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CAUX — CAVAIGNAC

français, né à Ligneries (Orne) vers 4682, mort à Bayeux en 4733. Il a laissé un certain nombre de poésies et une tragédie: Lysimachus (Paris, 4738, in-8). Une autre tragédie, Marins à Cyrthe, représentée en 4745 et publiée sous son nom, doit être, suivant Quérard, attribuée au président Hénault.

CAUX (Louis-Henri Roger deCahuzâc, comte de), diplomate français du xix*^ siècle. Nommé lieutenant de cavalerie à la suite du régiment royal le 4«^' déc. 4794, le comte de Caux émigra en Espagne. 11 fit, dans le bataillon de la reine, les campagnes de 4793, 4794 et 4795. Lors de la formation du régiment de Bourbon, il y fut nommé sous-lieutenant le 20 avr. 4796, puis lieutenant le 9 juin 4806. La première restauration le nomma deuxième secrétaire à Madrid (43 août 4814). Il fut ensuite chargé des mêmes fonctions à La Haye le 47 juill. 4816, puis envoyé comme premier secrétaire à Berlin le i^"" sept. 4820. Le 24 mars 4823, il fut nommé chargé d'affaires à Madrid et spécialement chargé de suivre le duc d'Angoulême. Appelé ensuite au poste de ministre plénipotentiaire à Hanovre (46'' juin 4823), il conserva ces fonctions jusqu'en 4830. Sa veuve se remaria en 4840 au duc de Yalmy.

CAUX (Louis-Sébastien-Henri de Roger de Câhuzac, marquis de), fils du précédent, né le 44 déc. 4825, mort à Paris le 44 déc. 4889. D'abord officier de cavalerie, il débuta dans la diplomatie sous la monarchie de Juillet, et était secrétaire d'ambassade à Florence lorsque Napoléon III le nomma son écuyer. Très brillant de sa personne, l'homme à la mode par excellence, il était le grand ordonnateur des bals de la cour. Le 29 juill. 4868, il épousa à Londres la célèbre cantatrice Adelina Patti; leur séparation, prononcée en 4877, fut ensuite convertie en divorce.

CAUX DE Cappeval, littérateur français, né dans le diocèse de Rouen au commencement du xviii^ siècle, mort à Mannheim en 4774. C'était un versificateur d'une fécondité extraordinaire. Il fonda, en 4759, avec d'Aquin, la Semaine littéraire (^m^^ 4 vol. in-42) et, en 4760, avec l'abbé Regley et Portelance, le Journal des Journaux (2 vol. in-8). Ces publications n'eurent pas grand succès. Caux de Cappeval, fort attaqué par ses contemporains qui ne goûtaient guère sa poésie, passa à la cour du palatin Charles-Théodore qui le protégea jusqu'à sa mort. Nous citerons: Adieux aux bouffons (4754, in-12) ; Apologie du goût français relativement à l'Opéra, poème (4754, in-8) ; Odes héroïques et morales (Mannheim, 4768, in-8) ; le Parnasse ou Essai sur les campagnes du roi, poème (4752, in-12) ; la Prise de Berg-op-Zoom, poème (4767, in-8), et une traduction de la Henriade de Voltaire en vers latins (1772, in-8).

CAUZAC. Com. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. d'Agen, cant. de Beauville; 582 hab.

CAVA DEi TiRRENi ou LA CAVA. Ville d'Italie, prov. et à 7 kil. N.-O. de Salerne; 6,399 hab. (4884). Evêché ; fabr. de toiles, draps, soieries. Cette ville, située dans une étroite vallée très fréquentée pendant l'été à cause de son air frais et salubre, doit son existence au couvent de la Tri7îità délia Cava fondé au début du xi« siècle et autour duquel s'est groupée la population. Les archives du couvent sont riches en chartes et manuscrits précieux. H. V.

CAVACEPPl (Bartolommeo), sculpteur italien du xviu® siècle. Il n'est guère connu que par des restaurations de monuments antiques et par l'amitié que lui témoigna Winckelmann. On lui doit un Recueil de statues antiques (Raccolta de antiche statue, busti, Cassirilievi ed altri sculture restaurate da J5. Cavaceppi; Rome, 4768-4772, 3 vol.) restaurées par lui et le Journal du voyage qu'il fit en Allemagne en compagnie de son ami ; cet ouvrage qui correspond à une phase intéressante de la vie de Winckelmann, donne une foule de détails curieux sur l'existence et la personne du célèbre critique.

CAVADO. Fleuve côtier du Portugal, prov. du Minho. Il reçoit à droite le rio Homem, passe à Barcellos et se jette dans l'Atlantique à Espocende.

CAVAEDIUIVI (V. Maison [Antiq. rom.]).

CAVAGNA (Giovanni-Paolo), peintre de Bergame, mort vers 4627. 11 était élève de Paul Véronèse et de Morone et fut le rival en titre de Salmeggio. On voit de lui à Bergame Y Assomption de la Fz^r^g, fresque, à Sainte-Marie- Majeure ; Saint François recevant les stigmates, à San- Spirito ; le Christ en croix entre plusieurs saints à Sainte-Lucia ; Daniel dans la fosse aux lions, etc. Il a laissé en outre des tableaux renfermant des figures nues bien traitées, et assez recherchés.

CAVAGNA (Francesco), surnommé il Cavagnola, peintre italien, mort vers 4630. Il est connu par son père qu'il chercha à imiter sans parvenir à laisser autre chose que la réputation d'un peintre médiocre.

CAVAGNAC. Com. du dép. du Lot, arr. de Gourdon, cant. de Vayrac, sur une colline dominant la Tourmente ; 825 hab. Donjon carré du xm^ siècle.

CAVAGNARl (Sir Pierre-Louis-Napoléon), soldat et diplomate anglais, né à Stenay (Meuse) le 4 juillet 4841, assassiné à Caboul le 3 sept. 4879. Son père était le général français Adolphe Cavagnari, sa mère était Anglaise. 11 fut élevé à Christ's Hospitalet entra comme cadet au service de la compagnie des Indes. En 4857 il fut naturalisé anglais et prit part à la campagne contre les révoltés cipayes (4858-59). Il séjourna plusieurs années dans lePunjab, où il acquit une remarquable connaissance des langues de l'Asie centrale. Chargé de plusieurs missions auprès des émirs d'Afganistan, il négocia avec Yacoub-Kahn le traité de Gandamouk, qui donnait à l'Angleterre le droit d'avoir un résident à Caboul. Il fut choisi pour cette fonction délicate, et fit son entrée solennelle dans cette ville le 24 juillet 4879. (Juelques jours après sa réception officielle par le Khan, la citadelle où il avait pris quartier fut attaquée par des Afghans révoltés. Cavagnari fut tué avec tous ses compagnons, sans exception. Sa mort provoqua l'expédition de 4880. L. BouGiER.

BiBL.: Annualregîst.^ 1879, pp. 262, 270; t.ondres,1880,in-8.

CAVAGNI (Giovanni-Battista) , architecte napolitain, mort en 4600. Il a construit l'église et le couvent de Saint-Grégoire, à Naples, en collaboration avec Yincenzo délia Monica, et a fait le Mont-de-piété à lui seul. On cite parmi les élèves qu'il a formés plusieurs architectes de mérite, entre autres Dionisio di Bartolommeo.

CAVAGNOLA (Le) (V. Câvagna [Francesco]).

CAVAIGNAC. Village d'Algérie d'une cinquantaine de feux, créé en 4879, dans la vallée de l'Oued Allala, est relié àTénès par une voie carrossable ; section de la com. de plein exercice de Montenotte, arr. d'Orléans, dép. d'Alger.

CAVAIGNAC (Jean-Baptiste), homme politique français né à Gourdon (Lot) en 4762, mort à Bruxelles le 24 mars 4829. Avocat, il était en 4792 membre du directoire du dép, du Lot quand l'assemblée électorale de ce département l'envoya siéger à la Convention où il fit partie de la Montagne. Dans le procès de Louis XVI, il motiva assez longuement son vote de mort et conclut ainsi : « Louis doit subir la mort. Le vœu terrible que je viens d'énoncer ne laisse dans mon âme d'autre amertume que celle qu'éprouve l'homme sensible lorsque son devoir lui impose la cruelle obligation de prononcer la mort de son semblable. » Et il vota contre le sursis. Il ne parut presque jamais à la tribune et fut constamment employé à des missions. Envoyé près de l'armée des côtes de Brest (40 mai 4793), il fut rappelé le i^^ août suivant, et envoyé près de l'armée des Pyrénées Orientales (47 nov. 4793). Avec son collègue Pinet, il prit les mesures les plus rigoureuses contre les ennemis de la Révolution dans les dép. des Landes, des Basses-Pyrénées et du Gers. Aucun conventionnel ne favorisa plus que lui, en province, le culte de la Raison. Dès le 23 nov. 4793, il écrivait d'Auch à la Convention qu'il venait de présider un auto-da-fé de statues de saints et de « vierges à miracle » : « La carmagnole, dit-il, dura toute la nuit autour de ce bûcher phi-

CAVAÏGNAC

losophique qui consumait à la fois tant d'erreurs. » Pinet et lui, par un arrêté du 3 mars 1793, instituèrent à Bayonne, sous le nom de commission militaire, un tribunal révolutionnaire ambulant qui exerça sa justice sommaire non seulement à Bayonne, mais à Dax, à Saint- Sever, à Auch. Cavaignac s'occupa activement de la défense du sud-ouest contre les Espagnols. Après le 9 Thermidor, Pinet et lui furent dénoncés à la Convention et accusés de cruauté par la Société populaire de Bayonne. Mais la municipalité de la même ville les défendit dans une adresse énergique (Moniteur du 4 juin 1794), et, dans sa séance du 9 août 1795, la Convention passa à l'ordre du jour sur la dénonciation. Bans son Histoire générale et impartiale y Prudhomme, en 1797, accusa Cavaignae d'avoir, à Saint-Sever, exigé le déshonneur d'une fille en lui promettant de sauver son père, qu'il envoya néanmoins à l'échafaud. Celte infâme calomnie ne repose sur aucun fondement et, dans les Landes, elle est démentie par la tradition orale. (V. les Diocèses d'Aire et de Dax ou le département des Latides sous la Révolution^ par l'abbé Légé, t. H, p. 106.) — Le 18 janv. 1795, Cavaignae fut envoyé en mission aux armées de la Moselle et du Uhin. Membre du conseil des Cinq-Cents, il en sortit bientôt par la voie du sort. On dit qu'alors il fut forcé d'accepter pour vivre le modeste emploi de receveur aux barrières de Paris. Le 21 mars 1799, le Moniteur annonça sa nomination à la place d'administrateur de la loterie. Après la paix d'Amiens, il fut nommé commissaire général des relations commerciales à Mascate : mais la guerre ayant recommencé, il ne put prendre possession de son poste. Il alla à Naples, en 1806, avec son frère, le général J,-M. Cavaignae. Le roi Murât le nomma conseiller d'Etat et le chargea de l'administration de l'enregistrement. Rentré en France, il fut préfet de la Somme pendant les Cent- Jours. Proscrit comme régicide en 1816, il se retira à Bruxelles où il passa dans l'obscurité les dernières années de sa vie. F. -A. A

CAVAI6NAC (Jacques-Marie, vicomte), général français, né à Gourdon en 1773, mort à Paris le î23 janv. 1855. D'abord sous-lieutenant au régiment de Navarre, il servit avec distinction dans les armées de la République et de l'Empire. En 1806, il passa au service du roi de Naples (Murât). Il reçut le commandement d'un corps chargé d'opérer une descente en Sicile. Les deux autres corps ayant été retenus par les vents contraires, il débarqua seul. Pressé entre la flotte anglaise et les troupes de terre, il parvint à rembarquer sa division et gagna la côte de Calabre sous le feu des vaisseaux anglais. 11 rentra en France en 1811, commanda en 1812 la cavalerie du 11« corps, et, après la retraite de Moscou, il s'enferma à Danlzig avec les 1,800 hommes qui lui restaient. Emmené prisonnier à Kiev, lorsque cette place capitula, il rentra en France en 1814 et fut nommé chevalier, puis commandeur (1823) de Saint-Louis, baron de Baragne, puis vicomte Cavaignae et inspecteur général de la cavalerie. Le 7 nov. 1839, il entra à la Chambre des pairs et fut mis à la retraite après la révolution de Février.

CAVAÏGNAC (Eléonore-Louis-Godefroi), homme politique français, fils atné du conventionnel, né en 1801 à Paris, mort à Paris le 5 mai 1845. Elevé par son père, vieux montagnard de 1793, et par sa mère (W-^^ Corancez, fille de l'orientaliste de ce nom) dans les traditions du républicanisme le plus ardent et le plus pur, il avait à peine quitté les bancs de l'Ecole de droit qu'il conspirait déjà contre les Bourbons et soutenait par la parole, par la plume, au besoin par l'épée, la cause de la Révolution, si décriée depuis la fin du siècle dernier. Ardent, généreux, chevaleresque, prêt à tous les dévouements et à toutes les audaces, il était, sous la Restauration, de cette petite phalange de jeunes gens qui, malgré toutes les calomnies, avaient foi dans la République et ne voyaient qu'en elle le relèvement, le bonheur, le salut de la France.

Aux journées de Juillet, il fit le coup de feu sur les barricades et il ne dépendit pas de' lui, non plus que de ses amis, que la monarchie de droit divin ne fût, dès ce moment, remplacée par la démocratie pure. Cruellement déçu par l'escamotage politique qui substitua la royauté bourgeoise de Louis-Philippe au gouvernement clérical de Charles X, il se remit tout aussitôt en campagne et prit personnellement une part importante aux troubles populaires dont Paris fut le théâtre au mois d'oct. 1830. Arrêté, traduit devant le jury, il se défendit avec éloquence, fut acquitté et s'empressa de recommencer.

« Je le déclare, écrivait-il peu après (dès 1831), sans affectation comme sans crainte, de cœur et de conviction, je suis républicain. Mais il ne m'eût pas suffi, pour adopter une opinion, c[ue la République me parût être en soi le moins imparfait des gouvernements. J'ai tâché de me rendre compte des faits, et j'ai compris non seulement qu'elle était possible, mais qu'elle était inévitable, mais que tout marchait là, les événements, les esprits, les choses. J'ai compris qu'il était impossible que le mouvement qui domine aujourd'hui le monde aboutît à autre chose qu'à la République. » Avec de pareilles dispositions, avec le nom qu'il portait, avec son talent de journaliste et son intrépidité de soldat, Godefroi Cavaignae devait acquérir bien vite un grand ascendant sur son parti. Aussi était-il, dès cette époque, un des chefs les plus écoutés de la Société des amis du peuple, dont la mystérieuse et active propagande aboutit à l'insurrection parisienne des 5 et 6 mai 1832. Traduit encore une fois en justice et acquitté de nouveau, il concourut, peu après, à fonder la Société des droits de Vhomme, où son influence se fit sentir, plus active que jamais. Surveillé, traqué par la police, mais inaccessible au découragement, on le retrouve, en avr. 1834, parmi les auteurs d'une nouvelle prise d'armes, qui amena son arrestation et celle d'un grand nombre de ses amis. Godefroi Cavaignae défendit à plusieurs reprises ces derniers devant la Chambre des pairs, avec autant de dignité que de hardiesse. Ayant enfin trouvé le moyen de s'évader (13 juil. 1835), il alla se réfugier en Angleterre, où il passa plusieurs années, sans cesser de correspondre avec ib*on parti. Rentré en France (1841), il devint un des rédacteurs principaux du journal la Réforme, dirigé par son ami Flocon, et où il ne cessa d'attaquer, avec une verve et un emportement parfois peut-être excessifs, la politique dont Guizot était alors la personnification la plus impopulaire. Président de la Société des droits de Itiomme en 1843, il jouissait dans le parti républicain d'une autorité incontestée et commençait à espérer le triomphe prochain de sa cause, lorsqu'une mort prématurée, causée par une affection de poitrine, l'enleva dans toute la force de son talent et dans tout l'éclat de sa popularité. Malgré les mesures rigoureuses prises par le gouvernement pour empêcher ses obsèques de dégénérer en émeute, comme celles du général Lamarque, une foule énorme, au milieu de laquelle marchaient les François Arago, les Louis Blanc, les Guinard, les Ledru-Rollin qui, après avoir combattu si longtemps à ses côtés, allaient bientôt triompher sans lui, accompagna ses restes au cimetière Montmartre et lui fit des funérailles dignes de lui. — Godefroi Cavaignae, esprit très cultivé, avait composé dans sa jeunesse quelques opuscules purement littéraires, parmi lesquels nous citerons : Dubois Cardinal, ou tout chemin mène à Rome, proverbe historique; Une tuerie de cosaques, scènes d'invasion (Paris, 1831, in-8). Longtemps après sa mort on a publié un volume de ses Romans miliiair^s, avec une préface d'Emm. Gonzalès (1867, in-12).

A. Debidour.

BiBL. : L. Blanc, Histoire de dix ans. —- Guizot, Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps. — Lesur, Annuaire historique. — E. Regnault, Histoire de huit ans, — Thureau-Dangïn, Histoire de la monarchie de Juillet, etc.

CAVAÏGNAC (Louis-Eugène), général et homme d'Etat

CAVAÏCxNAC

français, frère de (iodefroi Cavaignac, né à Paris le 15 oct. 1802, mort à Ourne (Sarthe) le 28 oct. 1857. Après avoir passé par TEcoie polytechnique (1820) et par l'École d'application de?»letz, il entra dans l'arme du génie en ISSi-, comme sous-lieutenant, devint lieutenant en 1826, fit deux ans plus tard Texpédition de Morée et fut nommé capitaine en 1829. Fidèle, comme son frère, aux traditions républicaines de sa famille, s'il applaudit aux journées de Juillet, il vit avec peine une royauté nouvelle sortir des barricades et ne cacha pas son mécontentement. Sans doute il ne conspirait point. Mais il ne craignait pas, en adhérant à V Association nationale (1831), de manifester son opposition à la monarchie reconstituée et déclarait nettement que si, comme militaire, il avait à marcher contre les carlistes, il obéirait, mais que, contre les républicains, il ne se battrait pas. Pour le punir de ces hardiesses, on le mit en disponibilité ; puis Louis-Philippe ordonna de Penvoycr en Afrique, pour lui faire jeter sa gourme, disait-il. Arrivé en Algérie (183i), le jeune officier donna bientôt la mesure non seulement de sa valeur et de son sang-froid, mais de son activité toujours en éveil, ainsi que de ses aptitudes stratégiques et administratives. Il prit pwt à l'expédition de Mascara, fut décoré en 1833 et, après plusieurs actions d'éclat, fut placé, au commencement de 4836, dans le poste le plus périlleux. Le maréchal Clausel, qui venait d'occuper Tlemeen et qui, ne pouvant y rester avec son armée, voulait cependant, au moyen de cette place, observer la frontière du Maroc et surveiller les mouvements d'Abdel-Kader, y laissa le capitaine Cavaignac, avec 500 volontaires. Cette petite garnison se trouva bientôt isolée, en plein pays ennemi, sans ravitaillement possible. Mais elle avait un chef dont l'esprit, fertile en ressources, sut pourvoir à tous les besoins et à tous les périls. Grâce à lui, non seulement le Méchouar (citadelle de Tlemeen) fut mis dans un état de défense formidable, mais des casernes, des magasins, un hôpital furent construits ; des razzias, exécutées avec autant d'énergie que d'habileté, procurèrent des vivres aux Français qui, grossis de 500 Koulouglis, que sut s'attacher le gouverneur, résistèrent victorieusement à bien des attaques. Cette faction épique dura quinze mois, au bout desquels le traité de la Tafna ayant amené la remise de Tlemeen à Abd-el-Kader, Cavaignac dut enfin quitter la place (mai 1837). Sa belle conduite lui valut le grade de chef de bataillon des zouaves.

Sa santé, gravement compromise par les fatigues et les privations, l'obligea d'aller prendre du repos en France, où il employa ses loisirs à écrire, au sujet de notre conquête africaine et de son organisation, une étude remarquable intitulée De la Régence d'Alger, Mais l'émir ayant recommencé les hostilités contre nos troupes (1839), il courut rejoindre ses anciens compagnons d'armes et prit le commandement d'un de ces bataillons d'infanterie légère dits des zéphyrs, qui se faisaient remarquer, comme ceux des zouaves, par leur rapidité, leur entrain et leur audace. Bientôt après, il contribua à l'occupation de Cherchell (15 mars 1840), et, chargé du commandement de cette place, la défendit pendant trois semaines (avril-mai) contre les assauts répétés des Arabes, avec une fermeté, une présence d'esprit et un succès tels qu'il fut, en récompense de sa belle conduite, nommé heutenant-colonel des zouaves (21 juin). Un an plus tard, à la suite de nouveaux faits d'armes également honorables pour lui (expédition de Médéah, combats de Shaba-el- Ketta, de Tagdempt, etc.), il devenait colonel du même régiment (11 août 1841). Dès lors il prit une part de plus en plus grande et de plus en plus remarquée aux opérations du gouverneur général de l'Algérie, qui était alors Bugeaud (années 1842, 1843, 1844). Ce dernier, qui se connaissait en hommes, avait la plus haute estime pour Cavaignac, qui, d'autre part, était apprécié dans les termes suivants par le due d'Aumale, alors en Afrique et écrivant au roi Louis-Philippe : « Si je dois dire toute

ma façon de penser, je n'ai encore connu en Afrique, hors Bedeau et Laraoricière, qu'un seul homme présentant cet ensemble de qualités pratiques et intellectuelles de soldat et d'administrateur que je désirerais trouver chez un commandant de province, mais il n'est sous aucun rapport en ligne pour prétendre en ce moment : c'est Cavaignac, des zouaves. Je crois, du reste, qu'il sera difficile de ne pas le faire bientôt maréchal de camp. Cavaignac tient une conduite parfaitement sage et honorable ; il est trop jeune et trop saillant pour que l'on puisse songer à arrêter sa carrière ; on ne pourrait que le retarder, et ce serait, à mon avis, maladroit; en ayant l'air de lui donner de mauvaise grâce des grades que tout le monde sait qu'il a gagnés, on le dégagerait de toute reconnaissance et on le rendrait plus dangereux ; il a dans l'armée une popularité réelle. » Le prince obtint satisfaction pour le militaire auquel il rendait si pleine justice. Cavaignac fut nommé maréchal de camp en 1844 et, la même année, prit le commandement de la subdivision de Tlemeen, où b population, qui avait besoin d'être protégée contre les violences d' Abd-el-Kader, l'ac-. cueillit avec plaisir. !i y rendit encore de grands services. Aussi fut-il appelé (déc. 1847) au gouvernement de la prov. d'Oran, qup. Lamoricière venait de quitter après la capture de Fémir. C'est alors que la Révolution de 1848 lui donna l'occasion de paraître sur un plus grand théâtre et lui imposa de nouveaux devoirs.

Le nom qu'il portait était trop cher au parti républicain et ses services personnels avaient été trop brillants pour que le gouvernement provisoire ne s'empressât pas de l'appeler à des emplois supérieurs. Dès le 2 mars 1848, Cavaig)iac était nommé général de division et, en même temps, appelé au gouvernement général de l'Algérie. Peu de jours après, on lui oârait le ministère de la guerre (20 mars). Mais il déclara ne pouvoir l'accepter qu'à une condition, fort sage d'ailleurs. Paris était dégarni de troupes. Les vainqueurs de Février en avaient éloigné presque toute force armée régulière, par une confiance imprudente dans le bon sens et la modération des masses populaires, que les meneurs socialistes — ou césariens — commençaient à pousser aux émeutes et que la garde nationale ne pouvait évidemment contenir. On avait organisé les ateliers nationaux et, par là même, préparé, sans le vouloir, la guerre civile. Cavaignac demandait que les troupes fussent rappelées dans la capitale, ce qui eût sans doute rendu impossibles l'insurrection de Juin et ses conséquences et sauvé la République. Le gouvernement provisoire était encore plein d'illusions. 11 refusa. Le général, d'ailleurs, ne demeura pas longtemps en Afrique. Elu représentant du peuple (avril) par les dép. de la Seine et du Lot, il opta pour ce dernier, demanda la permission de venir siéger à l'Assemblée constituante et arriva le 17 mai à Paris. Les circonstances étaient déjà tort critiques. Dès le 15 de ce mois, un premier soulèvement avait eu lieu ; la représentation nationale, à peine installée au Palais-Bourbon, avait été violée. On pouvait prévoir de nouveaux troubles et de vraies batailles à livrer dans les rues de la capitale. Le ministère de la guerre, qui ne tentait personne, fut offert de nouveau à Cavaignac, qui, par dévouement, l'accepta. La commission executive, moins aveugle que le gouvernement provisoire, ou plus rapprochée du danger, le laissa libre de constituer une armée dans Paris, où, en quelques semaines, il put grouper près de trente mille hommes de troupes régulières, donner quelque solidité à la garde nationale et achever l'organisation de la garde mobile. Mais il était déjà trop tard pour prévenir le conflit que Ton redoutait et que la dissolution des ateliers nationaux fit éclater dans toute son horreur.

Dès le début de l'insurrection (23 juin), Cavaignac reçut le commandement en chef de toutes les forces destinées à la réprimer. Pourquoi n'agit-il pas tout de suite contre elle et lui laissa-t-il le temps de prendre un déve-

CAVAIGNAG

loppement tel que, appuyée sur deux cent vingt et une barricades, elle tint bientôt la moitié orientale et septentrionale de Paris, de la barrière d'Enfer à la barrière de Clicby? C'est apparemment, comme il l'a dit, du reste, parce que, avec ses habitudes d'homme de guerre, il voulait pouvoir frapper de grands coups et, par un mouvement stratégique bien conçu, par une attaque d'ensemble sur quelques points bien choisis, écraser un ennemi contre lequel une guerre d'escarmouches eût été sans doute inefficace. Peut-être eût-il été plus humain d'étouffer l'insurrection à ses débuts en portant dans tous les sens des colonnes mobiles et empêchant la construction des barricades. Mais Cavaignae était un soldat, et non un politique. Doit-on, d'autre part, admettre l'accusation lancée contre lui par ses ennemis, d'avoir laissé grandir le mouvement pour rendre nécessaire sa dictature en réduisant la commission executive à se déclarer impuissante? Sa noblesse de caractère et son désintéressement bien connus ne permettent pas, à notre sens, de lui attribuer un aussi abominable calcul. Quoi qu'il en soit, le général qui n'avait guère fait, dans la journée du 23 juin, que compléter ses préparatifs et pourvoir à la défense du Palais-Bourbon et de l'Hôtel de Ville, clef stratégique de Paris, commença le 24 des opérations décisives en lançant contre l'insurrection trois énormes colonnes de troupes commandées, celle du nord par Lamoricière, celle du centre par Bedeau et celle du sud par Damesme. Le même jour, la commission executive ayant déposé son mandat, l'Assemblée nationale, sur la proposition de Pascal Duprat, concentrait entre ses mains tous les pouvoirs, presque sans discussion. La bataille continua le lendemain 25 ; elle ne se termina que le 26 au matin. Force restait enfin à la loi. Mais à quel prix ? des flots de sang avaient coulé; des victimes illustres étaient tombées ; 15,000 prisonniers restaient entre les mains des vainqueurs, qui commençaient à déshonorer leur victoire par des exécutions sommaires. Cavaignae arrêta, dès qu'il lui fut possible, les violences et les vengeances. « Dans Paris, disait une de ses proclamations, je vois des vainqueurs et des vaincus ; que mon nom reste à jamais maudit, si je consentais à y voir des victimes. » Le général s'honorait par ces nobles paroles. Il se serait honoré encore davantage s'il n'avait pas prodigué à ses soldats des récompenses honorifiques qui ne devraient jamais être décernées à la suite d'une guerre civile, et s'il eût empêché l'Assemblée nationale de décréter la transportation des insurgés prisonniers.

Dès le 29 juin, il remit loyalement ses pouvoirs. L'Assemblée, à l'unanimité, déclara qu'il avait bien mérité de la patrie et le nomma président du conseil des mmistres, chef du pouvoir exécutif. Cavaignae demeura quelques mois encore à la tête du gouvernement, rassurant le pays par l'ordre qu'il rétablissait dans les grands services publics et par l'attitude aussi ferme que sage qu'il gardait vis-à-vis de l'étranger. La classe moyenne de la population et la portion la plus éclairée du parti républicain lui étaient profondément reconnaissants des grands services qu'il venait de rendre à la France. Mais à Paris, la masse, sombre et irritée, lui gardait rancune. Les ressentiments populaires étaient excités contre lui par les meneurs socialistes, par certains journalistes, ses ennemis personnels (comme Emile de Girardin) et surtout par les agents —■ si peu scrupuleux — de la ténébreuse intrigue qui allait faire sortir des urnes plébiscitaires le nom de Louis-Napoléon. L'Assemblée commettait la faute de donner une Constitution qui remettait au suffrage universel le soin de désigner le chef du pouvoir exécutif. Les ouvriers et les paysans furent partout exploités, fanatisés et trompés. Cavaignae, qui, le 25 nov., recevait encore de la représentation nationale un témoignage éclatant d'approbation et de gratitude pour sa conduite pendant les événements de Juin, n'obtint, au scrutin national du 10 déc, que 1,448,107 suffrages.

Louis-Napoléon en réunit trois fois plus et devint président de la République . Peu de jours après, le général, avec une noble simplicité, se dépouillait dans l'Assemblée de son autorité et, après la prestation de serment de son heureux rival, redevenait un simple représentant.

Réélu à l'Assemblée législative, Cavaignae eut souvent occasion de paraître à la tribune, de 1849 à la fin de 1851, et se fit remarquer par la concision et la simplicité de sa parole, qui dénotait à la fois sa grande expérience des affaires et sa profonde fidélité à la cause républicaine. 11 combattit constamment, avec modération, mais avec fermeté, la politique perfide de l'Elysée. Aussi fut-il arrêté des premiers, dans la nuit du 2 déc. Incarcéré à Mazas, puis au fort de Ham, il ne put opposer au coup d'Etat aucune résistance. Quand la dictature bonapartiste fut solidement établie, on le remit en liberté (janv. 1852). C'est alors qu'il épousa M""* Odier, fille de M. James Odier, banquier de Paris. Peu après, malgré la terreur qui, grâce à Louis-Napoléon, régnait sur toute la France, il fut élu dans la capitale (mars 1852). Mais il refusa de prêter serment au régime nouveau et, par conséquent, ne put siéger au Corps législatif. Profondément attristé, mais non découragé, il se relira dans sa propriété d'Ourne, près de Fiée (dép. de la Sarthe) et y passa dès lors la plus grande partie de son temps, sans oublier ni ses coreligionnaires politiques, avec lesquels il restait en relations étroites, ni la cause républicaine, qu'il ne désespérait pas de voir se relever et triompher. Il prit dans ses dernières années la haute direction du journal le Siècle, Les élections générales de 1857 permirent à ses amis de remettre en avant sa candidature. Paris le choisit de nouveau pour député, en même temps que Goudchaux et Carnot. Mais, comme en 1852, il refusa le serment. C'est peu de mois après qu'il mourut subitement, à la chasse, d'une affection du cœur, dont il souffrait depuis longtemps. Sa veuve ramena aussitôt son corps à Paris, pour le faire inhumer au cimetière Montmartre, à côté de son frère Godefroy (mort en 1845). Ses obsèques furent surveillées militairement, comme l'avaient été celles de Lamennais et de Béranger ; l'autorité impériale ne permit pas qu'aucun discours fût prononcé sur sa tombe. Mais la foule qui accompagna jusqu'au heu de sa sépulture les restes de ce grand citoyen, offrit à Cavaignae, par son afflluence et son recueillement, le plus éloquent hommage que la France bâillonnée pût rendre alors à un républicain. A. Dêbidour.

BiBL. : L. Blanc, Histoire de la Révolution de i8k8. — D. Stekn, Histoire de la, révolution de iSkS, etc. — Garnier-Pagès, Histoire du gouvernement provisoire. — Du môme, Histoire de la commission executive. — H. d'IdeviLLE, le Maréchal Bugeaud. — Moniteur universel, de 18i8 à 1852. — T. Delord, Histoire du second empire. — De Montrond, Histoire de la conquête de CAlgéne. — C. RoussET, Histoire d'une conquête.

CAVAIGNAG (Jacques-Marie-Eugène-Godefroy), homme politique français, né à Paris le 21 mai 1853, fils du précédent. L'attention publique fut de bonne heure appelée sur M. Cavaignae; en 1868, ayant obtenu un prix de version grecque, au concours général, il refusa, à la distribution des prix, de recevoir sa récompense des mains du prince impérial qui présidait la cérémonie à la Sorbonne. On dit qu'il motiva ainsi son refus : « Je ne veux pas me laisser couronner par un monsieur dont le père a fait jeter le mien en prison. » Il fit la campagne franco -allemande dans les mobiles de la Seine et reçut la médaille militaire le 28 janv. 1871, le jour même de l'armistice. Entré à l'Ecole polytechnique en 1872, il sortit élève ingénieur au corps des ponts et chaussées. 11 exerça les fonctions d'ingénieur jusqu'au mois de juil. 1881, fut nommé maître des requêtes au conseil d'Etat qu'il quitta en janv. 1882 pour entrer à la Chambre oii l'envoyaient les électeurs de l'arr. de Saint-Calais (Sarthe), en remplacement de M. Lemonnier, élu sénateur. M. Cavaignae, qui n'avait pas de concurrent, obtint 10,015 voix sur 11,097 votants. 11 a été réélu le troisième sur sept,le ioct, 1885, par 54,128 voix

CAVAIGNAC— GAVATLLON

sur 109,499 votants. Enfin, au dernier renouvellement, le 22 sept. 1889, les électeurs de Saint-Caîais lui ont redonné son mandat. Il a obtenu 8,942 voix contre 6,224 accordées à M. Dugué, monarchiste. M. Cavaignac s'est toujours présenté comme républicain modéré, et à ce titre a fait partie du groupe parlementaire l'Union républicaine. Pendant le ministère Brisson, d'avr. 1885 à janv. 1886, il occupa le poste de sous-secrétaire d'Etat au ministère de la guerre, dont le portefeuille était confié au général Campenon. Louis Lucipia.

CAVAILLÉ-COLL. Nom d'une famille de facteurs d'orgue, dont un religieux, Joseph Cavaillé, de l'ordre des dominicains, à Toulouse, commença la réputation dès la première moitié du xviii® siècle, en construisant, en compagnie avec le frère Isnard, plusieurs orgues dans le Midi, entre autres celui de Saint-Pierre de Toulouse. Son neveu et élève, Jean-Pierre Cavaillé, né à Gaillac en 1740, mort à Barcelone en 1815, et le fils de ce dernier, Dominique-Hyacinthe Cavaillé, né à Toulouse en 1772, mort à Paris en 1862, se signalèrent par de remarquables travaux, tant dans le midi de la France qu'en Espagne, où ils séjournèrent tour à tour ; au premier, on doit Vorgue de la Beal à Perpignan et celui de Féglise Sainte-Catherine et de la Mercie à Barcelone; au second, surtout de remarquables restaurations, en Catalogne d'abord où il avait suivi son père, puis dans le Midi et particulièrement à Montpellier où il s'était fixé dès 1806. Ce fut dans cette ville que naquit Aristide Cavaillé-Coll (4 fév. 1811), fils du précédent, qui, par ses nombreuses et habiles découvertes a, on peut presque dire, créé l'orgue moderne. Suivant la tradition de sa famille, il fut dès 1 enfance associé aux travaux de son père. Sa première invention, à l'âge de vingt ans à peine, est le poïkilorgue^ qui contient le principe de l'harmonium, ou orgue expressif. Deux ans après, étant venu à Paris pour se mettre au courant des progrès réalisés dans la facture, il apprenait qu'un concours était ouvert pour la construction d'un grand orgue à la basilique de Saint-Denis; il se mettait sur les rangs et remportait brillamment le prix, malgré la haute réputation de ses concurrents, Pierre Erard, John Abbey, Callinet, etc. Ce magnifique instrument, le plus parfait qu'on ait encore entendu, construit de 1834 à 1840, fut inauguré avec un succès considérable le 21 sept. 1841. C'était débuter par un coup de maître; depuis, Cavaillé-Coll a apporté des perfectionnements constants dans la construction des orgues. Les merveilleux résultats qu'il a obtenus tiennent à trois causes : la diversité de pression, en rapport avec la diversité des jeux et Vacuité des sons, les jeux harmoniques ei la machine pneumatique; de ces trois inventions, les deux premières lui appartiennent en propre; la troisième création, d'un facteur anglais, M. Charles Spackman Barker, lui doit de notables perfectionnements. C'est en 1839 que fut inaugurée la soufflerie à pressions diverses qui établissait entre les dittérents jeux de l'orgue un équilibre qui leur avait jusque là fait défaut ; celte belle invention, depuis adoptée par tous les facteurs, valait à son auteur un remarquable rapport de M. Fétis à l'occasion de l'Exposition universelle de 1855. La riche famille des jeux harmoniques dont il serait trop long d'exposer ici la théorie (V. Orgue), depuis utilisés de toutes parts, est une des plus précieuses découvertes de M. Cavaillé-Coll, qui a ainsi donné à l'orgue une vigueur et une plénitude de sons prodigieuses. Quant à la machine pneumatique de Barker, ingénieux appareil reposant sur le principe de la force d'élasticité des gaz, qui a pour but de rendre les claviers de l'orgue le plus considérable, doux à l'égal de celui d'un piano, elle a été magistralement complétée par l'invention des moteurs pneumatiques à double effet, imaginés pour l'église de Saint-Sulpice (1863). On doit encore à M. Cavaillé-Coll un nouveau système de pédales et registres de combinaison permettant à l'organiste de faire parler autant de jeux qu'il le désire et selon la com-

binaison qu'il a choisie et qu'il peut modifier à son gré. Signalons enfin une des découvertes les plus remarquables de réminent facteur, celle d'une formule théorique et pratique pour la détermination des dimensions des tuyaux par rapport à leur intonation, qui opéra une véritable révolution dans la science de l'acoustique ; une étude sur ce sujet fut lue à la séance de l'Académie des sciences (24 fév. 18i9). La liste serait longue des orgues construites par M. Cavaillé-Coll, et nous^ renvoyons aux biographies spéciales, rappelant seulement (|ue le grand inventeur remporta h grand prix à l'Exposition universelle de 1878. Il a publié quelques mémoires dans différents recueils scientifiques : De V Orgue et de son architecture ( Revue générale de V architecture des travaux publics \i^^Q'])\ Projet d'orgue monumental pour la basilique de Saint-Pierre de Rome (Bruxelles, 1875, ih-8.)

Raymond Bonheur.

BiBL. : FÉns, Rapport du jury à l'Exposition universelle de 1855. — J. -Adrien De la Fage, Oi-gue de Véglise royale de Saint-Denis, construit par MM. Cavaillé- Coll, père et fils, facteurs du roi, rapport fait à la Société libre des beaux-arts; Paris, 1845, in-8. — M. l'abbé Lamazou, Etude sur Vorgue inonumental de Saini -Sulpice et la facture d'orgue moderne; Paris, in-8. — Le Grand Orgue de la nouvelle salle de concert de Slieffield en Angleterre, construit par M. Cavaillé-Coll, à Paris ; Paris, 1874, in-4. — C.-M. Philbert, l'Orgue du palais de l'Industrie d'Amsterdam ; Amsterdam, 1876, in-8. — L'abbé Gustave Lefebvre, le Grand Orgue de l'église Saint-Michel du Havre, construit en 1881-1888, par M. A, Cavaillé-Coll ; le Havre. 1888.

CAVAILLON (KaSsXiwv, Cabillio, Cavallio). Ch A, de cant. du dép. de Vaucluse, arr. d'Avignon ; 9,144 hab. A l'époque celtique, Cavaillon se trouvait sur la colline qui le domine, aujourd'hui appelée Saint-Jacques. Il fut occupé par une colonie massaliote ; on y a trouvé, à diverses époques, une foule de monnaies celtiques, massaliotes et romaines, des inscriptions, des urnes prouvant son importance. Strabon l'appelle Caballion urbs, Ptolémée, Caballio, colonia in Cavaribus, Pline la place parmi les villes latines. Il existe encore à Cavaillon une porte triom-

Porte triomphale de Cavaillon.

phale de l'époque romaine. Pendant le moyen âge et à partir de l'occupation du Comtat-Venaissin par le Saint- Siège, la juridiction seigneuriale fut partagée entre Tévéque et la Chambre Apostolique. La ville fut administrée par six consuls qui furent remplacés plus tard par deux syndics. En 1562, le baron des Adrets fit le siège de Cavaillon et détruisit en partie la cathédrale, monument roman assez remarquable. Cette ville devint, au m® siècle, i le siège d'un évéché qui fut supprimé en 1791.

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