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CASTELAR — CASTELBAJAC

les mœurs parisiennes, sur Texposition de 1867, sur le théâtre français, etc., articles qui furent réunis en un volume : Un Ano en Paris (Madrid, 1875, in-4). La révolution de sept. 1868 le ramena de l'exil. Dès lors, devenu, avec Orense et Pierrad, un des chefs du parti démocratique, il se fil l'apôtre de la républi(jjie, mettant au service de cette cause une activité extraordinaire et un talent de parole incomparable. Ses nombreux discours prononcés dans la capitale et en province, qui séduisaient les masses par les accents passionnés d'un patriotisme ardent, ne réussirent cependant à faire entrer aux Cortès constituantes de 1869 qu'une faible minorité de ses partisans. Dans ces assises nationales, Castelar arriva à l'apogée de sa célébrité de tribun populaire. Le discours qu'il prononça sur la liberté de conscience, en réponse à celui du chanoine Manterola (13 avr. 1869), fut pour lui un triomphe sans précédent dans les annales parlementaires de l'Espagne (trad. en français : la Liberté religieuse; Paris, 1876, in-12). Plus de cent villes s'empressèrent de lui octroyer le titre de citoyen. Non content de combattre pour ses idées par la parole, il publia sur les problèmes qui s'agitaient alors les Cuestiones politieas y sociales (1870, 3 vol.). Le jour où le duc d'Aoste fut proclamé roi d'Espagne (19 oct. 1870), Castelar conduisit à l'assaut du pouvoir toutes ses troupes, mais les partisans de la république ne se trouvèrent qu'au nombre de soixante-quatre sur plus de trois cents volants. Durant le règne troublé d'Amédée, il ne se départit de son rôle d'opposant tenace qu'en faveur du ministère radical de Ruiz Zorilla. Après l'abdication d'Amédée et la proclamation de la république (11 févr. 1873), il entra dans le gouvernement en qualité de ministre des affaires étrangères, pour se retirer le 7 juin suivant en présence des dissensions profondes parmi les républicains. Nommé président des Cortès le 26 août, il [)rit le pouvoir suprême le 7 sept., au milieu des plus grandes difficultés intérieures. Celui qu'on regardait jusque-là comme un pur idéaliste, dépourvu de qualités pratiques, se révéla alors, stimulé par un patriotisme sans bornes, homme d'Etat et politique profond , diplomate avisé, organisateur habile. 11 agit avec vigueur aussi bien contre les insurgés fédéralistes de Carthagène, que contre les carlistes, et fortifia la discipline dans l'armée; mais, dès le 2 janv. 1874, il dut quitter le pouvoir devant un vote hostile de ses propres partisans qui mettaient son républicanisme en suspicion. Cette retraite lui permit de mettre au jour ses Miscelânea de historia, de religion^ de arte y de polltica (1874), Le rétablissement de la monarchie d'Alphonse XU (janv. 1875) fut un coup cruel pour ses aspirations patriotiques. Il abandonna sa chaire à l'Université et revint habiter Paris, pour se renfermer dans l'élude. Malgré tous les efforts de ses adversaires, la ville de Barcelone l'envoya siéger aux Cortès constituantes de 1876, où il fit de vains efforts en faveur de la liberté des cultes. Depuis cette date, il n'a cessé de faire partie du parlement, luttant toujours pour les droits de l'homme et pour l'idée républicaine.

N'ayant plus eu à jouer en politique qu'un rôle intermittent, tout en restant le chef de son parti, il put donner libre carrière à sa plume. Les nombreux ouvrages qu'il publia dans l'espace des quinze dernières années, et où il aborde tour à tour l'histoire, la politique, les arts, la littérature, le roman môme, témoignent de la merveilleuse activité de son esprit et de la variété de ses connaissances. Ces ouvrages sont : Historia del movimiento republicano en Europa (Madrid, 1875, in-fol. ou 9 vol. in-8) ; Estudios histôricos sobre la edad média (1875); la Redencion del esclavo (1875, 4 vol.); Per files de personajes y bocetos de ideas (1875) ; la Question de , Oriente (1876) ; el Ocaso de la libertad, obra literariae historica (1877); Fra Filippo Lippi^ novelahistôrica (Barcelone, 1878, in-fol., avec grav., ou 3 vol. gr. in-8) ; Historia de un corazon, roman, dont la

suite est intitulée Ricardo (Madrid, 1878, 2 vol.); Recuerdos y esperanzas (1880, 2 vol.) ; Ensayos literarios (1880) ; Un Viaje d Paris durante el establecimiento de la republica (1880) ; la Rusia contempordnea (1881) ; Anales politicos (1881); las Guerras de America y Egipto, historia contemporânea (1883) ; Europa en el ultimo triennio (1883); Tragedias de la historia (1883) ; Retratos histôricos (1884); Historia del ano i888 (1884); Historia del afio iSSi (1885) ; el Suspiro del Moro, leyendas, tradiciones^ historias referentes d la conquista de Granada (1885- 1886, 2 vol.) ; Galerla historica de mujéres célèbres (1886-1888, 7 vol.). L'un de ses ouvrages les plus marquants sont ses Recuerdos de Italia (3® édit., 1884, i2 vol., trad. en franc. : l Art, la Religion et la Nature en Italie; Paris, 1874, et^^éd., 1877, 2 vol.in-12). A l'occasion de sa réception à l'Académie espagnole, il lut une étude de haute valeur sur Gœthe et Byron : Discursos leidos en la Academia espanola (1880). Ses discours politiques ont été réunis d'abord sous le titre de Discursos parlamenlarios (1871, 3 vol.), puis sous celui de : Discursos parlamenlarios y politicos en la restauracion (1885, 4 vol. gr. in-8).

Nature éminemment artiste, d'une imagination exubérante, Castelar est un écrivain on ne peut plus brillant, sans être profond, et plus séduisant qu'il n'est instructif. Son éducation littéraire est purement académique, de sorte que le fond cède toujours le pas à la beauté de la forme, et cette forme est d'un ciseleur hors ligne. Sous sa plume apparaissent toutes les qualités de cet extraordinaire charmeur de la tribune. Il a cultivé avec un soin extrême l'art oratoire, qui, selon sa propre expression, est l'art par excellence. Servie par un organe admirable, sa parole exerce une puissance irrésistible. Son langage élevé, d'une poésie intense et d'une émotion soutenue, atteint parfois au sublime, et il a le privilège rare de subjuguer l'auditoire tout entier, même ses adversaires les plus acharnés, privilège qui, sous ce rapport, fait de (Castelar un orateur sans rival. G. Pawlowski.

BiBL. : Ch. DE Mazâde, les Révolutions de l'Espagne contemporaine ; Paris, 1868. — Sanchez del Real, Emilia Castelar t su vida, su caracter, etc.; Madrid, 1874. — R. Castels, Castelar segun la frenologia; Madrid, 1875. — V. Canamaque, los Oradores de 1869; Madrid, 1887, 2e édit.

CASTELBAJAC. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes, cant. de Galan ; 402 hab.

Baronnie de CASTELBAJAC . — Barounio de l'ancien comté de Bigorre, dont l'origine n'est point connue. Le premier baron que l'on rencontre dans l'histoire est Arnaud-Raymond^ qui prêta serment, en 1080, à Centulle P^, comte de Bigorre. La même année, son successeur, Bernard l^^, était présent à l'acte d'union que fit le même comte de l'abbaye de Saint-Savin en Lavedan à Saint-Victor de Marseille et, en 1096, il assistait à la consécration de l'église de Saint-Pède-Genérès en Bigorre. Au XIV® sïède, Arnaud-Raymond /F se signala au service de la France contre l'Angleterre. Il reçut en récompense la viguerie de Goudon, par lettres patentes d'août 1346. La branche de ces barons s'éteignit avec Rernard VI qui mourut en 1545 sans postérité. Leurs biens passèrent à la maison de Durfort. Les premiers Castelbajac donnèrent naissance à plusieurs branches : aux seigneurs de Lises, de Saint-Paul-en-Nestès, de Manhaud, de Bernet, de Lubret et de Casteljaloux-en-Pardiac. Ils prétendirent au premier rang parmi les barons de Bigorre ; mais un jugement du 15 avr. 1524, entre Bernard Vï de Castelbajac et Jean, baron d'Antin, prononça en faveur de ce dernier. D'après un dénombrement, présenté en 1600 par Charles de Durfort, baron, la baronnie de Castelbajac comprenait ce lieu et les lieux de Montastrucq, Bury et Orieux. En outre, la maison possédait en Bigorre : Basteras, Leméac, Goudon et la viguerie de ce lieu. Les anciennes armoiries des Castelbajac étaient : d'azur à la croix d'argent. Plus

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