CANOPE — CANOT
par tous les temples de TEgypte se sont réunis dans une ville du nome Menelaïtes, nommée Canope en grec et Pakot en égyptien, pour consacrer le souvenir des bienlaits qu'ont rendus au pays Ptolémée et Bérénice, par leur culte pour les dieux nationaux et les animaux sacrés, par une expédition en Asie qui a eu pour résultat de restituer à l'Egypte les statues enlevées par les Perses , par leur vigilance à détourner la famine en temps de disette. Ils décrètent : 1^ d'augmenter les honneurs à rendre au roi et à la reine, dieux Evergètes ; 2<^ d'instituer une classe de prêtres des dieux Evergètes ; 3« l'emploi de l'année vague de 365 jours entraînant pour les fêtes annuelles un déplacement d'un jour tous les quatre ans par rapport à l'ordre naturel des saisons, ils décident d'ajouter tous les quatre ans, après les cinq jours complémentaires (o + 360), un jour intercalaire spécial qui sera consacré par une fête en Fhonneur du roi ; ¥ de célébrer une fête funéraire en l'honneur de la princesse Bérénice, fille du roi et delà reine, morte récemment ; ^^ de lui ériger une statue à laquelle seront rendus des honneurs particuliers; 6^ de distribuer aux femmes des prêtres des pains spéciaux, que Ton appellera Pains de Bérénice;!^ h stèle, rédigée « en grec, en écriture des livres (démotique) et en écriture sacré'e (hiéroglyphique)», sera placée dans la salle d'assemblée des temples.
Cette stèle importante est au musée de Boulaq. Il en existait depuis longtemps un exemplaire au musée du Louvre, catalogué sous le n^C 122, maisqui, ayant servi de seuil à une mosquée, est dans un tel état d'usure qu'on n'avait pu en tirer aucun profit. Un troisième exemplaire a été découvert à l'ouest du Delta en 4881 ; il est conservé à Boulaq. P. Pierret.
BiBL. : DÉCRET DE Canope. — Lepsius, Das bilingue Dekret von Kanopus. — Reinisou et Rœsler, Die Zweischpr. Inschrifl von Tanis. — IkRcri, On Uie Irilinqual insanption at San. — P. Pikrret, Glossaire égyplien grec du Décret de Canope et le Décret trilingue de Canope. — Remllout, Chrestomathie domotique', il.
CANOPIQUE (Branche). L'une des sept branches du Nil, la plus occidentale et l'une des plus considérables. Elle se jetait dans la Méditerranée, près de la ville de Canope : raison pour laquelle Hérodote et Strabon la nommèrent Canopique. Ptolémée, au contraire, la nomme Agathodœmon. Ce mot, qui signifie branche du bon génie, est une traduction du nom" égyptien donné à cette branche, ainsi que l'a fait voir Champollion dans son ouvrage sur VEgypte sons les Pharaons. Les Egyptiens la nommaient en effet la bonne branche, ScHETNouFr, et le nom du village où elle commençait était le même. Elle commençait à l'extrémité sud, c-à-d. au sommet, du Delta, se confondait avec la branche Bolbitine jusqu'au village de Deirout, encore existant, où elle s'en séparait pour' courir à l'ouest. Aujourd'hui eWe n'existe plus que depuis le village de Schetnoufî,, maintenant Schatnouf, jusqu'à celui de Deirout. Les eaux de cette branche se sont jetées dans la branche Bolbitine par l'un de ces changements de cours dont le Nil a donné si souvent l'exemple, et peu k peu la branche Canopique cessa d'être remplie par les eaux dans sa partie moyenne. A l'embouchure, la mer entra dans les terres et a formé le petit lac de Maâdieh. L'entretien des dignes et des canaux avait été considérablement négligé sous l'administration grecque ; les Arabes n'y connaissant pas grand'chose n'apportèrent pas grand soin à la question d'imgation si importante en Egypte ; les Turcs détruisirent tout ce qu'ils purent détruire. Aujourd'hui une partie des terres du disirict arrosé par la branche Canopique est irriguée par le canal Mahmoudieh, qui porte l'eau douce à la ville d'Alexandrie, depuis la branche de Rosette. E. Amélineau,
CANOSA m Puglta. Ville d'Italie, prov. de Bari. Elle est bâtie en amphithéâtre sur une colline qui domine rOfanto. Des fouilles récentes ont amené la découverte de sépultures antiques avec des vases peints et des bijoux, d'un aqueduc et d'une porte triomphale. A côté de la prin-
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eipale église, se trouve le tombeau de Bohémond, fils de Robert Guiscard, le célèbre croisé chanté par le Tasse. Toute la contrée environnante produit en abondance le vin et l'huile; 18,42^ hab. en 4881. L'ancienne Canusium était à 79 kil. de l'emplacement actuel de cette ville.
CANOSA (Antonio Capece Minutolo, prince de), ministre napolitain, né à Naples vers 1763. Fils d'un homme justement estimé, le prince de Canosa a laissé un nom exécré. Il dut à sa haute naissance d'entrer, en 1798, dans le conseil de la ville de Naples. L'année suivante, lorsque le roi s'enfuit à l'approche de Championnet, il proposa de constituer un gouvernement aristocratique comme celui de Venise. Mis en prison sous la république parthénopéenne pour son hostilité contre le régime populaire, il fut condamné à cinq ans de prison, au retour de Ferdinand IV, pour sa proposition antimonarchique ; mais, à la paix de Florence, il recouvra la liberté. Ayant offert ses services à la reine Marie-Caroline (1805), il devint son principal agent, et, en 1806, il reçut le cornmandement de la garnison sicilienne de l'île de Ponza. 11 organisa de là une conspiration permanente contre les gouvernements de Joseph et de Murât, et il entretint le brigandage sur le continent. En 1810, il abandonna Ponza et se rendit en Sicile. Sous l'influence anglaise, la liberté renaissait à Palerme : tombé en disgrâce avec la reine, Canosa menaça de se donner à Murat^ ïl publia un mémoire pour réclamer le prix de ses services. Quand Ferdinand reprit possession du trône de Naples, le prince de Canosa reçut le ministère de la police (1816). Il se mit alors à la tête de la secte ultra-royaliste des calderari (V. ce mot), recrutée parmi les brigands et les galériens, et la poussa à de tels excès que les ambassadeurs d'Autriche et de Russie obligèrent le roi à le renvoyer. Mais il conserva de larges émoluments. Il se retira en Toscane. En 1821, Ferdinand, revenant de Laybach, le vit à Livourne, le reprit pour ministre de la police, et se fit précéder par lui à Naples. Canosa inaugura une réaction effrénée. Les emprisonnements, les proscriptions, les exécutions furent innombrables. 11 alla jusqu'à établir le supplice de la flagellation publique. Fait ministre d'Etat en 1822, il se rendit si odieux que le roi dut encore le renvoyer, à la demande du ministre des finances Medici. Ferdinand lui continua toutefois ses faveurs particulières. Retourné en Toscane, Canosa, qui joignait au bigotisme des mœurs infâmes, épousa une fille de mauvaise vie qu'il avait prise pour maîtresse. Puis il alla vivre à Gênes, En 1831, François IV, duc de Modène, rentré dans ses Etats, l'appela auprès de lui pour lui remettre la police. Canosa se transporta à Bologne et à Pesaro pour conseiller le cardinal Albani : c'est lui qui fit traiter les Légations en pays conquis (1832). il devint dès lors le chef du sanfédisme, dont il avait formulé la doctrine, et le directeur suprême d'une police qui reliait et dominait les différentes polices de presque tous les Etats italiens. F. H.
CANOSSA. Village d'Italie dans la corn, de Ciano d'Enza, prov. de Reggio-Emilia, à20 kil, S.-O. de Reggio. On y remarque les ruines d'un château-fort du moyen âge qui a appartenu à la grande comtesse Mathilde, où l'empereur Henri IV attendit pendant trois jours, pieds nus, en costume de pénitent, le pardon du pape. Il venait constamment s'agenouiller sur la neige devant une porte qui ne s'ouvrait pas. Enfin Grégoire VII, jugeant l'humiliation suffisante, consentit à recevoir le pénitent. Henri, étendu sur le seuil de la chapelle, les bras en croix, demanda en sanglotant l'absolution. Grégoire le releva, lui donna le baiser de paix, et l'admit à la messe pontificale (1077). De là est venue l'expression aller à Canossa, qui signifie s'humilier devant le pape. H. V.
CANOT (Mar.). Très petit bâtiment non ponté pouvant naviguer sur une mer peu agitée soit à la voile soit à l'aviron. Les canots ont, en outre du rôle militaire qu'ils peuvent être appelés à jouer dans la marine de l'Etat, pour destination essentielle d'assurer les communications du