CAUSSES — CAUSTIQUE
entrailles des causses dont l'exploration interne est à peine commencée (V. Bramâbiau, Padirac). La France possède dans cette région un véritable karst (V. ce mot) égayé et embelli par les sites charmants et étranges des canons récemment explorés par les touristes. Comme épaulement occidental des Cévennes, les causses font, sur la rive gauche du Lot, qui les borne au N., pendant au plateau central.
Il y a quatre causses principaux qui sont, du N. au S.: le Causse de Sauveterre (900 à 1,095 m. d'alt.), entre le Lot et le Tarn, le moins stérile, quoique balayé l'hiver par de terribles ouragans de neige ; le Causse Méjan ou du Milieu (900 à 1,278 m.), le plus aride, élevé et isolé, rattaché au mont Aigoual par un isthme large en un point de 10 m. à peine {col du Perjuret, 1,031 m.) et entouré comme une île par le Tarn, la Jonte et le Tarnon ; ses 400 kil. q. n'ont que trois communes peuplées seulement de 2,000 hab. (Caussenards) vivant perdus ; le Causse Noir, entre la Jonte et la Dourbie, ainsi nommé à cause de ses bois de pins (800 à 1,079 m.), le plus petit, mais le plus pittoresque, possédant les fameux cirques de rochers de Montpellier le Vieux (V. ce mot) ; le Larme enfin (559 à 912 m.), au S. de la Dourbie, le plus grand (1,400 à 1,500 kil. q.), couvert de bons pâturages ; il a donné son nom à la race estimée de brebis qui fournit le lait aux fromageries de Roquefort. Les innombrables dolmens, fructueusement fouillés, des quatre grands causses, les restes de voies romaines et de commanderies de Templiers du Larzac prouvent que ces misérables plateaux n'ont pas toujours été aussi délaissés que de nos jours. Les causses du Rouer gue, entre Millau et Rodez (500 à 900 m.) et du Quercy (300 à 450 m.), se prolongent très nombreux et très tronçonnés loin à l'O. des quatre tables principales ; ils sont moins froids, plus cultivés et perdent l'aspect du désert. E.-A. Martel.
BiBL. : O. Reclus, En France; Paris, 1887, in-4. — Annuaires du club alpin français; Tour du Monde, 1886, 2« semestre. — - E.-A. martel, les Cévennes ; Paris, 1890, in-8.
CAUSSETIERE (V. Théâtre).
CAUSSIDIÈRE (Marc), homme poHtique français, né à Genève le 18 mai 1808, mort à Paris le 27 janv. 1861. La première fois qu'il apparaît dans la vie publique, c'est comme accusé de participation à l'insurrection de Lyon en 1834. Il était à cette époque employé dans une maison de soieries de Saint-Etienne. La cour des pairs le déclara coupable et le condamna à vingt années de détention qu'il commença à subir au mont Saint-Michel. L'amnistie générale de 1839 le fit mettre en liberté. Il s'établit alors commissionnaire en vins et eaux-de-vie, sans cesser de prendre une part active aux manifestations de l'opposition républicaine. Il fut l'un des combattants du 24 lévrier 1848, et, à la suite de la victoire populaire, désigné pour administrer la préfecture de police conjointement avec Sobrier qui ne resta que fort peu de temps son collaborateur. Il supprima le corps des sergents de ville et les remplaça par les gardiens de Paris. Il avait, en outre, institué, sous le nom de Montagnards, une garde spéciale pour la préfecture. Cette garde était composée d'anciens détenus politiques, d'anciens afiiliés aux sociétés secrètes. C'est en parlant de cette garde que Caussidière dit à la Chambre : « Je faisais de l'ordre avec des éléments de désordre ». Lors de la journée du 15 mai, la Constituante accusa Caussidière d'avoir pactisé avec l'émeute, il donna sa démission de préfet de police et de représentant du peuple pour solliciter un nouveau mandat que les électeurs parisiens lui donnèrent, d'ailleurs, à une grande majorité. A l'occasion de l'émeute de juin 1848, il fut compris dans les poursuites intentées aux vaincus, mais parvint à se réfugier à Londres, où il publia ses Mémoires (1848, 2 vol.) et reprit son commerce de vins en gros. 11 ne profita point de l'amnistie de 1859 et ne rentra en France que pour mourir. Louis Lucipia.
CAUSSIGNIOJOULS. Corn, du dép. de l'Hérault, arr. de Béziers, cant. de Murviei ; 253 hab.
CRANDE ENCYCLOPÉDIE. — IX.
CAUSSIN (Nicolas), jésuite, né à Troyes en 1583, mort en 1651. Confesseur de Louis XIII, il se joignit à M^^^ de La Fayette pour renverser Richelieu. Cette intrigue ayant échoué, Caussin fut disgracié. — (Euvres principales : La cour sainte (3 vol. in-12) ; Apologie pour les religieux de la Compagnie de Jésus (1641), dirigée contre l'Université.
CAUSSIN DE Perceval (Jean- Jacques- Antoine), orientaliste français, né à Montdidier le 24 juin 1759, mort à Paris le 20 juill. 1835. 11 vint à Paris de bonne heure étudier les langues orientales et fut successivement nommé professeur au Collège de France, conservateur des manuscrits orientaux de la bibliothèque du roi et membre de rinstitut. Ses principaux travaux consistent en traductions du grec et de l'arabe ; il a traduit les Argonautiques d'Apollonius de Rhodes (1796) ; V Histoire de la Sicile sous les Musulmans, de Ennowaïri (1802), la suite des Mille et une Nuits (1806), les Tables astronomiques de El-Younis (1806). En outre, il a inséré des Mémoires dans les recueils de l'Académie des inscriptions et édité avec soin quelques textes arabes.
CAUSSIN DE Perceval (Armand- Pierre), orientaliste français, fils du précédent, né le 13 janv. 1795, mort à Paris le lo janv. 1871. Il débuta dans la carrière du drogmanat. Après un assez long séjour en Orient, il revint en France où il occupa la chaire d'arabe vulgaire à l'Ecole des langues orientales, puis la chaire d'arabe du Collège de France et fut ensuite élu membre de l'Académie des inscriptions. Des nombreux travaux laissés par cet orientaliste le plus important est son Essai sur l'histoire des Arabes avant Vlslamisme, pendant Vépoque de Mahomet^ etc. (Paris, 1847, 3 vol. in-8). Caussin de Perceval fils a également oublié une Grammaire arabe vulgaire, une édition revisée du Dictionnaire français-arabe de Boethor, un Précis historique de la guerre des Turcs contre les Russes de i769-i774, traduit du turc (Paris, 1822) ; des extraits du Roman d'Antar (1822) ; une Notice sur les trois poètes arabes Akhtal, Ferazdak et Djérir (Paris, 1834) ; un Précis historique de la dedruction du corps des Janissaires, traduit du turc (Paris, 1833) et des Notices anecdotiques sur les principaux musiciens arabes des trois premiers siècles de Vlslamisme (Paris, 1874). 0. IL
CAUSSOLS. Com. du dép. des Alpes-Maritimes, arr. de Grasse, cant. du Bars ; 167 hab.
CAUSSON. Com. du dép. de l'Ariège, arr. de Foix, cant. des Cabannes ; 407 hab.
CAUSTIQUE. I. Médecine. — Les caustiques sont des corps qui ont la propriété d'altérer ou de détruire les tissus vivants en contact desquels ils se trouvent : leur action est la même que celle du feu, d'oii leur nom (xaiw, je brûle). — Certains auteurs divisent les caustiques en deux catégories : les escharotiques, qui ont une action énergique et produisent une mortification des tissus ou eschare; les cathérétiques ou corrosifs, qui ne déterminent qu'une cautérisation superficielle. Cette distinction est en réalité assez arbitraire, car s'il y a des degrés dans le mode d'agir des caustiques, l'effet obtenu dépend surtout de la quantité de la substance et de la durée de son contact. — Les caustiques les plus employés sont V azotate d*argent (ou pierre infernale), la potasse caustique (ou pierre à cautère), le chlorure d'antimoine (ou beurre d'antimoine), {'ammoniaque pure ou mêlée à des corps gras, le nitrate acide de mercure, l'acide nitrique fumant, V acide chromique, le biehlorure de mercure (ou sublimé corrosif), V acide arsénieux, etc. Le mode d'action et l'emploi de ces diverses substances se trouvent décrits aux mots Arsenic, Cautère, Tumeur, Verrue, etc. D^ Alphandéry.
H. Pharmacie. — Les substances médicamenteuses qui servent à confectionner les caustiques sont très variées : iode, 'oxyde mercurique, acides minéraux, alcalis caustiques, sublimé, chlorures de zinc, d'antimoine, sul-
CAUSTIQUE
fures d'arsenic, etc. Voici les principaux caustiques employés :
Caustique anticancéreux dit pâte de Plunkett, Acide arsénieux, 4; soufre pulvérisé, 30; renoncule acre, 30 ; asa-fœtida, 30.
On transforme le tout en pâte avec du blanc d'œuf. Remède anglais qu'on ne doit employer qu'avec prudence, en raison de sa toxicité.
Caustique au chlorure de %inc, dit pâte de Canquoin. On triture dans un mortier P. E. de chlorure de zinc et de farine de blé ; on ajoute q. s. d'eau pour faire une pâte ferme qu'on conserve dans un flacon bouchant à l'émeri, ou qu'on dessèche et qu'on découpe en flèches ; celles-ci étant très hygrométriques, on doit les conserver dans un flacon contenant de la chaux vive. On pent encore rouler la pâte en cylindres, qu'on dessèche à î'étuve et qu'on emploie comme crayons caustiques. En dissolvant le sej dans du collodion élastique et en étendant la liqueur au pinceau sur un tissu, on obtient le sparadrap caustique. La pâte de Canquoin a la glycérine se prépare en faisant dissoudre 10 p, de chlorure de zinc dans 4 p. de glycérine et en ajoutant 20 p. de farine de froment.
Caustique a la gutta-percha* Il s'obtient en faisant fondre la gutta-percha et en y incorporant la moitié de son poids de chlorure de zinc ; la masse peut s'étendre en plaques, se mouler en cylindres ou se couler en pastilles; on ne l'applique qu'après l'avoir plongée dans l'alcool; on peut au besoin remplacer le chlorure par la potasse caustique. Dans les deux cas, les eschares sont très nettes.
Caustique de Landolfl, Formé par un mélange à parties égales de chlorure de zinc, de brome, d'or et d'antimoine. Employé avec succès dans le traitement du cancer.
Caustique sulfo-safrané de Velpeau, A 10 p. de safran, on ajoute 15 à 20 p. d'acide sulfurique concentré pour former une pâte molle, noirâtre, à la manière du cirage. On l'applique sur les parties malades en couches de 2 à 4 millim. d'épaisseur. Cette préparation, longtemps tenue secrète, a été divulguée par Rust, et Velpeau l'a préconisée dans le traitement des affections cancéreuses.
Caustique de Vienne, Le caustique de Vienne, ou poudre de Vienne, pâte caustique de Vienne, pâte calcicopotassique, se prépare en broyant vivement, dans un mortier de fer chauffé, 50 p. dépotasse caustique ordinaire avec 60 p. de chaux vive. On renferme le mélange dans un flacon à large ouverture, bouchant à l'émeri. On peut aussi fondre le tout dans une cuiller de 1er, le couler sur un marbre ou sur une plaque métallique et le pulvériser après refroidissement. C'est alors le caustique de Filhos pulvérisé.
Pour faire usage de cette préparation, on en fait une pâte avec de l'alcool à 90°, on l'applique sur les parties malades et on la recouvre de sparadrap. L'action est énergique, mais l'eschare n'est pas toujours facile à limiter. Lorsqu'on veut obtenir ce dernier résultat, on fait fondre 100 p. de potasse caustique avec 10 p. de chaux vive et on coule le liquide dans des tubes de plomb qu'on taille ensuite, pour s'en servir, à la manière d'un crayon. On peut alors porter le caustique dans les cavités pro» fondes, cautériser sans danger le col de l'utérus, les fosses nasales, les trajets fistuleux, etc. Ed. RouRGOiNi
Ilï. Architecture. — Matière que l'on étend sur les surfaces que l'on veut peindre pour augmenter l'adhérence des couleurs ; tel est l'alun qui entre dans la composition du badigeon ; on fait dissoudre de l'alun dans l'eau avec laquelle on délaye, à raison de 1 kilogr. par 25 litres d'eau (V. Radigeon). L. K.
IV. Physique. — On nomme surface caustique la surface enveloppe des rayons lumineux issus dun point après leur réflexion ou leur réfraction. On sait que les divers instruments employés en optique ne donnent pas, à de rares exceptions près, des images parfaites; ainsi l'image d'un point n'est un point que
pour les miroirs plans, pour les miroirs sphériques quand ce point est au centre ae courbure du miroir et pour les miroirs dont la méridienne est un arc d'ellipse quand le point est à l'un des foyers. Dans tous les autres cas, les rayons lumineux, après leur réflexion ou leur réfraction, forment, non un cône, mais une surface plus compliquée. Ce sont celles-ci que nous allons étudier en séparant le problème en deux suivant que la caustique provient d'une réflexion ou d'une réfraction.
1° Caustique par réflexion. Considérons le cas d'un miroir sphérique M et d'un point A, situé en un point quelconque devant ce miroir que nous supposerons concave. De ce point, menons la droite passant par le centre de courbure du miroir c.-à-d. par le centre de la sphère dont il est une calotte. Par cette droite, faisons passer un plan quelconque que nous prendrons pour plan de la figure ; ce plan coupe le miroir suivant un arc de cercle normal à MO. 11 est évident, par raison de symétrie, que la surface caustique que nous cherchons est une surface de révolution ayant pour axe la droite MO. Les points que nous trouverons donc appartenir, dans le plan de la figure, à la surface caustique, constitueront donc la courbe génératrice de cette surface. Traçons la circonférence dont l'arc, section du miroir par le plan de la figure, est une partie. Menons par le point A un rayon lumineux quel-
Qt
conque; soit P le point où il rencontre le miroir, Q celui où il rencontre d'abord la circonférence. Considérons un rayon très voisin de celui du premier Aft'P' et construisons les rayons réfléchis provenant de AP et de AP''. Pour cela, menons les rayons OP, OP' qui sont les normales au miroir en P et ea P' et traçons en ces points les droites qui font avec ces normales des angles de réflexion égaux aux angles d'incidence ; soient PQ^ et P^Q,\ ces droites. La caustique est l'enveloppe de toutes les droites telles que PQ^. Le point B, point de rencontre des droites PQi et P'^Q'i, deviendra à la limite c.-à-d. quand on fera tendre AF vers AP un point de la caustique; c'est donc le lieu géométrique de ces limites que nous allons chercher. Ecrivons d'abord que les angles de réflexion sont égaux à ceux d'incidence ou plutôt que leurs mesures en arc sont égales, nous aurons les équations :
arc PjQ arc P^Q, arc P^Q P',Q', .
ou en multipliant les deux membres des deux équations par 2 et les retranchant membre à membre
arc P^Q - arc F^Q' =:: arc P^Q^- arc ?\^\ ; ce qui revient, comme on le voit sur la figure, à
arcI^Fi + arc Qft^ ==: arc Q^Q'^ — arc P^P^^, ou 2 arcs P^P'^ — arc Q^Q'^ — arc QQ\
Menons les droites PP% Q^Û'^, Qft' ; les triangles APP^ AQO' sont semblables à la limite, c.-à-d. quand AP' tendent vers AP les droites PP' et QQ' tendent vers les tangentes à la circonférence en P et Q, car les angles limites en P' et en ft de ces triangles sont égaux. On a donc à un infiniment petit près la relation