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CASTELNAU

struction de'ces murailles aux Gaulois; Sextantio dans ce cas serait une ville gauloise, Volque, dont les Romains auraient changé le nom {Sextantio en effet veut dire qui a six pans^ six côtés). Quoi qu'il en soit, situé sur la via Domitla, qui conduisait d'Italie en Espagne, Sextantio est cité dès le premier siècle de l'ère chrétienne au nombre des bourgs de la colonia Nemausensis, Plus tard, cette localité parait avoir été érigée en colonie latine, mais à vrai dire, on n'a du fait aucune preuve directe. A l'époque barbare, Sextantio survécut et peutêtre taut-il dater du temps des invasions les murailles que quelques auteurs font remonter jusqu'à l'époque gauloise. Quoi qu'il en soit, au viii® siècle, après la ruine de Maguelonne par Charles Martel (737) Sextantio servit d'asile à l'évêque et au comte de Maguelonne, chassés de leur ancienne résidence. Les évêques y habitèrent 300 ans, jusque vers 1085, date do leur retour à Maguelonne ; dès le x« siècle, les comtes résidaient plutôt à Melgueil (auj. Mauguio). Tbéodulphe, évoque d'Orléans, visita en 791 Substantio. L'expression de 'pays de Substantion sert dans quantité de chartes à désigner le diocèse de Maguelonne, mais la ville même est de plus en plus abandonnée et, en 1171, il ne s'y trouvait plus que quelques maisons qu'une charte qualifie de taverna . On parle encore dans plusieurs textes du xii® siècle des églises de Saint-Hilaire et de Saint-Félix de Substantion. Le château de Castelnau est nommé dans un acte de 1083; il était aux mains d'une famille de chevaliers qui paraît souvent dans les actes du Mémorial des nobles, et qui était vassale des seigneurs de Montpellier; en construisant ce château, ces seigneurs avaient empiété sur les droits des comtes de Melgueil. La seigneurie de Castelnau subsista longtemps. Au XIV® siècle, elle était aux mains du suzerain ; elle fut confisquée après la mort du dernier roi de Majorque en 1349 et incorporée à la sénéchaussée de Beaucaire. Plus tard la baronnie de Castelnau fut encore une fois aliénée ; elle appartenait en 1735 au marquis de Castries. L'église de Sainte-Croix, puis Saint-Jean de Castelnau est citée dès l'an 1100, elle appartenait au chapitre cathédral de Maguelonne ( ou Montpellier), Au xvi® siècle, elle était dédiée à Notre-Dame, et M. Germain a analysé un curieux registre, provenant d'une confrérie pieuse pour l'entretien du luminaire dans cette église. Les ruines de Substantion sont encore aujourd'hui considérables : on y a trouvé des débris d'aqueduc, des fragments de mosaïque, des inscriptions, des monnaies; quelques inscriptions conservées à Montpellier, à Nîmes, dans diverses collections en proviennent. Les gens du pays qui n'épargnent guères ces vénérables restes, racontent diverses légendes sur celte ancienne ville, légendes que l'abbé Favre a heureusement mises en œuvre dans son poème, Lou trésor de Soubstancioun, Scierie, moulins cités dès le xii® siècle. A. Mounier.

BiBL. : Herzog, Gallise Narbonensis historia. — Ph. DE Saint-Paul, Substantion {Mém. de la Soc. archéol. de Montpellier, I, pp. 1-3G). — Germain, le Registre de la chandelle de Castelnau {ib. V, 233-238).

CASTELNAU-Magnoac. Ch.-l. de cant. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Bagnères-de-Bigorre ; 1,654 hab. Le bourg est situé sur une colline que baigne la Gèze^ affluent de gauche du Gers. Ruines du château des comtes des Quatre-Yallées. Etoffes de laine ; commerce de grains.

CASTELNAU-PicAMPEAu. Com. du dép. de la Haute- Garonne, arr. de Muret, cant, du Fousseret ; 450 hab.

CASTELNAU-Rivière-Basse. Ch.-l. de cant. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes, sur une colline dominant le Louet et la vallée de l'Adour; 1,184 hab. Stat. du ch. de fer du Midi. Commerce de vins. Eglise du XIV® siècle (mon. hist.). 11 subsiste des vestiges des anciennes fortifications et du donjon carré. Sur la rive droite de l'Adour, ruines intéressantes de l'ancienne église de Mazères, qui date du xn« siècle.

CASTELNAU-suR-GopiE. Com. du dép. du Lot-et- Garonne, arr. de Marmande, cant. de Seyches; 708 hab.

CASTELNAU-sur-l'Auvignon. Com. du dép. du Gers, arr. et cant. de Condora ; 325 hab.

CASTELNAU-Tursan. Com. du dép. des Landes, arr. de Saint-Sever, cant. de Geaune ; 408 hab.

CASTELNAU-Vâlence. Com. du dép. du Gard, arr. d'Alais, cant. de Vezenobres; 282 hab.

CASTELNAU (V. Castelnou).

CASTELNAU (Pierre de), légat du pape Innocent HI, né dans le diocèse de Montpellier (peut-être à Caslelnaule-Lez), mort assassiné le 15 janv. 1208. On le trouve en 1197 candidat à la dignité de chanoine dans l'église de Maguelonne. En 1199, Innocent III adjoignit P. deC. « archidiacre de Maguelonne », aux légats qu'il avait nommés en Languedoc pour la recherche des hérésies. Pierre, vers 12U2, entra comme moine dans l'abbaye cistercienne de Fontfroide, au diocèse de Narbonne. C'est là que le pape alla le chercher une seconde fois pour lui conférer, ainsi qu'à un autre moine de la même abbaye, le titre de légat apostolique (fin 1203). Pierre, dont le zèle pour l'orthodoxie était extrême et hautain, se rendit d'abord à Toulouse où il fit prêter, dit-on, aux consuls et aux premiers habitants un serment de fidélité à la foi catholique. Il s'attaqua ensuite aux membres suspects de l'épiscopat languedocien : Bérenger, archevêque de Narbonne, l'évêque de Béziers, l'évêque de Toulouse. La lettre d'appel au pape écrite par Bérenger de Narbonne le 27 déc. 1204 montre avec quelle roideur Pierre et son collègue ne craignaient pas d'agir : « Vous m'avez fait défendre, sous peine d'anathème et de privations de bénéfice et d'office, de sortir de mon diocèse, comme si j'étais le dernier des clercs, etc. » Les légats, en présence de l'appel de l'archevêque de Narbonne, remirent leurs démissions à Innocent HÎ qui les refusa, maintint au contraire leurs commissions jusqu'à l'extirpation totale de l'hérésie (janv. 1205). Alors commencèrent pour le légat de nouveaux travaux ; en 1205, on le voit déposer à Toulouse l'évêque R. de Rabastens, réformer Péglise de Viviers dans son chef et dans ses membres. De Viviers, Pierre se rendit, avec ses colégats , à Montpellier où il résida quelque temps. Là se trouvaient de passage l'évêque espagnol d'Osma et son clerc saint Dominique. Les légats étaient découragés, surtout à cause de la corruption du clergé qui servait aux hérétiques d'invincible argument contre l'Eglise. L'évêque d'Osma et son compagnon leur conseillèrent de prêcher d'exemple, d'aller pieds nus, comme les apôtres, sans or et sans argent. Ils partirent, en effet, de Montpellier en très simple équipage, et, sur leur route, prirent part à plusieurs conférences organisées par des docteurs hérétiques, à Verfeil, à Caraman de Lauraguais, à Béziers. Pierre, toutefois, se savait tellement détesté à Béziers qu'il n'osa pas y entrer, de crainte d'être frappé. Sur l'avis de l'évêque d'Osma, il retourna seul à Montpellier où il eut occasion, en oct. 1206, d'être choisi comme arbitre entre les habitants de cette ville et le roi d'Aragon. L'année 1207 fut employée par lui à mener dans la vallée du Rhône, en Provence, une campagne énergique en faveur du comte des Baux, en guerre avec le comte R. de Toulouse, qui avait promis de tourner ses forces contre les hérétiques de Languedoc, dès qu'il serait en paix avec Raymond. Le comte de Toulouse, malgré l'intervention de Pierre, refusa de suspendre les hostilités en Provence. Il fut aussitôt excommunié ; ses terres furent frappées d'interdit. Cependant, une lettre violente d'Innocent, approuvant pleinement la conduite de son légat, décida bientôt le comte à se soumettre aux volontés de Pierre ; mais il s'y soumit de mauvaise grâce et fut, de ce chef, excommunié une seconde lois. Il céda encore et invita le légat à venir le trouver en sa cour de Saint-Gilles. L'entrevue fut orageuse, P. de Castelnau y mit fin par un brusque départ et s'en alla coucher dans une hôtellerie sur le bord du Rhône, en face du bac. Il y fut assassiné, le 15 janv. 1208, par un écuyer du comte de Toulouse. Il n'est pas

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