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CAUCHY

manière rigoureuse, les princijjes fondamentaux du calcul différentiel, rattache les expressions imaginaires à la théorie des équivalences algébriques, essaye d'en donner une interprétation géométrique, et indique de nouvelles formules, fondées sur le calcul des différences finies, pour résoudre le problème de l'interpolation; ses travaux sur les intégrales définies marquent le point de départ de nombreuses récherches sur la théorie des fonctions doublement périodiques, et il fonde de toutes pièces le calcul des résidus dont le germe se trouve dans un mémoire d'Euler intitulé : Nova metho,dus fractiones quascumqne rationales in fractiones simplices resolvendi (Actes del'Acad.de Saint-Pétersb., ann. 1780) ; il pose les principes de la théorie dite des substitutions, donne une base solide à la théorie des séries et étudie leurs lois de convergence, fait réaliser des progrès essentiels à la théorie des équations, trouve une règle, applicable dans tous les cas, pour la détermination du nombre des racines, soit réelles, soit imaginaires, comprises entre des limites données, démontre l'avantage qu'on peut retirer des symboles imaginaires pour l'analyse des fonctions inverses et périodiques, établit d'une façon rigoureuse l'existence des intégrales des équations différentielles ordinaires et des équations dérivées partielles à un nombre quelconque d'inconnues et donne avant Jacobi une méthode générale pour intégrer les équations aux dérivées partielles de premier ordre, et les équations linéaires à coefficients constants. En mécanique, il substitue au principe de la continuité de la matière la notion incontestable de la continuité des déplacements géométriques, vérifie les lois de Fresnel relativement au phénomène de la double réfraction, établit les lois suivant lesquelles un mouvement simple est modifié en passant d'un milieu dans un autre et refait une théorie de l'équilibre et du mouvement des tiges et des plaques élastiques. En optique, il donne les équations générales de la lumière, à l'occasion de ses recherches sur les mouvements infiniment petits des systèmes de molécules sollicitées par des forces d'attraction et de répulsion mutuelles ; obtient, dans ses études sur la polarisation de la lumière, des résultats remarquables, établit le premier les lois de la réflexion et de la réfraction sans recourir à des formules empiriques ou à des hypothèses douteuses, fonde la théorie des rayons évanescents, donne les causes et fixe les lois du phénomène de la dispersion de la lumière. En astronomie, il s'attache surtout à perfectionner les méthodes et à trouver des formules propres à simplifier les calculs ; il est conduit, par la suite, à une théorie toute nouvelle pour la détermination des mouvements planétaires, et, le 4 mai 1857, quelques jours avant sa mort, il lit encore à l'Institut un mémoire sur l'emploi d'un nouvel artifice de calcul astronomique, le coefficient régulateur.

Cauchy n'a écrit, nous l'avons dit, que peu d'ouvrages de longue haleine. Les résultats de ses recherches sont presque tous consignés dans ses mémoires et noies ; au nombre de 789, ils ont été insérés dans la Correspondance et le Journal de l'Ecole polytechnique, le Journal des Mines, les Annales de mathématiques de Gergonne, le Bulletin des sciences de Ferussac, le Bulletin de la Société philomathique, le Journal de mathématiques de Liouville et les différents recueils de l'Académie des sciences ; ces derniers seuls en contiennent plus de 500 pour les années 1839 à 1857 : le budget de la savante compagnie faillit ne pouvoir suflare à leur impression. Nous avons signalé, au cours de cet article, les plus connus parmi tous ces mémoires ; on trouvera la liste des autres, soit complète, soit partielle, dans Valson, dans Poggendorffetdans le catalogue de la Société royale de Londres (V. ci-dessous Bibl.) — Quant à ses ouvrages publiés à part, en voici les titres : Cours d'analyse de l'Ecole polytechnique (Paris, 1821, in-8 ; trad. allem. par Hupler, Kœnigsberg, 1828) ; Résumé dès leçons données à l'Ecole polytechnique sur le calcul infi-

nitésimal (Paris, 1823, in-4) ; Mémoire sur les intégrales définies prises entre des limites imaginaires (Paris, 1825, in-4) ; Leçons sur les applications du calcul infinitésimal à la géométrie (Paris, 1826-28, 2 vol. in-4 ; trad. allem. par Schnuse, Brunswick, 1840) ; Anciens exercices de mathématiques (Paris, 1826-30, 51 livr. in-4); Leçons sur le calcul différentiel (Paris, 1829, in-4; trad. allem. par Schnuse, Brunswick, 1836); Mémoire sur la résolution des équations numériques et sur la théorie de V élimination (Paris, 1829, in-4); Mémoire sur la théorie de la lumière (Paris, 1830, in4) ; Résumés analytiques (Turin, 1833, 5 livr. in-4); Nouveaux exercices de mathématiques (Prague, 1835-36, 8 cah., in-4, rare) ; Nouveaux exercices d'analyse et de physique mathématique (V&ris, 1840, 4 vol. in-4, rare) ; Memoria dei metodi analitici (Rome, 1843, in-8). Il a écrit en outre, en 1834, un petit poème : Charles V en Espagne, et communiqué à l'Académie des inscriptions et belles lettres un Mémoire sur la prosodie des langues orientales, et en particulier sur la prosodie biblique,

— L'Académie des sciences a entrepris la publication, en 26 vol. in-4, des OEuvreû complètes d'Augustin Cauchy; cinq volumes sont déjà en vente (1882-88).

Cauchy a eu deux frères : l'* Alexandre-Laurent, né à Paris en 1792, mort k Paris en 1857, qui s'appliqua d'abord aux mathématiques, puis fit son droit, et devint président de chambre à la cour d'appel en 1847, conseiller à la cour de cassation en 1 849 ; 2° Eugène (V. ci-dessous). Léon Sagnet.

Bibl. : G. Sabrut et Saini-Edme, Biographie des hommes du jour; Paris, 1835-42, (j vol. iri-8. — C.-P. Marielle, Répertoire de L'Ecole polytechnique ; Paris, 1855, in-8. — Ch. Dupin, Discows sur Cauchy ; Paris, i857, in-4. — Lettre de Biot à Falloux sur Cauchy, dans le Correspondant de 1857. — De Montalembert, Eloge de Cauchy, à la séance des cinq académies du 18 août 1857.

— ÏERQUEM, Analyse des travaux de Cauchy, dans les Nouvelles annales de mathématiques ; Paris, 1857, in-8.

— Proceedings of the royal Society of London, 1859, 44.— J.-G. PoGGEivDORFF, Biograpkîsch-Literarisches Handwôrterbuch ; Leipzig, 1863, 2 vol. in-4. — Royal Society of London, Catalogue of scientiflc papers ; Londres, 1867, t. I, in-4. — Valson, le baron Aug. Cauchy^ sa vie et ses travaux ; Paris, 1868, 2 vol. in-8. — Journal des savants (note de M. J. Bertrand); Paris, 1869, p. 205, in-4. — B. BoNcoMPAGNi, Bulletino di bibliografia e di storia délie scienze ; Rome, 1869, t. II, p. 1, in 4. — Maxim. Marie, Histoire des sciences mathématiques etphysiques; Paris, 1883-87, t. XII, p. 144, 12 vol. in-8.

— Consulter en outre sur les théories de Cauchy les dernières éditions de la Géométrie de Legendre, le Cours d'Algèbre supérieure de Serret (2^ éd.), les Leçons de calcul différentiel et les Leçons de mécanique analytique de l'abbé Moiono, le Traité d'analyse de M. H. Laurent, le Traité élémentaire des séries de M. Catalan et le Cours d'analyse (III) de M. Jordan.

CAUCHY (Eugène-François), frère du précédent, publiciste et jurisconsulte français, membre de l'Institut, né à Paris le 16 oct. 1802, mort le 2 avr. 1877. Fils du secrétaire-archiviste de la Chambre des Pairs, Cauchy hérita, après 1830, des fonctions paternelles qu'il exerça en même temps que celles d'auditeur puis de maître des requêtes au Conseil d'Etat, jusqu'à la Révolution de 1848. Diverses publications attirèrent bientôt sur lui l'attention du monde savant, notamment celle d'un important mémoire sur « les origines, les variations et les progrès du droit maritime international ainsi que de ses rapports avec l'état de civilisation des différents peuples ». Au sujet de ce beau travail, couronné par l'Académie en 1860, M. Renouard,rapporteur, s'exprimait ainsi : «L'auteur a fait preuve de philosophie dans l'esprit, de justesse dans le sens, d'élévation dans les sentiments, et de vastes connaissances de droit et d'histoire...» Ce succès désignait Cauchy aux suffrages de l'Académie des sciences morales et politiques. Il y fut élu le 23 juin 1866 en remplacement de M. Déranger. En dehors de son principal ouvrage : le Droit maritime international (1863, 2 vol. in-8) qui n'est que la reproduction sous une autre forme du mémoire précité, on doit à Cauchy : Du Duel considéré dans ses

CAUGHY - CAUDEBEC

origines et dans Vétat actuel des mœurs (1846, 2 vol. in-8; 2'' édit., 1863); De la Propriété communale et de la mise en culture des communaux (1848) ; Etudes sur Domat (1852); plusieurs mémoires lus, depuis 1866 à l'Institut; Observations sur Lucrèce (1869, in-8); Augustin Cochin (1872), etc. Il laissera surtout le souvenir d'un représentant érudit et consciencieux de Thistoire du droit maritime, longtemps négligée en France.

Casimir Cheuvreux.

CAUGIG (Franz), peintre d'histoire autrichien, né en 1742, mort en 1828. Il voyagea avec une bourse de l'Etat à Bologne, Venise et Rome, et fut, en 1799, nommé professeur à l'académie de Vienne. En 1820, il devint directeur de l'école de peinture, sculpture, gravure et mosaïque. Il ne laissa pas moins de deux mille dessins ou cartons.

CAUCON ES (Géogr. anc). Homère nomme les Kauxwvsç à côté des Lélèges et des Pélasges qui vinrent au secours desTroyens (//., X, 429). Suivant Strabon, ce peuple habitait la Paphlagonie et la Bithynie. Il y avait eu aussi des Caucones en Grèce, originaires de l'Arcadie depuis Strabon et qui s'étaient établis sur divers points du Peloponèse et particulièrement dans la Triphylie, partie la plus méridionale de l'Elide (Strabon, pp. 341 et suiv.). Homère les mentionne dans V Odyssée, 111, 366, et les appelle

[jL£yaGu(xoi.

CAUCOURT. Corn, du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Béthune, cant. de Houdain, sur la Riette ; 340 hab.

CAUDA LUClDA(Astron.). Nom de la belle étoile de seconde grandeur placée à la queue du Lion et connue sous le nom de p Lion ou Denebola, Sa lumière est la même que celle de Castor (V. ce mot) ; aussi son spectre est tout semblable. Sa position moyenne donnée par la Connaissance des Temps pour 1889 a pour coordonnées :

iî{rr:111^43^23«82; Dr=r + lôoll^33^'3.

CAUDAN, Com. du dép. du Morbihan, arr. de Lorient, cant. de Pont-Scorff, entre le Scorff et le Blavet ; 7,270 hab. C'est sur la com. de Caudan que sont établis les chantiers de construction navale du port de Lorient.

CAUDAU. Rivière du dép. de la Dordogne, a sa source au-dessous du hameau de la Courdie (com. de Saint- Alvère), passe à Clermont et à Lamonzie-Montastruc où elle reçoit la Louyre et le ruisseau de Mermélou, et se jette dans la Dordogne après un cours de 42 kilom., près du barrage de Bergerac. Plusieurs usines importantes de Bergerac sont alimentées par des canaux dérivés du cours de cette rivière.

CAUDÉ (Art herald.). Attribut d'une ou de plusieurs comètes ou étoiles représentées avec une queue ou un rais plus grand que les autres ou d'un émail particulier ; c'est le symbole de la renommée acquise par de grands exploits en dehors des choses militaires.

CAUDEBEC-en-Caux. Ch.-l. de cant. du dép. delà Seine-Inférieure, arr. d'Yvetot, port de relâche, de poche et de cabotage sur la rive droite de la Seine, à l'emb. de l'Ambion; 2,313 hab. Un chemin de fer (de Caudebec à Barentin) la relie à la grande voie ferrée de F*aris au Havre. Jolie ville située à l'entrée d'un vallon et sur la pente d'une colline par rampes étagées, couvertes d'élégantes habitations ; l'industrie y est représentée par des tanneries, des corroieries, des filatures de coton, des fabriques de tissus laine et coton, des fabriques de toiles à voiles. La barre de la Seine s'y fait sentir avec violence. Syndicat maritime ; consulat de Suède. Les murs d'enceinte, élevés au xiv® siècle, ont à peu près disparu ; la dernière tour fortifiée a été démolie en 1864. On voit encore quelques maisons de pierre remontant au xni« siècle; l'une d'elles entre autres servit de prêche aux protestants, au temps de la Réforme. La charmante église Notre-Dame (mon. hist.), œuvre du xv® siècle, est justement admirée pour ses harmonieuses proportions, la délicatesse de ses sculptures, la richesse de ses vitraux et sa flèche à trois couronnes de 101 m. de haut, récemment

restaurée. Elle avait été consacrée par l'archevêque Eudes Rigauden 1267; on voulut l'agrandir en 1382, mais les travaux ne commencèrent qu'en 1426, comme le prouve une inscription placée à la base de la tour; les constructions principales appartiennent aux xv® et xvi« siècles, avec additions postérieures. Cette église, dont le plan est généralement attribué à Guillaume Letellier, mort en 1484, a trois nefs sans transepts, un chevet polygonal légèrement incliné, un déambulatoire en prolongement des collatéraux, des chapelles rayonnant autour du chœur et flanquant la nef; longueur dans œuvre, 56 m. Le clocher s'élève vers le bas de la nef et contre le bas côté méridional ; les cloches sont de 1552 et de 1664. On remarque surtout le tympan du portail (xvi^ siècle), en mauvais état ; une rosace de style flamboyant très riche ; des verrières intéressantes dont l'une de 1530 représente une procession du Saint-Sacrement au xvi« siècle, et l'autre (au chevet du chœur), figure Thomas Basin, le célèbre historien et évêque de Lisieux au xv® siècle, né à Caudebec ; la balustrade du grand comble ou galerie dite

Eglise de Caudebec-en-Caux.

des « lettres dorées »; les fonts baptismaux ; la tribune du xvi® siècle et le buôet d'orgue du xvn« siècle ; quelques fragments de peintures murales dans plusieurs chapelles; et, dans la sacristie, de belles boiseries de chêne (xvii« siècle), provenant de l'abbaye de Saint- Wandrille. Caudebec conserve encore une croix de pierre, en forme de croix de Malte, qui rappelle un établissement de Templiers fondé au xii« siècle ; la chapelle de Notre-Dame de Barre-y- Va (allas Barival), jadis pèlerinage fréquenté; et la chapelle de Saint-JuIien-le-Pauvre, dépendant autrefois d'un hospice ou maison des pauvres fondé en 1205 par Richard de Villequier. Les capucins y avaient établi un couvent en 1620; les augustines un autre en 1633. La ville fut prise trois fois, par les Anglais en 1419, par les calvinistes en 1562, par les Espagnols en 1592. C'est d'ailleurs une place antique : sur la hauteur voisine qui domine la Seine on aperçoit des traces d'un oppidum antérieur à César, au pied duquel se développa Caledunum^ capitale des Calètes (nom resté au pays de Caux) ; des hachettes et médailles gauloises trouvées sur cet emplacement sont exposées au*musée d'antiquités de Rouen. Plusieurs auteurs ont voulu y voir aussi le Lotum de l'Itinéraire d'Antonin. Des fouilles ont mis à jour des vases, des urnes, des fibules et des monnaies appartenant à l'époque romaine. En face de Caudebec et au milieu delà Seine, a

CAUDEBEC — CAUDRY

dû exister File de Belsinac, mentionnée pour la première fois en 670, pour la dernière en 1641 ; aujourd'hui rongée par les eaux, elle a reçu le premier établissement de l'abbaye de Saint- Wandrille. H. Stein.

BiBL. : A. Sàulnier, Essai historique sur Caudebec et ses environs; Rouen, 1841, in-8. — L. Fallue, Dissertations sur Catedunum {Revue Archéologique^ 1855, pp. 4 45, sq.) — E. GuÉROULT, Notes sur quelques antiquités des enoirons de Caudebec (Mém. delà Sorbonne, Archéologie, 1866, pp. 39 sq.}. — Abbé Cochet, Répertoire archéologique de la Seine-Inférieure ; Paris, 1873, in-4.— Abbé Sauvage, Description de l'église Notre-Dame de Caudebec-en-Caux ; Rouen, 1876, in-8. — R. de Maulde, Une vieille ville normande, Caudebec-en-Caux; Paris, 1879, in-8.-- Restauration de la flèche de Caudebec, 1883-1886; Rouen, 1888, in-8. — E. Ro^dki., Guide complet dans Caudebec-en-Caux et ses environs ; Caudebec, 1889, in-12.

CAUDEBEC-lès-Elbeuf. Corn, du dép. de la Seine- Inférieure, cant. d'Elbeuf et arr. de Rouen, sur la rive gauche de la Seine et le chemin de fer d'Orléans à Rouen ; 11,038 hab. Le pays lut donné au viii® siècle à Tabbaye Saint-Taurin d'Evreux, qui y posséda jusqu'à la fin du moyen âge des vignobles importants. L'église Notre- Dame, primitivement romane, a été récemment restaurée dans le style du xvi^ siècle; on n'y voit d'ancien que l'abside circulaire et le clocher ; débris de vitraux intéressants. Aujourd'hui la ville est essentiellement industrielle ; les ateliers de tissage et les fabriques qui s'y sont installées depuis un demi-siècle ont singulièrement augmenté la population. Caudebec occupe l'emplacement dTggate, localité ruinée avant la fin du iii^ siècle, mais mentionnée dans les anciens itinéraires romains. On y a découvert des monnaies de bronze de l'époque gauloise, un cimetière celtique contemporain de César (exploré par l'abbé Cochet en déc. 1855), avec urnes et fibules, des masses de débris romains, statuettes de marbre, poteries, fragments d'inscriptions, huit mille monnaies impériales (1846), un édifice antique de 5«»25 sur 2«»50, enfin des cercueils en pierre et plâtre (1855 et 1868), avec objets de l'époque franque et un bracelet d'argent. H. Stein. BiBL.: Abbé Cochet, Répertoire archéologique du dép. de la Seine-Inférieure ; Paris, 1873, in-4.

CAUDEBRONDE. Corn, du dép. de l'Aude, arr. de Carcassonne, cant. de Mas-Cabardès; 361 hab.

CAUDECOSTE. Corn, du dép. de Lot-et-Garonne, arr. d'Agen, cant. d'Astafibrt; 940 hab. — Bastide du pays de Bruilhois, édifiée sur un plan régulier, entourée de remparts moitié en pierre, moitié en briques, dont il ne subsiste que quelques débris. La place dite des Cornières avec ses maisons à piliers et à pans de bois est fort pittoresque. De curieux statuts municipaux du xiv^ siècle ont été conservés dans les archives de cette commune, dont l'histoire est peu connue. Caudecoste dépendait en partie du prieuré de Layrac. Pendant les guerres de la Fronde (1652), cette place fut successivement occupée par les armées du prince de Conti et du marquis de Saint- Luc. G. Tholin.

CAUDÉRAN, Com. du dép. de la Gironde, arr. et cant. de Bordeaux, annexée en partie à cette ville ; 7,963 hab. Caudéran est la plus peuplée des communes de la banlieue de Bordeaux. Elle doit cet avantage à la proximité de la ville, qui transforme Caudéran en été en séjour de villégiature des Bordelais. Etablissements industriels.

CAUDEVAL. Com. du dép. de l'Aude, arr. de Limoux, cant. de Chalabre ; 283 hab.

CAUDI (Giuseppe), peintre, architecte, graveur. Il travaillait à Valence vers le milieu du xvii® siècle, mort à Madrid en 1696. 11 fut appelé à Madrid en 1677 parle roi Charles II qui le nomma son peintre ordinaire et pour lequel il exécuta surtout des travaux de sculpture et d'architecture.

CAUDiCARIl. Nom donné aux mariniers qui transportaient d'Ostie à Rome les blés de l'Annona ; il vient de coudex ou codex, assemblage de planches, de radeaux ou bateaux plats, appelés caudicariœ naves» Ils pa-

raissent avoir formé de bonne heure une corporation, qui subsista pendant toute la durée de l'empire romain.

BiBL. : article de A. Humbert, dans le Dictionnaire des Antiquités, de Daremberg et Saglio.

CAUDICULE (Bot.). Richard a donné ce nom, aujourd'hui communément employé, au support solide des masses polliniques des Orchidées. Souvent la caudicule est terminée par une glande ou rétinacle qui sécrète une matière gommeuse se collant fortement aîix objets sur lesquels elle tombe. Dans de nombreuses espèces la caudicule est élastique, et en se détendant brusquement, elle s'élance assez loin, emportant avec elle les masses polliniques.

CAUDIÈS-DE-MoNTLouis. Com. du dép. des Pyrénées- Orientales, arr. de Prades, cant. de Montlouis; 148 hab.

CAUDI ES-de-Saint-Paul. Com. du dép. des Pyrénées-Orientales, cant. de Saint-Paul, arr. de Perpignan ; 1,096 hab. Caudiès-de-Saint-Paul est situé près de la frontière du dép. de l'Aude, à proximité des forêts de Fanges, de Boucheville, etc., qui sont dans ce dernier département. Cette ville, qui appartenait à la généralité de Languedoc, était, avant la Révolution, le siège de quelques juridictions et administrations secondaires. Le terrain de la vallée de Caudiès est d'une étude intéressante pour le géologue ; il renferme des bancs remarquables d'ostrea et de bélemnites. A. Brutails.

BiBL. : Eug. Péprat, Ostrea et Bélemnites de Caudièsde-Saint-Paul, dans la Société agricole des Purénées- Orientales, XXVin p. 165.

CAUDII.LO. Capitaine, chef de parti ou de bande dans les révolutions de l'Amérique espagnole. Ce mot correspond à peu près au condottiere de l'histoire d'Italie.

CAUDINA (ZooL). Ce genre, fondé par Stimpson (1854), pour un Echinoderme de l'Amérique du Nord, décrit par Gould sous le nom de Chirodota arenata, avait été rattaché aux Synaptidées. Selenka et Semper ont montré qu'il appartient en réalité à la famille des Molpadides. Il est caractérisé par la forme du corps, fortement rétréci en arrière et par ses douze tentacules digités ; la peau est rendue rugueuse par de nombreux corpuscules calcaires. Une deuxième espèce a été récemment décrite par Bell (1883) à la Nouvelle-Zélande (Caudina meridionalis).

CAUDIUM (Géogr. anc). Ville des Samnites sur la voie Appienne, aujourd'hui Maria di Goti. Elle fut célèbre par le défilé des proverbiales Fourches Caudines où l'armée romaine passa sous le joug en 321 (V. Samnites, Pontius Telesinus).

CAUDRÈTTE (Pèche). On désigne sous ce nom une espèce de petite truble sans manche, suspendue par trois cordelettes se réunissant à une corde plus forte, qui sert à prendre des crustacés et principalement des crevettes ; l'engin est formé d'une sorte de filet tendu sur un cercle de fil de fer croisé par deux ficelles transversales à l'intersection desquelles on tend l'appât ; parfois le filet, en forme de poche, est couvert par des ficelles qui forment une trame à larges mailles à laquelle on attache l'appât.

CAUDROT. Com. du dép. de la Gironde, arr. de la Réole, cant. de Saint-Macaire, sur la Garonne, à 1 kil. en aval du bras inférieur du Dropt; 1,245 hab. Un tiers de la commune est au bord de la Garonne; le reste occupe des coteaux où Ton récolte d'assez bon vin. La commune renferme beaucoup de petits hameaux, un port, des carrières. On y trouve quelques traces d'antiquités et des restes de murailles. L. Cadier.

CAUDRY (Calderiacum) . Com. du dép. du Nord, arr. de Cambrai, cant. de Clary ; 7,839 hab. Slat. des ch. de fer du Nord et du Cambrésis, ligne de Busigny à Cambrai et de Caudry à Catillon. Caudry possède des distilleries, des fabriques de tissus de coton, de laine et de lin, de tulle et de métiers à tulle. — Eglise moderne dont le clocher est du xv^ siècle. On y conserve la châsse de sainte Maxellende, œuvre d'orfèvrerie du xv« siècle en cuivre doré. Cette châsse, en forme d'édicule gothique, est ornée de quatorze statuettes d'argent ; celles des douze

CAUDRY — GAULAINCOURT

apôtres sur les grands côtés ; celles de sainte Maxellende et de sainte Sarre aux deux extrémités. — Vastes souterrains creusés dans le calcaire et auxquels on accède par le cimetière. De l'ancien château féodal des seigneurs de Caudry ne subsistent que les fossés, auprès desquels s'élève un château du xvui® siècle et la chapelle de sainte Maxellende, but de pèlerinage. Au lieu dit la iiamette, eut lieu, le 7 mai 1794, un engagement entre les troupes républicaines et l'armée de Cobourg.

CAUER (Emile), sculpteur allemand, né à Dresde le 29 nov. 1800, mort à Kreuznach le 4 août 1867. Elève de Rauch, il l'aida dans quelques-uns de ses travaux, puis se rendit à Munich auprès d'Haller, En 1824, il tut nommé professeur de dessin à l'université de Bonn, où il exécuta quelques bustes, il alla s'établir ensuite à Dresde, puis à Kreuznach. H se rendit très populaire par ses statuettes de personnages célèbres du temps de la Réforme et par des sujets de genre.

CAUER (Carl-Ludwig), sculpteur allemand, né à Bonn en 1828 ; fils aîné du précédent, il étudia successivement à Berlin, à Rome et à Londres, au British Muséum. C'est à Rome qu'il a exécuté la plupart de ses travaux. On cite parmi les plus importants ntfhésée découvrant Vépée de son père (Amsterdam), un Vainqueur des jeux olympiques (Berlin) ; Hector^ et Andromaque, Statue colossale de Schiller^Maninhem) ; Statue de l'empereur d Autriche (Vienne, 1857) ; Bustes de Frédéric- Guillaume ïVy Psyché et l'Amour, Brunehilde, Cassandre^ etc.

CAUER (Robert), sculpteur, frère du précédent, né le 13 févr. 1831 à Dresde, élève de son père et de Sohn et Schadow à Dusseldorf. Après avoir essayé de la peinture, il s'adonna exclusivement à la sculpture. 11 est l'auteur de plusieurs groupes : Paul et Virginie, Hermann et Dorothée, pour l'empereur d'Allemagne, etc. 11 a fait les bustes de l'empereur Guillaume, du duc de Mecklembourg- Schwerin, du prince de Hohenzollen, etc., etc.

CAUFFRY. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Clermont, cant. de Liancourt ; 430 hab. La seigneurie appartenait à la maison d'Hédouville et fit partie ensuite du duché de Liancourt. Un manoir fortifié existait du côté de Mogneville, au lieu dit le Vieux-Château, Le chœur de l'église et le clocher sont du xu® siècle. Le hameau de Soustraine, où l'on a trouvé des sarcophages, possédait une chapelle particulière reconstruite en 1820. C. St-A.

CAUGc. Com. du dép. de l'Eure, arr. et cant. (S.) d'Evreux ; 303 hab.

CAUHABURY. Rivière du Brésil, affluent de la rive gauche du Rio Negro, dans la prov. de l'Amazone.

CAUJAC. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Muret, cant. de Cintegabelle ; 618 hab.

CAUKERKEN (Cornélius van), dessinateur, graveur au burin, éditeur, né à Anvers en 1625. Il travaillait encore vers 1660. Il a gravé surtout des tableaux d'histoire et des portraits d'après différents maîtres : V Education de la Vierge, d'après Rubens; Jésus-Christ descendu de la croix et la Pentecôte, d'après Van Dyck; le portrait de Charles 11, roi d'Angleterre, dont les accessoires furent gravés par Hollar ; la Charité romaine, d'après Rubens, etc.

BiBL. : Le Blanc, Manuel de i amateur d'estampes.

CAULACAU. Expression gnostique. Elle est employée dans divers systèmes, ceux de Basilide, des Nicolaites et des Ophites. Dans le système de Basilide, le Sauveur traversant les mondes depuis le ciel supérieur jusqu'au trois cent soixante cinquième ciel est appelé Caulacau. C'est probablement un des mots de passe dont on trouve certains autres dans les Œuvres gnostiques qui nous sont parvenues. Dans les autres systèmes, c'est le nom d'un archon, c.-à-d. d'un chef des mondes, ou de l'hommepremier, c.-à-d. de l'archétype humain d'après lequel l'homme aurait été créé. On a regardé ce mot comme un assemblage barbare de lettres mises au hasard ; mais il

est très probable que les gnostiques l'ont emprunté au V. 10 du ch. xxviii à'isaïe où se trouvent deux mots hébreux qui se lisent ainsi. E. A.

CAULAINCOURT. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Saint-Quentin, cant. deVermand; 377 hab.

CAULAINCOURT (Armand-Augustin-Louis, marquis de, duc de Vicence), général et diplomate français, né à Caulaincourt (Somme) le 9 déc. 1773, mort à Paris le 19 févr. 1827. Il était issu d'une famille illustre, qui possédait le fief de Caulaincourt depuis 1187, érigé en marquisat en 1714, et il eut pour père Gabriel-Louis, marquis de Caulaincourt, maréchal de camp en 1788. Entré au service dès l'âge de quinze ans, il parvint rapidement au rang de capitaine, mais fut destitué comme noble, en 1793, ainsi que son père, général de division, dont il était l'aide de camp. Il eut assez de patriotisme pour continuer à servir, comme simple soldat, se fit remarquer à plusieurs reprises par son intelligence, aussi bien que par sa bravoure, et recouvra son grade en l'an III (1795), grâce à la bienveillance de Hoche. Peu après (1796) il accompagna, comme aide de camp, le général Aubert- Dubayet, ambassadeur de la République française, à Constantinople, et, de retour (1797), reprit sa place dans l'armée. Nommé chef d]escadron, puis colonel du 2® régiment de carabiniers, il fit avec la plus grande distinction les campagnes de 1799 et de 1800 à l'armée du Rhin. Sa naissance, ses manières distinguées et ses aptitudes diplomatiques lui valurent, après la paix de Lunéville, d'être envoyé par le premier consul en Russie , pour amener le nouveau souverain de ce pays, Alexandre I«% à se rapprocher du gouvernement français (1801). Sa mission, qui dura six mois, n'eut pas un entier succès. Mais Caulaincourt réussit du moins, par sa loyauté et la noblesse de son caractère, à gagner l'estime et la bienveillance du tsar, ce qui, par la suite, ne fut pas sans profit pour Bonaparte. Ce dernier, après son retour, l'appela auprès de lui comme aide de camp, le nomma général de brigade (1802) et lui témoigna bientôt une confiance qu'il ne prodiguait pas, même à ses serviteurs les plus dévoués.

Caulaincourt eut, vers la fin du Consulat, à remplir dans le grand-duché de Bade une mission délicate qui, coïncidant avec celle que reçut le général Ordener d'aller enlever le duc d'Enghien dans le même pays, put faire croire qu'il n'avait pas été étranger à cet attentat (mars 1804). Il se défendit toute sa vie d'avoir concouru à un acte aussi violent. 11 est en effet prouvé que si Caulaincourt avait reçu l'ordre de violer, comme Ordener, le territoire badois, c'était non à Ettenhein qu'il avait à se rendre, mais à Offenbourg, pour y saisir une certaine baronne Reich et quelques complices obscurs de l'agent anglais Drake dans ses menées contre le premier consul. Peu après, l'Empire fut établi (mai 1804). Caulaincourt, sans cesser d'être aide de camp de Napoléon, devint grand écuyer et reçut, l'année suivante, le grand-cordon de la Légion d'honneur. 11 suivit l'empereur dans ses campagnes jusqu'en 1807, époque où, par suite de la paix de Tilsitt, qui rétablissait les bons rapports entre la France et la Russie, il fut envoyé comme ambassadeur auprès du tsar. La haute société de Saint-Pétersbourg lui fit d'abord froide mine, parce qu'elle le regardait comme ayant participé à l'enlèvement du duc d'Enghien. Mais Alexandre, qui savait la vérité, lui témoigna formellement (par une lettre d'avril 1808) qu'il regardait cette accusation comme calomnieuse. Dès lors le duc de Vicence (c'est le titre que Napoléon lui donna cette année même) n'eut plus en Russie que des amis et jouit du plus grand crédit à la cour du tsar.

L'ambassadeur français s'efforça, durant les quatre années de son séjour en Russie, de maintenir l'alliance franco-russe, dont la stabilité était pour l'Europe la meilleure garantie de repos. Mais l'insatiable ambition de Napoléon le réduisit peu à peu à l'impuissance ; si bien

CÂULAINCOUHT

qu'en 1811, désespérant d'empêcher le conflit des deux empereurs, qui déjà était inévitable, il demanda et obtint son rappel. Reçu assez froidement par son maître, il ne fut point pour cela disgracié. Il put même, sans l'irriter, lui tenir encore le langage de la raisou et le supplier de s'arrêter au moment de s'engager dans la funeste entreprise où allait sombrer sa fortune. Napoléon l'écouta, mais n'en fit qu'à sa tête. Le duc de Yicence suivit son souverain en Russie, essaya une dernière fois de le retenir à Vilna et, n'y réussissant pas, demanda un commandement en Espagne. Mais l'empereur ne voulut pas se séparer de lui. Caulaincourt, la mort dans l'âme, alla jusqu'à Moscou et, après l'incendie de cette ville, démontra à Napoléon, qui voulait l'envoyer en négociation à Saint-Pétersbourg, que le tsar ne se prêterait à aucune ouverture tant que les Français seraient sur son territoire. Il fallait, à son sens, commencer par se mettre en retraite. C'est ce qui fut fait. On sait qu'après le désastre de la Bérézina, l'empereur, impatient de rentrer à Paris, laissa les débris de l'armée en Pologne et partit pour la France. Il n'emmena que Caulaincourt dans ce voyage qui dura quatorze jours et pendant lequel il vécut avec son aide de camp dans une intimité qui lui permit d'apprécier pleinement ses grandes qualités d'esprit et de cœur, ainsi que son loyal dévouement (déc. 1812).

Malheureusement, à peine rentré en France, il ne songea qu'à recommencer la guerre. Les conseils pacifiques de Caulaincourt ne furent pas plus écoutés que par le passé. La campagne de Saxe commença. Le duc de Vicence avait été nommé sénateur en avr. 1813. Mais il n'en avait pas moins, quelques jours après, suivi la Grande Armée. Après Lutzen et Bautzen, c'est lui qui, eut à négocier et à conclure l'armistice de Pleswitz (4 juin). Puis il fut désigné, avec h comte de Narbonne, pour représenter la France au congrès de Prague. On sait que ce congrès, grâce au mauvais vouloir dont firent preuve Napoléon d'une part et les alliés de l'autre, ne rétablit pas la paix (août 1813). L'Autriche, en se jetant dans la coalition, rendit la ruine de l'empire français inévitable. Après Leipzig, les souverains alliés, réunis à Francfort, firent à leur adversaire des propositions qui eussent été acceptables si elles eussent été sincères (nov. 1813). A ce moment, le duc de Vicence devenait ministre des affaires étrangères. Il s'efforça d'obtenir l'ouverture de négociations sérieuses sur les bases que l'on venait d'indiquer. Mais lorsçjue les alliés qui avaient voulu gagner du temps, et qui, maintenant étaient au cœur de notre pays, consentirent enfin aux conférences demandées (janv. 1814), ce fut pour nous signifier qu'ils entendaient réduire la France à ses limites du 1®^ janv. 1792 et l'exclure des arrangements relatifs au partage de ses dépouilles.

Le congrès de Châtillon, oîi cet ultimatum fut notifié an gouvernement français (févr. 1814), ne pouvait aboutir à aucun accommodement. Caulaincourt, qui y représentait Napoléon, n'avait reçu que des pouvoirs limités, que l'empereur modifiait, du reste, suivant les vicissitudes de la fortune des armes, sur laquelle il comptait pour imposer à la coalition une paix digne de la France. Les négociations furent rompues au bout de cinq semaines (19 mars 1814). Peu de jours après, les coalisés entraient à Paris. Le duc de Vicence, qui avait rejoint Napoléon, le suivit à Fontainebleau, puis, avec une fidélité exemplaire, s'employa en sa faveur auprès des souverains alliés et n'eut pas de repos qu'il n'eût obtenu pour lui le traitement honorable qui lui fut accordé par le traité de Fontainebleau (11 avr.). La haute estime que lui témoignait l'empereur de Russie eût pu lui donner accès auprès des Bourbons, Mais à des dignités nouvelles il préféra la retraite, cherchant à se faire oublier et ne rompant le silence que pour répondre, dans un écrit plein de verve et de dignité, à l'accusation renouvelée contre lui d'avoir trempé dans le meurtre du duc d'Engliien.

Le retour de Napoléon en France le fit reparaître pour quelques mois sur la scène politique. Dès le lendemain de sa rentrée aux Tuileries, l'empereur le rappela auprès de lui et, faisant appel à son vieux dévouement, lui confia de nouveau le ministère des affaires étrangères (21 mars 1815). Caulaincourt n'avait sans doute pas d'illusions sur la durée d'un gouvernement qui, avant même d'avoir été reconnu par la France entière, avait été mis hors la loi par le reste de l'Europe. Il s'efforça consciencieusement, mais vainement, d'entrer en rapport avec les puissances étrangères, protesta, par ses circulaires du 30 mars et du 4 avr., des dispositions pacifiques de son souverain. Tout fut inutile. Ses agents étaient arrêtés à nos frontières. Le congrès de Vienne demeura sourd à toutes ses demandes. Le duc de Vicence, nommé membre de la Chambre des pairs (2 juin), lut à cette assemblée, dans la séance du 17 juin, un rapport retraçant ses loyales mais infructueuses tentatives pour prévenir la guerre qui à ce moment même venait de s'allumer entre notre pays et la coalition. Le lendemain, avait lieu la bataille de Waterloo. Quelques jours après, l'empereur, à peine de retour, était réduit à abdiquer (22 juin). Caulaincourt, nommé membre de la coralftission executive (avec Carnot, Fouché, Grenier et Quinette) ne put empêcher la coalition de marcher sur Paris et la seconde Restauration de s'accomplir. Le 7 juil., les troupes étrangères, en occupant la capitale, mirent fin à ses pouvoirs et à ceux de ses collègues. Porté par Louis XVllI sur la liste de proscription du 24 juil., il en fut rayé grâce à l'intervention de l'empereur de Russie, qui était devenu son ami. Il put donc, sans être inquiété, rentrer dans sa retraite, employa ses dernières années à rédiger ses Mémoires, et mourut dans un âge peu avancé, protestant une fois de plus par son testament qu'il n'avait été pour rien dans l'arrestation du duc d'Enghien. A. Debidour.

SiBL. : D'Angeberg, le Congrès de Vienne et les traités de 1815, — BiGNOxV, Histoire de France depuis le 18 Brumaire jusqu'à la. paix de Tiisitt. — Du même. Histoire de France sous Napoléon, depuis la paix de Tilsitt jusqu'en 1812. ■— H. Houssayr, 181^. —■ Lanfrey, Histolre de Napoléon Z"^'. —'Mémoires tirés des papiers d'un homme d'Etat. — Met ternich, Mémoires, documents et écrits divers. — Moniteur universel, Î814 et 1815. — Napoléon I^'', Correspondance. — Thiers, Histoire du Consulat et deCEmpire. -- De Vaulabelle, Histoire des deux Restaurations, — De Viel-Castel, Histoire de la Restauration, etc.

CAULAINCOURT (Auguste- Jean-Gabriel de), comte de l'Empire, né le 6 sept. 4777 à Caulaincourt (Aisne), tué à la bataille de la Moskowa le 7 sept. 1812, frère du précédent. Il débuta dans l'armée comme sous-lieutenant aux cuirassiers du roi, le 14 janv. 1792; lieutenant au 1®^ carabiniers le 21 janv. 1796, capitaine au 1^"^ dragons le 28 fév. 1797, fit les campagnes du Rbin, se distingua à Stockach, à Mûhlen-Thal, blessé d'un coup de lance aux débouchés du Saint-Gothard, fut nommé chef d'escadron (1800). Sa conduite à Marengo, où il fut de nouveau blessé, la même année, et l'affaire de Vede- Lago oii il enlevait, avec un seul escadron, 400 hommes d'infanterie hongroise (27 pluviôse an IX), lui valurent le grade de chef de brigade et le commandement du 19^ dragons. En 1804, il fut pris comme aide de camp par le maréchal Berthier et reçut comme charge de cour, le titre de gouverneur des pages. Général de brigade en 1806, envoyé en Espagne en 1808, il commanda un détachement de 5,000 hommes, s'empara de Cuenca et, après Baylen, coupé de ses communications, le ramena à Madrid sans s'être laissé entamer. II passa à l'armée de Portugal et força le passage du Tage à l'Arzobispo (8 août 1809), ce qui lui valut le grade de général de division. Rappelé en France pour prendre part à la campagne de Russie, il eut le commandement du grand quartier général. Sur le champ de bataille de la Moskowa, alovs que le général Montbrun, chef du 2® corps de cavalerie, venait d'être tué, l'empereur en donna le commandement à Caulaincourt qui, quelques instants plus tard, était tué en pénétrant

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