CATHCART ^ CATHELIN
fut nommé en 4740 commandant en chef de toutes les forces britanniques en Amérique.
Charles, neuvième baron, né le 24 mars 4721, mort à Londres le 44 aotll 4176, fils du précédent. Il entra fort jeune dans l'armée, fit les campagnes de Flandres, d'Ecosse et de Hollande, accompagna en qualité d'aide de camp le duc de Cumberland àFontenoy (4745), où il fut blessé grièvement. Colonel en 4750, lieutenant général en 4760. Il fut ambassadeur extraordinaire en Russie, de 1768 à 4774, et lord haut commissaire à l'assemblée générale de l'Eglise d'Ecosse, de 4773 à 4776.
William Shaw, dixième baron et premier comte Cathcart, né à Pétersham le 47 sept. 4755, mort près de Glasgow le 46 juin 4843, fils aîné du précédent. Après avoir achevé ses études à Eton, il rejoignit son père à Saint-Pétersbourg. De retour en Ecosse en 4773, il étudia le droit, et fut reçu avocat en 4776. A la mort de son père il entra dans l'armée. Il servit avec distinction en Amérique. Promu major et quartier maître général en 4779, il prit part au siège de Charlestown. Peu après, l'état de sa santé le contraignit à revenir en Angleterre (oct. 4780). Nommé lieutenant-colonel en 4784, il fut élu le 40 janv. 4788 pair représentatif d'Ecosse. Colonel en nov. 4790, brigadier général en nov. 4793, major général le 3 oct. 4794, il se distingua à la bataille de Bommel et surtout à la bataille de Buren (8 janv. 4795), où il battit l'ennemi avec sa seule brigade. 11 resta en Allemagne jusqu'en décembre. Nommé ensuite vice-amiral d'Ecosse (4795), il entra au conseil privé le 28 sept. 4798, et fut promu lieutenant général le 4«^ juin 4804. 11 commanda en chef en Irlande, de 4803 à 4805, date à laquelle il fut nommé, sur la recommandation de Castlereagh, ambassadeur à Saint-Pétersbourg. Mais il ne prit même pas possession de son poste. Pitt lui donna le commandement d'une armée qui devait faire au Hanovre une diversion en faveur de l'Autriche. Rappelé à la mort de Pitt (1806), il fut nommé commandant en chef en Ecosse. En mai 4807, Castlereagh le mit à la tète de l'armée de la Baltique. 11 bombarda et prit Copenhague. Il fut alors nommé (3 nov. 4807) vicomte Cathcart et baron Greenock. 11 reprit ensuite son commandement d^Ecosse et fut nommé général le 4«^ janv. 4842. En mai 4813, il fut envoyé comme ambassadeur et attaché militaire à la cour de Russie. 11 rendit à Castlereagh les services diplomatiques les plus importants, et contribua surtout à maintenir l'entente entre les généraux russes et les généraux allemands. Créé comte Cathcart le 46 juil. 4844, et nommé gouverneur de Hull, il demeura à l'ambassade de Saint-Pétersbourg jusqu'à la mort de Castlereagh. 11 donna alors sa démission et rentra dans la vie privée.
Charles Murray, deuxième comte, né à Wallon (Essex) le 24 déc. 4783, mort à Saint Leonard's on Sea le 46 juil. 4859, fils aîné du précédent. Il entra dans l'armée le 2 mars 4800. Il servit à Naples et en Sicile (4805-4806), à Walcheren (4809). Lieutenant-colonelle 30 août 4840, il passa en Espagne, prit part aux batailles de Rarossa, de Salamanca et de Vitoria, puis fut envoyé en Hollande. II se distingua à la bataille de Waterloo, fut promu lieutenant-colonel le 26 juin 4823. Il s'occupa plus principalement d'études scientifiques, et découvrit en 1844 le sulfate de cadmium. Nommé commandant de l'armée d'Ecosse et gouverneur d'Edimbourg (12 févr. 4837), il remplit de 4846 à 4849 les postes importants de commandant en chef des troupes de PAmérique britannique, et de gouverneur du Canada. Promu général le 30 juin 4854, il rentra alors dans la vie privée. Il a écrit divers mémoires dans les Transactions of the Royal Society of Edinburgh (4836). Jusqu'à la mort de son père il porta le nom de lord Greenock,
Sir George, né à Londres le 42 mai 4794, mort à Inkermann le 5 nov. 4854, frère du précédent. Entré jeune dans Parmée et promu lieutenant le 44 juill. 4844, il fut
nommé aide de camp et secrétaire particulier de son père, ambassadeur en Russie (4843). H assista aux principales batailles de la campagne de 4843, et entra à Paris avec les alliés, le 34 mars 4844. Aide de camp de Wellington (4845), il fut promu lieutenant-colonel en mai 4826, et colonel le 23 nov. 4844. Député lieutenant de la Tour de Londres (4846), major général (14 nov. 4851), il fut nommé gouverneur du Cap en 4852. Il établit dans la colonie un parlement, la dota d'une constitution et obtint sur les Basoutos et les Kaffirs des succès qui lui valurent les remerciements solennels du Parlement anglais. De retour à Londres en 4854, il reçut le commandement de la ¥ division de Parmée d'Orient. Il fut même désigné comme successeur éventuel du général en chef lord Raglan. Il fut tué à la bataille d'Inkermann (5 nov.). H est l'auteur de Commentaries on the war in Russia and Germany in iSf^ and i8i3 (Londres, 4850), et on a publié sa Correspondence relative to his military opérations inKaffraria (Londres, 4856).
Alan Frederick, troisième comte, fils aîné de Charles Murray, né le 45 nov. 4828. Entré lui aussi dans Parmée, colonel aux York Rifle Volunteers, et député lieutenant de York, il est l'héritier actuel de la pairie, et appartient au parti conservateur. R. S.
BiBL. : Castlereagh, Despatches and papers, t. IX à XII. — AusON, Lives of lord Castlereagh and sir Charles Stewart; Londres, 1862. — Life of sir George Cathcarty [dans Colburn's united service Magazine de janv. 1855. — Douglas et Wood, Peerage of Scotlandf J, 345-49. — BuRKE, Peerage and Baronelage of the hritish empire; Londres, 1856, in-4. — Leslie Stephen, National Biography ; Londres, 1S87, t. IX.
CATHÉDRALE.]. Liturgie. — Ce mot, qui est devenu un substantif, n'était primitivement qu'un adjectif dérivé de cathedra, xaOsSpa, nom donné au siège ou trône réservé à l'évêque en son église épiscopale. Prudentius décrit ce trône comme un siège élevé, auquel on accédait par des degrés et qui était placé au fond de l'abside (Peristeph. H., IV, 225). — Plus tard, ce nom désigna la ville qui était la résidence normale de l'évêque. — Les actes d'un concile tenu à Aix-la-Chapelle en 789 emploient les expressions ecclesia cathedralis pour distinguer l'église épiscopale des autres églises du diocèse. On l'appelait aussi ecclesia mater, ecclesia matrix, ecclesia major» Notre substantif cathédrale date du x« siècle. Les ordinations, la consécration du saint chrême, la bénédiction des saintes huiles se font ordinairement dans la cathédrale. Pour les développements, V. les mots Chanoine, Chapitre, Ecole.
11. Architecture. — On appelle cathédrale l'église épiscopale. Ces églises dépendent toutes en France du service des édifices diocésains, même quand elles ont le caractère de monuments historiques (V. Architecture et Eglise).
CATHÉDRATIQUE (Droit ou cens). Redevance payée annuellement ou à l'occasion des synodes à l'évêque, par les églises de son diocèse, in sigmim subjectionis, pro honore cathedrœ, pro respectu sedis. Le concile de Braga (572) la mentionne comme antérieurement établie et, pour en réprimer l'abus, il en fixe le montant à deux solidi. Néanmoins les canonistes s'accordent à déclarer que ce tribut doit être perçu, non à ce taux, mais suivant la coutume des lieux. D'après un capilulaire de Charles le Chauve, les évoques pouvaient l'exiger, à leur choix, soit en denrées, soit en argent. Les monastères en étaient exempts. E.-H. V.
CATHELIN (Louis- Jacques), graveur français, né à Paris en 1739, mort en 1804. Elève de Jacques- Philippe Le Bas, il fut agréé de l'Académie en 1774 et reçu académicien le 26 avr. 4777, sur le portrait de Fabbé Terray, d'après Roslin, dont la planche appartient à la chalcographie du Louvre. Bien qu'il ait gravé quelques tableaux d'histoire, il s'est surtout fait connaître comme un habile interprète de la physionomie de ses contemporains, soit d'après Cochin (portraits du président
CATHKLIN — CATHELÏNEAU
à'Aligre, Clairaut, L,-Fr. Praiilt^ Tabbé de Voisenon^ Le Bas, J.-W. Broers, Marguerite Pouget, femme de Chardin, G. de Villetaneuse), soit d'après Largillière (J. Joiwenet),C, Coypel (Ch. R0llin),Tocqné(Jélyotte)y M"^"" Lebrun (Grétry), Greuze {Louis, secrétaire perpétuel de l'Académie de chirurgie), L.-M. Van Loo (Louis XV), Ducreux (Marie-Thérèse, Joseph II, cfEon de Beaumont), M^^^ Denoireterre (P. N. Le Cauchois), Frédou (le comte d'Artois, Marie- Antoinette), etc. Citons à part le superbe portrait de Molière gravé en 1773 pour l'édition de Bret (V. ce nom). M. Tx.
CATHELÏNEAU (Jacques), chef de l'insurrection vendéenne en 1793, né au Pin-en-Mauges (Maine-et-Loire) le 5 janv. 1759, mort à Saint-Florent (même département) le 14 juil. 1793. Il exerça dans sa jeunesse le métier de maçon, comme son père, puis celui de voiturier et de colporteur et, parcourant sans cesse les campagnes de l'Anjou, au sud de la Loire, acquit par son courage, sa prestance vigoureuse, son caractère à la fois doux et déterminé, surtout par sa profonde piété, une influence personnelle qui ne contribua pas peu à pousser aux armes contre la Convention la fanatique population des Mauges. Endoctriné depuis 1791 , comme la plupart de ses compatriotes, par le clergé réfractaire, il prit longtemps avant l'explosion de la guerre civile une part active aux rassemblements nocturnes et aux prétendus pèlerinages qui la préparèrent (1791-1792). On rappelait le Saint de C Anjou, Il ne fut pourtant ni le premier ni le principal promoteur de l'insurrection, qui fut savamment organisée par les prêtres, ainsi que par les agents des émigrés et qui éclata, comme on sait, à Saint-Florent-sur-Loire le 10 mars 1793. C'est seulement quelques jours après que Cathelineau, encouragé par le succès des révoltés dans cette ville, appela autour de lui ses amis et ses parents, en forma une troupe de vingt-sept hommes, sortit du Pin-en-Mauges et, enrôlant de gré ou de force les paysans qui se trouvaient sur son passage, se porta sur Je château de Jallais, qu'il enleva et où il prit un canon, baptisé depuis par les Vendéens du nom de Missionnaire (13 mars). H n'avait encore derrière lui que 200 combattants, armés pour la plupart de bâtons et de fourches. 11 n'en marcha pas moins sur Chemiiié qui, dès le 14 mars, tomba en son pouvoir.
Le soulèvement royaliste éclatait alors à la fois dans trois ou quatre départements de l'Ouest. Le gouvernement républicain, pris au dépourvu, n'était nulle part préparé à la résistance. Aussitôt après la prise de Chemiiié, Cathelineau qui avait maintenant 3,000 hommes bien armés, alla rejoindre Stoftîet et, de concert avec lui, s'empara de Cholet (15 mars), où il ne put empêcher ses soldats improvisés de commettre mille atrocités, qui devaient, du reste, se multiplier et provoquer de furieuses représailles. Il courut ensuite occuper Vihiers (16 mars) et se dirigea enfin rapidement vers Chalonnes, ville importante située sur la Loire et qu'une panique lui livra presque sans résistance (19 mars). Sa première campagne était terminée. La plupart des insurgés rentrèrent dans leurs paroisses pour célébrer les fêtes de Pâques. Mais dès les premiers jours d'avril leurs bandes reparurent, plus compactes et plus hardies que jamais. Cathelineau, qui liait ses mouvements à ceux des autres chefs vendéens, dut évacuer Chemiiié, se retirer même jusqu'à Tiffauges. Mais bientôt il reparut à Cholet (16 avr.) et, après le violent combat de Bois-Groleau (18 avr.), s'empara de Beaupréau (23 avr.). Le 5 mai nous le retrouvons à Thouars, qu'il emporte d'assaut, le 14 à la Châtaigneraie, où il défait le général Chalbos. Battu à son tour à Fontenay le 16, il prit dix jours après une revanche éclatante devant la même ville. Puis il concourut avec beaucoup de bonheur à la marche convergente des principales colonnes royalistes vers Saumur, où il parvint, après avoir culbuté à Concourson et à Montreuil-Bellay les troupes des généraux Leygonier et Salomon (7-8 juin).
La prise de cette place importante fut en grande partie son œuvre (9 juin).
C'est alors que les chefs de l'insurrection se réunirent pt résolurent de se donner un généralissime. Le véritable chef de l'insurrection était, par le talent et le caractère, d'Elbée ; mais ce gentilhomme était peu aimé. Les nobles qui conduisaient la plupart des bandes vendéennes trouvèrent du reste politique (bien conseillés qu'ils étaient par le clergé) de flatter les paysans, démocrates sans le savoir, en affectant de remettre à l'un d'eux le commandement suprême. Cathelineau, sur la proposition de Lescure, fut donc pourvu de cette dignité (12 juin). 11 n'en fut, en réalité, ni plus ni moins puissant. D'Elbée, après comme avant, demeura, en réalité, le moteur principal de la grande armée catholique et royale. Cette cohue, fort indisciplinée, ne pouvant, comme ses chefs le reconnurent bien vite, être dirigée sur Paris, on résolut de la porter sur Nantes, et, après avoir occupé Angers sans résistance (23 juin), elle arriva devant cette grande ville, dont l'attaque générale fut ordonnée pour le 29. Ce jour-là sept colonnes royalistes, formant un effectif d'environ 20,000 hommes, se ruèrent avec entrain contre la place que défendait le général Canclaux. Cathelineau se porta, pour sa part, avec son intrépidité ordinaire, contre la porte de Rennes, parvint, après un combat acharné, à tourner les forces qui lui étaient opposées et pénétra, suivi de 300 hommes, au cœur de la ville, jusqu'à la place Viarme. Mais là un coup de fusil tiré d'une fenêtre le blessa mortellement. Grâce au découragement que ce fait répandit dans l'armée vendéenne, Nantes fut sauvée. Cathelineau fut à grand'peine transporté jusqu'à Saint- Florent, où il mourut cinq jours après.
Le gouvernement de la Restauration lui a fait élever en 1826, au Pin-en-Mauges, un monument surmonté de sa statue et qui, mutilé par des soldats de ligne pendant les troubles royalistes de 1832, a été transféré dans la chapelle du cimetière de cette localité. — Quant à la famille de Cathelineau, elle a servi aussi héroïquement que lui-même la cause qu'il avait embrassée. Il avait trois frères, qui tous les trois périrent en 1793 et 1794, pendant la guerre civile. Le môme -sort atteignit trente-trois de ses oncles, neveux, beaux-frères ou cousins. — Marié en 1778, il avait; eu onze enfants. Il lui en restait cinq dont un fils, au moment de la prise d'armes. Ce dernier nommé Jacques, comme son père, était né le 28 mars 1787. Elevé par la famille de la Rochejacquelein , il fut anobli en 1816, servit dans la garde royale jusqu'en 1830 et se fit tuer à la Chaperonnière, près de Jallais, le 27 mai 1832, au service de la duchesse de Berry. 11 a laissé luimême un fils, Henri de Cathelineau (V. Part, suivant).
A. Debidour.
BiBL. : Anna Marie (pseudonyme de la comtesse de Haiitefeiiille), Vie de Cathelineau. — Berthe, manuscrit 897 de la bibliothèque municipale d'Angers. — Cretineau- JoLv, Histoire de la Vendée militaire. — Journal de Maine-et-Loire du 12 juil. 182G et du 19 août 1827. —Moniteur préimpression de l'ancien), année 1793. -— Muret, Vie populaire de Cathelineau, 1845. — • Du même. Histoire des guerres de l'Ouest — Mosaïque de VOuest, t. III.— -C. Port, Dictionnair^e historique de Maine-et-Loire. — Du môme, les Origines de la Ve7idée ; Paris, 1888, 2 vol. in-8. — Vie de Jacques Cathelineau, 1882, in-8, etc.
CATHELINEAU (Henri de), commandant de volontaires en 1870, né à la Jabaudière (Maine-et-Loire) en 1813. Petit-fils du précédent ; il fut élevé dans les principes du royalisme le plus ardent. Après le 4 sept. 1870, il obtint de la délégation de Tours l'autorisation de former un corps de volontaires vendéens et bretons avec lequel il prit part aux opérations qui aboutirent à la bataille de Coulmiers (9 nov.) et à l'évacuation d'Orléans par les Bavarois. Le général d'Aurelles de Paladines lui fit conférer le grade de colonel et lui donna le commandement de tous les francs-tireurs du 15^ corps, avec mission de défendre la forêt d'Orléans entre Chilleurs et Loury. Le 28 nov. M. de Cathelineau couvrit l'extrême