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CAUTÈRE — CAUTÉRISATION

minutes), et par suite d'être plus facile à surveiller. Enfin, l'eschare qu'elle détermine est toujours de même grandeur que la surface du caustique, à moins de maladresse dans le manuel opératoire.

Que l'on ait eu recours au bistouri, au vésicatoire ou aux caustiques, la manière d'entretenir la suppuration d'un cautère reste la même. On met dans la plaie produite un ou plusieurs pois à cautère (petites boules faites habituellement avec la racine d'iris), et l'on recouvre soit d'un morceau de sparadrap, soit d'une feuille de lierre enduite d'un corps gras; le tout est maintenu par un pansement serré modérément. Il est d'usage de passer dans le trou du pois un petit fil qui facilite la sortie de celui-ci lorsque l'on fait le pansement. Il peut arriver que la suppuration déterminée par le pois à cautère soit peu active, dans ce cas on enduit préalablement celui-ci d'une pommade irritante. Si l'inflammation est au contraire très vive et détermine même de la douleur, on entoure le pois d'une préparation opiacée ou belladonée et on fait des applications émoUientes. Si l'on veut enfin supprimer un cautère, on cesse d'y mettre un pois et on traite la cavité qui reste comme une plaie. — Le cautère volant est celui pour lequel on ne fait pas usage de pois à cautère. On détermine une eschare comme précédemment, on tait tomber celle-ci et on panse la plaie qui résulte avec du sparadrap ou un linge enduit d'un corps gras. La suppuration ainsi produite dure de un à deux mois. D** Alphandéry.

CAUTERETS (Gave de). Torrent qui coule dans le dép. des Hautes-Pyrénées. Il est formé par la réunion, à 4,800 m. de Cauterets et près de l'établissement de Mauhourat, du gave de Lutour et de celui du val de Jéret, ce dernier provenant de la jonction, au pont d'Espagne, des gaves de Marcadau et de Gaube. 11 reçoit près de Cauterets le Lisey à droite, le Paladère à gauche et, au sortir de gorges étroites et pittoresques, va se jeter dans le gave de Pau, à Pierrefitte, à 500 m. d'alt.

CAUTERETS. Ville thermale et com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. etcant. d'Argelès, à 992 m. d'alt., sur le gave du même nom, au fond d'un étroit bassin formé par les monts Peyraute, à l'E., Peyrenègre, au N.-O., Péguère, au S.-O; 1,941 hab. A 11 kil. de la station de chemin de fer de Pierrefitte. Ses eaux thermales lui valent une réputation fort ancienne qui paraît remonter aux Romains. Raymond l^^, comte de Bigorre, avait, par une charte de 945, donné à l'abbaye du Pal'ais- Emilien (plus tard Saint-Savin) la vallée de Cauterets. Les premières habitations ont été bâties auprès des sources de Pauze-Vieux et de César ; ce fut seulement après 1316 que des maisons ont été construites sur remplacement où est aujourd'hui Cauterets. Rabelais cite Cauterets. C'est là aussi que la reine Marguerite, sœur de François P^, écrivit en partie V Heptaméron. kv'jovivà'hm, on trouve à Cauterets toutes les distractions des villes d'eaux, un casino, plusieurs théâtres, des promenades. Une nouvelle église a été construite il y a quelques années. G. R.

Eaux minérales. — Cauterets possède trois groupes de sources sulfurées qui alimentent les établissements balnéaires : le grand établissement ou les Thermes de la ville, l'établissement du Rocher ou de Rieumiset, situés au centre de la ville, alimentés par les sources de l'est ; l'établissement de la Raillère alimenté par les sources de l'ouest ou du centre ; les établissements du Petit-Saint-Sauveur, du Pré, des OEufs et du Bois, alimentés par les sources du sud. La saison va du i^^' juin au 30 sept, ; la température moyenne de Cauterets pendant la saison est de 17 à 19^ C, donc inférieure à celle des autres stations pyrénéennes. La température des sources varie de 22 à 59<* C. On les emploie en boisson, bains, demi-bains, douches, pédiluves, gargarismes, pulvérisations. Considérées dans leur ensemble, les eaux de Cauterets sont moins chaudes, moins sulfureuses et plus

alcalines que celles de Bagnères-de-Luchon ; elles sont plus douces et plus sédatives qu'elles. Elles agissent du reste comme les autres eaux sulfureuses et sont employées dans les maladies des voies respiratoires (catarrhes chroniques des bronches, laryngites chroniques, emphysème pulmonaire, asthme, etc.), les maladies de l'estomac (dyspepsies de nature herpétique, gastralgies, atonie de l'estomac), les maladies de la peau (celles surtout, comme les squameuses, qui doivent être rappelées à l'état aigu pour guérir), les leucorrhées, les névralgies et les névroses, le rhumatisme chronique, etc. D^ L. Hn.

BiBL. : Adolphe Joanne, Itinéraire général de la Fnmce, les Pyrénées. — A. Lequeutre, Guide de Cauterets, 1883, 8« éd., complétée par E. Wallon.

CAUTÉRISATION. I. Chirurgie. — La cautérisation est une méthode thérapeutique dont le but est de désorganiser les tissus vivants, sains ou malades, soit à l'aide de la chaleur, soit par l'effet de certains agents chimiques (V. Caustique), soit enfin au moyen du courant électrique (V. Galvanocaustique). La cautérisation actuelle est celle qui se fait par la chaleur avec des cautères (V. ce mot). La cautérisation potentielle est celle qui est pratiquée avec des caustiques (V. Caustique). La galvanocaustique est l'action cautérisante que produit Télectricité. — On distingue plusieurs variétés de cautérisation actuelle : 1^ la cautérisation inhérente : on applique le cautère très fortement chauffé, de manière à détruire les lissus sur une certaine profondeur ; on obtient ainsi une partie désorganisée ou eschare qui est plus ou moins épaisse, selon la chaleur du cautère, la nature des tissus touchés, la durée et la profondeur de l'application. Ce mode de cautérisation est le plus souvent employé ; 2^* la cautérisation transcurrente : on promène légèrement le cautère de manière à n'agir que très superficiellement; c'est ce qu'on appelle faire des raies de feu, L'eschare qui se produit est linéaire et très mince ; 3° la cautérisation objective : on prend un cautère large, une plaque métallique chauffée au rouge, ou encore une toile métallique supportant des charbons allumés, et on approche cette surface de la partie sur laquelle on veut agir. On détermine ainsi une rubéfaction très marquée et qui dure un certain temps. Celte méthode a été préconisée tout particulièrement par Malgaigne pour faciliter la cicatrisation des plaies. — On appelle cautérisation lente celle qui se fait avec lesmoxas (V. ce mot). — La cautérisation en flèche se pratique à l'aide de petits bâtons faits avec une pâte caustique. On traverse de part en part la tumeur avec les languettes, et au bout de peu de temps, il y a une sorte de gangrène sèche qui détermine la destruction de la tumeur. D"^ Alphandéry.

IL Art vétérinaire. — La cautérisation par le feu au moyen de cautères en fer, en acier, en cuivre ou en platine se divise en superficielle et pénétrante ; la première est tantôt médiate, tantôt immédiate. Elle est médiate si un corps est interposé entre la peau et le cautère ; elle est immédiate si le cautère est directement en contact avec la peau. La cautérisation immédiate se distingue en cautérisation transcurrente ou en raies espacées ; cautérisation en surfaces, en pointes, par le moyen de corps en ignition (moxas, essence de térébenthine) ; par le moyen de liquides chauds ; par rayonnement (cautérisatioQ objective). La cautérisation médiate, presque inusitée maintenant, se pratique par l'intermédiaire d'une peau inerte ou d'une couenne de lard. Enfin, suivant le temps pendant lequel les agents cautérisants sont mis en rapport avec les tissus, la cautérisation pénétrante est divisée en cautérisation rapide et cautérisation inhérente.

La cautérisation transcurrente ou en raies consiste à tracer sur la peau des raies régulières au moyen de cautères appropriés et à promener des cautères, élevés à une température lentement croissante, dans le trajet de ces raies, mais de manière à ne produire toujours que la désorganisation la plus limitée possible des couches super-

CAUTERISATION — CAUTIO

ficielles de la peau. Cette cautérisation ne doit pas être appliquée par les grandes chaleurs et Tanimal qui doit la subir doit être couché à jeun pour éviter les accidents tels que les déchirures intestinales ou stomacales ; les raies de feu doivent être d'autant plus espacées que la surface à cautériser présente plus d'étendue, d'autant moins au contraire qu'elle est plus circonscrite. Elles seront parallèles et un espace toujours égal sera ménagé entre elles. Le tracé de feu doit être commencé avec un cautère chauflé seulement au degré voulu pour roussir le poil par son contact et permettre d'esquisser un dessin superficiel, facile à effacer s'il n'a pas la régularité et la forme convenables. Le feu agit comme révulsif et comme fondant. Ses effets, en tous cas, sont lents à se manifester. « J'ai vu des chevaux, dit Solleysel, auxquels l'effet du feu n'a paru en son plus haut point que six mois après qu'il a été donné : c'est un résolutif insensible ; il faut du temps pour digérer et cuire Thumeur qu'on veut resserrer ; c'est en quoi toute personne qui fera donner le feu à un cheval doit s'armer de patience, et enfin elle en verra réussir les effets. Si l'on donne le feu à une partie dont le cheval boîte, il arrivera souvent qu'il boitera encore trois ou quatre mois après que le feu aura été donné, mais finalement il guérira. » Les observations du vieil hippiatre, quoique vieilles de plus de deux siècles, sont toujours vraies, et la pratique en confirme tous les jours la justesse. La cautérisation en pointes superficielles se pratique à l'aide de cautères de forme conique ou olivaires dont le sommet mousse et arrondi représente une petite surface hémisphérique, propre à être mise en contact avec la peau sans la transpercer. Le feu en pointes s'applique sur les surfaces étroites, sur les tumeurs osseuses, formes, suros, courbes, éparvins, jardes ; il convient d'une manière générale au traitement des maladies circonscrites, qui consistent essentiellement dans une augmentation de la densité des tissus par suite d'organisation, dans leur trame, des éléments de l'inflammation. La cautérisation pénétrante rapide est employée tantôt pour pratiquer des ouvertures artificielles à travers les cavités qu'il est nécessaire d'évacuer, tantôt pour dilater des ouvertures déjà frayées, d'autres fois pour ajouter à l'action résolutive de la cautérisation superficielle ou pour la remplacer. La cautérisation en pointes fines et pénétrantes s'est propagée en vétérinaire depuis une quinzaine d'années seulement ; elle s'est montrée efficace contre les molettes, les vessigons tendineux et môme articulaires. On ponctionne la séreuse, on évacue la synovie qu'elle renferme et au bout de quelques semaines la guérison est achevée .

On appelle cautérisation inhérente celle que l'on pratique en maintenant les cautères chauffés à blanc en contact prolongé avec les tissus, de manière à en produire la désorganisation plus ou moins profonde. On l'emploie pour guérir les ulcères superficiels de la peau et du tissu cellulaire, les plaies réfractaires à la cicatrisation ou consécutives à l'extirpation des fies et verrues et des tumeurs mélaniques. Plus profonde, elle s'emploie pour brûler les tumeurs charbonneuses, gangreneuses ou d'aspect farcineux, les caries des os, des tendons et des cartilages, les végétations polypeuses.

La cautérisation en surface se pratique avec des cautères dont la partie qui doit être mise en contact avec la peau représente une surface plane ou légèrement convexe, au lieu d'un tranchant. On fait glisser cette surface sur le tégument de manière à cautériser sans interruption entre les points d'application toute l'étendue superficielle de la région sur laquelle le feu doit agir, en ayant soin de maintenir toujours les cautères au-dessous du rouge cerise et de ne produire sur la peau elle-même qu'une irritation superficielle. — D'une manière générale, le feu convient à la guérison des tumeurs osseuses, des distensions tendineuses et ligamenteuses, des dilatations synoviales, des caries, des nécroses, des atrophies musculaires.

des infiltrations oedémateuses chroniques, des paralysies, des lymphangites, des phlébites, des hémorragies et des plaies de mauvaise nature, réfractaires à la cicatrisation.

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