‹ La Grande encyclopédieChapitre 287 sur 397 · CATH · texte numérisé non relu

CATH

conférence, à laquelle toute la ville devait assister, un ange apparut à Catherine et lui dit : Ne crains point; le Seigneur te donnera un savoir divin ; tu confon-dras les cinquante philosophes. Et Catherine les confondit. Ils abjurèrent leurs erreurs et se déclarèrent chrétiens devant Teoipereur, qui s'empressa de faire dresser un grand bûcher pour les brûler, lis rendirent leurs âmes à Dieu au milieu des flammes ; mais ils ne furent point brûlés. Quelques chrétiens, étant allés seerètetement recueillir leurs reliques, trouvèrent leurs corps entiers, le feu n'ayant ni consumé ni même atteint un seul de leurs cheveux.

Cependant, Maximin brûlait du désir d'obtenir l'abjuration de Catherine. Après avoir usé de tous les artifices, flatteries, promesses, menaces, il la livra aux bourreaux, qui la dépouillèrent de ses vêtements et déchirèrent, à coups de nerfs de bœuf, son corps plus blanc et plus poli que l'ivoire. Puis il la fit jeter dans une basse-fosse, défendant de lui donner aucune nourriture ; mais le seigneur, son divin époux, lui envoya des anges pour la consoler et la guérir, et une colombe lui apportait de quoi vivre. — L'impératrice Faustine, ayant ouï dire merveilles de la beauté, du savoir et de la constance de Catherine, voulut la visiter en sa prison ; elle y vint la nuit, accompagnée d'un capitaine nommé Porphyre et de deux cents soldats. Ils furent tous convertis par la sainte et tous se firent baptiser. Alors Jésus apparut à sa chère épouse pour la fortifier. Au bout de douze jours, Maximin, apprenant que Catherine n'était point morte de faim, fit construire une machine composée de quatre roues armées de rasoirs et de pointes de ter, pour mettre en pièces le corps de la martyre. Catherine y fut attachée, mais un ange brisa ses liens. L'instrument de supplice se rompit et, de ses débris impétueusement lancés, tua plusieurs païens accourus à ce spectacle. L'impératrice Faustine reprocha à l'empereur sa cruauté ; mais celui-ci, apprenant qu'elle était devenue chrétienne, lui fit trancher la tête ainsi qu'au capitaine Porphyre et à ses deux cents soldats. Catherine elle-même fut décapitée, mais de son cou, il sortit des ruisseaux de lait, au lieu de sang. De peur que son corps ne fût profané par les bourreaux, des anges l'emportèrent et l'enterrèrent sur le mont Sinaï. On a vu sourdre de cet endroit une douce liqueur qui guérissait de toutes les maladies.

Nous avons cru devoir reproduire, en les empruntant aux narrations les plus pieuses, les principaux traits de la légende de sainte Catherine . Il est nécessaire de les connaître pour comprendre les images très nombreuses de l'art catholique qui s'y rapportent. D'autre part, en excluant de notre Encyclopédie le commun des saints, légion presque innombrable, nous avons réservé aux saints renommés et aux saints typiques une place proportionnée à leur importance. Cela est indispensable à l'intelligence de l'histoire religieuse. Or il n'y a guère de saints qui soient plus révérés que sainte Catherine, ni dont la légende soit plus typique que la sienne. — Après le nom de Marie, le nom de Catherine est celui qui, depuis le xni® siècle, est porté par le plus grand nombre de femmes chrétiennes ; il a aussi servi de vocable à beaucoup d'églises, de monastères, et par suite, de paroisses et de rues. La fête de sainte Catherine a été longtemps, en France et en Angleterre, une fête chômée. Cette sainte, qui a un autel ou au moins une statue en la plupart des lieux de culte, est la patronne des étudiants, parce qu'elle a étudié la rhétorique ; la patronne des professeurs et des philosophes, parce qu'elle en a confondu et converti cinquante; la patronne surtout des jeunes filles et des vierges de tout âge, parce que Jésus s'est fiancé à elle, en lui mettant un anneau au doigt. Ce fut elle qui, avec sainte Marguerite, apparut à Jeanne d'Arc, lui annonçant que son roi recouvrerait le royaume de France, et qu'elles la mèneraient en paradis ; et ce fut elle qui ensuite la conseilla et l'encouragea presque tous les jours. — Malheureusement il n'y a point de légende

de saint qui soit plus apocryphe que celle de sainte Catherine, ni qui montre d'une manière aussi caractéristique la part audacieuse que la fiction a prise en ces choses. Dans ses Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles (Paris, 1693-4712, 16 vol. in-4), le savant et pieux Tillemont écrit que, ^as un seul des faits concernant sainte Catherine n'est certain (VU, p. 447); il ajoute que tous les matériaux de sa biographie sont sans valeur (Vil, p. 761). La plupart des hagiographes catholiques sérieux, et Baronius lui-môme^ font, quoique avec plus de réticence, des aveux analogues. La plus ancienne mention sur cette sainte se trouve en Orient, dans un ouvrage du [x^ siècle, le MénO' loge de Basile ; elle y est désignée sous le nom de Hr/.aOapcvY], probablement y\ KaOapivr). Elle n'apparaît dans les martyrologes latins qu'au xiii® siècle, les croisés ayant rapporté son culte en Europe (Baille t, Vie des saints, 25 nov.; Paris, 1701, 3 vol. in-fol.). C'est dans les Vies des saints de Siméon le Métaphraste, bagiographe de Constantinople, dont l'existence est diversement rapportée au x^ siècle ou au xu^ siècle, que se trouvent, longuement développés et circonstanciés, la plupart des détails de la légende que nous avons résumée. Transportée en Occident, elle y produisit un puissant effet; car, s'il est plus que douteux que Catherine d'Alexandrie ait jamais existé, il est incontestable que sa légende a engendré un grand nombre de saintes, notamment celles qui portent son nom., On retrouve dans l'histoire de chacune d'elles quelques-uns des traits attribués à leur patronne, reproduits par ferveur d'admiration et d'imitation.

Voici comment cette légende semble s'être formée. Au ix« siècle, les moines du ^nont Sinaï déterrèrent près de leur monastère le corps d'une femme. Naturellement, ils estimèrent que ce corps ne pouvait être que celui d'une martyre, les martyrs étant alors très dévotement révérés. Mais il s'agissait de lui trouver une place quelconque dans une histoire remontant au temps des persécutions et de lui donner un nom. Or Eusèbe, en son Histoire ecclésiastique (VIll, 14), fait mention d'une dame d'Alexandrie dont Maximin aurait voulu abuser et qu'il aurait exilée, parce qu'elle résistait à sa passion. On transforma ce récit , en changeant la peine d'exil en peine de mort et le refus de se livrer en refus d'abjurer; et l'identité du corps fut ainsi établie sur le témoignage fort métamorphosé d' Eusèbe. Cet historien n'avait point indiqué le nom de la femme qui avait eu à souffrir de Maximin. On l'appela KaOapivy], c.-à-d. la pure. Si son corps se trouvait au mont Sinaï, c'est qu'il y avait été apporté par les anges. Sur ces données, il se produisit une légende oti l'imagination en travail pieux mit tout ce qu'on ne pouvait trouver dans l'histoire qui, durant six siècles, avait complètement ignoré sainte Catherine; légende tellement merveilleuse que Siméon le Mt'taphrastc lui-même n'en aurait accepté, dit-on, qu'une partie. •— Un ordre militaire de Sainte- Catherine fut institué en 1063, pour garder ses reliques au mont Sinaï et protéger les pèlerins qui venaient les visiter. Les membres de cet ordre étaient astreints, non au célibat, mais au vœu de chasteté conjugale. Ils portaient une croix faite à la façon d'une roue « percée de six raix de geule, cloés d'argent ». E.-H. Vollet.

BiBL. ; Outre les ouvrages cités dans la notice, Martin Simon, Vie des sai7its ; Bar-le-Duc, 1858, t. III, 3 vol. in-8. — BoLLANDisrES, Acta sanctoram^ 25 nov.

CATH ER1n E DE SiENiNE (Sainte), vingt-troisième enfant du teinturier Jacomo Benincasa, naquit à Sienne le 25 mars 13n. Elle se livra dès l'enfance à la dévotion ascétique, eut des visions depuis sa sixième année, et fit vœu, à sept ans, de n'avoir d'autre fiancé que Jésus-Christ ; elle reçut de lui une bague, visible pour elle seule, qu elle porta jusqu'à sa mort, échangea au sens propre son cœur contre le sien et fut honorée de ses cinq stigmates qui restèrent également invisibles. A quinze ans, elle s'afiilia

CATHERINE — CATHERINOT

aux Sœurs de la Pénitence de Saint-Dominique, dont elle porta l'habit tout en continuant à demeurer dans la maison paternelle. Dans ses fréquentes extases, elle se promenait tout éveillée avec son fiancé céleste dans sa chambre, dictait ou écrivait des lettres et composa même dans cet état un livre d'une certaine étendue, son Livre de la doctrine divine. Animée d'une ardente charité, elle dépensa en aumônes une partie des biens paternels, consola des condamnés qu'on menait au supplice et soigna les malades, notamment, en 1374, pendant la peste. Bientôt il se forma autour d'elle un cercle de parents et d'amis enthousiastes, parmi lesquels étaient ses confesseurs du couvent voisin des Dominicains ; ce fut sa « famille spirituelle », groupe de vingt personnes environ qui l'accompagnaient dans ses voyages. De toutes parts, on lui demandait des conseils comme à un oracle ; des chevaliers batailleurs acceptaient sa médiation dans leurs querelles et faisaient pénitence. Alors elle se sentit appelée à travailler à la régénération de l'Eglise. Elle conçut le plan d'une croisade contre les musulmans et écrivit dans ce but à la reine Jeanne de Naples et au roi de France Charles V, engageant celui-ci à faire la paix avec les Anglais pour pouvoir se rendre en Orient. En 1376, elle fut envoyée à Avignon par les autorités de Florence alors en lutte ouverte contre la papauté, pour disposer Grégoire XI à la clémence. Elle reçut du pa'pe le meilleur accueil, mais les propositions qu'elle fut chargée de rapporter à Florence ne furent pas acceptées ; elle faillit môme périr dans cette ville pendant une émeute. Ce n'est que deux ans plus tard que Catherine amena, dans un nouveau voyage, la cité rebelle à faire sa soumission. Pleine de respect pour le pape, le « Christ terrestre », elle sait cependant lui parler avec l'autorité d'une prophétesse « au nom du Christ qui est dans les cieux ». Lors de son séjour à Avignon, elle usa de toute son éloquence pour décider Grégoire XI à revenir à Rome et à réformer les mœurs du clergé. Peu de temps après, lors du schisme pontifical, elle mit toute son autorité au service d'Urbain VI et vint môme se fixer à Rome sur son invitation en nov. 1378. C'est là qu'elle mourut le 29 avr. 1380. Elle fut canonisée par son compatriote Pie II en d 461 ; sa fête est le 30 avr. — On possède d'elle trois cent soixante-treize lettres, publiées dans l'ordre chronologique par Nicole Tommaseo, Le Lettere di S, Caterlna da Siena (Florence, 1860, 4 t., in-8) ; le Libro délia Divina Dottrinay dialogues entre Catherine et Dieu, de là son autre nom de Dialogi de provi" dentia Dei, et une série de vingt-six prières recueillies par son entourage. La meilleure édition complète de ses ouvrages est celle de Girolamo Gigli, U Opère délia serafica Santa Caterina da Siena (Sienne, 1707-1726, 5 vol. in-4). A. Jundt.

BiBL. : Acta sanctoruniy avril, t. III, pp. 852-958. — Martine et Durand, Processyt,s contestationurn super sanctitate et doclrina beatse Catherinœ de Senis ; Veterum scviptorum... amplissima collectio; Paris, 1729, 4 vol., pp. 1242 et suiv., in-fol. — E. Chavin de Malan, Histoire de sainte Catherine de Sienne; Paris, 1846,2 vol. in-8. — A. Capecelatro, Storia di S. Catarina da Siena; Florence, 1858, in-S. — Joséphine Butler, Catherine of Siena ; Londres, 1879, in-8. — K. Hase, Caterlna von Sienay ein Heiltgenbild ; Leipzig, 1864, in-8. — • Comtesse de Flaviginy, Vie de Catherine de Sienne; Paris, 1884. — M. -A. MiGNATY, Catherine de Sienne, sa vie et son rôle dans l'Italie; Paris, 1886, in-8.

CATHERINE de Suède, seconde fille de sainte Brigitte, née vers Tan 1331. Elevée au couvent de Riseberg, elle épousa, dès l'âge de treize ans, un gentilhomme nommé Eggart de Kiirnen, fit avec lui vœu de chasteté, accompagna sa mère à Rome et en Palestine et ramena les restes de celle-ci en Suède au couvent de Wadstena. Devenue veuve, elle succéda à sa mère comme abbesse de cette maison-mère de l'ordre du Saint-Sauveur. C'est là qu'elle mourut le 24 mars 1381 ; elle fut canonisée en 1474. Sa fête est le 22 mars. A. Jundt.

BiBL. : F. Hammerich, St, Brigitta, die nordische

Prophetin und Ordensstifterin, trad. en allemand par A. Michelsen ; Gotha, 1872, in-8, pp. 50, 70, 238-241. — Acta Sanctorum, mars, fil, pp. 503-531.

CATHERINE de Bologne (Sainte), vierge, abbesse des sœurs de Sainte-Claire, née en 1413, morte en 1463; canonisée par Benoît Xlll, en 1724. Fête le 9 mars. Comme Catherine de Sienne, elle eut des visions et des révélations fort merveilleuses, dont la relation a été publiée : Revelationes Catharinœ Bononensis factœ (Bologne, 1511 et 153t); Venise, 1583). Elle a composé plusieurs ouvrages ascétiques. Le plus renommé a pour titre .• les Sept armes spirituelles contre les ennemis de rame. ' E.-H. V.

CATHERINE de Génes (Sainte), veuve, Catherine Fieschi Adorno, née en 1448, morte en 1510 ; canonisée par Clément Xll en 1737. Fête le 15 sept. Elle était fille de Jacques de Fiesque, viceroi de Naples. Dans sa treizième année, elle voulut se consacrer au Seigneur; mais ses parents s'opposèrent à ce dessein, et trois ans après, ils lui firent épouser un jeune seigneur de Gênes, Julien Adorno. Son mari, passionné pour le plaisir, lui causa mille chagrins pendant les dix années qu'ils vécurent ensemble ; mais elle parvint enfin à le convertir et il entra dans le tiers ordre de Saint-François. Devenue veuve, Catherine se voua aux œuvres de la charité et de la mortification. Elle passa vingt-trois carêmes et vingt-trois avents sans autre nourriture que la communion, qu'elle recevait tous les jours, et un verre d'eau mêlée de vinaigre et de sel, qu'elle prenait de temps en temps. Pendant la peste de Gênes (1497-1501), elle fit acte de grand dévouement. On lui attribue beaucoup de miracles. Elle a laissé des écrits : Traité du Purgatoire; Dialogue entre rame et le corps. Le sujet de ce dialogue est le pur amour pour Dieu. La Vie de Catherine de Gênes par le P. Marobotti (Gênes, 1551) a été traduite par Jacques Desmarets (Paris, 1661). E.-H. V.

CATHERINENBOURG (V. Ekaterinenbourg).

CATHERINENFELD (V. Ekatherinenfeld).

CATHERINENSTADT (V. Ekâtherinenstaot).

CATHERINENTHAL (V. Ekatherinenthal).

CATHERINOT (Nicolas), jurisconsulte français, né le 4 nov. 1628 à Susson, près Bourges, mort à Bourges le 28 juil. 1688. 11 était fils de Denys Catherinot, conseiller au bailliage et siège présidial de Bourges, mort en 1631, à l'âge de 39 ans. Le 16 juin 1655, il avait été nommé avocat du roi au parlement de Paris et conseiller au siège présidial de Bourges; il fut aussi échevin de Bourges et administrateur des pauvres. Ses nombreux écrits, bien que peu connus, ne manquent pas d'un certain intérêt pour le bibliophile, et retracent les divers incidents de son existence mouvementée, par ex. dans ses Tombeaux domestiques^ la Généalogie des Dorsanne et le Bourges souterrain.

Ses écrits, de peu d'étendue chacun, mais dont le nombre n'est pas inférieur à cent trente-cinq, ont tous été imprimés à ses frais et ne se vendaient guère. 11 employait, dit-on, un singulier moyen pour leur donner de la publicité. « Comme ses ouvrages n'étaient pas d'un grand débit, et qu'aucun libraire n'eût voulu s'en charger, Catherinot, quand il venait à Paris, se chargeait de quantité de ces ouvrages en blanc, brochés, et passant pardessus les quais, il faisait semblant de regarder les vieux livres qu'on y étale, et tirant de sa poche cinq ou six de ses exemplaires, il les poussait adroitement parmi ces vieux livres. C'est la méthode qu'il avait inventée dès qu'il commença d'écrire, et qu'il continua jusqu'à sa mort pour immortaliser son nom. » (}ienagiana, édit. de 1729, t. Il, p. 361.)

Plusieurs bibliophiles se sont donné la tâche de rassembler péniblement, et après d'activés et minutieuses recherches, les innombrables opuscules de Catherinot. Le duc de la Vallière en a réuni quatre-vingt-sept; le père Niceron en a décrit cent dix-huit. L2l Bibliothèque historique, dans

CATHERINOT — CATHETERÏSME

son t. III, en compte cent trente. David Clément, dans sa Bibliothèque curieuse, en a catalogué jusqu'à cent quatrevingt-deux. Gatherinot lui-même ignorait le nombre de ses écrits, publiés sans aucune méthode et au fur et à mesure des événements qu'ils devaient retracer. Enfin, M. Jacques Flaeh, professeur suppléant au Collège de France, a fait, à ce sujet, un travail très étendu et très intéressant, publié dans h Revue historique de droit français de 1883, à la suite d'un article sur Gatherinot de M. Edouard Laboulaye, membre de l'Institut. — On peut citer notamment parmi les études de droit de Gatherinot: les Coutumes de Berry, le Droit ancien et nouveau de Berry : un traité dans lequel il cherche à démontrer que les Coutumes de France ne sont point de droit étroit; Dissertation ou discours sur la qualité des personnes et héritages, à Messieurs du Présidial de Bourges ; Dissertations du droit françMs ; Recueil des règlements du Palais royal de Bourges et province de Berry ; les Avocats du roi conseillers; le Légataire héritier; le Prest gratuit ; le Partage inégal des successions ; le Droit de Berry ; les Tribunaux de Bourges ; les Axiomes du droit français ; le Journal du Parlement ; le Codex testamentorum ; Arrêts du Parlement pour le sieur Gatherinot contre le clergé d'Orléans,

Ges ouvrages, peu recherchés du vivant de leur auteur, ont aujourd'hui une certaine valeur à cause de leur rareté. M. Flach, après d'activés recherches, a pu découvrir à la Bibliothèque nationale la nomenclature la plus complète des œuvres de Gatherinot, en deux volumes, dont il a donné, dans l'ordre chronologique, un état descriptif: les Axiomes du droit français, par le sieur Catherinot, avec une notice sur la vie et les écrits de fauteur par Ed. Laboulaye, et une bibliographie raisonnée des écrits de Gatherinot (Paris, 1883, in-8). G'est un travail très précieux pour les bibliophiles et les amateurs. L. Acquier.

CATHERLOUGH (V. Carlow).

CATHERVIELLE. Gom. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Saint-Gaudens, cant. de Bagnères-de-Luchon ; 97 hab.

CATHÈTE (Archit. ). On désigne ainsi la ligne d'aplomb qui passe par l'œil de la volute du chapiteau ionique et qui sert, comme point fixe, au tracé de cette volute.

CATHÉTER. Nom donné autrefois aux instruments destinés à explorer une cavité ou un conduit quelconque. Aujourd'hui, on donne le nom de sonde ou algalie aux instruments creux destinés à vider une cavité ou à y injecter des liquides médicamenteux, et celui de bougie aux instruments pleins destinés à explorer des conduits ou à traiter les rétrécissements dont ils sont atteints (V. ces mots). On réserve le nom de cathéter aux instruments qui ont pour but de guider le lithotome dans les tailles sous-pubiennes ou périnéales. Le cathéter ainsi employé est due tige d'acier de 25 à 30 centim. de long, de diamètres divers suivant le calibre de Turèlre, terminé à une de ses extrémités par une plaque arrondie qui sert à le manier, et à l'autre, par une courbure analogue à celle des sondes et bougies rigides. La partie qui porte la plaque et qui comprend environ les deux tiers de l'instrument, est arrondie ; la partie courbe est creusée suivant sa concavité d'une rainure ou cannelure profonde, large, carrée dans le fond, à parois polies, et terminée près'de son extrémité libre et arrondie, appelée bec du cathéter, par une partie plus creuse. Dans l'opération de la taille, cette rainure sert à guider le lithotome dans la vessie ; on introduit d'abord le cathéter par l'urèthre, on incise le périnée jusqu'à ce qu'on rencontre le cathéter, on cherche avec le doigt, porté au fond de la plaie, le point où se trouve celui-ci, on introduit dans sa rainure l'extrémité du lithotome qu'on pousse jusqu'à ce qu'il soit arrêté par le petit creux situé au bout de la rainure, et alors on ouvre le lithotome (V. Lithotome, Taille). L.-H. Petit.

CATHÉTÉRISME (Ghir.). Opération qui consiste à faire pénétrer une sonde ou cathéter dans un canal naturel ou accidentel du corps : urètre, œsophage, canal nasal, trompe d'Eustache, trompe de Fallope, fistules diverses, etc., ou dans une cavité : estomac, utérus, vessie. Suivant le but qu'on se propose, le cathétérisme a reçu diverses épithètes : Cathétérisme explorateur : sert à renseigner le chirurgien sur le calibre d'un canal ou d'une fistule, la longueur de celle-ci, l'existence ou l'absence de rétrécissements, de corps étrangers, de calculs dans la vessie ou l'estomac, sur la profondeur de l'utérus, etc. Cathétérisme conducteur : sert à guider un autre instrument dans ces canaux ou ces fistules ; par exemple, dans l'urétrotomie interne, une sonde très mince, introduite dans l'urètre, sert de guide à l'urélrotome qui la suit et sectionne le rétrécissement; dans l'urétrotomie externe, le cathéter introduit dans l'urètre indique au chirurgien le siège du rétrécissement et le point qu'il faut sectionner; dans la taille, le cathéter introduit dans l'urètre et dans la vessie indique également le point où il faut ouvrir celle-ci pour introduire d'abord le lithotome pour la tenette. D'autres fois, la sonde étant creuse sert à introduire un liquide dans une cavité ou un canal à l'aide d'une seringue ou d'une poire adaptée à son extrémité libre ; c'est ainsi que Ton fait des injections dans la vessie, l'estomac, le canal nasal, la trompe d'Eustache, des abcès fistuleux. Dans les rétrécissements de l'œsophage, le cathétérisme, à l'aide d'une sonde creuse, sert à introduire des aliments dans l'estomac. Cathétérisme dilata" leur ou dilatant ou désobstruant : sert à détruire des rétrécissements siégeant sur divers canaux : l'urètre, l'œsophage et le canal nasal, entre autres. Dans ces derniers temps, on a préconisé le cathétérisme de la trompe de Fallope pour remédier à la stérilité. Mais pour le traitement des rétrécissements, on pratique d'abord des cautérisations, des scarifications, des incisions sur les points rétrécis, et on introduit ensuite des bougies de plus en plus volumineuses jusqu'à ce que le canal ait atteint son calibre normaL Cathétérisme évacuateur : sert à vider la vessie lorsqu'elle est paralysée, ou lorsque le canal de l'urètre est obstrué par un rétrécissement ou une hypertrophie de la prostate, ou un obstacle quelconque (tumeurs diverses, en particulier de l'utérus et du vagin chez la femme). Gette dernière espèce de cathétérisme est la plus importante et la plus souvent pratiquée. G'est elle surtout que désigne le terme de cathétérisme lorsqu'il est employé seul ; aussi la décrirons-nous avec plus de détails.

L'opération du cathétérisme évacuateur est une des plus délicates de la chirurgie ; elle demande une grande habitude et une certaine habileté de main. Lorsqu'il n'y a pas besoin d'exercer d'elTort pour faire pénétrer la sonde dans la vessie, on la désigne sous le nom de cathétérisme simple; lorsqu'il existe des rétrécissements qu'il faut franchir à l'aide d'efforts plus ou moins violents, on a recours abrs au cathétérisme forcé. Le cathétérisme simple peut se faire avec des sondes molles, des sondes en gomme ou des sondes rigides, droites ou courbes. On se sert surtout aujourd'hui de sondes en caoutchouc rouge, souples, lorsqu'il existe une paralysie de la vessie ou une hypertrophie de la prostate, nécessitant le cathétérisme plusieurs fois par jour ; on risque moins de blesser ainsi le canal de l'urètre, et on peut confier le cathétérisme au malade ou à quelque personne de son entourage douée d'un peu d'habileté et de sang-froid. Il faut toujours avoir soin, quel que soit l'instrument dont on se sert, de le nettoyer minutieusement et de l'enduire d'un corps gras, de préférence la vaseline boriquée à 2 ou 3 pour 30. Les sondes en gomme sont employées dans les mêmes cas, mais comme elles s'adaptent moins facilement aux courbures de l'urètre, il faut leur donner une certaine courbure en y introduisant une tige métallique appelée mandrin, qu'on retire dès que la sonde est entrée dans

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la vessie. La courbure doit être d'autant plus grande que le sujet est plus avancé en âge et que la prostate est plus volumineuse ; chez les vieillards atteints d'hypertrophie de la prostate, on peut donner à la sonde à peu près la forme d'un cercle, dont on replie ensuite en dehors l'extrémité par laquelle on la tient pendant son introduction. Le cathétérisme avec des sondes rigides, courbes le plus souvent, se pratique suivant plusieurs procédés ; nous en indiquerons trois : le procédé ordinaire, celui du tour de maître et celui d'Abernethy. Dans le procédé ordinaire, le malade étant couché au bord gauche du lit, les cuisses relevées, le chirurgien, placé du même côté, maintient la verge, en tenant le gland découvert, entre le pouce et l'index de la main gauche. La concavité de la sonde tenue dans la main droite étant tournée vers l'abdomen, on introduit le bec de la sonde dans l'urètre, très lentement ; lorsque l'instrument est arrivé au niveau de la courbure de l'urètre, on abaisse la verge et le pavillon de la sonde, et le bec de la sonde pénètre ainsi dans le col de la vessie. A ce moment, il faut avoir soin de placer le doigt sur l'extrémité de la sonde pour que Turine ne jaillisse pas sur le lit ou le linge du malade. Le procédé du tour de maître, dit M. Terrier, est beaucoup plus difficile et plus douloureux que le précédent. Il diffère de celui-ci en ce qu'au lieu de tourner la concavité de la sonde vers le ventre, on y tourne sa convexité, et lorsque le bec de l'instrument est ainsi au niveau de la symphyse du pubis, on fait exécuter à la verge et à la sonde un demi-tour qui ramène son pavillon vers l'aine droite et en haut, et on achève l'opération comme il a été dit précédemment. Le cathétérisme peut être fait de cette manière lorsque le ventre est trop volumineux pour qu'on puisse le faire par le procédé ordinaire. Dans le procédé d'Abernethy, le malade est couché en travers du lit ; le chirurgien, placé entre ses cuisses, tourne le pavillon vers lui et la concavité de la sonde en bas; dès que le bec de la sonde est arrivé au niveau de la courbure de l'urètre, on abaisse le pavillon et on continue le mouvement jusqu'à ce que la sonde soit dans la vessie ; on ramène alors le pavillon vers le ventre par un demi-tour, comme dans le procédé précédent. Chez la femme, le cathétérisme est beaucoup plus facile que chez l'homme, à cause du peu de longueur et de la rectitude du canal de l'urètre. La malade étant couchée, les cuisses légèrement fléchies sur le bassin, le chirurgien se place à droite du lit, écarte les petites lèvres avec le pouce et le médius de la main gauche, tandis qu'avec l'index il dirige la sonde vers le méat. La concavité de la sonde est tournée en haut ; quand elle a franchi le pubis, on abaisse le pavillon et la sonde entre dans la vessie. On peut, avec un peu d'habitude, faire cette opération sans découvrir la malade. Dans les derniers temps de la grossesse, ou chez les femmes âgées, surtout celles qui ont eu beaucoup d'enfants, l'orifice de l'urètre est comme enfoncé sous la symphyse, et il est assez difficile de le trouver. Il faut alors se servir de sondes à courbure plus prononcée, comme celles d'hommes. L.-H. Petit.

Cathétérisme du canal nasal. — L'épiphora, le catarrhe du sac, la tumeur lacrymale, etc., ont pour point de départ Tinflammation, le rétrécissement ou l'obstruction du canal nasal, et toutes ces maladies sont la plupart du temps justiciables du cathétérisme du conduit. 11 a été pratiqué dès longtemps et avec toutes espèces de substances : sondes de plomb, de zinc, de baleine, etc. ; — matières élastiques, caoutchouc, laminaria digitata, etc., — par Weber, Anel, Chritcbett, jusqu'au jour où le chirurgien anglais Bowman a introduit dans la thérapeutique le cathétérisme progressif, à l'aide de stylets en argent, dont la grosseur varie du diamètre d'un gros crin à l'épaisseur de 1 millim. 4/2, et qui sont numérotés de un à six selon le degré de leur volume. — L'introduction de ces stylets ne peut se faire qu après la section préalable du conduit lacrymal.

: hîcision du conduit, Bowman incise le conduit inférieur.^ En Allemagne on préfère sectionner le conduit supérieur qui est moins oblique par rapport à la direction du canal nasal. Il faut reconnaître qu'en France on par-

tig. 1. ■- a, sonde de Bowman; &, couteau à cataracte; c, couteau de Weber ; d, couteau à gaine de Giraud- Teulon; e^ sonde de Weber.

tage généralement les idées de Bowman sur le défaut d'absorption des points lacrymaux, par conséquent sur l'inutilité de recourir à un procédé qui n'aurait que l'avantage de laisser intact le point lacrymal inférieur et de ménager sa prétendue faculté absorbante. — La tête du malade maintenue par un aide, on tire en bas avec le pouce de la main gauche en même temps qu'on renverse fortement en dehors la paupière inférieure, de façon à tendre le conduit, dans lequel on introduit par le point lacrymal soit une sonde cannelée très fine devant servir à guider l'instrument, soit l'instrument lui-même. Si on emploie la sonde cannelée, le couteau de Graefe ou bistouri étroit, ou le simple couteau triangulaire de la cataracte peuvent être utilisés pour la section. Il est préférable de se servir du couteau de Weber olivaire à son extrémité, qui pénètre facilement à cause de sa rigidité, et ne cède pas au plus petit obstacle comme la sonde cannelée très flexible, en raison de sa ténuité. L'instrument introduit perpendiculairement à l'axe du canal, et jusqu'au fond du sac où on éprouve une résistance osseuse, on n'a plus qu'à relever le manche et à inciser le conduit au moyen du tranchant dirigé vers le haut, en ayant soin de maintenir rigide la paupière pour ne point déchiqueter ce conduit ou faire une section incomplète. L'instrument ingénieux dont se servait Giraud-Teulon nous paraît compliquer inutilement une manœuvre très simple. Le principe du procédé de Bowman est de dilater le conduit lacrymo-nasal sans ouvrir le sac. C'est en cela surtout qu'il constitue un réel progrès sur les anciennes méthodes de dilatation. En revanche, si on ne laisse pas, comme on le faisait autrefois, les sondes à demeure, on est obligé de pratiquer le cathétérisme pendant fort longtemps, et de maintenir les sondes une durée de quinze ou vingt minutes chaque fois, pour la dilatation temporaire. Pour le pre-

CATIIÉTÉRISME — GÂTHÉTOMÈTÎIE

mier passage, il est bon de mettre de côté les sondes trop étroites. Les sondes 4 et 2 très flexibles peuvent rencon* trer des obstacles, faire des fausses routes et aggraver l'obstruction. On se sert généralement de la sonde n^ 3 qui est de moyenne grosseur, rigide, et qu'on a soin de

Fig. 2.

- Cathétérisme par le point lacrymal inférieur incisé.

recourber légèrement suivant son grand axe, afin d'éviter la saillie di l'arcade sourcilière. Supposons le cathétérisme de l'œil gauche (fig. 2). Le chirurgien se place en face de son malade, tire en bas et en dehors la paupière inférieure, glisse, de la main droite, la sonde dans l'ornière creusée par la section jusqu'au contact de la paroi osseuse de la gouttière lacrymale. 11 rencontre généralement un premier obstacle dû au rétrécissement du canal à son embouchure, il le franchit, et lorsqu'il est bien certain d'être arrivé au fond du sac, il retire son instrument d'un millimètre au plus, et le fait passer de la position horizontale qu'il occupait à la position verticale, en maintenant toujours la paupière tendue comme une corde. Puis il fait descendre doucement la sonde en la poussant

Fig. 3. ■

■ Cathétérisme par le point lacrymal supérieur incisé.

petit à petit le long de la paroi interne du sac, sans d'autre effort que celui qui est nécessaire pour vaincre les rétrécissements qu'il rencontre sur son passage. Si Ton sent une résistance osseuse en chemin, on peut avoir l'assurance qu'on a fait fausse route, et il faut revenir sur ses

pas. Pour le cathétérisme par le point lacrymal supérieur (fig. 3), on introduit la sonde de haut en bas et obliquement de dehors en dedans par rapport à la direction des conduits, en ayant soin de relever et de tendre vers le haut la paupière supérieure, sans qu'il y ait lieu de se placer pour plus de commodité en arrière de la tête, comme le font beaucoup de chirurgiens. S'agit-il de l'œil droit, la manœuvre est un peu plus compliquée, en ce sens que pour le conduit lacrymal inférieur, il faut arrondir le bras vers le front du patient, infléchir le poignet et glisser la sonde dans la rainure du conduit par ua^ mouvement de flexion et de propulsion des doigts. Il est indispensable, si on doit pratiquer le cathétérisme du conduit supérieur, d'exécuter la manœuvre en se plaçant cette fois en arrière du malade, sans quoi il serait assez difficile de maintenir fixée et tendue la paupière supérieure.

On arrive par le procédé de Bowman longtemps prolongé à d'excellents résultats. Le chirurgien allemand Weber remplace les stylets par des bougies emplastiques de forme conique, munies d'un mandrin, et il substitue volontiers à ces dernières un stylet métallique volumineux, dont l'introduction constitue une sorte de cathétérisme forcé. M. Warlomont se sert également d'un cathéter gradué ayant beaucoup d'analogie avec le stylet de Weber. Il est incontestable que les deux chirurgiens doivent à cette pratique un certain nombre de succès, ce qui n'infirme en rien la valeur du procédé de Bowman, qui est moins brutal et toujours inoffensif.

D"^ Ad. PiÉCHÂUD.

BiBL. : Cathétérisme du canal nasal. -— Wecker, Traité pratique des maladies des yeux. — Warlomont, Ann. d'oculis tique, — Panas, Leçons sur les affections de l'appareil lacrijmal.

CATHÉTOWIÈTRE (Phys.). C'est un instrument destiné à mesurer la différence de niveau de deux points. II se compose essentiellement d'une règle divisée verticale supportant une lunette horizontale qui peut descendre le long de cette règle et qui peut tourner, en outre, en même temps que la règle autour d'un axe vertical. Pour mesurer la distance verticale de deux points, c.-à-d. la distance des plans horizontaux passant par ces deux points, on amène la lunette à viser l'un des points en la déplaçant le long de la règle graduée et en la faisant tourner. Lorsque cette visée est obtenue on note la position, sur la règle graduée, d'un point de repère marqué sur le support de la lunette ; puis on déplace de nouveau la lunette de façon à l'amener à viser l'autre point et l'on note la nouvelle position du point de repère sur la règle divisée. Remarquons que la règle divisée, étant verticale, est perpendiculaire à toutes les positions de la lunette et en particulier aux deux positions qu'elle a prises, de sorte que la distance des deux positions du point de repère mesure bien la distance comptée sur la verticale des deux plans horizontaux menés par les points. Ce sont les positions de l'axe optique de la lunette qui définissent les horizontales passant par ces points. 11 faut donc, pour que la mesure soit bonne, que les conditions que nous avons supposées remplies dans ce qui précède le soient le plus possible. Ces conditions sont les suivantes : 1° l'axe de rotation du cathétoniètre doit être vertical ; 2^ l'axe géométrique de la lunette doit être horizontal.

Un cathétomètre se compose en général d'un axe cylindrique en fer supporté par un pied muni de trois vis calantes. Sur la ligne qui joint deux de ces vis est placé à demeure un niveau à bulle d'air ; un autre se trouve sur le même pied dans une direction perpendiculaire à celleci. Le sommet de cet axe porte une petite cavité; sa base est élargie sous forme de tronc de cône. Cet axe est entouré d'une gaine en laiton qui a souvent la forme d'un prisme triangulaire ; l'une des faces est argentée ; c'est elle qui porte la graduation en millimètres. Cette gaine se termine à sa partie supérieure par une vis dont la pointe obtuse vient reposer dans la petite cavité pratiquée au sommet de Taxe en fer ; elle se termine à sa partie inférieure par

CATHETOMÈTRE

uû biseau qui s'applique sur le petit tronc de cône dont nous avons parlé. Au moyen de la vis placée tout en haut de Tappareil on peut régler le frottement ; en effet, si elle est trop relevée, elle ne touche plus Taxe en fer et la gaine de laiton se trouve supportée uniquement par la base qui produit un frottement assez grand ; si la vis est, au contraire, trop abaissée, la gaine tourne uniquement autour de la pointe de la vis, le frottement est très faible, mais il y a à craindre un ballottement de la gaine par rapport à Taxe provenant de ce qu'il n'y a pas contact entre les deux et que la gaine n'est plus maintenue en bas par le tronc de cône.

La vis étant trop relevée on doit donc l'abaisser jusqu'à rendre le mouvement facile sans trop dépasser ce point pour ne pas voir se produire le second inconvénient. Sur la gaine de laiton peuvent se mouvoir deux curseurs, sorte d'anneaux triangulaires l'entourant exactement.

Le curseur inférieur, le plus petit, porte une vis de pression destinée à presser le curseur contre la gaine pour l'empêcher de descendre. Ce premier curseur est relié au second par une vis micrométrique dont le pas est ordinairement d'un millimètre et dont la tête porte un tambour gradué divisé en 400 parties. En regard de ce tambour se dresse un petit index permettant de lire le nombre de divisions dont on fera tourner la vis. Le second curseur est celui qui porte la lunette et le point de repère au niveau duquel l'on note les divisions du cathétomètre ; ce point de repère se trouve placé sur le biseau d'une fenêtre taillée dans le curseur et permettant d'apercevoir la règle graduée ; il est accompagné d'un vernier qui est le plus souvent au cinquantième. Vers le centre du curseur se trouve un petit axe normal à sa surface ; c'est autour de lui que peut se déplacer la lunette lorsqu'on la règle pour la mettre horizontale. Le support de la lunette se compose d'une sorte de fourchette formée d'une partie horizontale terminée à ses extrémités par deux parties verticales entaillées de façon à pouvoir recevoir la lunette. Ces entailles ont la forme d'un hexagone régulier auquel on aurait enlevé les deux côtés supérieurs ; leurs dimensions sont telles qu'elles peuvent recevoir à frottement très doux deux bagues cylindriques en laiton. Celles-ci ont été obtenues en coupant un cylindre tourné avec le plus grand

Fig. 1. — Cathétomètre.

soin pour qu'elles aient sensiblement même diamètre. Ces bagues sont ensuite soudées au tube de la lunette ; de cette façon celle-ci se trouve reposer sur la fourchette sans ballottement. Au-dessous ou au-dessus de la lunette se trouve fixé un niveau à bulle d'air dont la position par rapport à la lunette peut être modifiée légèrement à l'aide d'une vis. Tout l'ensemble de ce curseur peut tourner autour du petit axe dont nous avons parlé ; pour cela la fourchette porte une queue dans laquelle un écrou, percé dans une petite sphère, peut légèrement se déplacer, dans cet écrou passe une vis fixée au curseur lui-même. En manœuvrant cette vis on peut aussi incliner plus ou moins la fourchette et par suite la lunette. Celle-ci est analogue aux lunettes astronomiques ; elle possède un objectif, un réticule et un oculaire ; elle a, en outre, d'autres objectifs de rechange pour permettre des visées à différentes distances sans être obligé de trop faire varier le tirage. Pour faire une observation, on se place, autant que possible, à égale distance des deux points que l'on aura à viser afin de ne pas être obligé, si cela se peut, de changer le tirage de la lunette. En effet, les points qui déterminent la ligne de visée, c.-à-d. la ligne à laquelle on rapporte tout, ce sont le centre optique de l'objectif et le point de croisement des fils du réticule ; or, pour régler la lunette on commence d'abord par faire varier la position du réticule par rapport à l'oculaire, de façon que l'observateur voie nettement ce réticule, puis, le réticule et l'oculaire étant invariablement liés pour un même observateur, on avance plus ou moins ce système de l'objectif, afin de voir nettement aussi les points qu'il faut viser. S'ils ne sont pas à la même distance, il faudra changer la position de l'oculaire et dans ce mouvement rien ne dit que le réticule se déplacera suivant la position de l'axe optique et que par suite cet axe ne changera pas un peu de direction.

Réglage.— On commence d'abord par mettre l'axe sensiblement vertical et la lunette sensiblement horizontale ; puis on commence par régler une fois pour toutes, en vérifiant cependant de temps à autre que l'appareil n'a pas changé la concordance de l'axe optique et de l'axe géométrique de la lunette. Nous avons dit ce que c'était que l'axe optique ; l'axe géométrique est la ligne qui passe par les centres des deux anneaux cylindriques soudés à la lunette et par l'intermédiaire desquels elle repose sur les bras de la fourchette. Ce réglage est nécessaire, bien que la visée ne repose pas sur l'axe géométrique ; en effet, dans les réglages suivants nous verrons que, pour rendre la lunette horizontale ou perpendiculaire à l'axe, c'est l'axe géométrique que l'on rend horizontal ou perpendiculaire et, comme c'est l'axe optique qui doit l'être, il faut que ces deux axes coïncident. — Réglage de l'axe optique. Nous supposerons deux cas : 1° Le .centre optique de l'objectif est sur l'axe géométrique. Il sufiSt alors, pour faire coïncider les deux axes, d'amener aussi du point de croisement des fils du réticule sur le même axe. Pour voir s'il s'y trouve on vise avec la lunette un point et on retourne de 480^ la lunette autour de son axe géométrique ; celui-ci, AG, ne change pas, tandis que si le point de croisement des fils du réticule n'est pas sur AG, il viendra après cette rotation occuper une position R' symétrique de la première. L'image du point se faisait tout à l'heure en R sur le réticule ; il se fera encore en R mais non plus sur le réticule, et l'écart RR^ du réticule et de l'image représentera le double du défaut de position du réticule. L'un des fils de celui-ci est mobile ; en tournant la clef qui le commande on fera parcourir au point de croisement une distance sensiblement égale à la moitié de RR% puis, pour être sûr que l'on ne s'est pas trompé dans l'évaluation de cette moitié, on recommencera le même essai en ramenant encore l'écart à moitié s'il en existe encore un petit. — 2^ Supposons que le centre optique de l'objectif ne se trouve pas sur l'axe géométrique. Supposons-le en 0 et le réticule en R dans

CATHÉTaMÈTRE

la première position, visons un objet éloigné, après la rotation de ISO*' il sera en 0' et le réticule en R^ ; l'image sera vue en B, si on regarde dans la lunette pendant la rotation, on constate que le réticule et l'image décrivent deux cercles tangents extérieurement, tandis

Fig. 2.

que dans le premier cas l'image restait immobile pendant la rotation. Supposons maintenant que Ton ramène l'image B au milieu M de la distance qui la sépare de la nouvelle position du réticule. Calculons Ml, on a

MI zzz BI + MB = BI + ?|^ :=:. Bl-f- ^^' ~ ^^

Appelons 2^ la distance 00' et 2^' la distance RR^ eeté sont les distances du centre optique de l'objectif et du réticule à l'axe géométrique. On a, en remarquant nue

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