‹ La Grande encyclopédieChapitre 255 sur 397 · CASTIL — CASTILLA · texte numérisé non relu

CASTIL — CASTILLA

CASTIL-Blaze (François-Henri-Joseph) (V. Blaze [Famille]).

CASTILHO (Antonio-Feliciano, vicomte de), célèbre poète et pédagogue portugais, né à Lisbonne le 26 janv. 1800, mort à Lisbonne le 48 juin 4875. Fils d'un professeur de médecine à Coïmbre. A l'âge de six ans, il perdit la vue à la suite d'une chute, et ce malheur imprima une marque indélébile à son caractère et à son talent. 11 fit de brillantes études, et se révéla poète dès l'âge de seize ans par un Epicedion sur la mort deD, Maria P''. Quoiqu'il se fit recevoir avocat, au gré de son père, il n'exerça jamais, et s'isola complètement dans le culte des lettres. Privé de la jouissance du monde extérieur, il s'en créa une autre dans sa riche imagination, avec le concours des poètes de tous les âges et de tous les pays. Dans sa première œuvre poétique de quelque importance, Cartas de Echo e Narcisso (Coïmbre, 48Q4 ; 4^ édit., Paris, 1837), il montre déjà un rare talent descriptif; le recueil Amor e melancolia ou a novissima Eloisa (4828 ; Lisbonne, 4861), débordant de lyrisme, nous fait connaître l'état de son âme enflammée pour une dame qu'il ne connaissait que par sa correspondance et qu'il épousa en 4834, pour la perdre trois ans plus tard. L'ancien Arcadien devient, sous l'influence de Victor Hugo et de Garret, un romantique exagéré dans ses poèmes il JSoite do castello et Os Ciumes do hardo (Lisbonne, 4836). Ayant perdu, à la suite de la révolution de 4845, une sinécure lucrative à Coïmbre, que Jean VI lui avait accordée en 4849, en récompense d'un poème consacré à célébrer son avènement au trône, il partit, en qualité de simple inspecteur primaire, pour l'ile San-Miguel (Açores), où il établit une vingtaine d'écoles, introduisit la gravure et la lithographie et fonda une société d'amis des lettres et des arts. H s'attacha passionnément à ses humbles fonctions et témoigna la plus vive sollicitude pour la diffusion de l'instruction primaire. Dans une série de brochures et de pétitions, il demanda qu'elle fût rendue obligatoire et dévolue exclusi\ement à l'Etat ; il réclama la création d'un ministère spécial de l'instruction publique et même d'un panthéon pour les professeurs de mérite. 11 inventa encore une méthode fort ingénieuse pour apprendre simultanément à parler, à lire et à écrire {Metodo portuguez; Lisbonne, 4853), méthode qui porte encore son nom, et écrivit un bon nombre d'opuscules pédagogiques. Les nécessités de la vie l'obligèrent d'émigrer en 4854 au Brésil, d'où il revint au bout de neuf ans. H publia alors un dernier recueil de ses poésies originales : 0 Outono (FJsbonne, 4863), qui forment un vif contraste avec la célèbre collection de ses poèmes juvéniles : A Primavera (4822), dont elles sont le pendant. Si, comme poète, il manque d'originalité propre et se borne à un éclectisme stérile, en revanche c'est un versificateur puissant, harmonieux et d'une admirable pureté. Son génie à manier la langue portugaise ressort le mieux dans ses inimitables traductions d'Ovide, de Virgile et d'Anacréon. l\ traduisit aussi plusieurs pièces de Molière, le Génie du Christianisme de Chateaubriand, le Faust de Goethe, le Don Quichotte de Cervantes, qu'il laissa inachevé, etc., et est l'auteur d'une œuvre dramatique ayant pour sujet Camoens , remarquable pour la peinture des caractères, mais dépourvue des qualités scéniques. Ce n'est que peu avant sa mort qu'il, fut récompensé de ses labeurs par le titre de vicomte. — Son fils, vicomte Julio de Castilho, né à Lisbonne le 30 av. 4840, ancien gouverneur civil de Horta et Ponta-Delgada (Açores), puis sous-bibliothécaire à la bibliothèque nationale de Lisbonne, se fit connaître également comme poète et littérateur de talent. Ses principaux écrits sont : Antonio Ferreira, estudos biogra-^ phico-litterarios (Paris, 4872, 3 vol.) ; /). Ignez de Castro^ drame en vers (4880) ; Lisboa antiga (4880), et surtout la biographie de son père : Memorias de Castilho (Lisbonne, 4884, 2 vol.). G. Pawlowski. BiBL. : A. Romero Ortiz, la Litteratura porlugueza en

el sï'glo xix; Madrid, 18G9. — Th. Braga, Historia do romantismo em Portugal ; Lisbonne, 1880.— I. da Silva, Diction, bibliogr. portug.f t. I^»- et VIII.

CASTILHON (Jean), littérateur français, né à Toulouse en 4748, mort dans la même ville le 4^^ janv. 4799. H abandonna promptement le barreau pour les lettres, prit part au concours des Jeux floraux, vint à Paris où il se lia avec les principaux encyclopédistes et, après un long séjour, revint à Toulouse où il fut nommé, par Loménie de Brienne, bibliothécaire du Collège Royal qui forma plus tard le noyau de la bibliothèque publique. Il contribua à la réorganisation, sous le nom de Lycée^ de l'ancienne Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, dont la fondation, sous des dénominations diverses, remontait à 4640. Jean Castilhon a publié, avec le comte de Turpin, les Amusements philosophiques et littéraires de deux amis (4754, in-42), et seul des Anecdotes chinoises^ japonaises, siamoises {ill^, in-8) faisant partie de la collection à Ânecdoctes historiques éditées par le libraire Vincent; Précis historique de la vie de Marie-Thérèse (1781, in-42). Le Spectateur français {{11^), qu'il avait tenté de fonder, n'eut qu'un volume, mais il a collaboré activement au Journal encyclopédique créé à Bouillon par son compatriote Pierre Rousseau, de 4774 à 4778 aux Mémoires pour servir à Vhistoire des sciences et des arts, connus sous le nom de Journal de Trévoux, au Journal de jurisprudence de son frère (V. l'article suivant) et au JSécrologe (4767-1782). H aurait, selon Quérard, fourni plus de trois cents articles au supplément de V Encyclopédie (in-folio). Enfin il a donné une édition revue et rajeunie de la Bibliothèque bleue (4770, 4 vol. in-42). M. Tx.

BiBL. : Biographie Toulousaine, 1823, 2 vol. in-8.

CASTILHON (Jean-Louis), publiciste français, frère du précédent, né à Toulouse en 4720, mort après 4790. Collaborateur, ainsi que son frère, du Journal encyclopédique et du Journal de Irévoux, il fonda en 4763 un Journal de jurisprudence publié par Pierre Rousseau, éditeur do presque toutes ses autres publications : Aimanach philosophique (Goa, 4767, in-42) ; Essai sur les erreurs et les superstitions anciennes et modernes (Amst,, 4765, in-42), réimp. en grande partie sous le litre de : Considérations sur les causes physiques et morales de la diversité, du génie, des mœurs et du gouvernement des nations (4769, in-8 ; 4770, 3 vol. in-12); le Diogène moderne ou le Désapprobateur (4770, 2 vol. in-8) ; les Dernières Révolutions du globe ou Conjectures physiques sur les causes des tremblements de terre (4774, in-8), sans parler de deux romans : Zingha, reine d'Angola, histoire africaine (4769, 2 parties in-42) et le Mendiant boiteux ou les Aventures d'Amboise Gwlnett (4770, 2 parties in-8). J.-L. Castilhon a été, avec J.-B.-R. Robinet, l'éditeur du Recueil de pièces nouvelles et intéressantes sur des sujets de littérature et de morale (Bouillon, 4769, 5 vol. in-42), et du Recueil philosophique et littéraire de la Société typographique de Bouillon (Ibid., 4769-4779, 40 vol. in-8). H appartenait, comme son frère, à l'Académie des Jeux floraux à laquelle il a fourni quelques mémoires ou discours. M. Tx.

CASTILHON (Pierre), homme politique français. Négociant à Cette, il fut député du dép. de l'Hérault à la Convention (sept. 4792). Dans le procès du roi il vota pour la réclusion et le bannissement à la paix. Il s'occupa peu de politique et lut envoyé en mission en 4795 pour les approvisionnements de Paris. Membre du conseil des Cinq-Cents (4795), il fut élu secrétaire de cette assemblée le 49 févr. 4797. Il rentra dans la vie privée le 20 mai 4797. En mai 4844 il présenta une adresse de dévouement à JNapoléon, en qualité d'officier des gardes nationaux de Cette.

CASTILIA (Francisco de), écrivain espagnol de la première moi. ^é du xvi® siècle. Descendant d'une branche

Page 1