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CAUTÈRE

dépression circulaire où s'enfonce la vis de pression da manche. L'extrémité qui sert à la cautérisation a reçu un nombre infini de formes ; comme c'est cette partie qui est la principale, c'est elle qui donne son nom aux divers cautères. Les principaux sont les cautères cutellaire (ou en rondache^ ou encore couteau de feu), nummulâtre (ou plaque de feu) y annulaire (ou couronne de feu), olivaire droit, olivâtre courbe, etc. La partie métallique du cautère est généralement en acier ; l'acier est en effet avantageux à plusieurs points de vue : il emmagasine bien la chaleur, la cède facilement, s'oxyde peu et change assez nettement de couleur avec la température pour qu'on puisse apprécier celle-ci très approximativement. Anciennement on faisait des cautères en cuivre, en or, en argent, dans Tidée que la nature du métal donnait des résultats particuliers : on est vite revenu de cette opinion. — Pour pratiquer une cautérisation, on fait chauffer le cautère sur un peu de charbon de bois jusqu'à ce qu'on ait obtenu la température désirée ; celle-ci se reconnaît d'après la couleur du métal qui sera rouge blanc, si l'on veut avoir une action profonde, rouge cerise et même rouge gris, si l'on veut agir plus superficiellement. Pour les différents modes de cautérisation, voir le mot cautérisation. Il est bon d'ajouter que l^s cautères proprement dits sont aujourd'hui très peu employés. Les cautères électriques et le thermocautère du docteur Paquelin les ont remplacés non sans avantage.

Le thermocautère imaginé par le docteur Paquelin, est basé sur la propriété que possède le platine une fois porté au rouge, de rester incandescent au contact d'un mélange d'air et de vapeurs d'essence minérale. Cet ins-

Thermocautère Paquelin.

trument se compose de quatre parties principales : 1*^ un foyer de combustion ou cautère proprement dit ; 2<* un flacon d'essence minérale, dont le bouchon en caoutchouc est traversé d'un tube disposé de telle façon que l'air qui traverse le récipient s'y charge d'essence avant de se rendre dans le cautère ; 3<* une soufflerie, composée d'une poire en caoutchouc reliée à un second réservoir élastique, dont le but est de régulariser le passage de l'air ; 4^ une lampe à alcool. La figure ci-dessus rend assez bien compte de la disposition respective des diverses parties pour qu'il soit inutile d'insister sur les détails; le cautère, qui est la partie essentielle de l'appareil, mérite cependant d'être décrit. C'est une sorte de réservoir fait avec une feuille de platine sans soudure, présentant comme les cautères actuels toutes les formes désirables. Il est monté sur un tube en métal percé de trous au voisinage de son extrémité libre, pour permettre aux résidus de la combustion de s'éliminer. L'ensemble, qui constitue une véritable chambre métallique allongée, fermée à un bout, ouverte à l'autre, est monté sur un manche de bois creux, qui s'adapte à un tube flexible venant du réservoir à essence. Pour se servir du thermocautère, on agence d'abord les différentes pièces, ainsi que le montre la figure, et l'on tient l'extrémité terminale du cautère ou

chambre de platine au-dessus de la lampe à alcool jusqu'à ce que cette extrémité commence à rougir. On appuie alors sur la poire de caoutchouc, et le mélange d'air et d'essence qui arrive dans le cautère suffit pour maintenir l'appareil incandescent. On voit que le thermocautère Paquelin est un instrument d'un fonctionnement facile ; il est bon cependant d'observer quelques prescriptions. L'essence minérale doit être, par exemple, d'une densité de 700 à 720 ; elle ne doit pas occuper plus du tiers du flacon, ne pas être à une température inférieure à io*' à 20^ pendant que dure l'opération, être de plus assez souvent renouvelée. Le cautère doit être lui-même soigneusement nettoyé après chaque opération, et l'on évitera de le porter au blanc lumineux, de crainte de le détériorer. On doit enfin chauffer de temps à autre l'appareil, parce que le feu augmente le pouvoir condensant du platine et facilite par suite le fonctionnement de celuici. Les diverses parties du thermocautère Paquelin se trouvent dans une boîte d'un volume très restreint, et, par suite, commode à transporter (Pour les cautères électriques V. Gàlvanocaustique).

II. Médecine. — On appelle cautère ou fonti-cille un ulcère artificiel créé dans le but de déterminer une suppuration pendant un temps qui varie suivant l'effet à obtenir. Les points d'application des cautères sont les suivants : 4® au bras, dans la dépression qui existe au niveau de l'insertion inférieure du muscle deltoïde : c'est le point le plus fréquemment choisi ; 2<* à la cuisse, à 7 à 8 centim. au-dessus du condyle interne du fémur, un peu au devant du tendon du grand adducteur ; 3^ à la jambe, à la partie supérieure et interne, au-dessous de ce qu'on appelle la patte d'oie ; 4<^ à la nuque, dans la fossette placée au-dessous de l'occiput. On peut encore appliquer un cautère : sur toute la longueur des gouttières vertébrales dans les maladies de la moelle ou des vertèbres; en avant de l'estomac, du foie, des intestins, dans les maladies chroniques de ces organes, sur les parois du thorax, au niveau d'un espace intercostal dans certaines affections du poumon ; au niveau des articulations dans les inflammations chroniques de celles-ci, etc. Un cautère peut être établi de diverses manières. Si l'on se sert du bistouri, on fait une incision de la peau proportionnelle à la grandeur du cautère. Après l'ouverture, on met entre les lèvres de la plaie un pois à cautère ou une petite boule de charpie, et l'on maintient le tout par un bandage suffisamment serré. Après quelques jours, l'irritation du corps étranger a amené la suppuration, et l'on fait le pansement habituel. — Si on veut établir un cautère au moyen d'un vésicatoire, on met un pois recouvert de pommade épispastique sur la peau dénudée et l'on recouvre d'un morceau de sparadrap. Le pois arrive à se creuser peu à peu un trou dont il suffit d'entretenir la suppuration. Ce moyen est assez incommode et de plus très douloureux. — L'emploi des caustiques constitue le meilleur moyen pour ouvrir un cautère, h^i potasse à l'alcool était autrefois fort usitée dans ce but. On appliquait d'abord un morceau de sparadrap percé d'un trou plus petit que l'eschare qu'on voulait produire, et sur ce trou on mettait un petit fragment de potasse qu'on recouvrait de quelques brins de charpie, puis d'un second morceau de sparadrap. L'appareil, solidement fixé, était retiré après cinq à six heures : on avait alors une eschare noirâtre, molle, entourée d'une auréole inflammatoire. Cette eschare, qui se détachait après plusieurs jours, laissait à sa place une petite cavité dont on entretenait la suppuration à l'aide des pois ordinaires. Ce cautère avait plusieurs inconvénients. Son action ne se produisait que lentement, de plus, si le pansement se déplaçait, on pouvait avoir une eschare considérable. La pâte de Vienne, qui est aujourd'hui préférée avec raison, permet d'éviter tous ces inconvénients (V. Caustique pour l'application) ; elle a l'avantage d'agir plus vite (dix à quinze

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