui a réparti la société en tant de groupes distincts, s'exerce encore sur ces groupes eux-mêmes. Malgré son apparente immobilité, la caste est un organisme qui se transforme sans cesse et qui s'enrichit constamment de rejetons nouveaux. Tantôt c'est une élite qui se détache de la communauté et qui ferme rigoureusement ses frontières. L'histoire des brahmanes du Bengale offre un exemple frappant de ce procédé. Sous le règne d'Adisoura, au x® siècle, une longue sécheresse désola le pays. Le roi pensa qu'un grand sacrifice apaiserait les dieux, et il convoqua les brahmanes de ses Etats. La décadence de la caste sacerdotale était alors si profonde qu'on ne put découvrir un seul prêtre capable d'officier. Adisoura demanda au roi de Canoge de lui adresser quelques brahmanes instruits ; il leur promettait une magnifique récompense. Cinq chefs de famille répondirent à cet appel ; ils célébrèrent avec succès le sacrifice, reçurent des présents et des territoires et s'établirent dans le pays. Mais ils refusèrent d'entrer en relations de mariage et de commensalité avec les brahmanes indigènes dont l'ignorance était trop méprisable. Parmi leurs descendants, plusieurs se montrèrent moins scrupuleux et consentirent à l'alliance que réprouvaient les anciens ; en même temps ils se laissaient aller à la même indolence et au même oubli des devoirs sacrés. Un des successeurs d'Adisoura, Ballala Sena, inquiet de cette décadence, résolut de l'arrêter. Il procéda à une enquête minutieuse, vérifia la généalogie et les alliances des familles brahmaniques ; il donna aux plus pures un titre de noblesse (Jcoula), avec des honneurs et des privilèges ; celles qui n'avaient pas gardé intacte leur
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dignité furent réparties en plusieurs classes et reçurent des faveurs proportionnées à leur mérite. Le fils de Ballala, Lakchmana Sena, accrut encore les privilèges des familles nobles (koulins). Cette division se maintient aujourd'hui encore : les koulins occupent le sommet de la hiérarchie ; après eux viennent les srotriyas, issus des premiers mariages entre les fils des brahmanes de Canoge et les filles des brahmanes indigènes ; puis viennent une trentaine de castes inférieures.
La hiérarchie normale des quatre castes n'est plus guère qu'un souvenir. Les brahmanes afiirment qu'il ne reste plus de véritables kchatriyas ; pourtant les tribus rajpoutes revendiquent hautement ce titre, et leurs mœurs paraissent justifier leurs prétentions. Ces tribus ne se rencontrent guère que dans l'Hindoustan proprement dit; les derniers recensements ne donnent que 200,000 kchatriyas pour le sud de l'Inde. Ils dominent dans le Rajpoutana, où les traditions des anciens clans se sont maintenues dans leur pureté. Les vaisyas sont presque complètement éteints. Les deux castes prépondérantes sont les brahmanes et les soudras. Les brahmanes sont loin d'occuper partout le rang élevé où les placent les codes antiques ; sans doute il s'en trouve qui, à titre de gourous ou directeurs spirituels, sont presque un objet d'adoration pour la communauté qu'ils administrent ; les gens du peuple ramassent respectueusement la poussière qu'ont touchée leurs pieds vénérables, la répandent sur leur tête et, dans les cas extrêmes, sollicitent comme une potion infaillible l'eau de leur bain. D'autres officient comme prêtres dans les innombrables temples des sectes hindoues, car tous les prêtres sont des brahmanes; mais cette fonction rétribuée est méprisée des brahmanes orthodoxes, les moins nombreux, qui passent leur vie à étudier, à méditer, à perpétuer leur race et se retirent ensuite dans un ermitage. La plupart, en raison de la détresse actuelle, ont accepté des occupations indignes de leur naissance ; ils sont maîtres d'école, médecins, ingénieurs, boutiquiers.
Le nombre des castes de soudras est presque infini. Les castes des kâyasthas (scribes) et des vaidyas (médecins) sont les plus puissantes et les plus distinguées ; en fait, elles l'emportent souvent sur les brahmanes. On a assez justement surnommé les kâyasthas « les Grecs du bas-empire indien » ; il n'est pas de caste qui se soit
assimilée plus vite et qui ait plus contribué à propager dans l'Inde la civilisation de l'Europe.
Un passage intéressant du Bengal Census Report (1881) montre bien les éléments qui concourent à former une commune hindoue, et quel rôle spécial y est dévolu à chaque caste : « Le brahmane a sa place dans chaque hameau comme prêtre d'une famille ou d'un temple, ou un emploi séculier comme maître, etc. Le rajpont (ou kôhatrlya) est également chargé d'une fonction d'ordre supérieur. A peine une demi-douzaine de cabanes se sont groupées que le baniya (prêteur) ouvre boutique et commence ses opérations de petite banque. Il n'y a pas de village complet sans son teli (huilier) ou son charpentier (barhi) qui raccommode les charrues, construit les maisons et fournit le bois à brûler les cadavres. Autre personnage nécessaire, le chamâr (savetier) qui dépouille la carcasse des animaux, fabrique le fouet du charretier et répare les chaussures, tandis que sa femme a le monopole des accouchements. Le dhobi (blanchisseur) et le nâpit (barbier) sont indispensables à des gens que la religion oblige à des observances d'hygiène et de propreté ; les dams ou hârls (boueurs) nettoient les voies et enlèvent les immondices. On a tous les jours besoin du karmakar (forgeron) et plus encore du kumhar (potier) qui fabrique les marmites, les pots et les écuelles. Le madak (pâtissier) est une nécessité chez un peuple qui se nourrit exclusivement de farineux et qui est obligé de les avoir sous une forme commode à transporter. Les petites débauches du village sont fournies par le sunri (marchand de vin) et le barni, qui vend la noix de bétel si chère aux palais indiens. Le tanti et le jugi tissent les vêtements ; le mâli cultive les fleurs destinées à parer la chapelle ou à orner les maisons aux jours de fête ; c'est lui aussi qui fournit les légumes à la cuisine. Le reste de la commune est formé surtout d'agriculteurs et de bergers (kaibarthas, kurmis, chassas, gwalla). La rivière fait vivre les mallahs (bateliers) et les tevis (pêcheurs). Le kahar est partout, surtout comme domestique. Le kayastha remplace souvent le brahmane comme instituteur ; il est le comptable du village ou le secrétaire du grand propriétaire local. »
Le recensement de 1871-72 donne le tableau suivant de la répartition en castes de la population hindoue dans rinde britannique :