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CANONNIÈRE — CANOPE

de très faible tonnage et de grande vitesse, dont la durée comme bateau-canon fut si éphémère, et qui a été converti au bout de quelques mois en un contre-torpilleur. Les canonnières cuirassées sont de petits garde-côtes

pourvus d'un blindage métallique à la flottaison, qui sont destinés soit à la défense de notre littoral, soit à Tattaque de batteries placées sur les rives basses des grands estuaires du Nord. Nous avons deux classes de canon-

Bateau-canon le Gabriel Charmes»

nières cuirassées : la première comprend quatre navires d'un déplacement de 1,650 tonnes environ, calant 3"^60, blindées à 20 centim. d'acier et armées à Tavant d'un canon de 27 centim. mod. 81, à l'arrière de deux canons de 10 centim. Dans la hune de leur unique mât (mât de signaux et qui ne porte aucune voile) sont placés deux canons revolvers de 37 millim.; deuxautres arment la passerelle. La seconde classe comprend aussi quatre navires dont le déplacement ne dépasse pas 1,100 tonnes et le tirant d'eau 3"H5, blindées à 15 centim. d'acier, portant un canon de 24 centim. mod. 81 à l'avant, deux canons de 90 millim. à l'arrière et quatre canons revolvers disposés comme ci-dessus. Ces navires ont de faibles vitesses comprises entre 9 milles 5 et 1 1 milles 5 à l'heure ; on a paru s'étonner de leur infériorité de marche : c'est qu'on ne se rendait pas un compte exact de l'objectif visé dans la construction des navires de ce type, auquel on ne saurait demander raisonnablement qu'une grande puissance offensive et défensive par rapport au déplacement, et un tirant d'eau aussi réduit que possible. R. D.

II. AftT MILITAIRE. — Ou désignait sous ce nom une tente qui, à l'origine, servait à abriter quatre canonniers. Elle était soutenue par une traverse à deux montants et présentait la forme d'un prisme triangulaire terminé à l'une de ses extrémités par un cul-de-lampe. Le côté opposé était vertical et servait de porte ; il se fermait à l'aide d'un pan de toile triangulaire. D'après l'ordonnance du 17 févr. 1753, une canonnière d'infanterie devait contenir sept à huit hommes. Elle avait 2 m. de hauteur, 3'^35 de longueur en bas, 2 m, en haut et 2'^60 de largeur ; elle couvrait 18 m. de superficie. Celle de cavalerie en occupait 44. L'instruction du 3 août 1836 s'occupe encore des canonnières qu'elle appelle tentes d'ancien modèle. Mais depuis cette époque ces objets dispendieux et encombrants ont complètement disparu. E. F.

C A N 0 P E. I. Mythologie égyptienne. — Ce dieu, que Rufin (Eccl. Hist,,ll, 26) décrit comme ayant « des pieds petits, un cou ridé, un ventre gonflé comme une cruche, et un dos

rond», n'a jamais existé; Rufin aura pris pour les statues d'un dieu les vases pansus à têtes de divinités appelés vases canapés, peut-être par suite de cette méprise.

IL Archéologie. — 1^ Vase, La forme arbitrairement attribuée au dieu Canope, qui n'a jamais existé (V. ci-dessus), a sans doute contribué à donner le nom de Canopes aux vases funéraires que l'on groupait par quatre auprès des momies et qui contenaient, embaumés à part, les viscères du mort. Ces viscères étaient ainsi placés sous la protection de quatre génies dont les couvercles des vases reproduisent les têtes emblématiques : le vase à tête de singe représente le génie Hapi, le vase à tête humaine, le génie Amset, le vase à tête de chacal, le génie Tuaumautef, et le vase à tête d'épervier le génie Kebhsennouf. La terre cuite, la pierre calcaire, l'albâtre, quelquefois le bois peint forment la matière de ces vases. Le musée du Louvre en possède des spécimens en albâtre d'un très beau travail. P. Pierret.

2^ Urne, Par analogie avec les canopes de l'Egypte, on désigne sous le nom de canopes une espèce particulière d'urnes cinéraires étrusques, qui paraît avoir été en usage au vi® et au v^ siècle av. J.-C. dans la nécropole de Clusium (aujourd'hui Chiusi). L'urne a la forme d'un pot ovoïde et porte, en guise de couvercle, une tête humaine dont le cou vient coifier l'embouchure du récipient. Ces têtes sont intéressantes à cause du réalisme naïf de la facture. La plupart ont une physionomie toute personnelle et semblent avoir été exécutées d'après un masque pris sur le cadavre. Les détails de la coiffure, les cils, les prunelles, la barbe, tout

Canope étrusque (musée de Florence).

est rendu avec une minutieuse pré'^ioion, mais d'une main un peu brutale et sans souplesse. L.'urne-canope étant censée représenter la personne ^a défunt dont elle contient les cendres, l'image est souvent complétée par deux bras tantôt grossièrement ^modelés sur la panse arrondie, tantôt rapportés à l'endroit des anses et fixés par un crochet. Les mains, tendues en avant, semblent avoir à l'origine tenu quelque objet de toilette ou une arme. L'urne-canope était en terre cuite ou en bronze. Au sommet, elle était percée

Canope étrusque.

d'un ou de plusieurs trous, parce qu'on croyait qu'il fallait laisser une issue aux mânes et leur permettre ainsi de demeurer en communion avec les vivants. L'urne était installée sur une sorte de fauteuil en terre cuite ou en bronze, et placée au fond d'une immense jarre, du type appelé par les Romains dolium et désigné par les Italiens modernes sous le nom de %iro. î. Martha.

Ilf. Astronomie. — Canope ou Canopus, On trouve aussi Canobus, Ptolomœon et SueL Belle étoile primaire située dans la constellation australe du Navire Argo et désignée sous le nom d'à. C'est l'étoile la plus brillante après Sirius. Sa position moyenne, d'après la Connaissance des temps ^ a pour coordonnées en 1889 : M. = 6^21 ™29« 34 ; D rzr — 62«, 38", 7'^ 4. Comme l'indique sa déclinaison, elle n'est jamais visible à Paris. Son nom est celui du pilote de Ménélas, roi de Troie. L. Barré.

IV. Architecture. — Le Canope est l'une des plus importantes parties du vaste ensemble d'édifices que l'empereur Adrien fit construire vers l'an 430 à Tibur et dont les ruines portent encore le nom de villa Adrienne. Destiné à rappeler à l'empereur les fêtes qu'il avait vu célébrer en l'honneur de Sérapis dans la ville égyptienne de Canope, près l'embouchure du Nil, cette partie de la villa, placée entre les Thermes et l'Académie, comprenait un long canal artificiel, alimenté par des sources, entouré de portiques et de chambres de repos, et à l'extrémité méridionale duquel s'élevait un grand édifice, à la fois temple et château d'eau et décoré de niches dont les statues, retrouvées en 1744, forment une salle spéciale au musée du Capitole. D'une niche immense placée au fond de l'édifice jaillissaient de nombreuses cascades, et des marbres, des mosaïques et des peintures ornaient cette partie, l'une des plus riches de la villa Adrienne. Ch. L.

BiBL. : I. Archéologie.— Jules Martha, VArt étrusque; Paris, 1889, pp. 139 et suiv. — Milani, Museo italiano di antichità classica^ l, pp. 230 et suiv. (nombreuses figures).

II. Architecture. — H. Daumet, Restauration del a villa Adrienne (Bibliothèque de l'Ecole des beaux-arts).

CANOPE. Ville de l'ancienne Egypte fort célèbre dans l'histoire et dans la science, maintenant ruinée. Elle élait située à l'embouchure d'une des branches de Nil qui en recevait son nom et s'appelait branche Canopique (V. plus loin), non loin du r.vage de la mer et sur la rive occidentale du Nil. On ignore à quelle époque elle fut fondée ; mais elle est vraisemblablement très ancienne. Elle n'eut pas une très grande importance sous les diverses époques de l'empire pharaonique ; ejle dut sa

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