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CASTE — CASTEL

pour une extorsion assez légère soufferte par une personne de la tribu et demeurer opiniâtrement dans cet état d'inertie jusqu'à ce que l'injure fût réparée. La caste enfin, par son pouvoir de police intérieure, a empêché la déchéance morale de ces masses énormes de populations somnolentes et inertes qui ont accepté l'autorité du brahmane. En somme, la réglementation des castes est une œuvre qui fait honneur au génie des législateurs aryens de l'Inde. Sylvain Lévi.

BiBL. : WiLSON, Indian Caste ; Bombay, 1868, 2 vol. — Sherring. Hindu tribes and castes ; Calcutta, 1881, 3 vol.

— MuiR, Original sanskrit Texts {on Caste) ; Londres, 1872, vol. I. — Elliot, the Races of the iV. W. Provinces ofindia {Castes); Londres, 1867, vol. 1. — Weber, Collectanea ûber die.., Kasten, dans Indische Studien,\o]. IX.

— WiLKiNS, Modem Hinduism; Londres, 1887. — L'abbé Dubois, Mœurs^ institutions et cérémonies des peuples de l'Inde ; Paris, 1825. — V. pour les monographies, les Index de Sherring.

CASTEAU. Bourg de Belgique, prov. du Hainaut; 2,500 hab. ; là se trouvait autrefois le camp de manœuvres de la cavalerie belge.

CASTE66I0. Petite ville d'Italie, de la prov. dePavie, à 20 kil. de cette ville, sur la route d'Alexandrie à Plaisance. Théâtre d'une partie des opérations dont l'ensemble constitue la bataille de Montebello (1800). Pop. en 4881 : 2,198 hab.

CASTE! DE-Cami. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. d'Orthez, cant. d'Arthez ; 209 hab.

CASTEIDE-Candau. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. d'Orthez, cant. d'Arthez; 302 hab.

CASTE! DE-DoAT. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. de Pau, cant. de Montaner ; 247 hab.

CASTE! L. Com. du dép. des Pyrénées-Orientales, arr. et cant. de Prades; 159 hab. Casteil est connue dès le x^ siècle sous le nom de castnim sancH Martird. L'église de^ Casteil renferme le tombeau qui avait été construit à Saint-Martin-de-Canigou, en 1332, pour le fondateur de cette abbaye, le comte Guifred, et qui fut transporté à la suite de la sécularisation de l'abbaye, là oii on le voit aujourd'hui.

CASTEJA (Charles-Louis de Biauûos, comte de), diplomate français du xviii^ siècle, né en 1683, mort le 10 mars 1755. Entré aux mousquetaires en 1699, il prit part aux différentes campagnes de la fin du règne de Louis XIV, devint enseigne des gendarmes de Bretagne (10 nov. 1718), gouverneur de Saint-Dizier (1718). Le comte de Castéja remplaça, comme ministre plénipotentiaire en Suède, le comte de Brancas-Céreste (V. ce mot), envoyé au congrès de Soissons. Son instruction est du 22 oct. 1727. « La mission du sieur comte de Castéja semblait bornée au soin général d'entretenir les bonnes dispositions du roi de Suède et de ses ministres, et de s'assurer dans le corps de la nation des amis qui, dans les temps d'assemblées d'Etats, pussent favoriser les intérêts de Sa Majesté. » La tentative de Stanislas Leszczynski pour remonter sur le trône de Pologne à la mort d'Auguste 11 lui créa des difficultés. Non seulement Castéja ne put décider la cour de Stockholm à prendre parti pour le candidat français, mais encore, le 5 août 1735, la Suède renouvela son alliance défensive avec la Russie. La Suède demanda le rappel de l'agent français qui luttait de son mieux contre TinHuence russe. Il ne fut accordé qu'en juil. 1737. Castéja eut son audience de congé le 16 nov., mais il demeura à Stockholm jusqu'en janv. 1738 pour installer son successeur, le comte de Saint-Sé vérin. Il fut nommé maréchal de camp le 1^^ mars 1738, succéda à son frère au gouvernement de Toul en 1740.

BiBL.: A. Geffroy, Recueil des instructions aux ambassadeurs en Suède ; Paris, 1885, in-8.

CASTEJA (Stanislas de Biaudos, comte de), maréchal de camp, né à Authée, près Namur, le 30 janv. 1738, mort en 1792. Il avait été nommé capitaine dans le régiment de la Marche en 1761, promu brigadier d'infanterie en 1780 et maréchal de camp le 1^^ janv. 1784.

Son fils, le comte de Castéja, fut sous l'Empire audi-

teur au conseil d'Etat et sous-préfet de Boulogne (7 avr. 1813). En 1814 il se rallia aux Bourbons, fut nommé successivement préfet du Pas-de-Calais, préfet du Haut- Rhin, préfet de la Haute-Vienne. De 1827 à 1830 il représenta le dép. de la Haute- Vienne à la Chambre septennale.

CASTEL (Hesse-Darmstadt) (V. Kastel).

CASTEL (Cnstelluinj. Com. du dép. de la Somme, arr. de Montdidier, cant. d'Ailly-sur-Noye, sur l'Avre ; 244 hab. Dans l'église, curieux tombeaux en pierre d'un seigneur et de sa femme (xiv^siècle), où les personnages sont représentés debout, les mains jointes, sous une arcature.

CASTEL DEL Piano. Petite ville d'Italie, à 45 kil. E. de Grosseto (Toscane), au pied du mont Amiata. Dans le voisinage, on trouve l'ocre brune appelée improprement terre de Sienne. Pop. en 1881 : 2,894 hab.

CASTE L-RoussiLLON (V. Perpignan et RusciNo).

CASTEL (Jean), chroniqueur et poète français du xv^ siècle, fils d'autre Jean Castel, secrétaire de Charles Vil, et de Jeanne Coton. Il était religieux de Saint-Martin-des- Champs, lorsque Louis XI, au début de son règne, lui confia la charge de chroniqueur de France, depuis longtemps attribuée jusqu'alors à un religieux de Saint-Denis. Il paraît avoir exercé en même temps les fonctions de greffier du grand Conseil et a, comme tel, contresigné beaucoup d'ordonnances royales. En 1470, on le retrouve à Paris employé comme secrétaire du roi à quelques commissions de chancellerie. En 1472, il est nommé abbé de Saint-Maur-des-Fossés ; il meurt dans cette abbaye, au mois de fév. 1476. Jules Qaicherat a montré que la chronique de Louis XI, qui figure dans les Chroniques de Saint-Denis, a été faite en partie d'après les notes laissées par Castel, notes qui n'ont pas toujours été classées à leur rang chronologique. Le même auteur a établi que Castel ne pouvait être le fils de Christine de Pisan, comme on l'avait dit avant lui ; il est possible qu'il fût son petit-fils, bien que la filiation ne soit pas prouvée. On a de Jean Castel un livre de dévotion imprimé à la fin du xv® siècle et extrêmement rare; ce recueil de vers, composé en 1468 à la requête de Jean du Bellay, évêque de Poitiers, est intitulé Spécule des Pescheurs. Quicherat le traite, non sans raison, de « plat, grotesque et ennuyeux » ; mais il a publié deux placets en vers, adressés en 1465 et 1466 à Charles de Gaucourt, qui montrent Castel sous un jour plus favorable. H y a de la vivacité, même de la grâce dans ces pièces, surtout dans la seconde, et certains traits font déjà penser à Marot. Ant. Thomas.

BiBL. : Jules Quicherat, Recherches sur le chroniqueur Jean Castel^ dans la Bibl. de VEcole des Chartes, 1841, pp. 461-477.

CASTEL (Alexandre), peintre du xvii® siècle, né en Flandre, mort à Berlin en 1694. Peintre de paysages, de sujets de chasse, de batailles même, il acquit une certaine renommée parmi ses compatriotes, quoique la réalité ne se retrace guère dans ses tableaux maniérés. Il voyagea en Allemagne pendant assez longtemps et plusieurs de ses ouvrages se trouvent dans la galerie royale de Schleisheim ; ils sont signés AL C. Lorsqu'il mourut, il était, depuis quelques années, professeur à l'Académie de Berlin. Ad. T.

CASTEL (Le P. Louis-Bertrand), savant français, né à Montpellier le 11 nov. 1688, mort en janv. 1757. Il entra en 1703 aux jésuites de Toulouse, y étudia les mathématiques et la philosophie et resta dans la compagnie. En 1720, sur les conseils de Fontenelle, ses supérieurs l'envoyèrent à Paris. Il y publia bientôt son Traité delà pesanteur universelle (Paris, 1724, 2 vol. in-12) qui fit beaucoup de bruit et souleva une polémique assez vive. Il fit ensuite paraître dans les recueils et journaux du temps une Exposition des sciences universelles et un Plan de mathématique abrégé (Paris, 1720, in-4) qui lui valut son admission à l'Académie royale de Londres. Le P. Castel, que ces travaux excellents n'avaient

CASTEL — CÂSTELÂR

pas tird de Tobscuritê, devint célèbre par Tinvention du Clavecin des couleurs qui lui fit donner par Voltaire le surnom de Do7i Quichotte des mathématiques. Il Texposa d'abord très sommairement dans le Mercure de nov. 4725, puis en donna le plan et la théorie complète dans le Journal de Trévoux de 1735. Ce clavecin devait rendre visible le son. Etant donné que le son et la lumière sont de même nature, si la lumière modifiée fait les couleurs, si le son modifié fait les tons, l'analogie se soutient entre les couleurs et la musique. Partant de là, Castel avait voulu construire un clavier oîi les couleurs variées et combinées au milieu des glaces et avec un savant éclairage devaient former un spectacle extraordinaire. Citons à litre de curiosité une application de cette théorie qu'une école littéraire a reprise de notre temps et a voulu appliquer au roman et à la poésie, en la donnant comme nouvelle. « Le vert qui répond au ré fera sentir à chacun sans doute que ce ton de ré est naturel, champêtre, riant, pastoral ; le rouge qui répond au sol leur donnera l'idée d'un ton guerrier, sanglant, colère, terrible ; le bleu qui répond à Vut fera connaître son ton noble, majestueux, céleste, divin... » Bien entendu le clavecin ne sortit jamais de la théorie et le P. Castel passa le reste de sa vie à en construire des ébauches qu'il déclarait lui-même fort imparfaites.

Il a écrit, outre les ouvrages ci-dessus : Exercices sur la tactique ou la science du héros (Paris, 4737, in-8) ; r Homme moral opposé à l'homme physique de M* R*** (Rousseau) (Toulouse, 4756,in-12); Lettre philosophique pour rassurer l'univers (4736 in-i'^) ;< Optique des couleurs (4740, in-42); le Vrai système de physique générale de ISewton en parallèle avec celui de Descartes (4743, in.4). R. S.

BiBL.: Journal de Trévoux ^ avr. 1747, t. II. — Quérard, la France littéraire ; Paris, 1828, t. II, in-8. — Bertrand, le p. Castel, dans Correspondant du 25 sept. 18(58.

CASTEL (Pierre-Louis-Richard), littérateur et naturaliste français, né à Vire (Calvados) le 6 oct. 1758, mort à Reims en 4832. Procureur général du district de Vire en 4790, il fut élu l'année suivante membre de l'Assemblée législative, siégea au côté droit et se réfugia en Normandie durant la Terreur. Lors de la réorganisation de l'Université, il occupa au Prytanée français ou lycée impérial (ancien collège Louis-ie-Grand), où il avait fait de brillantes études, la chaire de professeur de belles-lettres, puis fut appelé par Fontanes aux fonctions d'inspecteur général, titre qu'il échangea en 4846 contre celui d'inspecteur des écoles royales militaires. Plus tard, il fut précepteur du comte de Chevigné (le futur auteur des Contes rémois) et se retira près de son élève. 11 fut enlevé par la première épidémie cholérique. Richard Castel a publié les Plantes, poème didactique dans le goût de ceux de Delille et de Ricard (4797, in-4 2; 5« édit. 4829, in-S), auquel il a joint un Voyage de Paris à Crevy-en^C ha biais et nn Discours sur la gloire littéraire ; la Forêt de Fontainebleau^ poème (4805, in-8) et composé les paroles d'un opéra en trois actes : le Prince de Catane (4843), musique de Nicole. Dans un autre ordre de travaux, on lui doit une Histoire naturelle des Poissons (4800- 4806, 40 vol. in-48) et une édition de l'Histoire naturelle de Ruffon, classée par ordres, genres et espèces (4799, 26 vol. in-48). On a imprimé à très petit nombre (à cinq ex. seulement, dit-on) des Lettres de Castel au comte Louis de Chevigné (Reims, 4834, 3 vol. in-48). M. Tx.

CASTEL (Joseph), peintre français, né à Nice en 4798, mort à Rome en 4853. Cet artiste a laissé plusieurs tableaux remarquables; l'un est à l'église du Gésù, à Nice, et l'on en connaît quelques autres au couvent de Saint-Pons. Ad. T.

CASTE L-Franco (don Pablo Sângro y de Merode, prince de), général espagnol, né dans le royaume deNaples en 4740, mort à Madrid en janv. 4845. Tout jeune, il servit avec distinction dans l'armée de Charles III, roi de

Naples, puis suivit ce prince en Espagne, en 4759. U se fit remarquer au siège de Gibraltar en 4782, commanda un corps d'armée en Aragon en 4793, devint vice-roi de Navarre en 4796, puis ambassadeur d'Espagne à Vienne. Il quitta ce poste en 4808, adhéra au parti du roi Joseph, mais l'abandc^na après la capitulation de Baylen (août 4808). Il fut pris à Madrid par Napoléon (déc. 4808) et ses biens considérables furent confisqués. Rlus tard, il rentra en grâce et recouvra soa patrimoine. Il fut aussi bien accueilli par Ferdinand VIL E. Cat.

CASTE LAI N (Martin), snvmmméV aveugle de Wervicq, mécanicien belge, né à Wervicq (Belgique) à la fin du xvï® siècle, mort à Anvers en 4640. Bien que privé de la vue depuis l'âge de trois ans, il apprit à travailler le bois, et devint d'une rare habileté pour la construction des instruments de musique (flûtes, orgues, etc.). L. S. BiBL.: Biographie de la Flandre occidentale, 1. 1, p. 67.

CASTELAR (Tomas), historien espagnol du xvi® siècle. Il entra dans l'ordre des dominicains à Puigcerdâ (Catalogne), passa ensuite au Mexique où il fut lecteur en théologie au collège de Saint-Louis à la Puebla. Il écrivit : Tratado de los idoles de Guatemala ; Triunfos de los martlres de la orden de Predicadores en las Indias, imprimé en 4580, et Historia ordinis Pradicatorum in provincia Mexicana, inédite, mais utilisée par Davila Padilla ; c'est une traduction des ouvrages espagnols de Andrés de Moguer, Domingo de la Anunciacion et Vicente de las Casas, avec additions concernant la Puebla. B-s.

CASTELAR (Emilie), célèbre orateur, homme politique et écrivain espagnol contemporain, né à Cadix le 8 sept. 4832. H passa ses jeunes années à Elda, dans la province d'Alicante, tendrement choyé par sa mère, devenue veuve de bonne heure. Son instruction secondaire terminée à Madrid, il entra à l'université centrale pour se livrer à l'étude de la jurisprudence, qui ne sut le captiver et qu'il ne tarda pas à délaisser pour s'adonner aux lettres et à l'histoire. La révolution de 4854 lui fournit l'occasion de se faire connaître comme orateur et de prendre place dans le camp démocratique. Sixto Câmara l'attacha alors à son journal la Soberania nacional. Le jeune publiciste ne se laissa pas absorber par la politique au préjudice des lettres pour lesquelles il professait un véritable culte. Il écrivit des poésies peu remarquées, et réussit mieux dans les romans : Ernesto (4855), Alonzo el Sabio (4856, en collaboration avec Fr. Canalejas), et la Hermana de la caridad, le meilleur des trois (4® éd,, 4884), qui trahissent chez lui l'influence profonde de Chateaubriand et de Lamartine. En 4857 il fut reçu docteur es lettres avec une thèse snr Lucain; l'année suivante, il obtint au concours la chaire d'histoire, et, grâce au charme de sa parole, il devint rapidement l'idole de la jeunesse universitaire. Pendant quatre années (4857-1864), il fit à l'Athénée de Madrid des conférences très suivies sur la Civilisation aux cinq premiers siècles de l'ère chrétienne (2® édit., 4865). En même temps il prenait position en politique par un écrit qui eut un retentissement immense, ayant été en quelque sorte le manifeste du parti républicain : Ideas democrdticas: la formula del progreso (4858), au sujet duquel il eut une vive polémique avec le poète Campoamor, l'économiste Gabriel Rodriguez et le progressiste Carlos Rubio, polémique qu'il résuma dans sa Deflensa de la formula del progreso, A cette date il était le principal collaborateur de la Diseusion, journal de Rivero, le chef des républicains. Son attitude de plus en plus hostile au gouvernement lui coûta sa chaire. Libre de toute entrave, il fonda un organe à lui : la Demo^ cracia (4®' janv. 4863), qui se fit remarquer par l'ardeur des attaques contre la reine Isabelle. Ayant pris part à la révolution du 22 juin 4866, comprimée par Serrano, il fut condamné à mort et dut s'enfuir ; il alla d'abord à Genève, puis se fixa à Paris, où il employa ses loisirs forcés à écrire une série d'articles élincelants d'esprit sur

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