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CASTOREUM — CASTRAT

ces cuirs. On a fait remarquer avec raison que Todeur variable du castoréum dépendait du régime de Tanimal, les castors de Sibérie se nourrissant efiectivement de bouleau, tandis que ceux du Canada rongent plutôt le bois des conifères dont Todeur térébenthineuse se retrouve à un léger degré dans le castoréum provenant de ces régions ; enfin P. Gervais a montré que les castors du Rhône, qui se nourrissent de saules, donnent en effet un castoréum à odeur de saule.

Au point de vue chimique, le castoréum est constitué par du mucus, de l'albumine, des matières résineuses et des matières grasses dont Tune lui est propre et porte le nom de castorine (1,98 ^/q) ; il renferme une huile volatile très odorante, et de nombreux sels, carbonates, phosphates et sulfates de magnésie, d'ammoniaque, de potasse, de soude et de chaux, ces derniers plus abondants dans le castoréum de Sibérie (40 <^/o). On y trouve en outre des urates, de la cholestérine, de l'acide salicylique , de l'acide phénique, de la salicine, de la sébacine, de l'acide benzoique et de l'acide ellagique ou benzoardique. C'est bien à son huile essentielle, et non pas, comme le pensait Brandès, à la castorine, que le castoréum doit ses propriétés stimulantes : de même que le musc et l'assa-fœtida, le castoréum a été vanté comme antispasmodique et prescrit dans les formes ataxiques des fièvres graves, dans les délires, les convulsions, l'hystérie. Il paraît posséder une action réelle sur l'innervation de Tutérus, et a été employé avec succès, parait-il, par les accoucheurs, pour calmer les douleurs des tranchées et faciliter l'expulsion du délivre. Selon Richter, il déterminerait une réaction nerveuse assez active, se traduisant par l'élévation de la température, l'accélération du pouls et l'émission de sueurs abondantes. Il est à peu près inusité aujourd'hui en France : on le retrouve encore dans la préparation des pilules de Cynoglosse (V. ce mot). La teinture de castoréum (au i/o) se prescrit aux doses de 0,25 à 2 gr., la poudre à celles de 0,50 et 10 gr.; l'eau distillée et le sirop de castoréum ne figurent même plus au dernier codex. û^ R. Blondel.

CASTORINE. I. Chimie. — Principe cristallisable découvert par Bizio dans le castoréum. Pour le préparer, on dissout à chaud le castoréum dans 6 p. d'alcool fort, jusqu'à saturation. Par le refroidissement, les matières grasses se décomposent, tandis que l'eau-mère abandonne à Tévaporation spontanée la castorine, qu'on purifie par deux ou trois cristallisations dans l'alcool. La castorine se présente sous forme de fines aiguilles transparentes, à saveur faible, à odeur de castoréum ; elle fond dans l'eau bouillante, puis se solidifie en une masse translucide, dure, pulvérisable ; elle est à peine soluble dans l'eau, très soluble dans l'éther. Elle est très stable, car les acides et les alcalis peuvent la dissoudre sans altération notable. Elle n'est pas azotée, car elle ne donne pas d'ammoniaque avec la potasse fondante. On la considère comme une matière grasse spéciale, mais sa nature est inconnue ( Valenciennes, Kép. de Ch. appl. p. 385; 1861). Ed.BouRGoiN.

11. Lndustrie. — Epais tissu en drap, à longs poils, employé pour vêtements d'hommes et fabriqué avec des laines quelquefois mélangées de poils de castor.

CASTOROÏDES (Paléont.). Ce genre de Rongeurs fossiles créé par Forster (1838), et rapproché par lui des Castors, comme le nom l'indique, en a été éloigné par les auteurs modernes. Allen a montré {Monograpk of North- American Rodentia, 1877, pp. 149 et seq.) que ce type est bien distinct des Castors et se rapproche davantage des Rongeurs sud-américains, notamment des Chinchillidœ (V. Chinchilla) dont il représente le type aquatique. La seule espèce connue (Castoroïdes ohioensis) atteignait une grande taille, car son crâne est plus gfand que celui du Cabiai. Elle est du post-pliocène de l'Amérique du Nord. Les genres voisins Amblyrhiza et Loxomylus forment avec ce genre une famille à part sous le nom de Casioroïdidœ (V. Amblyrhiza). E. Trouessart.

CASTORS ou BEAVER (Rivière des). Nom donné au cours supérieur du Chinchill (V. ce nom).

CASTORS (Baie des). Baie située au S.-O. de la presqu'île d'Aliâska, limitée par le promontoire Alexine.

CASTOViUS (Erik), philosophe suédois, né en 1655 à Karlstorp (Smâland), mort à Upsala le 4 dée. 1703. Orphelin d'un aumônier militaire, il dut mendier, servir ses camarades et enseigner pour vivre en faisant ses études. Dans une thèse De statu naturali et adventitio, soutenue à l'université d'Upsala en 1688, il émit l'opinion que les lois n'étaient pas valables sans le consentement de la nation. Quoique dénoncé, il ne fut pas inquiété par le gouvernemeiît despotique de Charles XI. Il devint secrétaire de cette université en 1698 et professeur de philosophie morale en 1702. B-s.

BîBL. : Joh. Upmark, Orais. fan. ; Upsala, 1704. — V.-E. SvEDELius, Persécution contre Castovius et B'Uberg, dans Freyy 1842.

CASTRA (Antiq.) (V. Camp).

CASTRAMÉTATION (Art milit.). — La castramétation est l'art de faire camper les troupes en campagne. Cet art, anciennement connu des Egyptiens, fut ensuite pratiqué par les Grecs et surtout par les Romains. Polybe et Végèce nous ont fait connaître par leurs écrits les règles adoptées par leurs contemporains pour l'installation des mmp5(V. ce mot.). Ces règles ont nécessairement varié en même temps que la constitution des armées et par suite de l'adoption des armes à longue portée. Toutefois, elles dérivent, aujourd'hui comme autrefois, de principes invariables d'après lesquels on doit disposer les troupes de manière à leur permettre de passer rapidement de Tordre de stationnement à l'ordre de bataille, occuper des positions possédant des propriétés défensives, assurer enfin la retraite en évitant de se placer en avant d'obstacles infranchissables. Les anciens, dont les armées étaient peu nombreuses, campaient leurs troupes en ordre compact en les abritant sous des tentes ou des baraques et en les couvrant souvent par des retranchements. On retrouve l'application des mêmes procédés dans les armées des xvi^ et xvii® siècles qui faisaient surtout la guerre de positions. Aujourd'hui on ne campe plus qu'exceptionnellement; dans la guerre de campagne, les troupes sont en principe ou cantonnées ou bivouaquées suivant qu'elles se trouvent à distance ou à proximité de l'ennemi. Dans les camps d'une certaine durée, les troupes sont logées dans des baraques en bois, des gourbis en clayonnage ou sous des tentes (V. ces mots). La face du camp tournée du côté de l'ennemi et devant laquelle se fait le rassemblement des troupes s'appelle le front de bandière,

CASTRAT. I. Droit romain. — On désignait sous ce nom ceux auxquels une opération chirurgicale avait enlevé leur virilité, et on les opposait aux Spadones c.-à-d. à ceux dont Timpuissance était naturelle (L. 128 Dign, Deverb, Sign.^ 50-16). L'état deCastratus modifiait la capacité juridique des individus : c'est ainsi qu'on leur interdisait les Justœ nuptiœ, solution qui découlait de l'idée que le but du mariage est la procréation des enfants. Les Spadones, dont l'état d'impuissance ne pouvait être constaté avec certitude, échappaient à cette interdiction. L'adoption n'était pas non plus possible pour un castrat, car elle imitait la nature ad adoptio naturam imitatur (Inst, de Just,, liv. I, tit. II § 4, De adopt,), et ne pouvait par suite émaner que de personnes ayant l'aptitude physique à engendrer. Cette prohibition, qui ne s'appliquait pas non plus aux Spadones, fut levée par l'empereur Léon (ISovelle 27). Chez les esclaves, l'état de castratus était une qualité (V. Loi 27, § 18 au Dig., Ad, Leg. Aquiliam, liv. IX, tit. 2), et en rehaussait singulièrement le prix. On les employait généralement à la garde des femmes. La castration fut réprimée sous les empereurs chrétiens (V. pour les détails, le mot Castration). P. N.

IL MusiauE. — Si, laissant de côté les considéra-

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