CANONISATION — CANONNADE
canonisation de l'évêque Félicien faite en 1373 par Witikind, évêque de Minden.
La canonisation est devenue à Rome l'objet d'une réglementation minutieuse, dont il serait trop long de présenter ici l'histoire et les détails. Nous nous bornerons à indiquer sommairement ce qui se pratique aujourd'hui. L'Eglise répartit en trois catégories les serviteurs de Dieu qu'elle prétend récompenser et honorer : les véné-^ râbles, les bienhetireux et les mints. — La collation du titre de vénéraMe est une sorte de préliminaire de la béatification. Dix ans au moins après le commencement de la procédure, lorsque la Congrégation des Rites a déclaré que la cause peut être introduite, signanda cornmissio introduciionis caiisœ, et que le pape, approuvant ce vote, a signé le décret d'introduction, on a coutume de donner le titre de vénérable au serviteur de Dieu dont il s'agit.— La Congrégation examine ensuite s'il y a réputation de vertu et de sainteté en général, si les vertus ont été portées à un degré héroïque, et enfin si les miracles sont admissibles. En effet, pour la béatification comme pour la canonisation, deux conditions sont indispensables: les vertus et les miracles. Dans la bulle Cum dicat, Grégoire IX déclare que les vertus sans les miracles et les miracles sans les vertus ne suffisent point. On exige deux miracles au moins pour la béatification, et deux de plus opérés postérieurement pour la canonisation. La béatification est une canonisation incomplète. Le pape la fait sur les conclusions de la Congrégation des Rites, par bref et en ces termes : Tenore prœsentium indulgemus ut idem servus Dei beati nomine nuncupetur. Elle ne comporte qu'une messe épiscopale, célébrée à Saint-Pierre, avec une décoration limitée au chœur; les frais sont beaucoup moindres que pour la canonisation. Le cuite dé- Cerné à un bienheureux est restreint à une province, à un diocèse, à un ordre religieux ou même à une ville, à moins que le pape ne l'étende à d'autres lieux par un induit apostolique. Le bienheureux ne peut être représenté avec le nimbe, qui ne convient qu'aux saints, mais seulement avec un rayonnement lumineux autour de la tête. Il est défendu de l'invoquer dans les prières publiques ; son nom ne doit pas être mis dans le calendrier ; ses reliques ne sont jamais portées en procession ; son image ne doit pas être exposée dans une église, et même lorsqu'on a obtenu un induit pour cela, il est interdit de la placer sur un autel, on ne peut que l'appliquer à une muraille; à moins d'induit spécial, il ne peut devenir le titulaire 'd'une église, ni le patron d'un lieu. — Outre cette béatification formelle, laquelle inaugure le culte à rendre à un pieux personnage qu'elle déclare bienheureux, l'Eglise romaine pratique la béatification ^'^m/?^/^^^^^, confirmant un culte déjà établi par une vénération antérieure, remontant à un temps immémorial, c.-à-d. à un siècle au moins. Pour ce genre de béatification, l'ordinaire du lieu fait constater que de temps immémorial tel serviteur de Dieu a été honoré d'un culte public dans son diocèse et qu'il reste des vestiges de ce culte. Lorsque la sacrée Congrégation a approuvé les instances de l'ordinaire, le pape prononce qu'on peut rendre au personnage dont il s'agit les honneurs que l'Eglise accorde aux bienheureux. Les frais d'une béatification équipollente ne dépassent guère 1 ,500 irancs.
La canonisation est un décret absolu et dont l'effet doit être universel, expédié en forme de bulle et adressé à toute l'Eglise. Par ce décret, le pape, statuant ex cathedra, enjoint à tous de vénérer tel saint et de lui rendre
les honneurs qui lui sont dus : Matura délibéra-
tione prœhabita et divina ope sœpius implorata et ed venerabilium fratrum nostrorum Sanctœ Romance Ecclesiœ patriarcharum, archiepiscoporum, episcoporum in urbe existentium consilio^ Beatum iV. Sanctum esse decernimus et definimus, ac Sanctoriim catalogo adscribimus : Statuentes ab Ecclesia universali ejus memoriam quolibet anno pia devotione recoli debere, La mûre délibération dont il s'agit dans cette
bulle est précédée d'une longue et très minutieuse instruction concernant les vertus et les miracles du serviteur^ de Dieu dont il s'agit, et surtout ses écrits, car il serait singulièrement compromettant pour l'Eglise d'inscrire sur le catalogue des saints un personnage ayant émis des propositions sentant l'hérésie. Quand l'enquête est terminée, on en soumet les résultats à Texamen de trois consistoires successifs, le premier, secret, composé des cardinaux seuls; le second, public; le troisième, demi-public, la salie n'étant ouverte qu'à la fin de la séance. La cause est débattue très contradictoirement par deux avocats vulgairement appelés, l'un avocat du bon Dieu, l'autre avocat du Diable : le premier exposant les mérites du candidat; l'autre, ses défauts et les motifs qui doivent lui^ faire refuser la canonisation. Dans le troisième consistoire, semi-public, tenu dans la salle Ducale, sont admis non seulement les cardinaux, mais tous les évêques qui se trouvent à Rome, m urbe existentes. Le pape, en chape rouge et placé sur son trône, leur deniande s'ils sont d'avis qu'il soit procédé à la canonisation. Tous selon leur rang, avant de déposer leur vote écrit de leur main, le lisent i haute voix. — Les rites de la canonisation se célèbrent avec la magnificence la plus pompeuse, dans la basilique de Saint-Pierre splendidement décorée en toutes ses parties. Le pape y préside une procession aussi solennelle que celle du jour du Corpus Dei, et il officie pontificalement. Quand il a prononcé ex cathedra le décret cité plus haut, on dresse les actes de cette canonisation, puis on chante le Te Deum, et aussitôt les trompettes, toutes les cloches de la ville et le canon du château Saint-Ange proclament le triomphe du nouveau saint. Les frais de canonisation dépassent ordinairement 100,000 piastres (540,000 francs); ceux de béatification, 20,000 piastres (108,000 francs.) E.-H. Vollet.
BiBL. : Mabillon, Acia sanctorum ordinis S. Benedicti; Paris, 1668-1702, 9 vol. in-Col., préfaces. — Benoit IV (P. Lambertini), De Beatificatione servorum Dei et canonizatione beatoriim, dans l'édition générale de ses œuvres ; Prato, 1832 et suiv., 18 vol. in-4. — L. Ferraris, Prompta Bibliotheca, au mot Veneratio sanctorumi édition de la Propagande ; B,ome, 9 vol. in-4. -— Gib- BiNGS, Prœlectiones on ihe diptycfis ; Dublin, 1854, in-8. — Barbier de Montault, Semaine du clergé^ t. XVI, pp. 336 et suiv. — Jacquin et Dqesberg, Petite Encyclopédie ecclésiastique ; Paris, sans date, in-8.
CANONIZANT. M. Sylvester a démontré que toute forme binaire de degré impair ^n — 1 pouvait être décomposée en une somme de n puissances de degré ^n — 1 . Par exemple si l'on pose
(1) ax^-y"6bxhj-^i^cx^ij'^-\-\Mx^if-^^exy^-\~dif = w^ H- î;^ H- w^, uzizlx-^ my, v=zVx-+- m^y, w = V^x + m^^y
et si l'on différentie l'équation (1) avec les caractéristique^ T~l, . 3J?"» on aura les identités
ax -\- by:=z IHi + UH + V^^w, bx-\-cy=i l/^mu + V'^m^v + U^'^m^^w,
Si Ton (orme alors le déterminant
ax + by, bx -+■ cy, ex -+- dy bx + cy, ex -hdy, dx + ey I ex + dy, dx -h ey, ex + fy on le trouve égal au produit de u v iv par un facteur numérique ; u, v, w sont alors connus. C'est ce déterminant (2) que l'on appelle le canonizant de la forme (1) . C'est un covariant. H.Laurent.
BiBL,: Sylvester, Philosophical Magazine, nov. 1851.
CANONNADE. On donne le nom de canonnade à un teu continu soutenu par Tartillerie. Par extension, on appelle canonnade un combat auquel Tartillerie a pris une part exclusive ou prépondérante. Dès le début de la Révolution, l'artillerie opposa un obstacle invincible aux progrès des armées coalisées contre la France ; ses cadres n'avaient pas en effet été désorganisés comme ceux des autres armes.