CATALOGUE — CATALPA
ayant appartenu au bourgmestre Six, célèbre par le portrait de Rembrandt. En France, nous avons sous la Régence le catalogue des tableaux flamands du duc d'Orléans. La collection du Régent est décrite par Dubois de Saint-Gelais. Les ventes deviennent plus fréquentes : c'est le cabinet du chevalier de la Roque, celui de Crozat, celui de Coypel, celui de Julienne, dont les œuvres sont offertes aux curieux. Les catalogues sont rédigés avec soin ; quelques-uns sont de véritables volumes qui renferment des biographies, des appréciations et des documents critiques. Nous devons à Gersaint, qui a décrit la collection Quentin de Lorangère, une excellente notice sur Watteau ; Gersaint, Pierre Remy, Mariette, Basan, nous donnent dans leurs catalogues des renseignements précieux que les érudits, les auteurs de monographies artistiques relèvent avec fruit aujourd'hui.
Catalogues d'expositions. Livrets, Une autre sorte de catalogues a pris naissance vers la fin du xvii« siècle, à propos des expositions de l'Académie de peinture et de sculpture. La première avait eu lieu en 1667 ; en 1673, l'Académie trouva utile de faire publier une « Liste des ouvrages exposés », Cette publication fut abandonnée, et reprise seulement en 1699; ensuite, survient une nouvelle interruption; ces livrets reparaissent à partir de 1737, et se suivent régulièrement tous les deux ans, avec les expositions, jusqu'à la Révolution. Grâce à MM. Anatole de Montaiglon et J. Guiffrey, ces livrets de nos anciennes expositions ont été réimprimés de nos jours.
Catalogues des musées. L'établissement de nos musées, l'installation de leurs collections sous la forme qui devait les rendre accessibles à tous, datent d'un décret rendu par l'Assemblée nationale constituante. Avant celte organisation, des recueils spéciaux, des publications choisies avaient fait connaître au public, d'une manière générale, les richesses d'art qui appartenaient à la couronne. On avait d'abord eu le répertoire de Bailly, garde des tableaux du roi. Lépicié, peintre et écrivain, secrétaire perpétuel et historiographe de l'Académie de peinture, fut chargé de décrire les tableaux du Cabinet du roi, et il en publia, en 1752-1754, le « catalogue raisonné » qui parut en deux vol. in-4. Les descriptions des peintures sont précédées de notices abrégées sur la vie de chaque peintre, notices où Lépicié s'est surtout inspiré de Félibien et de Vasari. Quelques catalogues ont été publiés, vers la fin du xviu® siècle, en Italie ; mentionnons, entre autres, celui du musée du Vatican et de la galerie de Mantoue. En Allemagne, on avait catalogué les tableaux de la galerie électorale de Dresde, ceux de S. A. Palatine à Manheim, ceux de la galerie de Vienne. La Convention fit procéder à l'inventaire des richesses d'art qui devenaient propriété nationale, à Paris aussi bien qu'en province. Nos archives départementales possèdent la plupart de ces relevés, dressés par des commissaires envoyés à cet effet dans nos principales villes. Le musée qui fut ouvert au Louvre reçut le nom de Muséum français. Le catalogue des objets placés dans ses galeries fut dressé en 1793, catalogue très succinct. La Convention avait aussi décrété la fondation du Musée des monuments français, établi dans l'ancien couvent des petits -augustins. Alexandre Lenoir en eut la direction ; il publia une description historique et chronologique des monuments de sculpture réunis dans ce musée qui devait être provisoire. On étudia, sous le Consulat et l'Empire, des notices et des catalogues des œuvres d'art que Napoléon s'était fait céder à la suite de ses victoires. Les notices du « Musée royal du Louvre» se succèdent en 1816, 1823, 1835, 1836, etc.
Puis sont venus des catalogues raisonnes, donnant les renseignements relatifs aux artistes et à leurs ouvrages, la description et l'histoire de ces œuvres, etc. Imparfaits pour le musée du Louvre, ces catalogues laissent beaucoup à désirer pour les musées de province. A ce point de vue certaines publications étrangères l'emportent de
beaucoup. Il faut citer les catalogues des musées d'Anvers, de Bruxelles, de Berlin, de Brunswick, de Dresde, de Londres et de Munich au nombre des meilleurs. On a publié, à Munich, un catalogue à deux éditions différentes, illustré de photogravures. C'est une tentative qui ne doit pas passer inaperçue, et qu'il faudrait imiter.
Les catalogues de vente ont atteint de nos jours une grande perfection typographique; ils ont été illustrés d'eaux-fortes et de gravures; ils ont été précédés de préfaces dues à la plume de critiques autorisés, Paul de Saint-Victor, Philippe Burty, Charles Blanc, etc. Les grandes collections ont été ainsi étudiées avant leur dispersion ; nous avons conservé le souvenir des galeries Pourtalès, de Morny, Salamanca, Demidov, Delessert, Laurent-Richard, John Wilson, Secrétan et de tant d'autres. Une création nouvelle a été celle des catalogues illustrés, pour les expositions rétrospectives et pour les Salons. Dès le début, cette innovation a obtenu la faveur du public. L'illustration, accomplie en général d'après des dessins fournis par les artistes, à Taide des procédés de pliotogravure moderne, est hâtive, inégale et imparfaite, mais elle est documentaire et conserve une idée générale des tableaux qu'on a vus. Ces catalogues ont été importés en France en 1879; ils étaient empruntés à l'Angleterre, où ils avaient été imaginés par une société d'artistes, à propos d'une exposition. Ant. Valabrègue. m. Astronomie. — Catalogue d'étoiles (V . Eioim), IV. LrrTÉRATURE GRECQUE. — Lcs grammairiens anciens donnèrent le nom de catalogue à l'ênumération des troupes achéennes, dans le deuxième livre de V Iliade, Ausone, dans une analyse de ce livre, dit : Sequitur enumeratio copiarum viritim, ut per catalogi sérient milites, naves, duces, patriœ referantur. Ce morceau est précédé d'une invocation particulière aux Muses (V, 484) et a été intitulé xaTaXoYoç vswv (Catalogue des navires) ou pown'a parce que l'ênumération commence par les guerriers boétiens ; il est suivi du recensement beaucoup plus court des forces troyennes (V. 816-877)* L'authenticité de ce morceau est fortement contestée (V. Homère). Les œuvres attribuées à Hésiode renfermaient une composition du même genre, sur les mères des héros* On l'a appelé KaTàXoyoi yuvar/ojv (les Catalogues des femmes) ou encore 'Hotai (xs^aXat, à cause de 1 expression {ri cilix ou telle que) servant de transition* Nous n'en possédons que des fragments. Ce morceau semble avoir fait suite à la Théogonie; il est certain cependant qu'il n'a pas été réellement écrit par Hésiode. Les catalogues furent de règle naturellement dans la poésie épique. C'est ainsi que Virgile énumère les forces de Turnus, et place en tête de ce développement une invocation à la muse, par imitation d'Homère (En,, VII, 641-817). L'imitateur servile de Virgile, Silius Italiens, ne pouvait manquer d'avoir son catalogue (lll, 222), etc. A.Waltz*
BiBL. : Beaux-arts. — Georges Duplessis, les Ventes de tableaux, /iessins, estampes et objets d'ari, auxxwu^et xviii» siècles {1600-1800), essai de bibliographie. — Ch. Blanc, Trésor de l'Art et de la curiosité. — Clément de Ris, les Musées de province. — Du même, les Amateurs d'autrefois. — Frédéric Villot , Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée du Louvre, introduction et bibliographie.— Ph. de ChEiNnevières, Notice des peintures, sculptures et dessins, etc., exposés dans les galeries du musée impérial du Louvre, 1864. Lettre au comte de Nieawerkerke et bibliographie. — Bonaffé, les Amateurs français au x\ii^ siècle. —Le Courrier de l'Art, 1886-1887-1888. Articles sur les musées de province et le musée du Louvre.
CATALPA (Catalpa Scop.). Genre de plantes de la famille des Bignoniacées et du groupe des Técomées, voisin des Tecoma (V. ce mot), mais en différant surtout par l'androcée qui est formé de cinq étamines, dont deux fertiles et trois stériles. L'espèce type, C. bignonioides Walt. (Blgnonia Catalpa L.) ou Catalpa commun, est un bel arbre, à tête arrondie, à grandes et larges feuilles ovales cordiformes, pubescentes en dessous. Les fleurs, disposées au sommet des rameaux en larges panicules,