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EMBARCATIONS

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Manœuvre de Vaviron, Trois méthodes principales sont employées depuis vingt ans dans l'art de ramer. Nous empruntons à une excellente étude de M. G. Bonnetain la méthode suivante, qui les concilie toutes trois, et qui nous parait être la meilleure théorie de la nage : « L'aviron étant sur l'avant, attaquer brusquement l'eau en appuyant fortement du torse et des jambes, continuer le coup d'aviron jusqu'à ce que le manche de l'aviron touche le ventre en appuyant un peu moins qu'à l'attaque et d'une façon uniforme pendant tout le reste du parcours, sortir l'aviron, allonger brusquement les bras, revenir sur l'avant avec une vitesse décroissante et reprendre) la position d'attaque. Voyons comment cette nage respecte les principes généraux de l'art de ramer. La longueur du coup d'aviron sur l'avant, à l'attaque, a pour effet de reporter le poids des rameurs un peu en arrière de leur place ; le nez de l'embarcation se trouve légèrement remonté, l'angle qui va rejeter Teau sur les côtés et en-dessous est plus aigu ; l'attaque doit conséquemment se faire dans de meilleures conditions. La forte attaque de l'aviron, au moment précis 011 il entre dans l'eau et où il trouve un point d'appui solide, donne une puissante impulsion. Le prolongement du coup d'aviron empêche l'embarcation de redescendre en un à-coup brusque ; soutenue par la pression des avirons sur l'élément liquide, elle ne redescend que progressivement et ne rentre dans ses œuvres vives qu'à la fin du coup d'aviron. Le retour, fait avec une vitesse décroissante et presque nulle, au moment où les pieds vont de nouveau s'appuyer sur les barres, accélère la vitesse acquise; ce mouvement, exécuté comme nous l'indiquons, ne fait remonter le nez que progressivement. L'embarcation ainsi tirée ne subira aucun soubresaut ; les changements de lignes, malheureusement inévitables, se feront doucement et sans secousses. »

Mais pour être un bon rameur, il ne suffit pas de connaître et d'appliquer les principes ci-dessus ; il ''ne suflBt pas non plus d'observer une foule d'autres prescriptions, particulières ou générales (comme celles-ci : les rameurs ne doivent jamais tourner la tête, mais avoir toujours les yeux sur l'aviron du chef de nage et le dos du précédent rameur. Le barreur ne doit jamais quitter du regard l'avant de l'embarcation. Il ne faut jamais embarquer par l'étrave ou l'étambot, mais toujours en amenant le bateau le long du rivage ou du ponton, dans un sens parallèle, etc.). Reste encore la question, très importante, de l'entraînement et de l'hygiène. Pour conserver et accroître la vigueur physique, l'élasticité musculaire et la souplesse, nécessaires au canotier, il faut abandonner toutes les habitudes nuisibles à la santé, renoncer à tous les excès,

et observer un régime sain, régulier et fortifiant : voilà pour l'hygiène. Quant à l'entraînement proprement dit, il doit se faire avec une lente progression, sans à-coups, sans efforts excessifs : un muscle profite plus d'un petit travail répété que d'efforts disproportionnés et violents.

Voile. — Pour l'aviron, le moteur est la force humaine ; pour la voile, c'est le vent ; de là découlent des différences profondes dans la construction et la manœuvre des embarcations. Le bateau à voile servant au canotage en rivière a d'abord été un bateau mixte, d'aviron et de voile à la fois ; puis on a fait des voiliers spéciaux, lourdement lestés, et d'un grand tirant d'eau, à l'image des bateaux de mer ; enfin, on est arrivé au bateau à voile actuel, fait d'après les principes de la construction américaine, véritable type du bateau de rivière : la finesse des lignes de l'avant est augmentée, le hau (c.à-d. la plus grande largeur) est porté un peu sur l'arrière, et les formes de l'arrière sont renflées ; mais ce qui distingue surtout ce type, c'est la dérive^ sorte de seconde quille, ou semelle en bois, augmentant ou diminuant, suivant la nécessité, le tirant d'eau. L'utilité de la dérive est multiple. Navigue-t-on vent arrière ? on tient la dérive relevée, et le bateau fuit sans obstacle sur l'eau ; naviguet-on, au contraire, au plus près du vent ? on baisse la dérive verticalement et, prenant alors pied dans l'eau à volonté, on tient le vent aussi bien, si ce n'est mieux, que des bateaux lourdement lestés ; car, la dérive plongeant sous l'eau à une grande profondeur, la résistance latérale qu'éprouve le bateau auquel elle est adhérente sert à empêcher de céder à l'effort du vent et le maintient dans sa route oblique. La dérive permet en outre de virer de bord très promptement : en effet, moins un bateau cale d'eau, plus il est prompt à virer ; or, la dérive sert pour ainsi dire de pivot ; de plus, par la résistance qu'elle offre à l'eau, elle rétrécit sensiblement le cercle à décrire. Les améliorations apportées dans la forme des bateaux ont eu pour conséquence naturelle un grand accroissement dans la voilure. Qu'il suffise, pour la caractériser, de dire qu'on est arrivé à imposer à des bateaux de moins de 5 m. de longueur plus de 30 m. q. de voilure.

L'extension du canotage en France a donné naissance à d'innombrables sociétés. Nous n'en citerons que deux : la Société d'encouragement au sport nautique (président : M. Caillât) et l'Union des sociétés françaises des sports athlétiques, fondée en 1887 (président : M. de Saint- Clair; secrétaire: M. Labourdette), parce que ces deux sociétés se distinguent nettement de la plupart des autres. Elles ne se contentent pas de grouper un certain nombre d'amateurs pour leur permettre de se livrer avec plus d'agrément à leur plaisir favori. Comprenant l'heureuse influence et la véritable portée sociale du développement des exercices physiques et des différents sports, elles s'ingénient à les populariser par tous les moyens en leur pouvoir et à les faire entrer dans les programmes d'enseignement. Elles sont déjà arrivées à de notables résultats (comme le prouvent les travaux de la Ligue pour l'éducation physique), et l'on commence à introduire dans l'éducation publique et'privée les sports athlétiques et en part'culier le salutaire exercice du canotage. Marcel Charlot.

BiBL.: Manuel du canotier ; Paris, 1845, — • Le Canotage en France; Paris, 1858. -- Jeux et Exercices en plein air; Paris, 1889. — La Revue des Sports, ]ouvïiSi\ bi-hebdomadaire.

CANOTIER (Mar.). Marin faisant partie de l'équipage de l'un des canots du bord et employé à la manœuvre des avirons ou des voiles. Il porte le nom du canot auquel il appartient : canotier du commandant, canotier major, etc. L'équipage du canot est composé du patron, qui commande fembarcation en l'absence d'officier et qui la gouverne, et des canotiers; parmi ceux-ci, les deux hommes placés sur le banc le plus près de l'avant sont les brigadiers de l'embarcation ; ils sont chargés de la manœuvre des gaffes lorsque le canot accoste ou appareille.

CANOUIL (Amorces). Les amorces Canonial sont des

amorces (V. ce mot) agissant par percussion, formées d'une petite pastille, qui contient quelques milligrammes d'une composition fulminante, déposée sur un petit carré de papier mince, verni ou gommé. Ces amorces ont été inventées par le sieur Canouil, pour les pistolets d'enfants. La composition fulminante était formée de 12 p. chlorate de potasse, 6 p. phosphore amorphe, 12 p. oxyde de plomb. En outre, le sieur Canouil fabriquait des amorces en bandes pour briquet de fumeur, disposées pour se dérouler automatiquement et recevoir le choc d'un percuteur, dans lesquelles la composition fulminante était formée de 12 p. chlorate de potasse, 6 p. phosphore amorphe, 8 p. craie. Cette composition était plutôt fusante que réellement détonante. Lorsque le brevet Canouil fut tombé dans le domaine public, son invention fut l'objet de nombreuses imitations et la composition fulminante Canouil étant demeurée secrète, un grand nombre de compositions diverses furent alors inventées. Nous citerons entre autres : la composition Wagner, formée de chlorate de potasse 10 p., phosphore amorphe 1 p., résine 1 p., le tout délayé dans une eau fortement chargée de gomme adragante. — La composition Chastin est formée de chlorate de potasse 9 p., phosphore amorphe 1 p., sulfure d'antimoine 1 p., soufre sublimé 0,25 p., salpêtre finement pulvérisé 0,25 p. •— La composition Masson était formée de chlorate de potasse 50 p., phosphore 4 p., sulfure d'antimoine 3 p., minium 1 p.

11 faut signaler d'ailleurs, que les amorces Canouil sont encore utilisées pour l'amorçage de certaines cartouches et qu'elles sont employées spécialement pour les cartouches de tubes à tir et de canons à balles de la guerre.

Fabrication, Cette fabrication se fait d'ordinaire dans des établissements peu importants. La composition fulminantes est préparée le matin, en quantité correspondante aux besoins de la journée et maintenue à l'état pâteux, presque liquide. Elle est déposée sur les feuilles de papier, en pastilles assez irrégulières, dont le poids varie suivant la destination, de 2 à 3 milligr. jusqu'à 3 ou 4 milligr. Les procédés employés sont ordinairement assez primitifs, cependant un inventeur a récemment imaginé de couvrir d'un seul coup la feuille de papier de toutes les pastilles qu'elle doit recevoir, au moyen d'une planchette à poinçons, analogue à celles employées dans le vernissage des capsules fulminantes (V. ce mot). D'ordinaire, la feuille de papier, après le dépôt des pastilles, est recouverte d'une seconde feuille collée à la gomme adragante. Les feuilles sont portées ensuite dans un séchoir, où elles sont placées sur des étagères, formées par des toiles métalliques ou des feuilles de tôle perforées, pour être soumises à une chaleur douce provenant d'une circulation de vapeur ou d'air chaud.

Après complète dessiccation, on procède au découpage des feuilles, soit en bandes, soit en petits carrés. Ce découpage est le plus souvent fait aux ciseaux, par des ouvrières ou des enfants, dans l'atelier même, ou quelquefois au dehors, ce qui n'est pas sans inconvénient. Souvent aussi, le découpage est fait par une presse à balancier, opérant sur les bandes préalablement découpées ou même sur toute la feuille d'un seul coup. Dans ce dernier cas, le découpage se faisant d'une manière automatique, sur des feuilles imparfaitement séchées, il présente des garanties supérieures de sécurité. Enfin, les amorces sont rangées dans des boîtes en carton très mince. Les bandes sont au nombre de 12, contenant chacune 100 pastilles par chaque boîte. Les amorces isolées sont au nombre de 50 ou de 100 par chaque boîte. Ces boîtes sont réunies ensuite par 12 pour former un rouleau et les rouleaux mis en paquets par 12 forment une grosse. Tout l'empaquetage est généralement des plus primitifs, en raison de la modicité extrême du prix des amorces.

Dangers de la fabrication. La fabrication des amorces Canouil présente d'assez grands dangers d'explosion et d'incendie, elle a été rangée dans la deuxième classe des ,

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établissements insalubres, incommodes et dangereux (V. Etablissements classés) pour la première fois, par le décret du 31 janv. 1872, et en dernier lieu par celui du 3 mai 1886. En effet, les compositions fulminantes au chlorate de potasse sont extrêmement sensibles au choc. Bien que le poids de chaque amorce Canouil soit très faible, les chances d'accident dans le maniement de ces amorces restent assez graves. Suivant l'observation faite avec une si grande autorité par Berthelot, une explosion générale est toujours possible, en effet, même avec des matières divisées en très petites quantités, si ces matières sont assez rapprochées les unes des autres, pour que leur ensemble réponde à une grande masse et que les effets mécaniques puissent s'y accumuler et donner une résultante commune. C'est ainsi qu'il s'est produit une explosion le i^^ sept. 1878 dans une fabrique située à Vanves, près de Paris, à la suite d'une plaisanterie faite par un entant pour en effrayer un autre. Cet enfant ayant fait détoner une amorce entre les lames des ciseaux à découper, la détonation s'est transmise par influence à deux paquets de 500 amorces, qui se trouvaient dans son voisinage, et il est mort instantanément, horriblement mutilé. Telle est également la cause de la catastrophe survenue le 14 mai 1878, rue Déranger, à Paris, dans un dépôt contenant des quantités considérables d'amorce Canouil ou similaires. Quelques-unes s'étant enflammées, par une cause restée inconnue, il en résulta une explosion générale, dans laquelle la maison fut complètement démolie ainsi que la façade de la maison d'en face ; quatorze personnes furent tuées sur place et seize blessées plus ou moins grièvement. A la suite de ce terrible événement, une ordonnance de police du 17 sept. 1878 ainterdit la mise en vente, dans le ressort de la préfecture de police, des amorces Canouil et autres pour pistolets d'enfants. Mais la fabrication de ces amorces n'a pas été arrêtée, à cause du débit en province et de l'exportation. Il serait donc à souhaiter que ces amorces fussent soumises à des conditions d'emballage propres à les transformer en munitions de silrelé, comme cela a lieu pour les capsules fulminantes (V. ce mot), ce qui permettrait de les conserver et transporter sans danger pour la sécurité publique. En ce qui concerne la fabrication proprement dite, le moyen d'en diminuer les dangers consiste, comme tonjours dans l'industrie des explosifs, à limiter les quantités de matières dans les ateliers, et à diviser les opérations dans un certain nombre d'ateliers distincts, aussi bien séparés que possible, de telle façon qu'un accident fortuit, ne puisse se généraliser. L. Faucher.

BiBL. : Bf.rthelot, Sur la Force des matières explo^ sives ; Paris, 1883, t. I, pp. 81-82. — Rapport des experts sur la catastrophe de la rue Béranger, 1878, pp. 38 et suiv. — Manuel de pyrotechnie de l'artillerie de marine ; Paris, 1882, t. lll,p. 7.

CANOUN. Droit coutumier des Kabyles (V. Kanoun).

CANOURGUE (La). Ch.-l. de cant. du dép. de la Lozère, arr. de Marvejols ; J,838 hab. Située à 530 m. d'alt., sur l'Urugne, qui y reçoit la source de Saint-Frézal. Cadis, serges, escots, tannerie, gants, placage. Eglise en partie du xi® siècle ; fontaine gallo-romaine, sinon gauloise. La Canourgue doit son origine et son nom (Canonica) à une abbaye qui a subsisté jusqu'en 1060 ; à la fin de l'ancien régime, ce n'était plus qu'un prieuré à la nomination royale. La justice du lieu était en paréage entre le roi et la maison de Canillac, Louis XVI céda sa part au comte d'Eu, en supplément de l'échange de la principauté de Bombes ; et le comte d'Eu l'avait cédée lui-môme à M. Perier, secrétaire général de la marine, quand la Révolution mit fin à cette recrudescence locale delà féodalité. H. Monin.

CANOUVILLE. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. d'Yvetot, cant. de Cany; 369 hab.

CANOVA (Antonio), célèbre sculpteur italien, né le 1«^ nov. 1757 à Possagno (province de Trévise), mort à Venise le 12 oct. 1822. Peu d'artistes ont eu de leur

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