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CATARACTE — CATARRHE

ments de corticales non extraits. Le prolapsus du corps vitré qui est sinon un danger réel de l'opération, du

moins un obstacle à une extraction complète, peut toujours être évité aussi bien que l'enclavement de l'iris, si on ne ménage aucune des

précautions minutieuses commandées. Réunion immédiate de la plaie, guérison rapide (trois jours suffisent pour rétablissement d'un cicatrisation ferme), tels sont les avantages de ce procédé incontestablement supérieur. Jadis on n'osait pas toucher aux cataractes diabétiques. ~ Elles guérissent aussi bien, à peu de cbose près, que les franches cataractes séniles. D^* Ad. Piéchaud.

BiBL. : NÉLATON, Parallèle des modes opératoires de la catciracle. — Mever, Traité des opérations qui se pratiquent sur l'œil. — Tartra, Opération de la cataracte.— GossELiN, Déplacement subit des capsules. — Trélat, Leçons professées à la Charité. — Ad. Piéchaud, Essais sur les cataractes traumatiques {Archives op/ii.),etc., etc.

CÀTARGIU. Vieille famille roumaine, originaire de Valachie. Vers le milieu du xvii® siècle, un de ses membres, exilé de Valachie par le prince Mathieu Basaraba, vint s'établir en Moldavie. Au xix® siècle, deux membres de cette famille ont joué un rôle important dans l'histoire de la Roumanie.

40 Barbu Catargiu, homme d'Etat et publiciste roumain, né en Valachie en 1807, mort assassiné à Bucarest le 20 juin 1862. Sa jeunesse fut très orageuse ; ses scandales firent grand bruit : il dut les expier en faisant, par ordre du prince Grégoire Ghica, amende honorable sur une place publique (1825). Sous l'hospodorat du prince Bibesco (1842-1848), il fut directeur au ministère de la justice. Le mouvement révolutionnaire de 1848, contrecoup de la Révolution de février en France, le détermina à quitter la Valachie. Il n'y rentra qu'à la suite des armées russes et turques, venues pour renverser le gouvernement provisoire installé par le peuple, et pour rétablir l'ancien ordre de choses. Orateur habile et disert, il devint, sous le règne du prince Couza, le chef du parti rétrograde, le défenseur attitré des privilèges des boyards. Après la proclamation de l'union des principautés de Moldavie et de Valachie, sous le môme prince (5 févr. 1862), Barbu Catarg;iu fut nommé président du conseil et ministre de l'intérieur. II se signala par son opposition à toutes les reformes libérales, notamment à la réforme agraire réclamée par le pays. Très absolu et très entier dans ses opinions, il avait de nombreux ennemis. Le 20 juin 1862, comme il sortait de la chambre des députés, il fut frappé mortellement par une main restée inconnue. Barbu Catargiu a publié une brochure : VEtat social des provinces danubiennes et dirigé le journal le Conservateur progressiste ;

^^ Lascar Catargiu, homme d'Etat roumain contemporain, né en Moldavie en nov. 1823. 11 fut d'abord préfet de police à lassy, sous le règne du prince Grégoire Ghica, puis envoyé comme député au divan ad hoc de Moldavie. Dans cette assemblée, réunie sur l'instigation des puissances signataires du traité de Paris afin de permettre à la nation roumaine d'y faire connaître ses vœux, M. Lascar Catargiu se signala par ses tendances réactionnaires, ses efforts pour faire échouer la réforme agraire. Cette attitude lui valtit la confiance du parti boyard qui le porta, en 1859, comme candidat au trône de Moldavie. Le prince Couza ayant été élu, il resta, pendant toute la durée du règne, un des chefs de l'opposition. Il ne put empêcher, en 1864, le vote de la loi agraire par laquelle un million et demi d'hectares furent distribués à quatre

cent mille familles de paysans. Après l'abdication du prince Couza (tévr. 1866), il devint membre de la lieutenance princière, puis présida le premier cabinet du prince Charles. Ce cabinet de concentration, oîi figuraient, à côté de M. L. Catargiu, des libéraux tels que J. Bratianu, S. Golescu, C. Rosetti, ne dura que deux mois (24 mai au 24 juil. 1866). En 1871, il reprit la présidence du conseil et sut se maintenir au pouvoir pendant cinq années : ce fut le premier ministère roumain d'une durée considérable (24 mars 1871-8 mai 1876). De ce ministère datent la construction des premières lignes de chemins de fer, concédées à des compagnies anglaise, allemande et autrichienne, la conclusion des premiers traités de commerce, diverses améliorations apportées dans l'administration intérieure du pays, concessions insuffisantes faites à l'opinion publique qui réclamait d'autres réformes dont le chef des conservateurs ne se sentait pas à même de mesurer la portée. Le mécontentement qui résulta de cette résistance fut accru par une série d'actes administratifs arbitraires, en contradiction avec l'esprit et la lettre de la constitution libérale 'de 1866. Vers la fin de l'année 1875, la crise était arrivée à un état aigu. Les finances du pays étaient dans un désarroi complet : le déficit annuel du budget, la création d'une nouvelle dette flottante n'encourageaient guère M. Lascar Catargiu à sortir d'une attitude expectante pendant le conflit russo-turque, à la veille d'éclater. Les élections générales du printemps 1876 ayant donné, malgré une pression administrative formidable, une forte majorité libérale, M. Catargiu abandonna le pouvoir et vécut dans la retraite pendant plusieurs années. Vers la fin du long ministère Bratianu (1876-1888), il entra dans la coalition des conservateurs, ligués pour renverser le ministère libéral. Cependant il n'hérita pas directement de ce dernier, et ce n'est qu'à la chute du ministère Rosetti-Carp (avr. 1889) que M. L. Catargiu a été replacé à la tête des affaires.

Pour constituer son nouveau cabinet, le chef du parti boyard ou des vieux conservateurs fit appel à tous les groupes de l'ancienne opposition unie, sauf au groupe junimiste. C'est ainsi qu'à côté de conservateurs de nuance variée prirent place M. Boerescu, libéral dissident^ et M. Vernescu, chef des vernescistes. Bien que composé d'éléments hétérogènes, ce ministère ne donnait qu'une id^e imparfaite de la multiplicité des groupes parlementaires, multiplicité qui rendait presque impossible la formation d'une majorité gouvernementale solide. Après avoir obtenu le vote da budget, M. Lascar Catargiu se hâta de clore la session législative du printemps 1889 pour mettre fin aux interpellations incessantes qui mettaient chaque jour en péril l'existence même du cabinet. Pendant les longues vacances de l'été 1889, des élections partielles, peu favorables au gouvernement, ayant encore diminué l'autorité de M. Catargiu, celui-ci demanda en nov. 1889, au roi Charles, un décret de dissolution. En présence de la répugnance du souverain à recourir à cette mesure, M. Lascar Catargiu s'est effacé devant ses collaborateurs, MM. Manu et Lahovary, chefs des néo-conservateurs^ qui ont formé, avec'^le concours des junimistes un nouveau cabinet (nov. 1889), et ont présidé à l'ouverture de la session d'hiver du parlement roumain. Sous le dernier ministère Catargiu, les travaux de fortication de Bucarest et Focsani, entrepris sous le ministère Bratianu, ont été poursuivis, et la politique extérieure de la Roumanie semble avoir été celle dont le cabinet libéral avait légué la tradition.

GATA RM AN. Ville de l'île de Samar, archipel espagnol des Philippines, située sur la côte N. de l'Ile et à l'estuaire du fleuve du même nom ; 6,500 hab.

CATARRHE. Inflammation non spécifique d'une muqueuse, il y a cinquante ans à peine qu'on a donné à ce terme une acception aussi générale. Jusqu'alors on le prenait dans un sens trop restreint et on l'appliquait

CATARRHE — CATAULUS

exclusivement à la bronchite. Hoffmann décrivit deux variétés de catarrhe ; le C. simple et le C. suôocant ; cette dernière expression, restée dans la nosographie, n'a plus le même sens qu'au xviu^^ siècle ; elle désigne exclusivement aujourd'hui la bronchite capillaire. Le catarrhe suffocant d*autrefois était une entité morbide hypothétique ayant pour principal phénomène l'apnée ; on décrivait sous le même nom les accès brusques survenant dans le cours des affections organiques du cœur, la suffocation des apoplexies pulmonaires. « Greiselius dit que, dans tous les sujets morts d'un catarrhe sufiocant, dont il a fait la dissection, il a trouvé des corps étrangers, calleux, glutineux et visqueux dans le cœur (Hoffmann). »

L'histologie pathologique a démontré que le mécanisme et la marche du processus inflammatoire sont exactement les mêmes sur toutes les muqueuses de l'organisme ; le mot catarrhe, employé seul, sans détcrminatif, indique un processus connu mais n'impliquant aucune idée de localisation. Les lésions catarrhales correspondent aux différents stades de l'inflammation ; à la période congestiye, on est en présence de la dilatation du réseau vasculaire, et un peu plus tard de l'hypersécrétion des follicules glandulaires. A la période d'exsudation, la sécrétion devient épaisse et adhérente, il se fait une desquammalion épithéliale active ; un peu plus tard, Texsudat peut changer de caractère et subir la tranformation purulente; les lésions restent superficielles et Fépithélium continue de remplir ses fonctions. Contrairement à ce qui se passe dans les phlegmasics diphtéritiques des muqueuses, cet épithélium n'est jamais détruit ; c'est là le caractère prédominant de l'inflammation catarrhale. On s'explique aisément que les produits expulsés au dehors renferment des cellules épithéliales ou des débris de cellules. Les phénomènes congestifs du début, l'exagération de la sécrétion normale, parfois sa transformation purulente sont des phénomènes ordinaires de tous les catarrhes; ils ont été étudiés aux articles Conjonctivite, Bronchite, etc. Le catarrhe gastrique avec vomissements ou plutôt vomituritions est fréquent chez les alcooliques; celui des voies biliaires est la cause de l'ictère simple ; le catarrhe des tubes urinifères s'accompagne d'une albuminurie légère, et au microscope on constate la présence dans l'urine d'épithélium rénal; la leucorrhée est le symptôme ordinaire du catarrhe utérin ou vaginal.

Les catarrhes ont le plus souvent pour causes des irritations physiques ou mécaniques. Les conjonctivites, fréquentes dans les pays du Nord surtout pendant l'hiver, sont causées par le froid extérieur et la fumée ; les bronchites catarrhales sont des maladies de la saison froide ; les phlegmasies des voies biliaires s'observent, au contraire, pendant l'été de préférence. En général, les catarrhes simples sont peu graves et guérissent d'euxmêmes, à moins qu'une intervention nouvelle de la cause ne provoque des poussées secondaires. Sans produire de modifications structurales prononcées, ils rendent la muqueuse plus vulnérable. Un premier catarrhe constitue une prédisposition pour une série d'autres. Les bronchites répétées peuvent aboutir à la dilatation bronchique ; on se demande aujourd'hui si elles ne constituent point une condition favorable à l'entrée dans l'économie du bacille tuberculeux. C'est une impropriété d'expression d'appeler catarrhale une inflammation virulente; la cause génératrice est ici un organisme spécifique susceptible de passer d'un individu à un autre, parfois d'un organe à un autre, tel est le cas de la blennhorragie dont le microorganisme, le gonococcus de Neisser, est bien connu. La dénomination de catarrhe épidémique donnée à la grippe est également mauvaise ; c'est une maladie contagieuse et épidémique dont on ne connaît pas encore l'agent pathogène ; les phlegmasies des muqueuses sont des localisations comparables à celles qu'on observe dans toutes les maladies infectieuses. D^ L. Thomas.

CATARRHINIENS (Mamm,). On désigne sous le nom

de Singes Catarrhiniens (E. Geoffroy), ou suivant l'étymologie de ce nom, à narines percées à la partie inférieure ou terminale du nez, les Singes de l'ancien continent, c.-à-d. ceux qui se rapprochent le plus de l'homme, et que l'on nomme aussi quelquefois Pithéclens^ par opposition aux Cébiens et aux Hapaliens ou Singes du nouveau continent (Amérique), que E. Geoffroy désignait sous le nom de Platyrrhiniens (ou Singes à nez aplati et à narines latérales). Cette différence d'organisation dépend surtout de l'épaisseur de la cloison du nez, très grande chez les Singes américains. On a avancé récemment que les Colobes, Singes africains (par conséquent de l'ancien continent), étaient Platyrrhiniens

a, Mangabey à collier (Catarrhinien) ; 5, Sajou brun (Platyrrhinien).

comme les Singes américains. Cette opinion paradoxale nous paraît fondée sur une fausse interprétation des caractères morphologiques présentés par ces animaux. Déjà, il y a quarante ans, Is. Geoffroy avait appelé l'attention sur la conformation du Talapoin (Cercopithecus talapoin) petite Guenon d'Afrique, qui a le museau écrasé et la cloison internasale plus épaisse que chez les autres Cercopithèques, mais en se gardant bien de le classer parmi les Platyrrhiniens. On pourrait également prétendre que certains Singes américains (les ISycUpitlièques, par exemple) sont Catarrhiniens, car leurs narines sont peu écartées et terminales comme celles de l'homme et des Singes de l'ancien continent. Ce caractère, très variable, n'a donc plus l'importance que lui attachaient les naturalistes du commencement de ce siècle, au point de vue de la classification (V. Singes). E. Trouessart.

CATASCOPUS ou CATÂSCOPIUM. Ce nom désigne des navires légers employés chez les Romains, qui les ont sans doute' empruntés aux Grecs, et destinés aux missions rapides ; ils portaient les dépêches, allaient en éclaireurs. La forme du nom varie, mais indique toujours la destination des bâtiments qu'il désigne.

CATASTASE. Ce mot se rapporte au théâtre des anciens, et les commentateurs ne sont pas tous d'accord à son sujet. Tandis que quelques-uns pensent que la catastase constituait Tune et l'avant-dernière des quatre parties qui formaient régulièrement le poème dramatique, celle qui préparait la catastrophe, c.-à-d. le dénouement, d'autres assurent que la catastase était comprise dans la catastrophe, et ceux-ci n'accordent alors au poème dramatique que trois parties, savoir : la protase, l'épithase et la catastrophe. La vérité est que la catastase est la partie dans laquelle l'action scénique, établie dans la protase, nouée dans l'épithase, se continue, se développe, puis se resserre, jusqu'au moment où la catastrophe vient la dénouer et la conclure en terminant l'œuvre du poète.

CATASTHlA(ZooL). Genre deRhabdoœclesdela famille des Dérostomides, créé par Girard (V. Turbeliariés).

CATAULUS (Malac). Genre de Mollusques-Gastéropodes-Prosobranches, du groupe des Ténioglosses, établi par le D'' L. Pfeiffer en 1851 pour une coquille perforée, de forme ovale, atténuée à ses deux extrémités, aiguë au sommet, pourvue à la base, vers la région ombilicale, d'une carène arquée, saillante. Ouverture entière, terminée inférieurement en un sinus dont l'orifice externe est

CATAULUS — GATEAU

circulaire; péristome dilaté et épaissi. Opercule corné, de forme discoïde, multispiré, composé de lamelles juxtaposées, nucleus médian. Le type de ce genre est C. pyramidatus PfeifFer. " J. Mabille.

CATAWBA (Viticult.). Synonymes : Singleton, Tokay, Eed Muncy. Une des variétés de vigne les plus cultivées dans le nord des Etats-Unis, surtout dans l'Etat de New- York et dans l'Ohio, sur les bords du lacErié. Elle peuple la plupart des vignobles oU Ton cultive la vigne dans le but d'obtenir du vin de Champagne; presque tous les charapagnes américains, ceux de Californie exceptés, sont faits avec des raisins de Catawba et ce sont ces vins que les Américains boivent surtout. 11 est incontestable que le Champagne de Catawba, ou Sparkling Catawba, n'est nullement à comparer avec le Champagne produit par nos Pinots; les Américains le considèrent d'ailleurs comme bien inférieur au Champagne français. Le Catawba prospère bien dans les sols rouges de décomposition granitique, ou dans les terrains sableux assez riches. On a essayé de le multiplier en France, mais, comme toutes les formes de vignes dérivées du V. Labrusca, il s'est montré peu résistant au phylloxéra. Il n'otfre donc aucun intérêt comme porte-greffe de nos variétés indigènes et n'a aucune valeur comme producteur direct, quoiqu'il soit assez fructifère. II donne des fruits rosés, peu juteux et qui ont un goût foxé assez accusé. P. Viala.

CATAWBA. I. Rivière des Etats-Unis, prend sa source dans le Blue Ridge (Caroline du Nord), arrose la partie septentrionale de la Caroline du Sud, reçoit ensuite le nom de Wateree et, après sa jonction avec le Broad- River ou Congaree, forme le Santee qui se jette dans l'Océan Atlantique, près du cap Romain. — II. Ville des Etats-Unis (Caroline du Nord), sur la rivière Catawba ; pop. 11,000 hab. Aug. M.

CATAWBAS. Nom d'une tribu indienne (Etats-Unis), établie sur les rives de la rivière Catawba (Caroline du Nord et Caroline du Sud). Aux premiers temps de la colonisation, cette tribu comptait 1,500 guerriers. Elle portait aussi le nom d'Usherees. Les Catawbas vécurent en bon accord avec les colons des Carolines et combattirent près d'eux contre les Tuscaroras et les Cherokees. La tribu est aujourd'hui presque entièrement éteinte. Pontiac, le chef d'une insurrection célèbre contre les colonies anglaises, était, croit-on, d'origine Catawba.

CATBALOGAN. Capitale de l'île de Samar, archipel espagnol des Philippines, sur la côte occidentale. Port peu sûr ; 6,000 hab.

CATCOTT (Alexander-Stopford), écrivain anglais, né près de Westminster le 10 oct. 1692, mort le 23 nov. 1749, Il entra dans les ordres, fut ordonné diacre le 8 juin 4718 et prêtre le 15 mars 1719. Professeur de grammaire à Bristol (1722), recteur de Saint-Etienne de Brisîol (1744). Bon poète et linguiste distingué, il fut fort estimé de ses contemporains. Il a laissé entre autres ouvrages : the Court of Love, a vision from Chaucer (Oxford, 1717, in-8); Tractatus in quo tentatur conamen recwperandi noticiam principiorum veteris et verœ phUosophiœ, etc. (Londres, 1738, in-4) ; trad. en angl. par A. Maxwell (1822, in-8); Sermons (Londres, 1752, in-8; 1753, in-8; 1767, in-8); Bristol grammar school Visitation exercises, etc.. Translations and varions other pièces (Bristol, in-8).

Son fils Alexander, né à Bristol le 2 nov. 4725, mort à Bristol le 18 juin 1779, géologue et théologien, a publié : Explanation of the Mosaic account of the création and of the formation of the world (Bristol, 1756) qu'il réimprima en 1768 avec de nombreuses additions, entre autres, une Collection of the principal Heathen accounts of the flood, fort estimée du savant géologue Charles Lyell.

CATE (Gérard ten), théologien hollandais, né à Ncde en 1699, mort à Franeker en 1749. Docteur en philosophie de l'université d'Utrecht, il fut successivement pro-

fesseur à l'athénée de Deventer et à l'université de Franeker. Il y occupa successivement les chaires de théologie, d'histoire ecclésiastique et de langues orientales et acquit une grande réputation de savoir el; d'éloquence. Ses principaux ouvrages sont : Carmen de rébus et moribus Belgarum (1721) ; Dissertatio de omniprœsentia Del (4729); Opuscula theologica et poetica (1750). E. H. BiBL. : BouMAN, Geschied. der Gelders Hoogesch.; Franeker, 1785. — Glasius, Godgel. Nederl. ; Leyde, 1843.

GATEAU (Le) ou le CMEkU-CkMBHÈSÏS (Castellum novum, — Sancte Marie, — in Cameracesio) . Ch.-l. de cant. du dép. du Nord, arr. de Cambrai, sur la Selle ; 10,007 hab. Cette petite ville forme un centre industriel assez important. Elle renferme des brasseries, des tanneries et surtout de grandes filatures de laine et de coton dont une très importante, l'usine Seydoux, Elle est le siège d'un franc marché et j)ossède un collège communal. L'emplacement du Cateau était primitivement occupé par deux villages, Péronne ou Péronnelle et Vendelgies. L'évêque Erluin, qui occupa le siège de Cambrai de 996 à 1012^ fonda à Péronne un château fort destiné à protéger les populations voisines de la forêt de Thiérache que les bandes armées du Laonnois et du Vermandois ne cessaient de ravager. Un diplôme de l'année 4001, octroyé par l'empereur Othon III, accorda à l'évêque, au sujet de cette forteresse, plusieurs privilèges importants. Le bourg qui s'éleva près du château fut successivement ruiné et rétabli un certain nombre de fois au cours du moyen âge, notamment en 1133 et en 1137. Reconstruit en 1250, il fut encore dévasté en 4340 par les troupes des comtes de Hainaut et de Beaumont. Un synode y fut tenu en 4314. Le château était l'asile ordinaire des évêques de Cambrai lorsqu'ils étaient forcés de fuir leur cité épiscopale. Prise en 4477 par Louis XI, la place fut bientôt abandonnée, puis encore occupée quatre ans après par les troupes françaises. Charles-ftuint s'y établit par deux fois en 4524 et en 4543. Brûlée et démantelée en 4555, la ville fut choisie en 4559 comme le siège des négociations qui amenèrent la conclusion du célèbre traité de Cateau- Cambrésis (V. plus bas). Le protestantisme y prit, au cours du XVI® siècle, un développement tout particulier. Un moment, les réformés de la région y eurent leur quartier général. Une expédition fut même entreprise contre eux, en 4566, par le comte de Mansfeld avec un petit corps de troupes. La ville fut, à diverses reprises, assiégée par les partis protestants, en 4568 et en 4572, mais des secours envoyés de Cambrai firent échouer ces tentatives. En 4581, le duc d'Alençon s'en empara après treize jours de siège ; le prince de Parme reprit la place l'année suivante aux Français qui l'occupèrent de nouveau en juil. 4637. En 4642, les fortifications furent démantelées par le comte d'Harcourt, sur l'ordre de Louis XIII. La ville resta complètement déserte jusqu'à 4644. Après la levée du siège de Cambrai (juil. 1649), l'armée française y séjourna durant un mois. Lors de la réunion de Cambrai à la France, en 1678, la ville du Cateau suivit les destinées de la capitale de la province. Elle fut fort éprouvée au moment des guerres de la Révolution. Les Autrichiens l'occupèrent en oct. 4793 et battirent près de là le général Chapuis (7 avr. 4794). A sa rentrée en France, le 24 juin 4815, Louis XVIII data de cette ville sa première proclamation.

Le Cateau est la patrie du maréchal Mortier, dont la statue colossale en bronze, œuvre de T. Bra, de Douai, s'élève sur la grand'place depuis 4838. On peut citer encore, parmi les personnages célèbres originaires de cette ville, Michel d'Esne de Bethencourt, évêque de Tournai en 1596. — Le monument le plus remarquable est l'église Saint-Martin (xv« et xvi® siècles) connue sous ce vocable seulement depuis la Révolution. C'était auparavant l'église de l'ancienne abbaye de Saint-André, fondée vers 1025 par l'évêque Gérard I«^ Le palais des évoques de Cambrai fut jadis célèbre par le luxe de ses constructions et la

GATEAU — CATÉCHÈSE

magnificence de ses jardins. Situé au bas de la ville, sur la Selle, il fut restauré vers 1270 par l'évêque Nicolas de Fontaine, et reconstruit au xvii® siècle par M. de Brias. La porte d'entrée seule subsiste encore aujourd'hui. L'emplacement est occupé par une manufacture. Il existait, au XVI® siècle, une autre maison de plaisance construite par les Croy sur la colline de Mont-Plaisir. On y voit encore de très anciens retranchements attribués à l'époque romaine. L'hôtel de ville, de style renaissance, possède un beffroi commencé en 1705. Le Cateau est doté d'un vaste et important hôpital, l'hôpital Paturle, inauguré le 28 sept. 1861. On remarque, dans les environs, à Ors, l'emplacement de l'ancienne forteresse de Malmaison, bâtie en 1255 et qui joua un certain rôle dans l'histoire du pays. Armes : d'azur au château sommé de trois tourelles d'argent.

A. Lefranc.

Traité DE Càteau-Câmbrésis (2 et 3 avr. 1559). — Après la bataille de Saint-Quentin, la prise de Calais et la bataille de Gravelines, des pourparlers s'enga^^èrent entre la France et l'Espagne. Le 6 oct. 1558, Henri U et Phihppe II désignèrent leurs plénipotentiaires, qui se réunirent le 42 à Cercamp. Ce furent le connétable de Montmorency, le maréchal de Saint-André, Jean de Morvilliers, le cardinal de Lorraine, Claude et Sébastien de l'Aubespine, d'un côté, et de l'autre, le cardinal Granvelle, le duc d'Albe, le prince d'Orange et le comte de Melito. La duchesse douairière de Lorraine, Christine de Danemark, prit une grande part aux négociations. Le connétable et le maréchal de Saint-André parurent tout sacrifier à leur désir d'obtenir la liberté qu'ils avaient perdue à la bataille de Saint-Quentin, mais le roi les poussait aussi à laire des concessions en vue de la paix. Philippe II se montra très exigeant, malgré le mauvais état de ses finances, et demanda la restitution de toute l'Italie et de Calais. Le 24 oct., on admit les plénipotentiaires anglais. La mort de Marie Tudor, survenue le 17 nov., et l'impossibilité de s'entendre sur la question de Calais amenèrent la suspension des conférences. Elisabeth, qui succéda à sa sœur, se montra l'ennemie des catholiques, ce qui enlevait à Philippe II toute chance d'obtenir sa main et de l'enchaîner à sa politique. Les négociations furent reprises à Cateau-Cambrésis le lOfév. 1559. Montmorency ayant proposé aux ambassadeurs espagnols la main d'Elisabeth, fille de Henri H, pour leur maître, les plénipotentiaires de Philippe II soutmrent plus mollement les prétentions anglaises. Le duc de Savoie consentit, moyennant la main de Marguerite, sœur de Henri II, à laisser à la France, en gage, les places de Turin, Chieri, Pignerol, Chivasso et Villeneuve d'Asti. Les Anglais cédèrent alors ; Calais dut rester à la France pendant huit ans et être rendue ensuite à l'Angleterre sous peine d'un paiement de 500,000 écus. La France promit d'évacuer Thionville, Marienbourg, Montmédy, Bouillon, le Montferrat, le Milanais, la Corse, la Savoie, la Bresse, le Bugey, le Piémont ; elle regagnait seulement Saint- Quentin, Ham, le Catelet, Thérouanne. Ses concessions pouvaient paraître excessives ; elles furent blâmées par Guise, Montluc, le maréchal de Brissac ; elles étaient, dit-on, rendues nécessaires par l'état de nos armées. Le traité avait l'avantage de rectifier notre frontière du Nord. Le 2 avr., on signa la paix avec l'Angleterre; le 3 avec l'Espagne. Le 22 juin, la princesse Elisabeth épousa le duc d'Albe, représentant de Philippe II ; le 30, Henri II fut blessé dans un tournoi du coup de lance dont il mourut le 10 juil.; le 9 juil., le duc de Savoie avait épousé la princesse Marguerite. L. Del.

BiBL. : Gesta pontificum Cameracensiuw. ch. cxii du liv. le'' ; édit. de Éethmann dans les Monumenta Germanise historien. Scriptores, t. VIL — Le Glay, Cameracum christianum ; Lille, 1849, in-4. — Bouly, Dictionnaire historique du Cambrésis ; Cambrai, 1854. — Leglay, Glossaire topographique de l'ancien Cambrésis, 1849. — Du même. Précis historigue sur la ville du Gâteau, dans V Annuaire de Cambrai de 1835. — Notice détaillée sur le Cateau, dans VAlmanach de Cam-

brai de 1811 et de 1812. — Inventaire des Archives départementales du Nord (passim). — Statistique archéologique du département du Nord; Lille, 1867, t. 1. — Brfjnelle, Notice historique sur la ville du Cateau, 1845, av. pi. — • A. de Baralle, Bulletin de la com- 7nission histor., I, 422: II, 298.

Traité de Cateau-Cambrésis. ~ Le Traité de paix fait à Cateau-Cambrésis ; Paris, 1632, in-4, ouvrage attribué à H. de Mesmes. ~ F. Décrue, Anne de Montm.oî'ency. — H. Forneron, Histoire de Philippe II, 18S7, t. II, S*^ éd. — Carutti, Storia délia diplomazia délia corte di Savoia, t. h^ \ Rome, 1875. — Baron de Ruble, le Traité de Cateau-Cambrésis ; Paris, Î889, in-8.

CATÉCHÈSE ou CATÉCHISME, CATÉCHÈTE ou CATÉCHISTE, CATÉCHÉTIQUE, CATÉCHUMÈNE. Ces mots, comme beaucoup d'autres très usités dans le langage ecclésiastique, sont des mots grecs dont la terminaison seule a été modifiée. Us dérivent tous d'un même verbe, /.air]'/ sw, employé avec la signification d'enseignement oral de notions élémentaires. La catéchèse ou le catéchisme est cet enseignement ; le catéchète ou le catéchiste, celui qui le donne; \q catéchumène, celui qui le reçoit. La catéchétique est la partie de la théologie pratique qui traite de la méthode et des procédés de cet enseignement. L'objet ici est la religion ; s'il n'est pas indiqué par un déterminatil, c'est que, pour l'Eglise, l'enseignement de la religion est l'enseignement par excellence. — La religion chrétienne n'a été nulle part une religion autochtone ; partout où elle s'est établie, elle a remplacé d'autres religions ; et, si plus tard cette substitution a été imposée par la force à certains peuples, elle n'a pu, au commencement du christianisme, être opérée que par des conversions individuelles. De là, la nécessité d'un enseignement capable de produire ces conversions; enseignement d'autant plus nécessaire, qu'en principe la religion chrétienne consiste moins dans la pratique de certains rites que dans l'adhésion à certains articles de foi et d'espérance correspondant à une doctrine assez complexe. Cependant le procédé de cet enseignement paraît avoir été d'abord fort sommaire et fort rapide. Les Actes des Apôtres montrent trois mille personnes converties et baptisées en un seul jour, après une seule prédication de l'apôtre Pierre (II, 37-41) ; un officier de la cour de Candace, reine d'Ethiopie, converti sur son chariot par Philippe, après un simple entretien, et descendant de ce chariot pour être baptisé sur l'heure (Vlll, 26-39). Môme rapidité pour le baptême du geôlier de la ville de Philippes en Macédoine et de tous les siens (XVI, 33). Il est vraisemblable que, durant les premiers âges, l'admission des convertis dans l'Eglise chrétienne se fit pareillement partout sans longs préliminaires. Les documents des deux premiers siècles ne contiennent que des renseignements très vagues sur l'instruction qui devait les préparer au baptême ; ils laissent une obscurité plus dense encore sur l'enseignement qui aurait pu être donné par l'Eglise aux enfants nés de parents chrétiens.

11 est vrai que, vers la fin du ii^ siècle, on trouve à Alexandrie une école de catéchèse, florissante alors et dont Eusèbe fait remonter l'origine à des temps plus anciens (Hist. eccl,f V. 40). L'institution de cette école avait été nécessitée par la situation de l'Eglise dans une ville qui était le siège de toutes les études. Le christianisme devait, non seulement y être défendu contre les attaques des philosophes et des rhéteurs païens et contre les embûches des gnostic(ues, mais offrir aux païens instruits qui venaient à lui une doctrine scientifique. Cette école, dont le premier maître renommé fut Pantœnus (vers 480) a été illustrée par Clément (mort en 217 ou 220), et par Origène (mort en 254). Elle tient une place considérable dans l'histoire de la théologie chrétienne, qu'elle a entraînée vers les spéculations de la métaphysique et les illusions de l'interprétation allégorique ; mais il est difficile d'imaginer comment elle aurait pu être fréquentée par les pauvres et par les ignorants, par les esclaves et les gens de travail, qui formaient, à Alexandrie comme ailleurs, la grande majorité des chrétiens ou de ceux qui

CATÉCHÈSE

aspiraient à le devenir. Les anciens documents ne mentionnent pour cette époque aucune école analogue dans aucune autre ville, sinon, pendant quelques années, à Césarée, où s'était retiré Origène excommunié à Alexandrie. Il faut aller jusqu'au iv^' siècle pour trouver le catéchuménat régulièrement et généralement organisé comme institution ecclésiastique. Cette institution comprend les phases diverses d'une initiation progressive, où la discicipline paraît avoir eu une part plus grande que l'ins- - truction proprement dite. Les auteurs ne^ s'accordent point sur le nombre des stages que cette préparation comportait ; quelques-uns en comptent quatre, d'autres trois et d'autres deux seulement. Il se peut qu'il y ait quelque part de vérité en chacune de ces opinions différentes, les usages ayant dû varier suivant les époques et les localités. Nous ne reproduirons ici que la classification la plus simple correspondant vraisemblablement à l'usage le plus général, celle qui partage les catéchumènes en audientes et en compétentes, — La première classe comprend ceux qui, aspirant à devenir membres de l'Eglise, étaient officiellement et cérémoniellement admis à l'instruction préparatoire. Dès cette admission, ils étaient considérés comme chrétiens^ c.-à-d. comme ayant fait adhésion à la religion chrétienne, qualification qu'il importe de bien distinguer de celle de fidèles. Le code théodosien traite comme un cas d'apostasie la désertion des catéchumènes {De Apostat, XVf, 7, 2). Une place distincte leur était assignée vers l'entrée de Téglise, et ils étaient autorisés à y écouter la lecture de l'Ecriture sainte, les prières et le sermon. De là le nom d'auditeurs qui leur fut donné, audientes, àxpoo5[jLsvoi. Lorsque la liturgie proprement dite devait commencer, le diacre leur enjoignait de se retirer. La partie du service religieux à laquelle ils assistaient a été appelc-e messe des catéchumènes, La durée de ce premier stage aurait été de deux ans, d'après le canon XLU du concile d'Elvire (310) ; de trois, d'après les constitutions apostoliques (Vlll, 32). — Ensuite, et cela généralement au commencement du carême, les catéchumènes demandaient à être inscrits parmi les candidats au baptême ; ils devenaient ainsi compétentes^ auvaixouvxeç. Dès lors, l'Eglise se départissait à leur égard de ce que les auteurs modernes ont appelé la disciplina arcani, e.-à-d. du secret dont elle entourait ses dogmes caractéristiques, sa discipline et son culte, vis-àvis des profanes. On enseignait aux compétentes les grands articles de la foi, la nature des sacrements, les dispositions de la discipline pénitentielle. Pendant quarante jours, ces candidats au baptême devaient y être préparés par le jeûne, les veilles, la prière, et ceux qui étaient mariés étaient astreints à la continence. Lorsqu'ils étaient définitivement admis, ils étaient inscrits sur le registre de l'église, recevant des noms nouveaux, des noms chrétiens, en échange de leurs noms juifs ou païens. Finalement, on leur faisait connaître le Credo et ÏOraison dominicale^ mais seulement quelques jours avant leur baptême. — Les chrétiens baptisés étaient placés au rang des fidèles; mais certains péchés pouvaient les en faire déchoir. Ils étaient alors réduits, par mesure de pénitence et pour un temps plus ou moins long, à leur ancienne condition de catéchumènes et ils en reprenaient le nom. Dans ce cas, le nom désigne, non plus celui qui reçoit l'enseignement religieux, mais celui qui subit une punition ecclésiastique. — Les documents les plus complets sur l'instruction des catéchumènes au iv® et au v'' siècle sont les Cathêses de Cyrille de Jérusalem et le traité de saint Augustin, De rudibus catechizandis. — Dans les pays dont les habitants professent la religion chrétienne et où le baptême est donné aux petits enfants, la catéchèse ne peut plus être que très rarement une préparation au baptême ; elle est devenue une préparation à la communion, et le nom de catéchumène, lorsqu'il est encore employé, ne s'applique plus guère qu'aux entants ou aux jeunes gens présentés à la première communion.

Le mot catéchisme désigne, non seulement l'instruction donnée sur les éléments de la religion, mais le livre qui résume cette instruction. Les ouvrages de ce genre sont généralement formés de demandes et de réponses. Quelques-uns tiennent une place importante dans l'histoire ecclésiastique, surtout chez les protestants, qui s'en sont servis, à l'époque de la réformation, pour exposer la substance de leurs doctrines : Grand catéchisme et Petit catéchisme de Luther (1529), Catéchisme de Genève par Calvin (1545), Catéchisme de Heidelberg (1563), Grand catéchisme et Petit catéchisme de Westminster (1643- 1648). Les succès des catéchismes protestants incitèrent les catholiques à les imiter. Canisius en composa un grand et un petit (1554, 1556) comme contre-parties de l'œuvre de Luther. La plupart des diocèses finirent par avoir leur catéchisme propre. Bossuet en avait rédigé un pour le diocèse de Meaux. — Le droit des évêques de rédiger ou d'adopter des catéchismes, en vertu de leur propre autorité, semble n'avoir jamais été contesté sous 1 ancien régime. Sans dénier ce droit, les Articles organiques (18 germinal an X) en ont supprimé Texercice, dictés par une volonté qui prétendait établir l'unité ou l'uniformité sur toutes choses : art. XXXIX. // n'y aura qu'une liturgie et qu'un catéchisme pour toutes les églises catholiques de France, En conséquence, un catéchisme composé sous la direction du cardinal légat, muni des pleins pouvoirs du Saint-Siège, fut imposé aux évêques par un décret du 4 avr. 1806. Mais la soumission à cette injonction prit fin avec l'empire. Aujourd'hui, comme avant la Révolution, les évêques rédigent ou approuvent des catéchismes pour leurs diocèses, sans approbation du gouvernement. On leur a même reconnu un droit de propriété sur ces Uvres. — Pour justifier l'uniformité décrétée par les articles organiques, Portalis invoquait l'autorité du concile de Trente. En effet, ce concile avait déclaré nécessaire un catéchisme qui servît de guide aux pasteurs pour l'enseignement du peuple. Une commission de pères du concile fut nommée pour le rédiger. Mais comme elle ne put s'acquitter de l'œuvre dont elle était chargée, le concile, dans sa dernière session (4 déc. 1563), en remit le soin au pape. Préparé par des théologiens choisis par Pie IV, revu par une autre commission, le catéchisme fut terminé et imprimé à la fin de 1566 ; il parut sous ce titre : Catechismus, ex decreto concilii Tridentini, ad Parochos, PU F, Pont, Max. jussu editus. Romx, in œdibus Populi Romani, apud Aldum Manutium^ i566. En le publiant, Pie V définit nettement le caractère de ce livre, qui est destiné, non aux catéchumènes, mais aux catéchètes, ad paro-^ chos : « De notre propre mouvement, en qualité de pasteur de l'Eglise universelle, désirant, avec la grâce de Dieu, remplir tous nos devoirs avec toute la fidélité dont nous sommes capable, et mettre à exécution les décrets et les ordonnances du concile de Trente, nous avons fait composer, par des théologiens choisis, un catéchisme où fussent renfermées les vérités de la religion que les pasteurs doivent enseigner aux fidèles. » Ce catéchisme jouit aujourd'hui, auprès de tous les catholiques romains, d'une autorité incontestée ; il est considéré par eux comme contenant l'interprétation orthodoxe de la doctrine du concile de Trente, par conséquent, de la foi de l'Eglise : il doit former la substance de tous les catéchismes diocésains. Mais les différences de forme que présentent ceux-ci chagrinent bon nombre de catholiques : leur croyance, disent-ils, étant une, il est désirable que le livre qui l'enseigne soit le même pour tous; des malentendus fâcheux seraient ainsi évités et la foi y gagnerait. Des propositions en ce sens ont été faites aii concile général du Vatican (1869- 1870), qui a mis l'œuvre en délibération. Cinq de ses congrégations générales se sont déjà occupées du décret relatif à l'adoption d'un catéchisme élémentaire unique pour toute l'Eglise. Par l'effet du mouvement qui les précipite vers l'uniformité, il est probable que dans un temps

CATÉCHÈSE — CATÉCHINE

peu éloigné, on verra réalisé pour toutes les églises catholiques de Tunivers ce que les Articles organiques avaient décrété pour toutes les églises catholiques de France : une seule liturgie et un seul catéchisme. E.-H. Vollet.

CATÉCHETE ou CATÉCHISTE (V. Catéchèse).

CATÉCH ÉTIQU E. I. Pédagogie. — On appelle ainsi une méthode d'enseignement préconisée par Campe, systématisée par Dintcr, et qui est en honneur aujourd'hui encore en Allemagne, après y avoir été, depuis le commencement de ce siècle, l'objet d'un engouement que nous avons quelque peine à comprendre. Elle consiste, en deux mots, à présenter l'enseignement sous forme de catéchisme, par demandes et par réponses. On l'a comparée à la méthode socratique, mais elle n'a de commun avec elle que l'apparence interrogalive, et, pour le reste, en diffère tellement qu'elle est presque tout le contraire. En effet, elle est dogmatique et nullement euristique; elle ne fait pas chercher et trouver, elle donne le savoir tout fait, pose d'abord, par exemple, les définitions et les formules, puis les analyse, les explique, en tire méthodiquement tout ce qui y est contenu, il va sans dire que, bien pratiquée, cette méthode rend de réels services ; c'est un procédé d'exposition plus serrée, dont la précision, l'ordre, la condensation sont les qualités propres et constituent les avantages, bien plus que l'artifice de l'interrogation, si froid, si monotone, et qui devient si vite fastidieux. Les pédagogues allemands ont bien vu ce qu'il y a de chimérique à vouloir faire tout trouver à l'enfant par la causerie socratique ; pour qu'il réponde utilement, il faut qu'il sache déjà quelque chose : « L'autour et l'aigle euxmêmes, dit Pestalozzi, ne prennent pas d'œufs dans les nids des oiseaux quand il n'y en a pas encore. » Ils ont compris aussi que si l'intuition pestalozzienne fournit à l'enfant les premiers matériaux de ses connaissances, il faut, au degré suivant, des expositions méthodiques pour étendre son savoir et lui apprendre à l'organiser. Une catéchèse^ comme disent nos voisins quand ils veulent éviter le mot catéchisme^ est la chose du monde la plus utile en tant que leçon, ou série de leçons, résumant, condensant et coordonnant ce qu'il y a d'essentiel à savoir sur un sujet donné. Mais une catéchèse prolixe et diffuse comme il y en a, est une chose contradictoire. La forme du dialogue, dont Tessence est la souplesse et la liberté, jure avec un dogmatisme arrêté, sec, rigide, tout en formules. Ce n'est que l'apparence de la vie. Qu'un maître rédige ainsi son propre enseignement, encore passe, quoique cela risque fort de lui ôter en vivant intérêt ce qu'il pourra gagner en exactitude. Mais s'il a la faiblesse d'imposer ses cahiers à ses élèves, s'il permet et à plus forte raison s'il exige qu'on lui rende exactement ses formules, voilà le mécanisme, cette plaie des classes, qui y rentre triomphalement. Que sera-ce quand le maître, comme cela se voit, récitera lui-même et fera réciter un catéchisme fait par un autre ? Ce catéchisme aura beau être parfait, l'enseignement n'en sera pas moins déplorable, pour cette bonne raison, qu'il sera mort. H, Mârion.

IL Théologie (V. Catéchèse).

CATÉCHINE (Chimie). Les diverses variétés de cachou renferment des principes incolores, cristallisables, les catéchines, représentant les substances actives du cachou, au moins dans les applications à la teinture. Suivant Gautier, ces catéchines sont très rapprochées par leur composition et diffèrent surtout par leurs points de fusion. La plus importante et la mieux connue est celle qu'on retire du cachou jaune ou gambier, provenant des feuilles de VUncarla gambir (Rubiacées). On épuise par l'eau froide ce produit pulvérisé, atin d'enlever le tanin qu'il contient, puis on traite le résidu par huit fois son poids d'eau bouillante : la catéchme se sépare par le refroidissement. Débarrassés de l'eau mère par expression, les cristaux sont repris par l'eau, à chaud, et le soluté est précipité par le sous-acétate de plomb, en ayant soin de rejeter les premiers précipités qui sont colorés ; la masse

blanche est mise en suspension dans l'eau et décomposée par l'hydrogène sulfuré ; on filtre à chaud et la catéchine se dépose par le refroidissement. Après dessiccation, elle donne à l'analyse : carbone, 61,4; hydrogène, 5,00. On adopte généralement la formule de Hlasiwetz et Malin pour représenter ces résultats : C^^H^^O^^. Pour extraire la catéchine, Etti dissout le cachou dans huit fois son poids d'eau bouillante, filtre et abandonne la solution au froid pendant quelques jours. La catéchine se dépose, souillée d'acide cachoutannique et de quercétine ; on exprime la masse et on la dissout dans l'alcool faible, qu'on agite avec de l'éther, tant que ce dernier enlève de la catéchine. A l'évaporation, l'éther laisse un résidu épais qu'on reprend par l'eau bouillante ; celle-ci, par le refroidissement, abandonne un produit qu'on purifie une seconde fois dans l'eau bouillante. L'acide cachoutannique et la quercétine restent dans les eaux mères.

La catéchine , ainsi préparée , cristallise en fines aiguilles incolores, à éclat nacré, soyeux, renfermant de l'eau de cristallisation, qui se sépare à 100^ ; elle fond à 217^ et se décompose à une température plus élevée en donnant divers produits, notamment de la pyrocatéchine ^12^604 . ga réaction est neutre aux réactifs colorés, sa saveur est presque nulle. Elle exige 1133 p. d'eau à 17<* pour se dissoudre et seulement 3 p. d'eau bouillante; elle se dissout dans 5 à 6 p. d'alcool bouillant et dans 120p. d'éther froid ou 7 à 8 p. d'éther bouillant. Sa solution aqueuse concentrée précipite l'albumine, mais non la gélatine ; elle ne décompose par le carbonate de baryum ; cependant, par une ébullition prolongée, il se produit un faible dégagement d'acide carbonique. Bouillie avec de l'acide sulfurique étendu, à l'abri de l'air, ou avec de l'acool chargé d'acide chlorhydrique, elle se convertit en un produit brun, amorphe, la catéchurétine qui est l'un de ses anhydrides. Fondue avec la potasse caustique, elle se dédouble nettement en phloroglucine et acide protocatéchique (Hlasivs^etz) :

C38H18016 4- 20^r=G^4H608 | ^C^WO^,

dédoublement qui permet d'envisager la catéchine comme une combinaison d'un acide tétrahydroprotocatéchique avec la diphloroglucine, combinaison analogue aux phtaléines :

G14H1008 + '^C^m^O^ ==: mW + C^sHisO^s.

En dédoublant sa molécule et en perdant une ou plusieurs molécules d'eau, la catéchine donne une série d'anhydrides qui ont été étudiés par Etti :

10 Anhydride "IC^m^^O^^ - H^0^^= C^^^W^^, Obtenu en chauffant entre 127 et 140*^ la catéchine séchée sous la cloche sulfurique. C'est Vacide cachoutannique, qu'on rencontre normalement dans le cachou. Il joue le rôle d'un acide faible, décompose les carbonates àrébullition. A l'état humide, il est assez soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther (V. Cachoutannique [Acide]).

2« Anhydride, mm^^O^^ — 2H^0^ == C^6H32028. Obtenu en chauffant le précédent à 162<^; il jouit de propriétés analogues. Au-dessus de 200^, il se décompose et se charbonne.

3« Anhydride, ^Q^m^^O^^ — 3\\W =: C^^H^^O-^ Préparé par Neubauer en faisant bouillir la catéchine avec de l'acide sulfurique étendu de 24 p. d'eau. C'est un précipité jaune, qui devient rouge brun par la dessiccation à 120^. 11 est insoluble dans l'alcool, l'éther et les alcalis.

^\Anhydride, ^C^Hl^^O^^ — 4H~0^=: C^oiPW^, i[ constitue la catéchurétine de Kraut et van Delden. Etti chauffe à 160-170^, en tubes scellés, la catéchine avec de l'acide chlorhydrique concentré. Poudre brun noir, insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, les alcalis.

Lorsqu'on tait bouillir la catéchine avec une lessive de potasse, la solution se colore en rouge; en évaporant à sec, il reste un résidu brun qui, redissous dans l'eau, précipite en brun noir par l'acide sulfurique. Ce précipité paraît

CATÉCHINE — CATEÏA

répondre à la formule C^^H^^O^o, représentant l'acide cachoutannique moins 4IF, soit un anhydride de la combinaison de l'acide protocatéchique C^^'H^O^ avec la phloroglucine C^^H^O^ (Etti). En présence des alcalis, et même des carbonates alcalins, la catéchine absorbe rapidement Toxygène de l'air ; les solutés rougissent et contiennent des produits bruns, mal définis dans leur composition. C'est sur cette propriété que reposent les applications du cachou en teinture et en impressions. Ed. Bourgoin.

BiBL. : Delffs, Jahresb. fur praht. Chem., t. XII, 162. — EïTi, Anhydrides de la catéchine {Soc. ch,, t. XXIX, 464). — Gautier, Rech. sur les catéchines [Soc. ch., t. XXVIII, 146; t. XXX, 567). — Hagen, Ann. der Chem. und Pharm., t. XXXVIII, 336. — Kraut et van Delben, Catéchurétine {Soc ch., t. 1, 200), — Malin et Hlasiwetz, Ann. des Chem. und P/iarm., t. CXXXIV, 118. — Nées et Seubeck, id.» t. 1, 343.— Rack et Schûtzenberger, Compositionet dérivés de la catéchine {Soc. ch.^ t. IV, 5). — ZwENGER, Ann. der Ch. und Pharm.^ t. XXXVII, 320 .

CATÉCHISME (V. Catéchèse).

CATÉCHUMÈNE (V. Catéchèse).

CATÉGORIE. I. Philosophie. — Le mot catégorie vient du mot grec xaTrjyopla, qui ne signifiait d'abord que l'accusation, et auquel Aristole, le premier, donna le sens qu'il a gardé plus tard en philosophie. Dans cette acception nouvelle, il veut dire proprement attribution ; mais pour quelques systèmes postérieurs, et particulièrement celui de Kant, le mot de catégorie a un sens tout différent. De plus, il est passé de la science dans le langage ordinaire, où il ne représente que l'idée rie classe, c.-à-d. la partie la plus générale et la plus vague de la notion totale qu'il embrassait d'abord. « Pour se rendre un compte bien exact de ce que la philosophie, selon les diverses écoles, et le vulgaire, selon l'usage commun, entendent par catégorie, il faudrait dire que les catégories sont les classes les plus hautes dans lesquelles sont distribués soit des idées, soit des êtres réels, d'après un certain ordre de subordination et d'après certaines vues systématiques. Cette définition, sans être rigoureuse, pourrait s'appliquer cependant en une certaine mesure aux doctrines diverses qui ont employé ce mot (B. Saint- Hilaire). » Ainsi admettre des catégories, c'est admettre des distinctions entre les êtres ou entre les idées qui les représentent. Les philosophies de l'identité, le monisme, ne peuvent donc avoir de catégories. La première école en date qui ait admis des catégories est l'école pythagoricienne. Cette école ne voyant partout que des nombres, il n'est pas étonnant que la plupart de ses catégories se rapportent aux mathématiques. Ces catégories sont au nombre de dix, et procèdent par opposition : le déterminé et l'indéterminé, l'impair et le pair, l'unité et la pluralité, le droit et le gauche, le mâle et la femelle, le repos et le mouvement, le droit et le courbe, la lumière et les ténèbres, le bien et le mal, le carré et toutes les figures à côtés inégaux. Les catégories d'Aristote sont aussi au nombre de dix. Ce sont : 1^ la substance, comme un homme, un cheval ; ^^ la quantité, comme long de deux ou trois coudées ; 3^ la qualité, comme blanc, grammairien ; 4^ la relation, comme double, demi, plus grand; 5^ le lieu, comme 5wr la place, dans le lycée; 6^ le temps, comme hier, ïan dernier ; 1^ la situation, comme être couché, être assis; S^ la possession, comme être chaussé, être armé ; 9^* l'action, comme couper, brûler; 10*^ la passion, comme être coupé, être brûlé (Aristote, Catégor,, iV, 2^). Les stoïciens ont admis deux catégories, la substance et la qualité. Plotin en admet cinq dans le monde sensible : la substance, la relation, la quantité, la qualité et le mouvement, et cinq dans le monde intelHgible : la substance, le repos, le mouvement, l'identité et la différence.

Le moyen âge a adopté les catégories d'Aristote, et la philosophie moderne, plus séduite par la nouveauté et la hardiesse des vues que par la précision et la netteté, n'a pas en général éprouvé le besoin de construire un système de catégories. Il faut cependant faire une exception en faveur de Kant. Ce grand esprit a compris que pour se rendre un compte exact de la valeur et de la nature de

ses pensées," il faut chercher à les ramener à des classes précises et rigoureuses. H a donc une doctrine des catégories. Seulement les catégories ne sont plus pour lui les classes les plus générales dans lesquelles se distribuent nos idées, mais les modes les plus généraux selon lesquels la raison constitue ses jugements. Il y a, selon Kant, quatre grandes classes de jugements, la quantité, la qualité, la relation et la modalité et dans chacune de ces classes on peut former trois espèces de jugements. Ainsi au point de vue de la quantité, les jugements peuvent être universels, particuliers, singuliers; au point de vue de la qualité, affirmatifs, négatifs, indéfinis; au point de vue de la relation, catégoriques, synthétiques, disjonctifs ; au point de vue de la modalité, problématiques, assertoriques, apodictiques (Critique de laraison pure, logique transcendantale, liv. I, n^ 405). Il y a douze catégories qui sont : au point de vue de la quantité, l'unité, la multiplicité et la totalité ; au point de vue de la qualité, la réalité, la négation et la limitation ; au point de vue de la relation, la substance, la causalité et la communauté ou la réciprocité ; au point de vue de la modalité, la possibilité, l'existence et la nécessité (Ibid., n^ 418).

Un rénovateur contemporain des théories kantiennes, M. Renouvier, a également proposé un système de catégories. Après avoir exposé les anciens systèmes de catégories et critiqué en particulier celui de Kant (Essais de critique générale. Logique, 2<* édit., t. I, pp. i90- 230), il développe son propre système. D'après lui chaque catégorie exprime une relation, et dans cette relation on peut trouver une thèse, une antithèse et enfin une syn-" thèse. C'est ainsi que la catégorie de relation a pour thèse la distinction, pour antithèse V identification et pour synthèse la détermination. Voici le nom des autres catégories, d'après M. Renouvier : Nombre, thèse : unité; antithèse : pluralité; synthèse : totalité. Position, thèse : point; antithèse : espace; synthèse : étendue. Succession, thèse : instant; antithèse : temps ; synthèse : durée, Qualité, thèse : différence; antithèse : genre ; synthèse : espèce. Devenir, thèse : rapport; antithèse : sous ' rapport ; synthèse: changement. Causalité, thèse : acte; antithèse : puissance; synthèse : f^^rce. Finalité, thèse : état ; antithèse : tendance ; s^YiVah^Q : passion. Personnalité, thèse: soi; antithèse : non-soi; synthèse : conscience (Ibid,, 1. 1, t. II). Nous ne saurions mieux faire que de renvoyer le lecteur pour toutes ces théories, aux auteurs mêmes, Aristote (et les commentateurs), Kant et M. Renouvier. G. Fonsegrive.

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