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CASTELNAU — CASTELNAUDARY

probable que Raymond eût prémédité ce meurtre, si contraire à ses intérêts ; il faut l'attribuer aux haines que Torgueil agressif du légat semait sur son passage ou au zèle intempestif d'un subalterne. Innocent III lui-même n'accusa pas formellement le comte de Toulouse ; il se borna à le considérer comme valde suspedus, — Quoi qu'il en soit, le meurtre de Pierre de Castelnau fut le signal de la croisade des Albigeois. — Le culte public du bienheureux P. de Castelnau a été récemment introduit dans les diocèses de Montpellier, Nîmes et Carcassonne. Ch.-V. Langlois. BiBL. : Dom Vaissète, Histoire générale de Languedoc, t. VI, éd. Privât.— De la Bouillerie, le Bienheureux Pierre de Castelnau et les Albigeois au xiip siècle : Paris, 1887, in-î2. — E. Cauvet, Étude historique sur Fontfroide; Montpellier-Paris, 1875, iD-8, pp. 430-468.

CASTELNAU (Michel de), sieur de Mauvissiêre, baron de JoNviLLE et de Concressant, comte de Beaumont-le- RoGER, chevalier de l'Ordre du Roi et capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur de Saint- Dizier, diplomate français, né à Mauvissiêre en Touraine vers 1520, mort à Joinville en 1592. Michel de Castelnau était le second fils de Jean de Castelnau, sieur de Mauvissiêre, et de Jeanne du Mesnil, et le petit-fils de Pierre de Castelnau qui fut écuyer de Louis Xll. Après un voyage en Italie et à Malte, où il séjourna quelque temps, il alla servir à l'armée française en Piémont. Entré ensuite en relations avec le cardinal de Lorraine, il fit avec lui un second voyage à Malte. A son retour il alla servir à l'armée de Picardie et fut chargé par Montmorency de différentes négociations au moment de la conclusion du traité de Cateau-Cambrésis. Après diverses missions auprès des princes protestants d'Allemagne, en Savoie et à Rome, oii il assista au conclave qui suivit la mort du pape Paul IV (1559), il accompagna Marie Stuart, lors de son retour en Ecosse après la mort de François 11 et resta un an auprès d'elle. Revenu en France, Castelnau fut employé en Bretagne contre les protestants. Fait prisonnier, puis échangé, il assista à la bataille de Dreux, puis à la reprise du Havre sur les Anglais en 15(i3. Chargé alors d'une nouvelle mission en Ecosse, il arriva à Edimbourg le 23 sept. 1565, mais ne put réussir à convaincre Marie Stuart de la nécessité d'un arrangement avec des sujets rebelles. Il repassa de nouveau le' détroit à la fin de 1572, chargé de demander ofiiciellement à Elisabeth de tenir la fille du roi sur les fonts du baptême et de lui renouveler les propositions de mariage avec le due d'Anjou. Celte mission fut de courte durée, car ses lettres de créance sont datées du 19 nov. 1572 et il eut son audience de congé le 8 déc. Il revint trois ans plus tard en Angleterre pour succéder à la Mothe-Fénelon comme ambassadeur en titre auprès d'Elisabeth. Présenté à la reine par son prédécesseur le 31 oct. 1575, il resta dix ans à Londres. Il reprit avec Elisabeth les négociations de mariage en faveur du duc d'Alençon. A son retour en France, Castelnau se rangea parmi les adversaires de la Ligue et se vit enlever par les Guise le gouvernement de Saint-Dizier. Michel de Castelnau avait épousé Marie Bochetel dont il eut deux filles et deux fils. Le premier, Edouard-Robert, baron de Jonville, fut tué en duel à Paris par le sieur de la Rivaudière. Le second, Jacques, mort en 1647, épousa Charlotte de Rouxel de Medavy et en eut le maréchal qui suit. Les Mémoij^es de Castelnau, qui sont une des plus précieuses sources à consulter pour l'histoire du XVI® siècle, ont eu trois éditions : 1^ à Paris (1621, in-4) ; 2^ à Bruxelles (1659, 2 vol. in-fol. avec les additions et notes de J. Le Laboureur) : 3^ à Paris (3 vol. in-fol., 1731, avec les additions et notes de Jean Godefroy). On a encore de Castelnau une traduction du traité latin de Ramus : Des Façons et coutumes des anciens Gaulois (Paris, 1559, 1581, in-8). Louis Farces.

BiBL. : Le P. Anselme, Hist. génénl, t. VII. — Teulet, Reldt. polit, de la France et de V Espagne avec l'Ecosse; Paris, 1862, in-8. — Corr. dipl. de La Mothe-Fénelon ; Paris et Londres, 1838, in-8. — De La Ferrière, les Projets de mariage d'Elisabeth; Paris, in- 12.

CASTELNAU (Jacques de CASTELNAu-MAtJvissiÈRE, marquis de), homme de guerre français, né en 1620, mort à Calais le 15 juill. 1658. Jacques de Castelnau- Mauvissière était le troisième fils de Jacques de Castelnau- Bochetel et de Charlotte de Rouxel de Médavy. Sorti de l'Académie en 1634, il était l'année suivante volontaire en Hollande, où il força les Espagnols à lever le siège du fort Saint-Philippe dans lequel il s'était jeté (14 mai 1635), et assista ensuite au siège de Louvain. Il fut également présent à la prise du fort de Schenck (20 avr. 1636) et au siège de Corbie, à la tête d'un régiment d'infanterie de son nom. En 1637, on le trouve au siège de la Capelle et devant Cambray où il est fait prisonnier et s'évade. Blessé en 1638 au siège de Catelet, puis, en 1639, à celui de Hesdin, il se trouve, en 1640, à ceux de Sancy et d'Arras, puis, en 1641, à celui d'Aire. L'année suivante, il conduisit à l'armée d'Allemagne, que commandait Guébrient, un renfort de quatre mille hommes et tomba malade à Cologne au retour de cette mission. Le 4 fév. 1644 il fut promu mestre de camp, lieutenant du régiment du cardinal Mazarin et combattit, la même année, à Fribourg. En 1645, il fut blessé à Nordlingen et nommé maréchal de camp. En 1646, il leva un nouveau régiment d'infanterie de son nom qu'il conduisit aux sièges de Mardyck et de Dunkerque. L'année suivante, il ravitailla Béthune et fut nommé gouverneur de la Bassée. En 1648, il est appelé au gouvernement de Brest et à un commandement en Flandre sous Rantzau, durant lequel il prend Fumes. Créé, le 12 sept. 1650, lieutenant général des armées du roi, il sert en Guyenne sous la Meilleraye et assiste ensuite au siège de Reîhel. Le 9 févr. 1651, il est fait chevalier des Ordres du Roi, sert ensuite en Flandre sous d'Aumont et prend part à toutes les guerres de la Fronde dans l'armée royale. Le 6 juin 1656, il fut chargé de commander en' chef l'armée de Flandre en l'absence de Turenne, assista sous les ordres de ce dernier à la bataille des Dunes et se trouvait au siège de Dunkerque quand il y fut blessé mortellement. Il fût fait maréchal de France à son lit de mort. Il avait épousé Marie de Girard, qui mourut le 19 juill. 1696. L. F.

BiBL, : Le P. Anselme, Hisi. généalogique.— LaChes- NAYE DES Bois, Dict. de la noblesse. ~ Pinard, Chrono' logie historique militaire. — Avenel, Lettres de Richelieu. — Cheruel, Lettres de Mazarin. — Mémoires du temps.

CASTELNAU (Francis, comte de), naturaliste et voyageur français, né à Londres en 1812, mort le 4 févr. 1880 à Melbourne, où il était consul de France depuis 1862. Le plus important de ses voyages est celui qu'il fit dans l'Amérique du Sud, à la tête d'une expédition scientifique, de 1843 à 1847. Une première fois il traversa le continent de Rio de Janeiro à Lima, en suivant la ligne de partage des eaux séparant celles qui se déversent dans le tleuve des Amazones de celles qui coulent vers la rivière de La Plata ; la seconde fois, il revint vers la côte orientale en descendant le cours du fleuve des Amazones. Il a écrit après ce voyage un important ouvrage en sept parties, la première, intitulée Histoire du Voyage (1850-52, 6 vol. in-8). Les autres parties sont consacrées aux cartes, aux antiquités, aux sciences (2 vol. in-4 pour la Botanique, 3 vol. in-4 pour la Zoologie), G. R.

CASTE LN AU D (Lot-et-Garonne) (V. Castelnau-sur- Gupie).

CASTELNAU D-de-Grattecambe. Com. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve-sur-Lot, cant. de Cancon ; 679 hab.

CASTELNAU D-et-Fayrac. Com. du dép. delà Dordogne, arr. de Sarlat, cant. de Domme; 654 hab.

CASTELNAUDARY. Ch.4. d'arr. du dép. de l'Aude; Pop. 10,105 hab. Bâtie sur un coteau à 160 m. de hauteur, au-dessous du passage de Naurouze, sur le canal du Midi. Placée sur la grande ligne du chemin de fer Bordeaux-Toulouse-Cette, elle est la tête de ligne de l'embranchement Castelnaudary-Castres. Castelnaudary pos-

CASTELNAUDARY — GASÏËLSARRASIN

sède un collège communal. C'est une ville surtout industrielle ; dans les environs on exploite la chaux, le plâtre, la pierre meulière, et Ton élève les oies et les canards. Dans la ville, la principale industrie est la fabrication de certains draps ; il faut citer en seconde ligne quelques fabriques de faïence. Le commerce se fait en partie par le canal qui forme devant la ville un bassin de 1,200 m, de pourtour, et en partie parle chemin de ter. Castelnaudary tient le quarantième rang parmi les gares et stations du réseau du Midi. En 1887, le mouvement des marchandises a été de 14,399 tonnes, représentant ensemble une somme de 359,000 fr. Castelnaudary occupe l'emplacement d'une ancienne ville gallo-romaine, Sostomagus, qui ne résista pas à l'invasion des Visigoths. A l'époque carolingienne, la ville fut rebâtie et prit le nom de Castellum novum Arrii. Au moyen âge, la ville dépendait du comté de Toulouse ; elle se ressentit de la lutte engagée entre les deux maisons rivales de Saint-Gilles et de Montfort. Ruinée et privée de ses fortifications par les descendants de Raymond de Saint-Gilles, elle fut réparée et repeuplée par Simon de Montfort. Puis elle fut Reconquise par Uaymond VII ; un fils de Simon de Montfort, Guy, fut tué essayant de la reprendre (1220). En 1572, elle reçut la visite de Catherine de Médicis qui allait à Pau marier sa fille Marguerite de Valois avec Henri de Béarn. Ses habitants furent, à cette occasion, exemptés d'impôts pour deux ans. Enfin son nom rappelle l'engagement de cavalerie dans lequel fut battu et fait prisonnier, en 1632,, le duc de Montmorency. Castelnaudary est la patrie du troubadour Arnaud Vidal, le premier lauréat des jeux floraux ( 1324 ) , du général Andréossi et du poète Alexandre Soumet. La ville ne renferme ni promenades, ni monuments à citer ; on ne peut mentionner que son église, dont les parties les plus intéressantes, surtout les deux portails, sont du xiv® siècle.

R. Bernard.

BiBL. : Léon Clos, Essai sur Castelnaudai'i et le pays de Lauragais.

CASTELNAVET. Com. du dép. du Gers, arr. de Mirande, cant. d'Aignan, sur une colline entre la Douze et la Ribérette ; 430 hab. Ruines et rempart de l'ancien château féodal.

CASTELNAVIA. Genre de plantes de la famille des Podostémacées, établi par Tulasne et Weddell (Ann. Se, nat,, 1849, 3® sér., t. XI, p. 108) et dont les représentants, très voisins des Podostemon, en diffèrent surtout par les divisions stylaires grêles et allongées et par les boutons dressés et sessiles dans l'intérieur de la spatelle. (V. H. Bâillon, Hist des PL, IX, p. 263.) Ce sont des herbes ayant l'aspect de Lichens ou d'Hépatiques, qui vivent exclusivement, au nombre de huit ou neuf espèces, sur les rochers des cataractes de la partie inférieure de l'Araguay, un des principaux affluents de l'Amazone, « où plusieurs d'entre elles ne se plaisent que dans les endroits où le fleuve se brise avec le plus de tracas. Lorsque les eaux baissent, les frondes, de submergées qu'elles étaient, deviennent exondées et passent, par l'action du soleil, de la couleur verte à un blanc éclatant ». (V. Weddel, dans Dict, de Botanique de H. Bâillon, I, p. 651 etànnsBulL Soc, bot. de France, t. XIX [1872], p. 52.) Ed. Lef.

ÇASTELNER. Com. du dép. des Landes, arr. de Saint-Sever, cant. de Hagetmau ; 221 hab.

CASTE LN OU (Raimon de), troubadour de la fin du xiii« siècle. On ne sait de lui que ce qu'on peut induire de ses poésies. Outre cinq pièces lyriques, il nous a laissé un Doctrinal^ sorte d'abrégé de la doctrine chrétienne et de traité de morale. II le composa à un âge assez avancé, où il regrettait les poésies mondaines de sa jeunesse. Le Doctrinal est en vers ; il a été publié par M. Suchier dans ses Denkmâler provenzalischer Literatur (Halle, 1883, pp. 241 et suiv.). C'est un poème fort médiocre. Ant . Thomas.

CASTE LN OU (Almodis ou Almuès de), femme trouba-

dour, dont nous ne possédons que quelques vers adressés à Iseut de Capion. Elle avait pour chevalier, c.-à-d. pour amant, Guigne de Tournon. M. Chabaneau la croit originaire de Saint-Félix de Châteauneuf (Ardèche), localité voisine de Tournon ; M. Schultz, de Châteauneuf-de- Randon (Lozère). Ant. Thomas.

BiBL. : Chabaneau, Biographie des troubadours. ~ ScfiuLTz, Die provenzalischen Dichterinnen ; Leipzig,

CASTE LN OU (Jean de), troubadour toulousain, qui florissait dans la première moitié du xiv® siècle. Il fut l'un des sept mainteneurs du consistoire des Jeux floraux peu de temps après sa fondation. On a de lui une dizaine de pièces lyriques assez médiocres. Il a, en outre, composé deux ouvrages didactiques en prose : un Compendi, ou abrégé, des Leys d'Amors et un Glosari, qui n'est qu'un commentaire pédantesque du Doctrinal de Raimon de Cornet. MM, Chabaneau et Noulet ont publié le Glosari de Jean de Castelnou en appendice à leur édition de Raimon de Cornet. Les autres œuvres de ce médiocre écrivain sont inédites. Ant. Thomas.

BiBL. : Chabaneau et Noulet, Deux Manuscrits provençaux du xiv« siècle ; Montpellier et Paris, 1888, pp. 216-239.

CASTELNOU (vicomtes de) (V. Castelnau [Pyrénées- Orientales]).

CASTELNOVO (Léo di), pseudonyme de Pollé (L^opoldo, comte).

CASTELNUOVO (en shse Novi), Bourg de l'empire d'Autriche (Dalmatie). Il est situé dans le cercle de Cattaro et surmonté d'un fort. Pop. : 600 hab.

CASTELREAGH (V. Câstlereagh).

CASTELRENG. Com. du dép. de l'Aude, arr. et cant. de Limoux ; 444 hab.

CASTELS.Com. du dép. de la Dordogne, arr. deSarlat, cant. de Saint-Gyprien ; 787 hab.

CASTE LSAG RAT. Com. du dép. du Tarn-et-Garonne, arr. de Moissac, cant. de Valence-d'Agen ; 4,105 hab.

CASTELSARRASIN. Ch.-l. d'arr. du dép. de Tarn-et- Garonne, à 2 kil. de la rive droite de la Garonne, situé sur les bords d'un plateau dominant la plaine du fleuve. Le ruisseau Sanguinenc coule au pied de ce plateau; 7,590 hab. Cette ville est bordée, au N., par le canal latéral à la Garonne, avec bassin et port. Stat. du chem. de fer de Bordeaux à Cette. Une loi du 20 nov. 1883 a concédé à la compagnie du Midi la ligne de Castelsarrasin à Lombez par Beaumont de Lomagne. Quatre grandes foires s'y tiennent les derniers jeudis de février, d'avril, d'août et de novembre ; une foire de chiens le dernier jeudi de juillet; les marchés aux oies et aux canards gras y sont importants. La ville fait le commerce des grains, des farines, des vins, des huiles, du lin, du chanvre, des volailles de toutes sortes. Il y a à Castelsarrasin une grande usine métallurgique de cuivre, laiton, étain, plomb, zinc, antimoine et nickel, de la Société industrielle et commerciale, occupant plusieurs centaines d'ouvriers, une grande minoterie à l'écluse dite de Prades, des scieries de bois à vapeur, des brasseries et des briqueteries.

Collège communal, bibliothèque communale publique, comice agricole, société philharmonique la Lyre^ cercle du Progrès, sociétés de secours mutuels, loge maçonnique la Libre Pensée; hôpital militaire, orphelinat, haras national avec station de quatre étalons; société de courses. Grande halle couverte.

Les promenades qui entourent la ville occupent l'emplacement des remparts de Castelsarrasin, détruits au xiii« siècle. L'église Saint-Sauveur (mon. hist.), en briques des xii®, xin® et xv® siècles a été démolie en grande partie et reconstruite de 1860 à 1870. Son style est celui de l'époque de transition. Sur la façade de l'église est un clocher octogonal moderne, à deux étages terminé par une plateforme crénelée flanquée d'une tourelle pour couvrir l'escalier. L'église Saint-Jean est du

CASTELSARRASIN

XV® siècle; un petit clocher octogonal du xiii« siècle domine les ruines de i*église gothique des Carmes.

Histoire. — L'origine de Castelsarrasin est fort ancienne; son nom, Castrum ^Sarraci^www apparaît, pour la première fois, dans une bulle du pape Alexandre II, du 8 juil. 1162. — Les uns ont fait venir ce nom de la

Eglise Saint -Sauveur à Castelsarrasin.

corruption de l'expression Castel-sur-Azin; TAzin est un ruisseau qui coule, depuis le xiii® siècle, dans un des bras desséchés de la Garonne, à FO. de la ville; d'autres l'ont fait venir de Castrum Cerrucium qui serait devenu par corruption Castrum Sarracenum, Castelsarrasy et Castelsarrasin, nom qui n'aurait ainsi aucun rapport avec les Sarrasins. La tradition locale est pour l'origine sarrasine et s'appuie sur la fondation d'un poste fortifié qui aurait été construit par les Sarrasins, dans l'une de leurs invasions. La porte de la ville de Toulouse, du côté de Castelsarrasin, s'appelait la porte Sarrasine^ le mur sarrasinés, comme la porte opposée s'appelait porte Narbonnaise, D'ailleurs, jusqu'au viu« siècle, cette ville porte le nom de Mutationes, maison de poste romaine avec relais, et aux ix«, x« et xi« siècles, elle est connue sous le nom de Villeiongue (villa longa). Bien que ce nom ait été remplacé au xii« siècle par celui de Castellum Sarracenum, la subdivision judiciaire conserva jusqu'à la Révolution française son nom de judicature de Villeiongue. Avant le passage des Visigoths et des Vandales qui ravagèrent la ville et dont le village voisin de Gandalou (Castrum Wandalorum) perpétue le souvenir, saint Al pinien, disciple de saint Martial, était venu, au m® siècle, y prêcher le christianisme; ses reliques sont conservées dans l'église Saint-Sauveur. L'église Saint- Sauveur fut soumise, en 961, à l'abbaye de Moissac; en 1162, au chapitre Saint-Etienne de Toulouse, quand les Anglais devinrent maîtres de Moissac ; plus tard, une transaction intervint entre le chapitre et l'abbaye qui furent en paréage du prieuré de Saint-Sauveur.

Au commencement du xii« siècle, l'ordre de Saint-Jeande Jérusalem s'établit à Castelsarrasin ; ses possessions s'étendaient sur le territoire de la paroisse actuelle de Sâint-Jean. Après la prise de Moissac par Simon de Montfort, Castelsarrasin fit sa soumission et reçut pour gouverneur Guillaume Verle d'Encontre gui commandait l'avant-garde de Montfort à la bataille de Muret. Raymond VII assiégea en 1228 et reprit Castelsarrasin, où il organisa la sanglante embuscade de la forêt d'Agre contre Humbert de Beaujeu arrivant de France. Les luttes religieuses et politiques, commencées à Castelsarrasin après l'entrée de Simon de Montfort, continuèrent

après le retour de Raymond VU en 1228. Le traité de Meaux en 1229, obligeant Raymond VII à raser les fossés, à démolir les murs et les tours de la ville, mit le comble à l'exaspération. Les membres de plusieurs familles durent quitter la ville : les Grimoard allèrent s'établir dans le Gévaudan ; les Assailhit à Carcassonne ; les Flamens à Toulouse et à Montpellier ; les Baredges à Moissac, etc. En janv. 1230, Raymond VII concéda aux habitants de Castelsarrasin des coutumes que Sicard d'Alaman, sénéchal de Raymond dans le Languedoc, concéda lui-même, en 1247, aux habitants de Saint-Sulpice, dont il était le seigneur. En 1244 avait lieu à Castelsarrasin l'enquête des inquisiteurs sur le fait albigeois. Pons Grimoard, appelé comme témoin, y révéla l'histoire de l'établissement de l'albigéisme dans le pays et la part qu'y avaient prise les diverses familles de Castelsarrasin. En 1245 les habitants, lassés des luttes intestines, renoncèrent à leurs franchises municipales et rendirent à Raymond Vil la nomination des consuls de la ville. Philippe le Bel, par une ordonnance de 1302, prescrivit de nouveau la rédaction de coutumes qui furent concédées en 1311 aux habitants de Castelsarrasin. En 1314, Castelsarrasin s'augmente par la réunion de la communauté de Gandalou à son consulat. En 1420, le dauphin Charles établit trois foires. Les misères du temps, les maladies contagieuses avaient atteint gravement Castelsarrasin au milieu du xiv® siècle ; la seigneurie et le château en furent concédés, en 1475, à Jean de Bouvilhon et à ses héritiers. Ce château fut démoli en 1621 par la permission de Louis XIU. Castelsarrasin avait des couvents de dominicains, de carmes, de capucins, en 1640 ; d'ursulines, en 1642. Celui des capucins a été démoli à la Révolution, celui des dominicains est devenu le collège ; celui des carmes l'hôtel de ville, la gendarmerie et une prison; celui des ursulines, la sous-préfecture. En 1595, quelques membres du parlement de Toulouse se réfugièrent à Castelsarrasin ; Henri IV y envoya le parlement de Béziers. — Castelsarrasin est la patrie de François de Prades, curé de Saint-Sauveur, mainteneur des jeux floraux dans la première moitié du xvii^ siècle, de l'abbé Jean Martin de Prades, neveu du précédent, docteur en Sorbonne, écrivain célèbre (1720-1782). En 1722, Ant.-L. de Lamothe-Cadilhac, ancien gouverneur de la Louisiane et du Canada, fondateur de la ville de Détroit (Michigan) fut nommé châtelain et maire de Castelsarrasin où il mourut le 16 déc. 1730. C'est dans l'ancienne église des carmes, aujourd'hui convertie en prison, que reposent les restes du fondateur de la riche et populeuse cité de Détroit.

Aux environs de Castelsarrasin est la chapelle Notre- Dame d'AIem (de Helmo), but de pèlerinage ; bâtie en souvenir de la victoire remportée vers 1386-1390 par le maréchal Louis de Champagne, comte de Sancerre, commandant pour le roi en Languedoc, sur les Grandes Compagnies ou Routiers, au lieu d'AIem. Entre Notre-Dame d'AIem et le Tarn, est le camp Gandalou présumé Vandale, long de 300 à 320 m. ; à l'angle sud-ouest s'élève une motte haute de 12 m. et dont le sommet domine toute l'étendue de l'enceinte. L'emplacement de l'église, de l'école communale et des quelques maisons qui constituent le village de Gandalou est un oppidum gaulois ; son enceinte est formée d'une terrasse avec des talus de 4 à 8 m. d'élévation; au pied des talus était un fossé qui se voit encore sur une longueur de 16 m. Trois grandes brèches pratiquées dans la terrasse étaient les portes de cet oppidum. On a trouvé dans l'enceinte de Gandalou des médailles consulaires en argent. Raymond I®'^, comte de Rouergue, par son testament, légua, en 961, à ses fils Raymond et Hugues le castellum Wandalorum avec réversibilité après leur mort sur l'abbaye de Moissac qui, en effet, possédait encore ce lieu, à la veille de la Révolution. E. Rébouts.

BiBL, : De Vagquih, Mém. sur les coutumes de Castel"

CASTELSARRASIN — CASTERA

sarrasin, pp. 269-89, du t. I (4« série) des Mémoires de l'Ac, nat. des Se, Inscrip. et B.-Leitres de Toulouse^ 1851, in-8. — E. Rébouis, Raymond VII et Castelsarrasin {Bull, de la Soc. arch. et hist. de Tarn-et-Gav.^ 1890).

CASTELUOU (Juan de), sculpteur et orfèvre espagnol, très probablement originaire de Valence où il travaillait 7ers le milieu du xv« siècle. Il exécuta en 1434 le grand ostensoir processionnel de la cathédrale de Valence et répara en 1457 la statue en argent de la Vierge qui surmonte le grand autel de cette même cathédrale. En 1467, il sculpta en albâtre la statue de la Vierge placée audessus de la porte du chœur. P. L.

CASTELUOU (Jayme), sculpteur et orfèvre espagnol, fils du précédent et originaire de Valence où il exerça son art dans la seconde moitié du xv® siècle. Un incendie arrivé en 1460 ayant complètement détruit le rétable d'argent de la cathédrale de Valence, le chapitre choisit Casteluou pour en établir un nouveau de même métal, qui fut commencé en 1470. Ce rétable qui mesurait 40 palmes de haut et 24 de large (S'^SO sur 4"^80) était orné de niches et de bas- reliefs dont les sujets étaient empruntés à la vie de Jésus et de la Vierge. Casteluou fut aidé dans ce travail par deux autres habiles orfèvres : Yvo Nadar et Juan Bernardo de Cetina. P. L.

BiBL. : Cean Bermudez, Diccionario de los mas ilusires profesores ; Madrid, tSOO. — Ch. Davillier, Recherches sur Vorfèvrerie espagnole ; Paris, 1879.

CASTELVECCHIO (Riccardo). Pseudonyme de Pullé (Giulio, comte) (V. Pullé).

CASTELVETRANO. Ville d'Italie, de la prov. de Trapani (Sicile), située vers la pointe S.-O. de l'île, à 10 kil. du golfe de Selinonte. Vins et oliviers. Filatures de lin, coton et soie. Pop. en 1881 : 20,053 hab.

CASTELVETRO (Lodovico), littérateur italien, né à Modène en 1503, mort le 21 févr. 1571. 11 eut beaucoup d'ennemis et, parmi les plus implacables l'Inquisition romaine qu'il avait bravée en traduisant un livre de Mélanchton. Emprisonné, il réussit à fuir avant le jugement et sa \ie ne fut plus qu'une course errante ; il habita successivement Chiavenne, Lyon, Genève, revint à Chiavenne, se rendit à Vienne, en Autriche, revint encore une fois à Chiavenne, où l'on croit qu'il mourut. Ses œuvres sont les suivantes : Raûoni di alune cose segnate nella Canzone di Annibal Caro : Venite aWombra dei gran gigli d'oro (Venise, 1560, in-8), origine de sa longue querelle avec le poète ; la Poetica d' Aristotele volgarizmta (Vienne, 1570, in-4) ; Correûone di alcune cose nel dialogo délie lingue (VErcolano) del Varchi ed una gliinta al primo libro délie prose di messer Pietro Bembo, dove si ragiona délia volgar lingua (Bâle, 1572, in-4) ; Esaminazione sopra la rettorica di Cicérone (Modène, 1653, in-8) ; le Rime del Petrarca brèvemenle sposte (Venise, 1556, 2 vol. in-4) ; Opère varie critiche (Lyon [lisez: Milan], 1727, in-4). R. G.

BiBL. : MuRATORi, YUa di Castelveiro (en tête des Opère varie critiche). — J. -Friedrich LebiIet, Anecdota de L. Castelveiro ejusque scriptis., 1763, in-4. — Antoine Pericaud, F. Wilson, G. Postel et L. Castelveiro . Fragments extraits d'un Supplément à l'histoire littéraire de Lyon; Lyon, 1850, in-8.

CASTE LVl (Mosen-José), poète lyrique catalan, dont il ne reste que quelques courtes pièces dans les cancioneros.

CASTE LVl El L Corn, du dép. de la Gironde, arr. de La Réole, cant. de Sauveterre; 267 hab.

CASTELVIEILH. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes, cant. de Pouyastruc; 346 hab.

CASTENDORFER (Etienne), un des plus anciens facteurs d'orgues connus. Il construisit l'orgue de Nordlingen en 1466 et celui d'Erfurt en 1483 ; il introduisit dans ce dernier les pédales, dont l'invention lui est attribuée ; on a fait à Bernhard le Teutonique l'honneur de la môme invention.

CASTENSCHJOLD (Joachim-Melchior-Holten), général danois, né à Copenhague en 1745, mort à Borreby en

1783. Etant lieutenant-colonel dans la garde à cheval, il prit part à l'arrestation de la reine Caroline-Mathilde (1772) et au renversement da ministère Guldberg (1784). Nommé général de brigade (1787), il commandait, en 1807, les miliciens de la Sélande, qui furent battus par les Anglais à Kjœge. B-s.

CASTE RA (Le). Com, du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Toulouse, cunt. de Cadours; 686 hab. Ce lieu au XII® siècle appartenait en partie aux sires de Muret ; cette part de seigneurie passa aux mains de la famille de risle. En 1240, les coseigneurs donnèrent aux habitarts des coutumes très curieuses, dont le texte a été pu'jlié par M. Cabié; cette charte ne parle pas encore de consuls, mais de prud'hommes; les consuls de Castérane so^it pas cités avant 1289. Castéra, à dater de 1469, fit pirtie du gouvernement de Guyenne, mais il continua ^ dépendre au spirituel du diocèse de Toulouse jusqu'à la Révolution.

BiBL. : Cabié, Chartes et coutumes inédites de la Gascogne Toulousaine, pp. 46-60.

CASTE RA-BouzET. Com. du dép. de Tarn-et-Garonne, arr. de Castelsarrasin, cant. de Lavit ; 400 hab. .

CASTE RA-Lanusse. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes, cant. de Tournay ; 88 hab,

CASTE RA-Lectourois. Com. du dép. du Gers, arr. et cant. de Lectoure ; 665 hab.

CASTE RA-Lou. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Tarbes, cant. de Pouyastruc ; 211 hab.

CASTE RA-LouBix. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. de Pau, cant. de Montaner ; 161 hab.

CASTE RA-Verduzan. Com. du dép. du Gers, arr. de Condom, cant. de Valence, sur l'Auloue ; 1,027 hab. Etablissement d'eaux minérales sur la rive gauche de la rivière au milieu de promenades plantées de tilleuls. Au lieu dit le Vieux-Castéra ruines d'un établissement de Templiers. Sur le plateau de Verduzan, vestiges d'un donjon féodal que certains archéologues considèrent comme une pile romaine. Exploitation de carrières d'un beau marbre jaune.

F.Aux MINÉRALES. — Ccs caux sont athermales ou hypothermales, sulfurées calciques faibles ou ferrugineuses faibles, sulfureuses ou carboniques faibles (Rotureau). Il y a un établissement reconstruit en 1820. Les sources sulfureuses servent dans les affections cutanées, catarrhales et dyspeptiques ; les eaux ferrugineuses, en boisson, s'adressent aux convalescents et aux anémiques.

CASTÉRA-Vignoles. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Saint-Gaudens, cant. de Boulogne; 207 hab. La seigneurie de ce lieu fut donnée par Louis XI II à Jacques de Minut, sénéchal de Rouergue, petit-fils de Gabriel de Minut (V. ce nom). La fille de Jacques de Minut porta cette seigneurie de Castéra, érigée pour lui en marquisat, dans la famille de Gontaut.

CASTERA (Louis-Adrien Du Perron de), diplomate français, né à Paris en 1705, mort en Pologne le 28 août 1752. Après s'être occupé de littérature dans sa jeunesse, Castéra alla s'établir en Pologne comme gouverneur du fils du prince Czartoryski, palatin de Russie, auquel il avait été recommandé par M. de Real, sénéchal de Forcalquier. En quittant la Pologne (i 745), l'ambassadeur français, Saint-Sé vérin, qui avait trouvé Castéra « intelligent, aimé et estimé en Pologne », le proposa à la cour de France comme chargé d'affaires à Varsovie. Au moment où ce choix fut ratifié à Versailles, les relations entre le roi de France et le roi de Pologne étaient plus difficiles encore qu'au moment du départ de Saint-Séverin. Frédéric-Auguste avait signé avec l'Angleterre, PAutriche et la Hollande la quadruple alliance de Varsovie, et la paix séparée que le roi de Prusse venait de conclure à la fin de la même année nous laissait de nouveau seuls en face de la coalition. La mauvaise volonté du roi de Pologne à notre égard n'était donc pas douteuse et tout le rôle de Castéra dut se borner à donner

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