‹ La Grande encyclopédieChapitre 254 sur 397 · CASTIGLIONE · texte numérisé non relu

CASTIGLIONE

C ASTI G L1 0 N E (comte Baldassare), moraliste et homme d'Etat italien, né à Casatico, dans le pays mantoiian, le 6 déc. 4478, mort à Tolède le 2 fév. 4529. Il fut ambassadeur du duc d'Urbin près de Henri Vil, roi d'Angleterre, qui lui confia l'ordre de la jarretière, ensuite près de Louis XIl, roi de France. Etant devenu veuf, après quatre ans de mariage, d'Hippolyte Torelli, femme d'une extraordinaire beauté et d'un rare esprit, le pape Léon X, pour le consoler, dit-on, d'une perte si sensible, lui conféra la pourpre cardinalice. Clément VllL neveu de Léon X, eut pour Castiglione une égale estime et le manda à Charles-Quint pour traiter diverses affaires touchant les intérêts de l'Eglise et du Saint-Siège. 11 gagna les bonnes grâces de l'empereur et mourut pleuré de lui et du pape, soldat, prélat, diplomate, écrivain. Son Cortegiano ou V Homme de cour est demeuré célèbre et comme le miroir des mœurs italiennes et espagnoles de son temps. L'esprit de ce livre est tout entier dans le résumé qu'en a fait Phiiarète Chasles : « Il ne doit pas y avoir de différence entre les caractères, d'originalité tranchée entre les hommes ; tous, effacés et amollis, doivent se formuler d'après un type et un modèle unique, qui est le Courtisan. » Ce qu'il faut faire, quelle marche suivre pour atteindre ce résultat, tel est l'objet du Cortegiano, livre d'une si impudente immoralité que Ton doute, comme pour le Prince, s'il n'est pas plutôt une ironique satire qu'un naïf manuel. C'est, en tout cas, un des ouvrages les plus curieux et les plus représentatifs d'une époque raffinée jusqu'à l'antinaturel. En voici le titre : Il Libro del Cortegiano (Venise, 4528, in-fol.), réimprimé plus de cinquante fois au xvi^ siècle et encore fréquemment dans la suite jusqu'à l'édition Le Monnier : Il Cortegiano del conte Batdessar Castiglione pubblicato per cura del conte Baudidi Vesme (Florence, 4854, in-42). La première traduction française semble être la suivante : le Courtisan nouvellement traduit de langue ytalique en françoy s par Jacques Colin d'Auxerre (Paris, 4537, pet. in-8) ; une autre parut la même année à Lyon, dont Etienne Dolet devait donner l'année suivante une édition revue par lui-même et par Mellin de Saint-Gelais. Ses œuvres complètes, contenant des lettres, des vers, etc., furent réunies : Opère volgari e latine (Padoue, 4733, in-4). — Raphaël, dont il fut l'ami et le protecteur, a laissé son portrait ; l'authenticité en a été établie par Quatremère de Quincy ; ce portrait , qui est conservé au musée du Louvre, a été gravé plusieurs fois, notamment par Nie. Edelinek. R. de Gourmont.

Bibl: Marliani, Vita, del conte Baldessar Castiglione (entête des Opère volgari e latine; Padoue, 173.0n-4. ~ Andréa Rubbi, Elogio del conte B. Castiglione: Veidse, 1780, in-4. -- Girolamo Perri, De Vita et scriptis B. Castiglionis; Mantoue, 1780, in-8. — G.-Vincenzo Benini, Elogio del più virtuoso uomo italiano delsecolo XVI ; Venise, 1789, in-12.— Phiiarète Chasles, Du Roman et de ses sources dans l'Europe moderne. IV, Observateurs des mœurs en Italie et en Espagne (dans Revue des Deux Mondes du 15 mai 1842). — Quatremère de QuIincv, Histoire de la vie et des ouvrages de Raphaël ; Paris, 1835, in-8, 3« édit., pp. 191 et suiv. — Francesco Torraca, la Grazia seconde il Castiglione e secondo lo Speneer (dans Rassegna settimanale du 6 fév. 1881). — Giambattista Passaimo, I Novellieri ilaliani in prosa; Turin, 1878, in-8, t. II. X- » 1 1

CASTIGLIONE (Sabbada), moraliste italien, né à Milan un 5 déc, vers 4484, mort le 16 mars 1554. De noble famille, il vêtit Thabit des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem et combattit sous les bannières de l'ordre jusqu'à la prise de Rhodes par Soliman. Alors il se retira à Faenza, y vécut solitaire en d'abstruses études, occupé seulement, en dehors de la spéculation, à fonder des écoles pour les enfants, dans ces écoles des bourses pour les enfants pauvres. Avant de mourir, il donna à Faenza une bibliothèque riche et précieuse qui, après avoir été ouverte aux savants peadant trois siècles, fut aliénée en 1830. Il a laissé l'ouvrage suivant dont la plus ancienne édition est de 1546; la première complète a pour titre: Ricordi overo ammaestramenti^ ne quali si ragiona di tutte

le materie honorate ehe si rieereano a un vero gentil^ huomo (Venise, 1555, in-4). On en a extrait : Novela nuovamente stampata (Lueques, 1865, in-8); elle est empruntée au CIX« fiicorc^o. R. G.

Bibl. : Giambattisfca Passano, I Novellieri ilaliani in prosa; Turin, 1878, in-8; 1. 1. — Bonaffi, Sabba da Castiglione; Paris, 1884.

CASTIGLIONE (Giovanni-Battista),surnomméle Ferme, poète italien, né à Milan, selon Argelati, et selon Negri à Florence, mort en 1559. il laissa, entre autres volumes : Luoghi diffldli del Petrarca dichiarati (Venise, 1532, in-8) ; Comilia (Venise, 1552, in-fol.) ; Allegationes (Milan, s. d.). R. G.

Bibl. : Argelati, Bibliotheca scriptorum mediolanensium; Milan, 1745, 2 vol. in-4. — Giulio Negri, Istoria degli scrittori ftorentini ; Ferrare, 1722, in-fol.

CASTIGLIONE (Giovanni-Benedetto), dit il Grechetto, peintre et graveur à Feau-forte, né à Gênes en 1616, mort à Mantoue en 1670. 11 eut d'abord pour maître J.-B. Pazzi, après la mort duquel il passa dans l'atelier d'And. Ferrari. Ses tableaux, tableaux de chevalet ou grandes compositions, représentent ordinairement des animaux ou des sujets qui en comportent comme : la Genèse, la Création des animaux, VEntrée des ani-maux dans r Arche, le Retour de Jacob, Au palais Brignole, à Gênes, la Crèche, tableau d'autel, une des peintures les plus célèbres de Gênes ; Ciixé et les compa^ gnons d'Ulysse, tableau fait pour le grand-duc de Toscane, des Chasses, des Fables, etc. Castiglione a laissé entre autres planches, un Génie qui sert de trontispice à son œuvre gravé , l'Entrée des animaux dans l'Arche, la Fuite en Egypte, la Résurrection de Lazare, On trouve aussi quelques estampes faites à l'aide d'un cuivre non gravé, mais simplement couvert d'encre d'impression sur lequel l'artiste enlevait des blancs soit avec le doigt, soit avec un corps dur. C'est à tort que ces fantaisies, signées et datées, ont été mentionnées comme des estampes non décrites. F. Courboin.

Bibl.: Bartscfi, le Peintre -graveur, t. XIX, p. 7. ■— Brulliot, Dlct. des Monogrammes. — Hubert et Rost, Dlct. des Graveurs. — Le Blanc, Manuel de Vamateur d'Estampes.

CASTIGLIONE (Giuseppe-Antonio), poète et littérateur italien, né à Milan, mort en fév. 1720. Son meilleur ouvrage a pour titre : Dodici comlusioni cristiane, marali, legali e cavalleresohe sostenute contre i vani puntigli del volgo, dalla commune dottrina degli scrittori delV onore (Milan, 1715). R. G.

Bibl.: Bibliografia enciclopedica milanese; Milan, 1857, in-8.

CASTIGLIONE (Fra Giuseppe), né en 1698, mort en 1768 à Pékin. Après avoir terminé ses études de peintre, il entra en qualité de frère convers dans Tordre des jésuites et accompagna à Pékin le P. Attiret. H fut chargé par les empereurs Yong-te-hing et Kien-long, de travaux réguliers et dessina pour le dernier de ces deux souverains une résidence à l'européenne qui fut bâtie sur ses plans. Avec le P. Attiret il a peint des Scènes de batailles gravées en France. Son influence auprès de Kien-long ne put empêcher les persécutions de 1736 et de 1746 dirigées contre les chrétiens. On voit de lui deux tableaux dans l'église du Gesii de Gênes.

CASTIGLIONE (duc de) (V. Augereau).

CASTIGLIONE (Carlo -Ottavio, comte), philologue italien, né à Milan en 1784, mort à Gênes le 10 avr. 1849. Il s'est occupé de numismatique orientale et a publié : Monete enfiche del Museo di Milano (Milan, 1819); Mémoire géographique et numismatique sur la. partie orientale de la Barbarie (Milan, 1826), édité avec A. Mai les fragments palimpsestes de la Bible d'Ulphilas (Milan, 1819) et divers autres palimpsestes bibliques. Bibl. iBioNDELLijVifa di G.-A. Castiglioni; Milan, 1856.

CASTIGLIONE (Adèle d'AFFRY, princesse Colonna) (V. CoLONNA DI Castiglione [Adèle]).

CASTIGLIONE (V. Câstillon).

Page 1